‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 10 sur 166 · EXTRAIT DU RAPPORT · texte numérisé non relu

EXTRAIT DU RAPPORT

de la variété et de la sûreté des connaissances acquises jusqu'à cette époque de la vie.

Résumons en peu de mots l'acquis de l'élève arrivé à la fin des Esquisses historiques; il doit pouvoir répondre sur tous les faits principaux de l'histoire particulière des peuples. Il connaît : 1° l'origine et l'organisation des sociétés; 2e la succession des peuples; 3e les révolutions dans l'histoire de ces peuples, avec des détails chronologiques, généalogiques, biographiques, etc.; 4° l'histoire de France mise en rapport avec les faits contemporains.

Passons maintenant , Messieurs , au second ouvrage, les Éléments d'histoire générale, en adoptant les quatre parties que l'auteur luimême indique dans sa préface.

1° Les Divisions par siècle et par histoires particulières. f.

Dans les Esquisses, l'élève a vu les peuples depuis leur origine jusqu'à ? nos jours; maintenant il va les suivre synchroniquement siècle par" siècle : il pourra donc comparer les événements, les grands hommes, l'état de civilisation à une époque donnée. Ce travail lui sera d'autant plus facile qu'il en a étudié, si je puis le dire, les linéaments dans les Esquisses : le trait du tableau étant fait, il n'y manque plus que le coloris.

Cependant nous voyons bien jusquïci des faits isolés, comparés avec des faits isolés ; mais l'ensemble des époques que nous devons saisir à la fois nous manque : c'est l'objet de la seconde remarque.

2° Les observations générales sur les divisions de l'histoire, et sur les grandes époques.

L'auteur, dès le début, donne en quelques pages un aperçu de l'histoire générale ~ c'est comme une introduction où les révolutions , les invasions sont dessinées à grands traits, et frappent l'esprit des jeunes gens. Dans la succession des siècles, M. Lévi a marqué ces points de repos par des stations, d'où successivement, il jette un regard en arrière sur les événements étudiés, et sur l'état du monde. Par exemple, après les guerres puniques, il trace la situation du monde alors connu, et donne d'après Montesquieu, un parallèle entre Rome et Carthage, avant, et après ces guerres mémorables. Il en est de même après chaque grande époque. L'élève voit se développer graduellement le panorama des peuples, à lavènement d'Auguste à I empire, à 1 invasion des peuples barbares, au renouvellement de l'empire d'Occident sous Charlemagne, enfin à toutes les périodes marquantes de l'histoire. Et, dans cette marche logique, la littérature n'est point oubliée, et les siècles de Périclès, d'Auguste, à-Al-Mamoun, de François /, de Louis XIV, présentent successivement les écrivains célèbres qui ont hâté les progrès de l'esprit humain.

3° Les Tableaux synoptiques, les Cartes et les Voyages. Je voudrais, Messieurs, pour vous prouver l'importance de cette troisième partie , exposer sous vos yeux les atlas et les cahiers des élèves de M. Lévi; vous verriez qu'à l'aide des tabkaux synoptiques^

DE SABATIER. il

que le professeur d'histoire doit tracer d'une main habile, la mémoire est admirablement soulagée : la clarté succède à la confusion ; l'œil satisfait peut suivre sans fatigue et sans ennui le dédale tortueux des généalogies des rois de tous les temps et de tous les pays. Par ce moyen, vous retenez sans peine l'origine et la descendance des familles royales et princières, les noms et les droits des prétendants, si nombreux qu'ils soient, dans les guerres de succession. Vous suivez avec intérêt la marche des conquérants et les voyages des navigateurs, et dans ce travail si peu connu dans nos classes, M. Lévi se glorifie d'être le disciple de Las Cases, dont il voudrait, avec raison, qu'on popularisât l'Atlas historique.

Mais, diront quelques critiques, l'ouvrage de M. Lévi est sans doute très méthodique; comment cependant voulez-vous que, clans cinq cents pages, il ait développé tous les événements de l'histoire? Je pourrais répondre, Messieurs, que c'est l'inconvénient attaché à tous les ouvrages classiques; et comment y remédier? Serait-il raisonnable de mettre dans les mains des élèves un ouvrage de douze ou quinze volumes? M. Lévi, ce me semble, a parfaitement compris la difficulté, et l'a surmontée avec bonheur ; car il est assez remarquable qu'il ait tout prévu : c'est l'objet de sa quatrième et dernière observation. h° L'indication des lectures propres au développement. des qrands faits.

L'auteur a senti les inconvénients d'une grande Histoire générale. Vous penserez avec lui, Messieurs, que chaque historien écrit suivant ses opinions; que les conséquences qu'il déduit de tous les faits qu'il rapporte dépendent de sa position, de son caractère ou de ses sentiments : c'est ainsi que sont écrits tous les ouvrages classiques. Un homme fait peut les lire avec fruit et sans danger ; un jeune homme, dans son inexpérience, s'en appropriera les maximes. Trop heureux s'il ne suit que les bonnes ! Avec les Éléments d'histoire générale, ce n'est pas un seul auteur que l'élève lira ou entendra ; ce sont tous ceux qui auront écrit sur ces matières spéciales ; il pourra donc comparer les opinions différentes, et plus tard s'en former une luimême. A tous les grands événements, l'auteur recommande la lecture de tel passage d'un ouvrage : c'est ainsi qu'un jeune homme fera connaissance successivement avec Homère, Virgile, Rollin, Montesquieu, Chateaubriand, Racine, Voltaire, Corneille, Vertot, Villemain, Guizot, et avec tous les bons écrivains, anciens et modernes, qui ont traité l'histoire , soit littéraire, soit politique, soit militaire. A Dieu ne plaise que M. Lévi borne la leçon du professeur! il appelle, au contraire , tous les développements à l'aide de sa méthode , et ne prétend donner qu'un plan que chacun peut agrandir suivant sa capacité.

Les ouvrages de M. Lévi sont généralement adoptés, quels que soient les principes d'instruction qu'on professe. Us sont traduits en anglais, en allemand, en russe, et sont suivis dans la plupart des institutions étrangères.

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