‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 111 sur 166 · PERSONNAGES REMARQUABLES DES CROISADES · texte numérisé non relu

PERSONNAGES REMARQUABLES DES CROISADES

Première Croisade.

Promoteurs. — Pierre l'Ermite et le pape Urbain IL

Princes. — Philippe I, roi de France. — Alexis Comnène, empereur grec.

Guerriers. — Première armée. — Godefroy de Bouillon, duc de Lorraine, est proclamé roi de Palestine; mais il refase. Il devient roi de Jérusalem ; — Eustache de Boulogne, et Baudouin, ses frères. — Baudouin du Bourg, leur cousin. — Baudouin, comte de Hainaut, Hugues de Saint-Pol, et Gérard de Chérisy.

Deuxième armée. — r Hugues, comte de Vermandois. — Boberl, duc de Normandie. — Etienne de Blois, et Hubert, comte de Flandre. — Bohèmond, prince de Tarente et Tancrède, son cousin, tous deux d'origine normande, se joignent à Rome, à cette armée, avec 30,000 chevaliers.

Troisième armée. — Raymond, comte de Toulouse. — Adhémar de Montheil, évoque du Puy et légat apostolique. — Gauthier, général, meurt avec les siens en voulant venger Renaud de Brescia, que les Musulmans avaient forcé, avec toute sa troupe, d'embrasser le niahométisme.

Beiisième Croisade»

Promoteurs. — Saint Bernard, abbé de Glairvaux, et Eugène III, son disciple, pape.

Princes. — Louis Fil, roi de France. — Conrad III, empereur d'Allemagne. — Baudouin III, roi de Jérusalem. — Manuel Comnène, empereur grec. — Raymond de Poitiers, prince d'Antioche, oncle de la reine de France, Éléonore. — Roger, roi de Sicile. — Il offre des vaisseaux aux croisés, qui les refusent, et qui, par un imprudent orgueil, se livrent pour la deuxième fois à la perfidie des empereurs grecs.

Guerriers. — Thierry d'Alsace, comte de Flandre. — Everard des Barres, grand-maître des Templiers. — Noureddin, sultan d'Alep.

Trolsièise Croisade-

Promoteur. — Urbain III. — Ce pape meurt de douleur, à Ferrare, en apprenant la prise de Jérusalem par Saladin (1187).

Princes. — Philippe-Auguste, roi de France. — Richard Cœur-de- Lion, roi d'Angleterre. — (La rivalité de Philippe-Auguste et de Richard vint en partie du choix du prince qui devait régner à Jérusalem. Philippe-Auguste soutenait les droits de Conrad, fils du marquis de Montferrat et de Sibylle, sœur de Baudouin. Richard soutenait ceux de Guy

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de Lusignan, que Sibylle avait épousé en secondes noces). — Frédéric Barberousse, empereur d'Allemagne. — Isaac l'Ange, empereur grec, qui trahit les croisés, et avait fait une alliance secrète avec Saladin.

BS,©is «le dérusaleraa. — Baudouin IV, malade, abdique en faveur de Guy de Lusignan. (Forcé d'abandonner le trône, Lusignan va régner sur l'île de Chypre, que lui cède Richard, qui en avait fait la conquête).

— Guy de Lusignan. — Àmaury. — Ce successeur de Lusignan épouse Isabelle, veuve de Henri, comte de Champagne, qui avait le titre de roi de Jérusalem.

«■sierrâers. — Saladin, sultan d'Egypte. (Impôt delà dîme saladine).

— Malek-Adhel, son frère. — Renaud de Châtillon. — Léopold, duc d'Autriche. — Conrad, fils du marquis de Montferrat. — Josselin de Courtenay. — Guillaume, archevêque de ïyr. — Le duc de Souabe,

Quatrième Croisade.

Promoteurs. — Grégoire Vil. — Guillaume, archevêque de Tyr.

— Innocent III. — Foulques de Neuilly. — C'est Innocent III qui fonda l'Inquisition et les ordres mendiants des Franciscains et des Dominicains. — Innocent 111 blâma hautement les croisés d'avoir détrôné un empereur chrétien, au lieu d'aller combattre les infidèles. — Il lança une excommunication et se rétracta. — Il prévoyait que les Latins ne conserveraient pas longtemps l'empire de Constantinople.,

sPriîsces. — Philippe-Auguste, roi de France. — Alexis Comncne, fils d'Isaac l'Ange.

Sluerriers. — Dandolo, doge de Venise. — Eudes, duc de Bourgogne. ■— Thibaut et Louis, comtes de Blois. — Thibaut, comte de Champagne, commande l'armée; il meurt et on nomme à sa place: Boni face, comte de Montferrat, à qui succède : Baudouin, comte de Flandre. — Baudouin II est élu empereur à Constantinople, en 1204, après la prise de cette ville par les Croisés, sur l'empereur Alexis Ducas, dit Murzuphle, assassin d'Alexis. — Ils fondent ainsi l'empire des Latins, qui finit après cinquante-sept ans de durée.

Baudouin II, de la maison de Courtenay, est détrôné par Michel Paléologue. Ce prince était un des successeurs de Lascaris, descendant des empereurs grecs, et qui avait fondé un empire particulier à Nicée. Michel retourna à Constantinople.

Le dernier de cette famille, Constantin XI Paléologue, mourut les armes à la main, en combattant Mahomet II, qui prit Constantinople m 1453.

Cinquième Croisade.

Promoteurs. — Innocent III. — Honorius III. — Jean de Brienne, *oi titulaire de Jérusalem.

Princes. — André II, roi de Hongrie. — Jean de Brienne. — Hugues de Lusignan, roi de Chypre, qui mourut quelque temps après la

retraite du roi de Hongrie, de sorte que Jean de Brienne resta seul chef de la croisade.

Sixième Croisade*

Frosnoieurs. — Grégoire IX. — Eudes de Châteauroux, cardinal.

Prince. — Saint Louis, roi de France.

Guerriers. — Robert, comte d'Artois, frère de saint Louis. Il est tué à la bataille de la Massoure. — Alphonse de Provence, frère de saint Louis. — Mile et Salah, fils de Saladin. — Saint Louis est fait prisonnier, et rend Damiette pour sa rançon.

Septième Croisade.

Promoteur. — Urbain IV.

Princes. — Saint Louis. — Philippe-le-Hardi, fils de saint Louis.

Clwerrïers. — Alphonse de Provence, frère de saint Louis. — Il meurt à Sienne, en revenant en France.

Tristan, fils de saint Louis. — Il meurt de la peste à Tunis avec le roi, son père.

Lecture : Détails sur les croisades, dans notre Histoire de France et dans Miciiaud.

Résultats des €r©isasïe©. — Outre que les croisades sauvèrent pour un temps l'Europe de l'invasion des Turcs, qui la menaçaient, elles eurent plusieurs autres résultats indirects et éloignés qu'il est bon de faire connaître.

Hésîsltats politiques. — Les princes trouvèrent dans les croisades les moyens d'agrandir leur domaine et de fortifier leur autorité. Ces expéditions diminuèrent la puissance des grands vassaux, par- conséquent délivrèrent le monarque de rivaux redoutables, le peuple d'oppresseurs tyranniques, et un nouvel ordre de choses dut nécessairement découler de cet affaiblissement du pouvoir des barons, de cette altération du système féodal. En effet, les domaines de cette foule de seigneurs qui partirent pour la Terre Sainte et qui ne reparurent jamais, furent vendus ou confondus avec les fiefs attenants ; ceux qui revinrent, ou bien avaient vendu leurs biens avant de partir, ou furent obligés de les vendre à leur retour, ou même les trouvèrent entre des mains qui s'en étaient emparées : et ainsi fut accéléré, sinon produit, le mouvement qui tendait à ramener tout à l'unité monarchique, et à former un ordre moyen qu'enfantèrent bientôt les affranchissements et l'établissement des communes. Mais si la noblesse perdit en puissance et en richesses, elle gagna en illustration, et la che-

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valerie, développée dans les guerres, repandit son éclat sur toute l'Europe. C'est alors que furent inventées les armoiries et que prirent naissance les noms de famille.

I&ésulÉ&ts comEnieE^cSaiBx et iiicins&piels. — Dô

nouvelles relai ions commerciales donnèrent de nouvelles jouissances aux habitants de l'Europe. La navigation fit de grands progrès, et en mettant plus souvent en contact des peuples différents et éloignés, en ouvrant aux spéculations une plus vaste carrière, en facilitant les échanges, elle donna une haute activité au commerce et lui fit prendre de grands développements. De nouvelles industries furent importées en Europe, et des villes maritimes, s'emparant du commerce de l'Orient, devinrent à la fois riches et puissantes. Telles furent la ville de Marseille, elles Républiques de Venise, de Gènes et de Pise. L'agriculture y gagna la culture du mûrier, du blé de Turquie et de la canne à sucre.

I|éssaILtfa£@ ltàtéiBaf res et scienti^nes». — On apprit à connaître des peuples, des religions, des institutions ignorés jusque-là. La civilisation arabe, alors à son apogée, la civilisation grecque, qui, quoiqn'en décadence, était encore supérieure à la nôtre, ne purent qu'exercer une heureuse influence. « C'est un lieu commun, écrit M. Guizct, que de dire » que l'esprit des voyageurs s'affranchit, que l'habitude d'ob- » server des peuples divers, des mœurs, des opinions diffé- » rentes, étend les idées, dégage le jugement des anciens pré- » jugés; le même fait s'est accompli chez les peuples voya- » geurs qu'on a appelés les Croisés, et le résultat a été un » grand pas vers l'affranchissement de l'esprit, un grand pro- » grès vers des idées plus étendues, plus libres. » L'Egypte et Constantinople devinrent les sources de nos connaissances ; l'Egypte, pour les sciences naturelles et exactes, et pour la médecine surtout, qui emprunta aux Arabes le traitement de certaines maladies et des spécifiques mystérieux ; Constantinople, pour ce qui dépend des arts. Des croisés introduisirent en Europe des manuscrits précieux, arabes, grecs, syriaques; une tendance assez forte vers l'étude, l'instruction et les découvertes utiles commença à se manifester ; le talent fut honoré, et l'on ne se vanta plus de son ignorance comme d'une condition de noblesse. La poésie prit un caractère nouveau, d'où résultèrent les romans chevaleresques, les chants des trouba-

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dours, et les grands la cultivèrent eux-mêmes. En un mot, les relations continuelles de peuples qui avaient toujours été séparés, et l'échange mutuel des connaissances, contribuèrent au développement des lumières et favorisèrent la civilisation générale.

Résultats religieux. — Si l'on s'en tient au premier coup d'oeil, il semble que les croisades accrurent la puissance temporelle des papes, en même temps que leur puissance spirituelle. En effet, en même temps qu'ils font reconnaître leur suprématie aux patriarches de Jérusalem et d'Anlioche, ils éloignent les empereurs, détruisent leurs prétentions, empêchent leurs entreprises contre le Saint-Siège, et, placés à la tête de la chrétienté, acquièrent de nouvelles principautés et paraissent les maîtres des rois, qui, à leur voix, quittent leurs États et traversent les mers. Mais au fond, l'époque des croisades fut lecoinmeBcement de la décadence du pouvoir temporel de l'Église. Rome, devenue un lieu de passage pour une grande partie des croisés, fut visitée par presque toute l'Europe On assista au spectacle de ses moeurs et de sa politique, on reconnut souvent l'intérêt personnel dans les débats religieux et ces considérations, jointes au développement intellectuel des peuples, à l'extension, à l'accroissement des lumières, inspirèrent à des hommes audacieux des sentiments de liberté et une hardiesse jusqu'alors inconnus. Aussi voit-on, depuis les croisades, diminuer sensiblement l'effet de ces excommunications terribles qui faisaient trembler les rois et courber la tête aux peuples, et les papes eux mêmes, reconnaissant l'état des esprits, furent moins prodigues de leurs anathèmes.

Lecture : Histoire des croisades, par Michaud. — Histoire de la civilisation en Europe, par M. Guizot.

TaSsleau à faire : Causes. — Résultats. — Preoiièie colonne, dates.— Deuxième colonne, Notice. — Troisième colonne, personnages.

ANGLETERRE

I^s Normands en Angleterre. — (1066). Nous avons vu les Danois repoussés ou soumis par Alfred-le-Graad. Après sa mort, les querelles des rois et du fameux Dunstan, qui de simple moine devint archevêque de Cantorbéry, nia l'infaillibilité du pape, détrôna un de ses souverains, gouverna l'autre par la crainte, et lui suscita des rivaux lorsqu'il sembla vouloir secouer le joug; ces querelles avaient affaibli le royaume, et les Danois profitèrent de cet affaiblissement pour faire de nouvelles tentatives. Ils avaient été plusieurs fois repoussés, quand

Suénon, dit Tyfve-skeg ou à la barbe fourchue, roi de Danemark, se présenta et s'empara du comté d'York. Èthelred acheta plusieurs fois la paix, et subit l'impôt du danegetd ou argent danois : mais ayant fait massacrer par trahison tous les Danois qui se trouvaient dans ses états, Suénon reparaît pour venger ses compatriotes, s'empare du trône, malgré les efforts d'Edmond, fils d'Étheîred, qui le bat plusieurs fois, et .avec lequel il est forcé de partager l'Angleterre. Puis, Edmond ayant, été assassiné, il se fait proclamer seul roi, en 1014, et Èthelred est obligé de se réfugier en Normandie, auprès de son beau-père, Richard II. Suénon étant mort, Canut-le-Grand, son fils, lui succède (1017). Un moment il perd le trône qu' Edouard, fils de l'ancien monarque saxon, est parvenu à ressaisir, le partage avec lui, et, après l'assassinat de ce prince, se fait reconnaître souverain de toute la Grande-Bretagne. Il rétablit les lois d'Alfred, si chères aux Anglais, et règne avec gloire. Deux de ses fils ayant successivement fait détester la domination danoise à l'Angleterre, Èdouard-le-Confesseur, prince saxon, est rappelé et remonte sur le trône de ses pères II règne vingt ans en paix, avec plus de bonheur que de gloire. A sa mort, deux rivaux se disputent son trône : Guillaume-le-Bâtard, duc de Normandie, qui appuie ses prétentions sur un testament, et Harold, né de la fille de Canut-le-Grand et du seigneur Godwin qui exerçait, sous le dernier roi saxon, la même influence que Hugues-le-Grand sous les derniers Carlovingiens. Guillaume passe en Angleterre pour faire valoir ses droits, et la bataille de Eastings met en présence les deux concurrents. Harold y perd la vie, et peu après Guillaume est solennellement proclamé, roi (1066). Ce prince fit des réformes nombreuses; il confisqua les biens de la noblesse anglaise, en forma des fiefs et des baronnies qu'il donna aux seigneurs normands, et le français devint la langue de la Cour et du Gouvernement ; il établit la loi du couvre-feu, etc., et mourut dans une guerre contre Philippe I, roi de France (1087).

EMPIRE D'ORIENT

L'empire grec, inondé de croisés aveuglément soumis au pontife, se sauve par l'habileté d' 'Alexis Comnene. Il jouit de quelque tranquillité sous cet empereur, si bien vengé de la haine des Latins par l'histoire que nous a laissée sa fille, princesse aussi illustre par son esprit que son père l'était par ses talents (1118). Jean Comnène, surnommé Kalos (Beau), lui succède ; ce prince barbare qui, par superstition, refusa la sépulture à son père, met en fuite les Turcs et les Hongrois, se couvre de gloire en Asie, et meurt atteint d'une flèche empoisonnée lorsqu'il se préparait à de nouvelles victoires (1143).

ALLEMAGNE

Maison «le Francoiaïe-galique. — (1024). Cette maison succéda à celle de Saxe ; elle était contemporaine des premiers Capétiens, Conrad II en fut le premier empereur. L'Empire s'agrandit du royaume d'Arles et des deux Bourgognes, que Rodolphe III, fatigué des révoltes continuelles de ses grands vassaux, lui avait légués, et s'étendit jusqu'au Rhône et au Jura. Mais deux événements hâtèrent la désunion de la monarchie : 1° la querelle des Investitures sous Henri IF; 2° l'indépendance que cette querelle valut aux seigneurs et aux princes allemands. Nous remarquons encore que sous Henri III, fils et successeur de Conrad II (1039), éclata la guerre vde Lorraine, à l'occasion de Frédéric II, duc de cette province. L'empereur, après avoir vaincu les prétendants, donna la haute Lorraine à Gérard, comte d'Alsace, duquel on fait descendre la maison impériale de Lorraine. Henri III, doué des plus nobles qualités, parvint à réaliser en partie les desseins de son père ; il sut se faire respecter par les grands vassaux, et disposa en maître de la couronne des pontifes, malgré le crédit croissant du moine Hildebrand, devenu le conseiller du pape Léon IX. — Le règne de Henri IV (1056-1106), qui se termine d'une manière déplorable pour ce prince, est un des plus féconds en événements importants pour l'ordre social ; les fautes d'une première éducation exercèrent une fâcheuse influence sur la vie de Henri IV, dont le caractère était un mélange de grandeur et de faiblesse, de courage et de timidité, de légèreté et d'audace, de violence et d'hésitation. Sa première faute fut de se brouiller avec les vassaux et les États de Saxe, qui, malgré les succès qu'il remporta sur eux, l'engagèrent avec la cour de Rome dans des discussions que la guerre des Investitures vint envenimer (1074).

ESPAGNE

DcmembreEuent «lu ELalifat de €ordoue. — (101 ). Depuis longtemps de sanglantes dissensions divisaient le royaume musulman de la Péninsule ; à chaque instant, les émirs et les gouverneurs se révoltaient contre le souverain, le déposaient, le massacraient, en mettaient un autre à sa place, s'y mettaient eux-mêmes ou se déclaraient indépendants. Enfin, après des crises nombreuses, le kalifat de Cordoue fut démembré, et Hescham III en fut le dernier kalife. De 1010 à 1031, il se forma successivement neuf royaumes indépendants, qui furent ceux de Murcie, Badajoz, Grenade, Saragosse, Majorque, Valence, Séville, Tolède et Cordoue. Ces petits États furent souvent en guerre les uns contre les autres; les nouveaux conquérants qui dévastèrent l'Espagne en réunirent plusieurs ; mais ce morcellement de la puissance arabe favorisa les progrès des Chrétiens, entraîna et accéléra la ruine

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des enfants de Mahomet. Le royaume de Grenade est celui qui se son» tint le plus longtemps, et il ne périt qu'au quinzième siècle, sous les coups de Ferdinand-le-Gatholique.

ïPas'tage des É&ats de gaBieSse-ae-GrasseS. — (1035). La Navarre s'était rendue indépendante sous Louis I; et depuis, constituée en royaume, elle s'agrandit des comtés d'Aragon et de Gastille, et atteignit son plus haut degré de puissance sous le règne de Sanche-le-Grand. Ce roi partage, en- mourant, ses états entre ses quatre fils. La Navarre est donnée à son fils aîné, Garde IV ; l'Aragon à Ramire ; la Gastille à Ferdinand ; les comtés de Sobrarbe et de Ribargorce à don Gonzalès. Ramire réunit bientôt à ses états ceux de don Gonzalès, qui mourut, et la guerre ayant éclaté entre Bermude III, roi de Léon, et Ferdinand, Bermude fut tué dans un combat; Ferdinand, qui avait épousé sa fille, fut proclamé roi de Léon, de Galice et des Asturies (1037).

Sanche-le-Grand, aussi politique que guerrier, était issu d'Inigo, prince de Bigorre, du sang de Clovis ; et nous ne croyons pas inutile de faire remarquer qu'au moment où la race de Charlemagne perdait le trône de France, la postérité des Mérovingiens restaurait celui de l'Espagne. Sanche tomba dans la même faute que Clovis et Charlemagne, en démembrant ses états entre ses enfants. Lçs trois branches qui naquirent de ce partage s'illustrèrent par de hauts faits d'armes, et sous le règne d'Alphonse VI, roi de Gastille et de Léon (1065), et petit-fils de Sanche-le-Grand, parut le fameux Rodriguez Diaz de Bivar, si connu sous le nom de Cid (chef), effroi des'Maures. Ce héros alla planter l'étendard chrétien sur les murs de Tolède ; mais tous ses exploits n'empêchèrent pas l'Espagne de se débattre pendant huit cents ans, soit dans ses guerres contre les Maures, soit dans ses discordes civiles.

lies Aïmoravâdes emvaMssemé l'Espagïae. — (1086). Les Almoravid.es étaient une secte établie en Afrique, qui avait pour kalife Youseb-ben-Taschfyn, fondateur du royaume et de la ville de Maroc. Ils furent appelés en Espagne par Ben-Abad, prince maure, contre le roi de Gastille, Alphonse VI. Bientôt ils tournèrent leurs armes contre les Musulmans, soumirent presque toute l'Espagne et une grande partie du Portugal, mais l'Espagne opprimée se révolte tandis qu'une autre secte (celle des Almohades) s'élève en Afrique contre les Almoravides, qui sont dispersés et détruits.

ITALIE

&es isormands à Naples. -— (1043). Plusieurs puissances se dia* putent l'Italie méridionale. Les Grecs en possèdent une partie; mais les Napolitains sont disposés à la révolte. Quarante pèlerins Normands abordent en Italie, et repoussent les Sarrasins qui assiégeaient Salerne. ils inspirèrent ensuite à leurs compatriotes le dessein de sou-

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mettre cette belle contrée. Trois cents chevaliers, conduits par Rainulfe et Osmond, étant passés en Italie et ayant échoué dans une première entreprise, se mettent au service du duc de Naples, qui, rétabli par eux dans ses états, donne à Rainulfe le titre de comte. Trois fils de Tancrède de Hauteville, Guillaume Bras-de-Fer, Drogon et Humfroi, viennent dans ce pays de facile conquête. Après avoir été successivement au service de Manassès, patrïce grec, et de Landolfe, duc de Bénévent, son ennemi, Guillaume profite des divisions des Grecs, s'empare de la Pouille, en est nommé comte en 1043, et se soutient dans sa nouvelle principauté contre les empereurs et les papes. Robert Guiscard, autre fils de Tancrède, succède à ses frères dans le comté de Pouille, y réunit les deux Calabres, et prend le titre de duc. Avec l'aide de Roger, il s'empare, sur les Sarrasins, de la Sicile que lui avait donnée le pape, et qui resta à Roger. Roger II, réunissant par héritage les possessions des deux races normandes, prend le titre de roi, se rend maître de Naples, et forme ainsi le royaume des Deux-Siciles , qui doit bientôt passer à une autre famille.

EGLISE

Schisme des deux Églises. — (1053). Nous avons vu au 9e siècle s'élever, entre les patriarches de Constantinople et les pontifes de Rome, une querelle qui, toujours continuée depuis, amena la séparation totale des deux Églises. L'Église d'Orient ne fut plus qu'une Église schismatique.

Ce fut en 1026 que Gui, moine d'Arezzo, inventa les notes de musique et les désigna par les premières syllabes de l'hymne de saint Jean: Ut queant Iaxis. Ce fut encore vers 1095 que fut établi l'ordre de Saint- Antoine, par Gaston de Vienne (sur le Rhône), et Guérin, son fils, qui fondèrent une association pieuse et libre, destinée à secourir ceux qui étaient atteints du mal des ardents, appelé aussi feu Saint- Antoine, et qui faisait alors d'affreux ravages. En 1084 l'ordre des Chartreux fut fondé par saint Bruno, et peu de temps après, en 1098, Robert, bénédictin et abbé du monastère de Molesme, accompagné d'une vingtaine de religieux qui voulaient suivre avec l'exactitude la plus sévère les règles de leur ordre, se retira dans une solitude écartée et sauvage, nommée Cîteaux, la fertilisa, et bientôt sa maison, devenue célèbre, attira les regards de l'Europe autant par sa sainteté que par ses lumières. Telle fut l'origine de l'ordre de Cîteaux, dont saint Bernard fut l'un des plus beaux ornements. Ce fut aussi dans le commencement du 11e siècle qu'eut lieu la réforme de Cluny, dont les mœurs répandaient depuis si longtemps le scandale dans la France entière.

Pontificat de Grégoire Via. — (1073-1085). Pépin et Charïemagne avaient donué aux papes une puissance temporelle, qui, depuis,

s'est considérablement accrue. Grégoire Vil (Ilildebrand), fut, pour ses rares talents, élevé au pontificat, presque malgré lui et par l'influence de l'empereur, qu'il avait engagé à ne pas confirmer son élection, en lui dénonçant ses desseins. Une fois monté sur le trône pontifical, il voulut, comme il l'avait annoncé, réformer les abus et faire cesser le trafic honteux des investitures. C'était le droit qu'exerçaient les empereurs en investissant les évoques de leurs bénéfices ; ils leur remettaient la crosse et l'anneau. Le terrible pontife défend à l'empereur de conférer des bénéfices. Henri IV refuse de se soumettre : il est excommunié. Bientôt il s'humilie et n'obtient son pardon qu'en faisant pénitence, pieds nus, dans la cour du château de Canossa (1077). La comtesse Mathilde, qui possédait une grande partie de l'Italie, soutenait le parti de Grégoire. Ces troubles amenèrent la mort du pontife à Salerne, en 1085. Son but était de soumettre toutes les couronnes à sa tiare, et de s'attribuer une autorité universelle, tant au temporel qu'au spirituel, dans toute la catholicité. C'était un réformateur par le despotisme; il voulait réformer l'Église, et par elle la société civile, en y introduisant plus de moralité, plus de justice, plus de règle.

Lecture : Biographie de Grégoire VU, par M. Villemain.

Observations sur Grégoire VIL

En considérant Grégoire VII sous le rapport d'homme d'état, de souverain temporel, on ne peut lui refuser ni le génie qui conçoit de vastes desseins, ni le caractère qui préside à leur exécution. Comme chef de religion, il a été jugé moins favorablement. Sa conduite hautaine envers Henri, les principes de la suprématie absolue, dont le premier il voulut étendre les conséquences jusque sur les devoirs de la fidélité des sujets envers leur souverain, font élever de vives censures contre sa mémoire. On ne doit pas oublier cependant qu'il rendit de grands services à la religion, en rétablissant sur le trône pontifical cette dignité, cette sévérité de mœurs, qui plus d'un siècle avant lui en avaient été bannies par l'effet des intrigues les plus honteuses.

I.a cosaaâesse MatMMe. — (1077). La comtesse Mathilde, dont nous venons de parler, était fille de Boniface, comte de Toscane et cousin de l'empereur Henri. Elle avait épousé Godefroy-le-Bossu, fils du duc de Lorraine. Elle mourut en 1116, et légua ses états au Saint- Siège. Ils comprenaient la Toscane, Mantoue, Parme, Reggio, Plaisance, Modène, Ferrare, une partie de l'Ombrie, le duché de Spolète, Vérone, presque tout ce qui est appelé aujourd'hui le patrimoine de Saint-Pierre, depuis Viterbe jusqu'à Orviette, avec une partie de la marche d'Ancône. L'empereur d'Allemagne, Henri V, s'empara de cette vaste succession, en qualité de chef de l'Empire et de proche parent de Mathilde ; il se rendit'à Rome, où il se fit couronner une se-

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conde fois par Maurice Bourdin, archevêque de Braga et légat, qu'en /•ev anche il fit nommer pape sous le nom de Grégoire VIII. Les querelles "mirent par le concordat de Worms. Henri V renonça à l'investiture par la crosse et l'anneau, se réservant seulement de conférer les bénéfices avec le sceptre. La mort de Henri V mit fin à la maison impériale de Franconie.

Turcs Seldjoucides. — (1037). Les Turcs Seldjoucides sont sortis du Turkestan. Ils conquirent l'Asie-Mineure , une partie de la haute Asie, et jouèrent un grand rôle dans les croisades. Togroul-Beg, petit-fils de Seldjouk , prit le titre d'e/m'r al-omrah après s'être emparé de la Perse et de Bagdad, et est regardé comme le fondateur de leur empire. H. sa mort, en 1063, Alp-Arlsan, son neveu, soumet la Géorgie, l'Arménie et une partie de l'Asie-Mineure. Malek'Chah, fils d'Alp-Arlsan, range sous ses lois presque toute la Syrie et diverses régions de l'Asie centrale (1072-1092). Après le sultan Malek, qui avait achevé de soumettre l'Asie, l'empire des Seldjoucides fut divisé, et de ses débris se 'formèrent trois grands États : 1° l'empire d'Iran; 2° celui d'Iconium ou ' de Roum ; 3° l'empire de Syrie, qui se subdivisa en sultanies d'Alep et de Damas. Un neveu de Togroul fonda encore l'empire de Kerman (1194), soumis plus tard par les Khowaresmiens.

Travail à faire : Carte de l'Asie à l'époque des Turcs Seldjoucides; distinguant :

1° L'empire des Sultans du Kharisme, fondé par Cothb-Edfiih Mohammed,, cêtre des Ottomans (1127).

2° L'empire des Seldjoucides de Perse, fondateur Mikaïl (1020).

S» L'empire des Seldjoucides du Kerman, fondateur Cadherd (iOftl).

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LE MONDE

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