SORT DES NEUF PERSONNES
COMPOSANT LA FAMILLE D'ALEXANDRB , A LA MOKT DE CE UÊROS.
lo OLTMPIA8, fille de Néoptolème, mère d'Alexandre-le-Grand : elle fui accusée d'avoir conduit le poignard de Pausanias, Tassassin de Philippe ; après la mort de son fils, elle se retira en Epire ; mais elle reTint bieniôt et fit mourir Arrhidèe, Eurydice, Nicanor, frère de Cassandre, et cent des principaui seigneurs. Gassandre Tatlaqaa dans Pydna où elle fut massacrée.
2« hozahb, fille d'Oxyarte, satrape de Darius. Après la mort d*Alexandre-1e-6rand, elle donne le jour à un prince qu'on nomma Alexandre, et qui fut roi conjointement avec son oncle Arrhidée. Gassandre fit mourir la mère et le fils.
50 ALEXAMD&B-A10U8, fils d*Alexandre et de Roxane : il fut nommé roi avec son frère Arrhidée ; mais il fut assassiné par les ordres de Gassandre.
40 8TATIR A, fille de Darius et dcLSisygambis ; Alexandre l'épousa ; elle fut mise à mort par Roxane.
50 a&&bid£b, fils de Philippe et de Philinna, régna constamment avec Alexandre, mais sans autorité ; après sept ans de royauté, il fut assassiné par les ordres d*Olympias.
6» CLsoPATBB, sœur d'Alexandre, fut tuée par Antigone au moment où elle voulait se réfugier en-Egypte.
70 BUHTDiGB, tante d'Alexandre, après ta mort duquel elle gpouverna le royaume ; Olympia» la contraignit à se donner la mort.
8» HERcuLB, fils d'Alexandre et de Barsine ; il n*avait que dix ans à la mort de son père j il fut assassiné par Poi y sperchon, d'après les ordres de Gassandre.
9» THES8AL0NICB, sœur d'Alexandre, épousa Gassandre ; son fils Antipaier la fil mourir. C^est elle qui fut le dernier rejeton de cette illustre famille.
A la mort d^Alexandre, ses généraux s'assemblent à Rabylone, dans son palais, se partagent les Etats que leur maître avait conquis, et deviennent les bourreaux de sa famille : cependant ils eurent la pudeur de ne prendre d'abord que le litre de gouverneurs.
L'empire d'Alexandre était devenu un vaste théâtre de guerres et de révolutions. Arrhidée, son frère naturel, avait été reconnu pour son successeur, conjointement avec un fils qui venait de naître de Roxane. Le premier était incapable de soutenir la couronne, et l'ambition ne pouvait respecter les droits d'un enfant.
Perdiccas , chargé de l'anneau royal et de la régence , excita la Jalousie des autres capitaines, auparavant ses égaux , tous occupés de leurs projets de grandeur : chacun voulait devenir maître absolu dans son gouvernement ; chacun voulait se former un Etat.
Antigone, gouverneur de la Lydie^ de la Pamphylie et de la Phrygie, plus ambitieux que les autres, fm le premier à marcher contre Perdiccas; il forma une ligue avec Antipaier, Cratère et Ptolémée^ gouverneur de l'Egypte. Perdiccas fut assassiné eo ËgyjQle par ses propres officiers.
4^ SIÊGLB. I6B
rhabile Plolémée refuse la régence qui Taurait exposé à Ten vie sans lui donner le pouvoir. Elle passa dans les mains d*Antipaler dont la iBorl excita de nouveaux troubles (319).
Cassandre, fils d'Anlipater, général de la eayalerie, furieux de ee que son père en mourant lui avait préféré Polysperchon , et Tavait associé seulement à cet ancien capitaine, forma une ligue avec Ptolé* oée. Antigone et Séleucus, contre Polysperclion et Eumène. Polysperchon.crut s^attacher les Grecs en rappelant, par un décret, tous les exilés, en ordonnant que les villes reprissent leur ancien gouverne- ■ent, et en rétablissant la démocratie dans Athènes ; ce décret réveilla Tinquiétude des Athéniens ; ils mirent le comble à leurs anciennes injustices; ils accusent de trahison Pbocion, le plus vertueux d*entre eux, et le condamnent à mort (319).
Gdereb Lamiaque. — Après la mort d* Alexandre, la Grèce tâcba de recouvre!^ sa liberté. Démoslbènes et Hypéride soulevèrent, par leur éloquence, toutes les villes qu'ils parcoururent : Phocion désapprouva ces mesures. Antipater est vaincu à Lamia (Thessalie) par Léosthènes, chef des confédérés; mais bientôt la fortune change ; Athènes éprouve des revers. Antipater, vainqueur à Cranon, abolit la démocratie, et demande que Démos- Uiènes et Hypéride lui soient livrés. Le premier eut le temps de prendre la fuite ; il se réfugia dans le temple de Neptune à Caiaurie^ où , se voyant sans espoir, il avala du poison. Le second tomba entre les mains d'Antipater, qui le fit mettre à la question pour le forcer à dévoiler les projets des Athéniens ; mais Hypéride se déchira la langue , afin de ne pas trahir sa patrie. Antipater le fit mettre à mort.
Ère des Séleogioes. — Cest Tépoque où Séleucus, général d'Alexandre, s'empara de Babylone et des pays adjacents, après la mort de ce dernier. Cette ère se termina à la conquête de la Syrie par Pompée, Tan 65 avant J.-C. Séleucus fut le plus puissant et le plus glorieux des successeurs d'Alexandre. Il fonda dans ses Etats vingt-quatre villes, et les peupla de colonies grecques qui communiquèrent leur industrie aux habitants efféminés de l'Asie. Il se plut à combler les Grecs de bienfaits , et rendit aux Athéniens les bibliothèques et les statues que Xcrcès leur avait enlevées dans son expédition en Grèce*
Bataille dIpsgs. — Cette bataille, une des plus célèbres de Tbistoire ancienne, fixa le sort de la plus grande partie de VMxe, de YEgppte et de Vancienne Grèce. Antigone, qui avait pris le litre de roi de V Asie- Mineure, s'avance recouru de son fils Dé-
»«4 4* SikCLB.
miirius Polyùreètei oa preneur de ?iUes, aa-deirant de-^^
sandre, Ptolémée , Lysimaque et Séleucus, qui s^éiaient tous ligués contre lui. Le combat s*engage à Jpsus en Phr^ie. L*a^ inée des généraux coalisés était de 75;000 bommes de pied, 40,500 chevaux, 400 éléphants, 120 chariots armés de fauli; l'armée d'Aniigone était de 70,000 fantassins, 10,000 cavaliers, 75 éléphants.
Detném'us, vainqueur dans le commencement, poursuit Tèonemi à la tète de sa cavalerie et s'écarte trop de son armée. Les alliés profitent de cette faute, le coupent, et tombent sur Amigone quij après les plus grands efforts pour maintenir le combat, meurt sur la place, excédé de fatigue et percé de coups; alors les alliés, de vaincus qu'ils étaient , obtiennent une victoire tdlement complète , que Déméirius ne put prêter secours à soo malheureux père et fut obligé de fuir vivement vers Ephèse, Pyrrhus, roi d'Epire, fit ses premières armes dans celte affaire, sous les étendards de Démétrius, son beau-père ; il y déploya h prudence et le courage d*un général consommé.
Ce fut après la bataille dipsus , en 301 , que par un second partage, Vempire â^ Alexandre fut divisé en quatre royaumes, et que les prophéties de Daniel furent exactement accomplies, '
BSCOno PA&TAGS.
1® Ptolémée-Soter , fils de Lagus , eut V Egypte, la Libvt VÀrahie, la Cœié-Syrie et la Palestine. Il fut le chef des L' gides ;
2<> Cassandre eut la Macédoine et la Grèce;
3« Lysimaque, la Thrace^h Bithynie, quelques province au delà de rilcllespont et le Bosphore. Mais ce royaume fioii avec la vie de ce prince , et ses provinces furent réunies partie i la Macédoine, partie à la Syrie ; le reste forma dans la suiiele royaume de l'ergame;
40 Séleucusohiun le reste de VÀsie, et fonda le royaume de Syrie, dont se formèrent ensuite ceux de la Bactriane des Batthés, d'Arménie et île Comagène. '
Travail. ~ Carie du mo/ide après le second parfaae de l empire d'Alexandre. '^ *'
OBSERVATrONS, SUR LA UARCBB DR LHISTOIRE A LA MORT O'ALEXANORE
Avec la mon d'Fpammandaaà Maniinée (365), et celle d'^^^éWMi.
4* SIÈCLE. lei
ea Egypte (3G2), t*arrfite Thistoire des rëpttbUqties de U Grèce; le midi de cette contrée, jadis si brillante, n'a plus rien qui attache; ses habitants passent leur vie dans les plaisirs, dans les fêtes, on voit des musiciens, des courtisanes, des rhéteurs à phrases harmonieuses; mais si un peuple se meurt, la civilisation et rhumanité ne meurent pas, et quand une nation est usée. Dieu en change comme de vêtement. La destinée des Grecs méridionaux s'était accomplie, celle des Grecs du nord allait commencer; les Macédoniens, jusque-là ignorés, descendent de leurs montagnes, à eux maintenant appartient le premier rôle. Toutes les républiques s'étaient agglomérées autour de trois grandes individualités ; Aihènes, Sparte, Thèbes; aucune d'elles ne pouvait plus agir; mais l'esprit ne peut s'arrêter ainsi. Philippe et Alexandre arrivent : ce sont deux nouveaux noms, avec unité d'idées, mais unité progressive. Philippe n'est pas destructenr, mais continuateur; ce n'étaieni point les idées de la Macédoine qu'il apportait aux Athéniens, c'étaient les idées athéniennes auxquelles il conviait les Macédoniens. Son fils agrandit encore cette idée philosophique, et prit un vaste théâtre pour développer son vaste génie. Les idées doivent envahir, V esprit doit vaincre la matière, la liberté dait vaincre la falalilé, La Grèce va rendre a l'Orient la science qu'elle a reçue; elle est forte, elle est unie, elle peut conquérir, aujourd'hui que son esprit pénétrant, expansif, est personnifié dans ce qu'on appelle un homme de génie, un grand homme, t Ainsi, dit M. Michelet, ce petit monde, enfermé de muralles, se t constitué en éternelle guerre contre tout ce qui reste delà vienatuc relie de la tribu orientale. Cette forme, sous laquelle les Piélasges • avaient continué l'Asie en Europe, fut effacée par Athènes et par I Rome. Dans cette lutte se caractérisèrent les trois moments delà i Grèce; elle attaque l'Asie dans la guerre de Troie, la repousse à
I Salamine, la dompte avec Alexandre, i Mais elle la dompte bien mieux en elle-même et dans les murs mèmçs de la cité, lorsqu'elle déclare la femme compagne de l'homme.
La vie d'Alexandreaété courte, si nous la itteiurons par les années.
II n'a fait que paraître, mais que de progrès en peu d'années! ce n'est pas an Macédonien, c'est l'homme de Punivers. Quelle civilisation viTace il a laissée en Asie! Alexandre mort, les nations restèrent sans mailre. Il naît de ce grand homme des chefs égaux, ambitieux et expérimentés; unis sous lui, ils se divisent tout à coup; la centralîKation cesse encore une fois, il y a désunion, intérêts privés. La Grèce et l'Asie ont fini leur rôle ; Rome va commencer le sien, i Elle f renferme dans ses murs les deux cités, les deux races étrusque et f Sabine, sacerdotale et héroïque, orientale et occidentale, patrii cienne et plébéienne, la propriété foncière et la propriété mobii Hère, la subilité et les progrès^ la nature et la liberté; c'est à elle I de régner maintenant* »
Rome
Biten DB trsiES. — Vexes était une ville d'Étnirie pins forte et I lus riche que Rome. C< : fleux eites rjnles attendaient depuis long-
«es 4^ SIÈCLE.
temps roccasion de se mesurer; la perfidie des baUttants âe.Ptdènes, colonie romaine, en fournit le prétexte. Les Fidènales, alliés des Véiens, assassinèrent les ambassadeurs que les Romains leur avaienl envoyés pour leur reprocher d'abandonner leur métropole. Un combat sanglant s'engagea. Fidènes tomba deux fois au pouvoir des Romains» et les habitants furent réduits en captivité. Les Féienê^ qui avaient deux fois obtenu une trêve, donnèrent de nouveaux griefs aux Romains : le siège de leur ville fut décidé (395). L^avanlage fut d'abord pour les assiégés; mais la dixième année du siège, Camille, honoré déjà deux fois du tribunat militaire, fut nommé dictateur. 11 fil construire une mine, que Ton Conduisit jusqu'à la citadelle, et Yéies succomba ; le carnage fut affreux. Camille fut honoré d'un triomphe dont Téclat avait été inusité jusqu'alors.
BZii. os CAMILLE. — Après la victoire de Féies et de FaUrie, Camille revint à Rome : on l'accusa d'avoir détourné à son profil une partie du butin qu'il avait fait à f^éies. Indigné d'une accusation qui blessait sa délicatesse, il refusa de se justifier, et s'exila volontairement chez les Ardéates, Il fut condamné à une amende par contumace. Camille, en quittant sa patrie, s'écria dans un accès de colère : « Puissent les Dieux forcer les Romains à me regretter. »
B&Bflmvs (390), chef des Gaulois à Rome, — Il y avait déjà deux cents ans que les Gaulois étaient établis en Italie, lorsqu*ils firent une irruption en Etrurie. Brennus, leur chef, avait assiégé Clusium; les Romains lui envoient une ambassade en faveur des Clusiens ; les Gaulois en deviennent plus insolents : la guerre s'allume entre eux et les Romains.
Les Gaulois triomphent au confluentdu Tibre et de l'u^///a, marchent vers Rome, entrent dans cette ville abandonnée de la plupart de ses habitants, qui s'étaient réfugiés au Capitole ; ils portent partout le fer et le feu, massacrent les sénateurs, tranquillement assis sur leurs chaises curules, parés de leurs robes et de tout l'appareil de la magistrature. Ils restent sept mois, faisant nuit et jour mille tentatives pour surprendre le Capitole, défendu par Manlius. Ennuyés de la longueur du siège, ils mettent un prix à leur retraite, et demandent mille livres d'or. Ils les pesaient dans de fausses balances, et ajoutaient encore une èpée au contre-poids, en s'ècriant : Malheur aux vaincus! lorsque Camille, nommé dictateur, les attaque tout à coup dans Rome même, en fait un horrible carnage, les chasse de la ville, après avoir remporté sur eux une victoire complète.
Délivré de la crainte des Gaulois qui avaient répandu la terreur dans toutes les Ames , le sénat n'en reprit qu'avec plus de vigueur son système d'envahissement; les villes latines avaient fait cause commune avec l'ennemi ; on voulut les en punir; mais les Latins et les Romains avaient même langage, mêmes étendards, même costume, mêmes armes, même discipline, et aussi même courage; c'était donc une guerre civile : le sénat, suivant sa coutume, eut recours à des moyens extraordinaires ; il imagina le déoouement, institution reli< gieuse et barbare. Il n'y avait que le dictateur, les consuls et les pré-
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(e«n qui eusdeni le droit de se dévouer. SMls ne mouraieiit pas, ce qm ii^arriva Jamais, ils étaient regardés comme profanes et ne pouvaient, en aucun temps, offrir ni pour eui, ni pour la république, des saerifices agréables aux Dieux. Décivs fut le premier consul qui se dévoua pour le salut de sa patrie; partout où ce général passa , dit Tite-Live^ les bataillons ennemis étaient renversés comme frappés de la foudre ; et dès qu'il fut lui-même percé de coups , leurs cohortes , l'abandonnant à la frayeur dont elles étaient saisies, prirent subitement la fuite. — Les Latins furent vaincus.
LsGTUKB. — Prise de Romey dans notre histoire de France (1). GUERRE SAMNITE.
Cau9P.8. — Les Samniles avaient déclaré la guerre aux Sidicins, leurs voisins, et ceux-ci sollicitèrent les secours des Gampaniens, puis ceux des Romains, Ceux-ci, déjà alliés des Samnites, après avoir fait de vains efforts pour concilier les deux peuples, se déclarèrent pour les Sidicins^ non-seulement parce qu'ils étaient plus faibles, mais encore parce que les Samnites avaient paru recevoir leur intervention avec une espèce de mépris.
Celle guerre dura près de 71 ans.
Développements, — Nous ne pouvons analyser que les principales épfiqaes de cette longue guerre.
jians la première, les Samnites déjà vaincus près du mont Gau* nts , le furent encore près de Suessuîa (342) par Valérius. On leur prit 40,000 boucliers et 170 drapeaux.
Dans la seconde, Cornélius et Publius Décius Mus firent un si grand carnage qu'il resta, dit-on, 30,000 hommes sur le champ de bataille près de Salkule.
La paix fut conclue Tannée suivante (341) ; c^est pendant celte trêve qu'arrivèrent les r'pisodes du dévouement de Décius et celui de Manlîtts Torquatus.
Danê la troisième (526), les Samnites furent vainqueurs sous le général Pontius qui, arrivé près de Caudium (auj. Arpéia), village situé entre Gapoue et Bénévent, trompa les Romains et les engagea dans un défilé sans issue formant une fourche; Tarmée romaine, con* doiCe par Posthumius , se vit à la mlerci de ses ennemis, et obligée de passer fotts /e/ou^. Une capitulation honteuse fut signée et les consuls revinrent à Rome.
Danslaquatrième,\es Romains se vengèrent de Pignominie quMis avaient subie; ils vainquirent les Samnites à Lucérie et les firent à leur tour passer sous le joug.
Fabius Blaximus, Décius Mus et le fils de Papirius Cursor se distingnireni dans plusieurs victoires successives; enfin à Tépoque de la retraite de Pyrrhus, Tan 272, les Samnites furent soumis entièrement.
Conséquences. Celte guerre, ainsi que celle de Tarenle, que nous analyserons dans l*autre siècle, livra sans réserve rilaiie aux Romains, et étendit au loin l'idée de leur puissance.
(1) UvL
i'iO ** SliGLB*
Il y eut encore pendant ces dernières époques un beau dévouement patriotique : ce fut celui de Décius Mus, qui» voyant les divisions de l'aile gauche sur le point d'être enveloppées, se voua généreusement comme avait fait son père 40 ans auparavant. Le courage des Romains toujours crédules de superstition s*exalta, et la victoire se déclara en leur faveur.