PUISSANCES SECONDAIRES
Les puissances secondaires sont obscures ou faibles, et suivent l'impulsion des États dor jnants.
IL© Sdaraernark., la plus remarquable d'entre elles, résistait avec succès à l'ambition de Charlemagne, et tandis que Godefroy ou Goleric, qui y régnait, fermait l'entrée de la presqu'île aux troupes du conquérant, il faisait sortir de la Norwêge ces essaims de guerriers qui se portaient déjà sur les côtes de Y Empire d' Occident. Goteric ayant été assassiné par un de ses soldats, son fils rendit à Charlemagne toutes les parties de la France que son père avait envahies, lui céda même quelques contrées germaniques, et consentit à se renfermer dans la péninsule et les îles danoises.
Quelques historiens prétendent, et Malte-Brun, dans sa Géographie universelle, a reproduit cette opinion, qu'à cette époque quelques navigateurs barbares, partis des bords glacés de l'Islande, et poussés par leur audace et les tempêtes, abordèrent les côtes de l'Amérique, cinq siècles avant Christophe Coiomb, qui peut-être, comme l'ont pensé plusieurs savants, et entre autres Puffendorf et Cramer, avait eu connaissance des vagues traditions de ces guerriers du Nord.
ILagaaècie, affaiblie par les émigrations, ne comptait plus parmi les États : la Russie n'y figurait pas encore.
&;& i*©!©gEie, déjà formée en État électif, mais également grave dans -sa politique et dans ses mœurs, était bien loin de fixer l'attention, La Bohême était en proie à des barbares nommés Slaves, que le désir du butin attirait dans la Germanie, que la crainte des armes en écartait, et que l'avidité y ramenait toujours. Les Huns, successeurs de ce peuple farouche qui a dévasté l'Europe, fixés enfin dans l'ancienne Pannonie, inquiétaient l'empire d'Occident, dont ils ravageaient les frontières, tandis que, sous le nom ù'Awares, ils portaient l'effroi jusqu'aux portes de la capitale de l'Orient.
Xi'iF.ssMBsnc» depuis les Pyrénées jusqu'au détroit du Gibraltar.
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offrait une lutte continuelle entre les Maures et les Chrétiens qui, moins nombreux, moins riches, moins éclairés môme que leurs ennemis, mais aguerris par les dangers, instruits par le malheur, unis entr'eux, et par là invincibles, reculaient, à force de constance et de courage, les bornes de leur petit État.
Les Sarrasins et les Grecs se disputaient le midi de l'Italie et les îles adjacentes. Les premiers s'emparèrent de l'île de Crète qu'ils nommèrent Candie.
môme, soumise en apparence à Charlemagne, favorisait le pape qui, souverain des pays voisins, augmentait tous les jours son autorité temporelle, tandis que son pouvoir spirituel ne connaissait déjà plus de bornes.
remise. Fuyant devant les armes de Charlemagne, les Vénitiens avaient abandonné Malamocco, leur métropole, et s'étaient retirés à Rialto, ville formée de soixante îles réunies par des ponts, et qui, sous le nom da Venise, devait acquérir dans !a suite une si grande puissance. Déjà elle commençait à déployer cette politique qui l'a rendue si célèbre. Placée entre deux empires, elle feignait de reconnaître pour souverain celui dont la faiblesse ne lui donnait rien à craindre, et à la faveur de ce vain titre, elle écartait le joug de ceux dont la puissance ' lui paraissait à redouter.
Cette république avait déjà un gouvernement, des lois, des magistrats, un doge : elle entretenait des troupes, des flottes, et le commerce n'était encore connu que dans ses ports.
ïïAissgicterE*e était près de sortir de son obscurité; la plupart des petits États qui la partageaient se réunissaient au royaume des Saxons occidentaux.
Egbert travaillait avec autant de sagesse que de valeur à l'accomplissement de ce grand ouvrage, et préparait de loin le rôle brillant que ses successeurs devaient jouer dans l'Europe.
Tableata à faire : lre colonne — Puissances prépondérante».
2e id. ~ Nom des puissances.
3e id. — Etat des puissances.
ûe id. — Puissances secondaires.
5e id. — Nom des puissances.
6e id. — Etat des puissances.
Au milieu la carte du Monde au 8« siècle.
©e gièete.
CARACTERE DU SIECLE
La féodalité se régularise, l'autorité royale s'efface : le pouvoir de l'église prend un accroissement immense par l'habile politique des papes et par un heureux concours de circonstances, le christianisme devient le lien social entre les peuples et la base du droit international ; l'Angleterre acquiert une nationalité et prend sa place en Europe ; les Barbares, cessant leurs courses, s'établissent et se font baptiser, et l'on voit le monde chrétien, qui a été si longtemps à se former, tendre à se débrouiller, à prendre une forme, à s'asseoir sur une base solide. Le monde mahométan brille un instant du plus vif éclat, mais il renferme en son sein des germes de mort; il chancelle , il s'écroulera dans le siècle suivant.
SOMMAIRE
France. — 841. Bataille de Fontenay. — 877. Etablissement du système féodal sous Charles-le-Cliauve. — 879. Fondation du royaume de la Bourgogne cisjurane par Boson, et du royaume de la Bourgogne transjurane par Rodolphe I ou Raoul Welf — Des rois de France depuis Charles-le-Chauve jusqu'à Charles-le-Simple, de 840 à 898.
Arabes.— 813. Règne du kalife Al-Mamoun.
Empire romain «l'Orient. — 820. Race phrygienne. — Mic'iel-le-Bègue.
Angleterre; — 827. Fin de l'Heptarchie. ~ Monarchie anglaise. — Egbert. — 871. Alfred-le-Grand.
Russie. — 862. Fondation de la monarchie russe, par Eurik. — Nations du Nord.
Hongrie. — 885. Excursion des Hongrois. \
Bohême. — b94. Duché de Bohême : Borziwog.
Eglise. — 870. Schisme des Grecs.
Découvertes. — Fabrication du sucre par les Arabes»
Bataille de ffonteiray. — (84 1). Par les partages imprudents que Louis-le-Débonnaire fit, de son vivant, entre ses enfants, il jeta dans sa propre famille des semences de discorde
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qui accélérèrent la chute de l'empire. Les guerres civiles qui avaient commencé sous lui continuèrent après sa mort. Louis, dit le Germanique, et Charles-le-Chauve, se liguèrent contre Lothaire, leur frère aîné, et lui livrèrent la fameuse bataille de Fontenay, en Bourgogne, où périt toute la fleur de l'ancienne noblesse ; le nombre des morts fut de cent mille.Louis et Charles, sortis victorieux du combat, forcèrent leur frère de se sauver en Italie. Ils marchèrent ensuite sur Strasbourg, où ils renouvelèrent leur alliance et la confirmèrent par serment à la tête de leurs troupes (14 février 842).
Ces princes étaient sur le point de se partager toute la monarchie, lorsque, par l'entremise des seigneurs, ils se rapprochèrent de leur aîné, et conclurent avec lui le traité de Verdun, qui consomma le partage définitif de la monarchie (843).
Lothaire conserva, par ce partage, la dignité impériale avec le royaume d'Italie et les provinces situées entre le Rhône, la Saône, la Meuse, l'Escaut, le Rhin et les Alpes. Ses États furent dénommés Lotharingiens (de là le nom de Lorrains).
Louis le Germanique eut toute la Germanie au delà du Rhin, et, en deçà de ce fleuve, les cantons de Mayence, de Spire, et de Worms. Enfin toute la partie des Gaules qui s'étendait depuis l'Escaut, la Meuse, la Saône et le Rhône, jusqu'aux Pyrénées, échut à Charles-le-Chauve, qui eut aussi dans son partage la marche d'Espagne, composée du comté de Barcelone et des autres pays que Charlemagne avait conquis au delà des Pyrénées.
©a8IgiB!<e de lu France moderne. — Ici commence, à proprement parler, la France moderne, qui est un démembrement de l'ancien empire des Francs ou de la monarchie de Charlemagne. Elle conserva longtemps les limites que le traité de Verdun lui avait assignées, et tout ce qu'elle possède aujourd'hui hors de ces limites provient des conquêtes qu'elle fit depuis le 1 4e siècle. Cependant ies états de Lothaire, dépourvus de limites naturelles, devinrent l'objet d'une longue suite de guerres entre les Allemands et les Francs, dont les mœurs et le \angage se confondent presque dans ces contrées. D'un autre côté, les privilèges que les rois germains furent forcés de concéder aux grands vassaux, conduisirent ceux-ci à l'indépendance, et les seigneurs français s'agrandirent de même aux dépens des faibles successeurs de Charlemagne, dont aucun ne sut tenir d'une main assurée les rênes de l'État.
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Charles-le-Chauve fut donc, à dire vrai, le premier roi de France et c'est par lui qu'il faudrait commencer la suite de nos rois. Aussi est-ce der-nis ce prince que le gouvernement changea de face chez les Francs occidentaux ou neustriens. Avant lui, ce gouvernement était franc on germanique, les mœurs et les usages des conquérants de la Gaule y prédominaient ; leur langue, la langue franque ou tudesqne, était celle de la cour, du gouvernement. Mais depuis le démembrement dont nous parlons, les Gaulois l'emportèrent dans la France occidentale, dans la Neustrie; les mœurs et la langue du peuple s'introduisirent à la cour et influèrent sur le gouvernement. La plus grande perte, à la bataille de Fontenay, étant tombée sur les tribus qui pariaient encore la langue germanique, les vainqueurs firent graduellement prévaloir les mœurs et la langue galloromaine. Cette langue, devenue ainsi la langue des grands, s'épura insensiblement, et il en sortit avec le temps la langue française moderne. Une autre conséquence de la bataille de Fontenay fut l'élévation de la noblesse secondaire au premier rang : tous les grands seigneurs d'alors y ayant perdu la vie, d'autres chefs francs prirent leur place, reçurent ou usurpèrent leurs droits et leurs biens; et de cette seconde noblesse franque personnelle sortit la première noblesse française héréditaire. C'est donc à cette époque, au règne de Charles-le- Chauve, que les Francs occidentaux cessèrent réellement d'être Francs, et qu'on doit commencer à les appeler Français. Le mouvement national qui s'opéra à cette époque exerça principalement son influence sur la royauté. Gouvernée jusqu'alors par deux dynasties germaniques, la nation songea à placer sur le trône une dynastie française, c'est-à-dire neustrienne. Cette révolution ne s'accomplit que dans le siècle suivant, lorsque Hugues-Capet, chef de la troisième race, monta sur le trône des Carlovingiens. Quoique Eudes eût déjà partagé le trône avec les descendants de Charlemagne, Hugues est le vrai fondateur de cette dynastie française, appelée par les vœux de ta nation (987).
Observations sur le démembrement de l'Empire frase et sir celui clés Kaïifes.
Ainsi, au commencement de ce siècle, deux empires puissants s'écroulent et changent, par leur chute, la face de Y Europe et de Y Asie. Ces deux révolutions ont des causes communes. Les descendants de
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Chariemagne furent tous des princes faibles ; la révolution ne pouvait donc manquer d'éclater. On ne voit de môme sur le trône dos kalifes, après Al-Manioun, que des princes efféminés qui accélérèrent la chute de cet empire.
Outre ces causes de décadence, l'empire franc et celui des kalifes en eurent de particulières. Les seigneurs et les Normands portaient les coups les plus funestes au premier, lorsque la secte d'Ali et les Turcs minèrent le trône du second. Mais, quant au gouvernement, le parallèle n'est plus possible ; malgré tant de révolutions, le gouvernement des kalifes ne changea pas de forme, et fut toujours te despotisme et la tyrannie, tandis que dans l'empire franc l'autorité du trône s'anéantit et les droits du peuple furent entièrement méconnus. C'est alors qu'on voit paraître le gouvernement féodal.
L'empire de Chariemagne renfermait encore dans son sein une cause de dissolution qui lui est propre, et que n'avait pas l'empire d'Aroun. A peine affermi sur un trône qui n'appartenait pas à ses ancêtres, Charles avait conçu et exécuté le projet d'une monarchie universelle. Tout ce qui devait la composer se trouva réuni, non par l'habitude du temps, mais par la force comprimante de son génie. De nombreuses provinces furent tout-à-coup incorporées à ses États ; les rois et les souverains devinrent tous sujets à la fois, et devaient tous conserver en même temps le désir de recouvrer leur autorité. Cependant telle était la force du pouvoir qu'il avait fondé, que ce ne furent pas les rois qui se révoltèrent ; et si la querelle éclata entre les peuples sous les fils de Louis le Débonnaire, ce ne fut pas pour leurs rois, mais pour eux, mais pour leur indépendance et leur nationalité qu'ils combattirent, et la bataille de Fontenay fut une sanglante protestation contre la violence qu'on leur avait faite en les unissant.