SECONDE RÉVOLUTION
Jacques H (de 1685 à 1688).
L'animosité des protestants s'accrut encore par la faveur que le nouveau roi accorda aux catholiques. Des séditions eurent lieu : Monmouth, qui se donnait pour le fils légitime de Charles II, attendu que ce roi
avait épousé la duchesse de Portsmouth, sa mère, fut pris et décapité ; le comte d'Argyle eut le même sort ; les partis s'irritèrent ; Guillaume d'Orange, gendre de Jacques II et rival de Louis XIV, s'allia aux protestants ; le roi d'Angleterre voulut alors réparer ses torts, mais il n'était plus temps. Le stathouder débarque à Torbay à la tête d'une armée considérable, et Jacques, abandonné môme de sa fille Anne et de son gendre Georges de Danemark, se réfugie en France. Une nouvelle révolution eut lieu en 1688 ; les Anglais l'appellent Glorieuse,
Le règne des quatre Stuarts ne fut cependant pas stérile ; sous eux le commerce acquit une grande activité, l'agriculture fit des progrès ; la Pensylvanie fut fondée par le quaker Penn; la marine anglaise était devenue florissante : elle comptait, à l'expulsion de Jacques, 173 vaisseaux: enfin les protestants, chassés par la révocation de Yédit de Nantes, vinrent apporter en Angleterre leur industrie et leurs richesses.
Les Anglais doivent à cette époque l'institution de la banque nationale, l'activité du crédit public, la fondation d'une seconde compagnie des Indes, et la liberté politique dont jouit encore aujourd'hui la Grande-Bretagne.
Il faut ajouter toutefois que Guillaume ouvrit dans le parlement la carrière de la corruption en achetant les voix; qu'il créa cette dette nationale qui pèse encore sur l'État.
Il n'avait aucun goût pour la littérature et les arts ; il méprisait les savants et n'estimait que les gens de guerre.