HOLLANDE
IDirck. Koorn- |l heit.
fc 'Jean Anionidès.
Chants natio naux.
Gérara de Val sen , Histoire de:
Pays-Bas.
On l'a surnommé le Molière danois. Il eut le rare bonheur de faire admirer des composit simples et vraies, par un public peu éclairé.
Il publie une grammaire danoise, mais s'associant pas à la réi vation littéraire prépar par ses travaux , il ne laisse que des poésies latines.
Ses vers sont bien éloignés de la régularité et de la correct on de style qui distingueront plus lard la poésie hollandaise, mais ils sont pleins de verve chaleureuse et d'inspirations patriotiques.
Ses chants sur la rivière d'Y sont célèbres.
Il est surtout célèbre comme historien et
'mine tragique :
littérature et U
au point de perfection. Sa tragédie serait un chefd'oeuvre dans tous les temps et dan» tous les lieux.
17e SIECLE.
S Van Vende!,
S(Spinosa.
(Van Dyck.
;| îStjerntoelin.
ce ce
Pays.
Anvers.
Cologne.
Ouvrages.
Patamhde , Gilbert d'Awsel , Lucifer.
Saint Sébastien, le Couronnement d'épines.
Le Crucifie portraits, etc.
SUÉDE
|| Tégd.
°s Girs.
Collection pour l'Histoire de Suède eu moyen-âge.
Histoire de» rois Gustave Jer e/
Eric XIV.
Ilisloire de
Jean III.
Caractère.
Le plus célèbre trag que hollandais; il imit d'abord les Grecs; mais bientôt il traça tous les héros de sa patrie, c'est le Racine hollandais.
Philosophe célèbre et de mœurs pures ; il est ce pendant le premier qu ait érigé l'athéisme ei système.
Il travaillait arec une extrême facilité et a pro duit un grand nombn d'ouvrages.
Sa facilité tenait du prodige. On admire sur tout chez lui la magie d la couleur, le grandiose de l'effet.
Le père de la poésie suédoise : on lui reproche le défaut d'élan et d'inspi ration.
Il écrit en latin, trouvant la langue nationale trop informe.
5 64 18e SIÈCLE.
l@e Siècle.
CARACTÈRE BU SIÈCLE
Développement du système de l'équilibre. — Établissement du crédit. — Prépondérance maritime et continentale de l'Angleterre. — Décadence du pouvoir royal.
SOMMAIRE
France. — 1700. Guerre de la succession d'Espagne. — 1716. Système de Law. — 1733-1738. Guerre de la succession de Pologne. — 1740-1748. Guerre de la succession d'Autriche. — 1756-1763. Guerre de Sept-Ans. — 1777. Guerre de la succession de Bavière. — 1779. Paix de Tesclien. — 1768. Cession de la Corse. — 1789. Révolution française. — 1793. Mort de Louis XVI. — Première coalition contre la France. — 1795. Constitution directoriale. — 1796. Campagne d'Italie. — 1798. Expédition d'Egypte. — 1799. Retour de Bonaparte. — Consulat.
Angleterre. — 1702. Règne d'Anne. — 1714. Avènement des Brunswick-Hanovre. — 1760. Règne de Georges III. — Colonies. — 1783. Indépendance reconnue des treize Etats-Unis d'Amérique. — 1798. Révolution de Saint- Domingue.
Prusse. — 1701. Maison de Hohenzollern. — Frédéric, électeur de Brandebourg. — 1740. Règne de Frédéric II.
Allemagne. — 1765. Règne de Joseph II.
Suéde. — 1697. Règne de Charles XII. — 1709. Bataille de Pultawa. — Faction des Chapeaux et des Bonnets en Suède. — 1772. Révolution en Suède. — Gustave III.
Portugal. — 1750. Le marquis de Pombal. — 1755. Tremblement de terre de Lisbonne.
Pologne. — 1772. Premier démembrement. — 1792. Insurrection sous Kosciusko. — • 1795. Troisième et dernier partage.
Russie. — 1721. Pierre-le-Grand, empereur. — 1762, Règne de Catherine II.
Eglise. — 1713. Bulle Unîgenitus. — 1798. Exil de Pie VI.
Turquie. — 1714. Guerre des Turcs et des Vénitiens. — 1718. Paix de Passarowitz.
Asie. — 1717. Tamas-Kouli-Khan en Perse. — 1799. Mort de Tippoo-Saëb. — Chute de l'empire du Mogol.
Colonies américaines. — 1776. Indépendance proclamée des Etats-Unis d'Amérique. — 1793. Révolution de Saint-Domingue.
Découvertes et Etablissements. — 1724. Bleu de Prusse. — 1722. Palais- Bourbon. — 1717. Inoculation de la petite-vérole. — 1733. Mesure d'un degré de méridien. — 1737. Première exposition de tableaux. — 1740. Microscope
18e SIÈCLE. 56 5
solaire. — 1751. Ecole militaire. — 1752. Paratonnerre. — 1759. Petite poste — 1766. Halle au blé. — 176^1. Ecole vétérinaire. — 1764. Sainte-Geneviève.— 1766. Porcelaine. — 1768. Pont de Neuilly. — 1771. Hôtel des Monnaies.— 1774. Ecole de médecine. — 1781. Planète iVHerschell. — 1783. Aérostats.— 1792. Télégraphe. — Vaccine. — 1795. Ecole Polytechnique.
FRANCE
Guerre de la succession d'Espagne. — Le faible Charles il, roi d'Espagne, dernier prince de la branche aînée d'Autriche, gagnée par le .comte d'Harcourt et le marquis de Torcy, révoque son premier testament en faveur du prince de Bavière, son plus proche héritier, et lègue la monarchie d'Espagne au duc d'Anjou, second fils du dauphin, fils de Louis XIV, qui avait épousé Marie-Thérèse, sœur ainée de Charles 11. Il meurt, et Louis XIV accepte le testament ; le duc d'Anjou est proclamé à Madrid sous le nom de Philippe V. La succession d'Espagne consistait dans l'Espagne, la Sardaigne, Naples, la Sicile, le Milanais, les Pays-Bas etles possessions dans les deux Indes. Cette succession fut disputée par plusieurs prétendants. D'un côté, le roi de France, Louis XIV, la demandait au nom de son petit-fils comme héritier légitime, appelé de plus par le testament du dernier roi. De l'autre, l'empereur Léopold la réclamait comme chef du nom de la famille d'Autriche, comme époux de Marie-Thérèse, sœur cadette du roi d'Espagne, et en vertu du testament de Philippe IV.
Les autres prétendants étaient: 1° Monsieur, frère de Louis XIV, comme fils d'Anne d'Autriche, fille ainée de Philippe 1 tï ; 2° l'archiduc Charles, fils de l'empereur Léopold, fils de Marie-Anne d'Autriche, seconde fille de Philippe III; 3° Victor-Amédée, duc de Savoie, descendant de Charles-Emmanuel, son bisaïeul, qui avait épousé Catherine, fille de Philippe, roi d'Espagne.
Il en résulta une guerre universelle entre l'Angleterre, l'Allemagne, la Hollande, le Portugal, la Prusse, etc. d'un côté, et la France, soutenue d'une partie de l'Espagne, de Fautre.
Les alliés remportèrent de grandes victoires ; mais au moment où ils se disposaient à marcher sur Paris, la décisive bataille de Denain(17l2), gagnée par le maréchal de Villars, vint 'changer la face des affaires. Les hostilités furent suspendues, les conférences pour la paix reprises, et Villars, aussi bon négociateur qu'habile général, fit que la France et l'Espagne, malgré leurs défaites réitérées pendant douze ans, obtinrent
566 18e SIECLE.
une grande partie de ce qu'elles avaient voulu au commencement de cette guerre. Le célèbre Churchill, duc de Marlborough, fut alors le héros des Anglais, et le prince Eugène, celui des Impériaux. Le duc de Vendôme sauva l'Espagne, et Heinshcs conduisit les affaires de Hollande. Enfin le ministère Whigelant tombé en Angleterre, et Marlborough ayantélé rappelé, les Tories voulurent terminer une guerre qui ruinait leur pays et ne pouvait lui rapporter aucun véritable profit. D'un autre côté, Joseph I étant mort, son frère Charles VI se trouvant le dernier héritier delà maison de Hapsbourg, il était peu probable que les puissances consentissent à voir réunies sur la même tête les couronnes d'Autriche et d'Espagne, de sorte que la paix devenait nécessaire^ et que la France obtint des conditions qu'elle n'aurait pu espérer quelques années plus tôt. Les combats les plus fameux furent ceuxdeChiari, Luzzara, Blemhem ou Hochstett, Rarnillies, Almanza, Malplaquet, Villaviciosa, Oudenarde, Denain.
Traité d'BJtfrecïat , eu fl'SflS. — La monarchie espagnole fut démembrée, et chacun des divers prétendants en obtint quelque chose.
1° La maison de Bourbon eut l'Espagne et les colonies.
2° La maison d'Autriche eut les Pays-Bas,. le Milanais, Naples et la Sardaigne.
3° La maison de Savoie eut la succession éventuelle de l'Espagne, et la possession immédiate de la Sicile.
lx° L'Angleterre obtint Gibraltar, qu'elle a toujours conservé depuis^ Minorque, Terre-Neuve, et de grands avantages de commerce.
5° La Hollande obtint une barrière de places fortes pour la garantir contre la France.
6° L'électeur de Brandebourg fut reconnu roi de Prusse.
7° Il fut stipulé que les couronnes d'Espagne et de France ne pouvaient jamais être réunies.
Les principaux ambassadeurs au congrès furent : pour la France, le maréchal d'Uxelles, l'abbé de Polignac, depuis cardinal ; pour Y Angleterre, le comte de Strafford ; pour V Empereur, le comte de Zinzendorf ; pour la Savoie, le comte de Malïei.
Travas! : Tableau synoptique de la guerre de succession, avec les contemporains. — Voyez les Généalogies de l'Europe, pur l'auleur.
Conséquences. — 1° Les, traités qui résultèrent de la guerre de Succession tirent disparaître l'ancienne rivalité de la France et de l'Espagne qui avait si longtemps agité l'Europe.
2° La cession à l'Autriche des Pays-Bas espagnols, de Naplcs, et rétablit l'équilibre européen, que la France avait menacé de rompre.
3° L'influence de l'Angleterre sur les affaires du continent fut considérablement accrue.
A° De puissance maritime, la Hollande devint presque puissance continentale, et ce fut la cause de l'origine de sa décadence.
Système de L«w.~17l6. Louis XIV était mort en 1715, et son arrière-petit- fils Louis XV, encore enfant, lui avait suc cédé ; le duc d'Orléans, neveu du grand roi, fit casser son testament par le parlement et se fil proclamer régent avec un pouvoir absolu. Il renditau Parlerncntledroit de remontrances, diminua les impôts, proclama les maximes de Fénelon et fit imprimer le Télémaque à ses frais. Mais l'abbé Dubois ternit par ses mauvais conseils ses nobles qualités, et la régence fut l'époque d'une immoralité profonde et d'un cynisme révoltant.
Pour tirer le royaume d'une désastreuse position financière, iC régent avait eu d'abord recours à une refonte des monnaies et de tous les billets royaux, à l'établissement d'une chambre ardente à cause delà spoliation des traitants (1715-1717) ; mais le mal allait toujours croissant.
C'est alors que Law, fameux Écossais, vint à Paris, s'enrichit promptement par l'établissement d'une banque et d'une société du Mississipi, au moyen de laquelle on devait, en peu de temps, payer les dettes de l'Étal, et procurer aux actionnaires des profits considérables; il remplaça la monnaie par le papier, et discrédita tellemenllenumérairequel'on en était venu à dire dans un marché : Fous avez de l'or; rien de fait. Il se manifesta alors une prodigieuse activité; des fortunes immenses s'élevaient en un jour, et la rue Quincampoix, où se faisait ïagio, fut le berceau de la Bourse. Law fut nommé contrôleurgénéral ; mais son système n'avait pas de base solide; d'ailleurs le gouvernement entrava ses opérations. L'édit du 21 mai 1720 imposa l'acceptation forcée des billets dont on ne voulait plus, et fut bientôt suivi de la ruine des particuliers, de la banque et de TÉtat. Law, disgracié après avoir opéré en France la révolution financière la plus désastreuse, se déroba à la vengeance du peuple (1721), et se retira à Venise, où il mourut dans la pauvreté, après avoir donné toute sa fortune à la France (1729). Malgré la déplorable issue de son système, Law peut cependant être considéré comme le vrai fondateur du crédit en France ; il y introduisit la théorie des finances/
568 18e SIECLE.
qu'on ne connaissait pas, et que l'expérience perfectionna dans la suite.
Lecture : Système de Laiv, par M. Thiers. — Encijclopèdie progressive.
Devenu majeur en 1723, Louis XV conserva pour premier ministre et pour conseiller le régent, qui mourut subitement à la fin de l'année. Le duc de Bourbon succéda à Philippe d'Orléans; son ministère fut impolitique. En 1726, le cardinal Fleury fut appelé aux affaires et son économie rétablit les finances. Ayant fait céder par l'Autriche à Stanislas, roi détrônéde Pologne (1735), le duché de Lorraine il fit stipuler qu'à la mort du roi, beau-père de Louis XV, cette province reviendrait^ la France. La mort de Charles VI (1740), empereur d'Allemagne, donna lieu à la guerre de la succession d'Autriche, dans laquelle les Français, qui s'étaient opposés à Marie-Thérèse, furent battus hDettingen (1743) et vainqueurs à Fontenoy (4745) et à Raucoux (1746) ; mais dans le même temps ils perdaient en Italie la bataille de Plaisance, ayant à leur tête le maréchal de Maillebois, qui se vit oblige de repasser les Alpes. La paix d'Aixla-Chapelle (1748) mit fin à cette guerre, et Louis XV abandonna toutes ses conquêtes.
En 1756 commença la guerre de Sept- Ans, plus désastreuse encore pour la France, et dont le principal événement est la défaite de Rosbach (1757); elle fut terminée par le traité de Paris (1763), par lequel la France céda à l'Angleterre YAca~ die, le Canada et ses dépendances, l'ile du Cap-Breton, ses établissements du Sénégal et l'île de Minorque. Le règne de Louis XV, qui fut celui de trois femmes honteusement célèbres, la duchesse de Ghâteauroux, madame de Pompadour et Madame Dubarry, ne fut plus signalé que par la suppression des Jésuites (1762), et l'abolition des parlements, que provoqua le chancelier Meaupou, l'un de ses ministres. Louis XV mourut de la petite-vérole, le 10 mai 1774.
Lecture : Histoire de France, de l'auteur. — Histoire de Louis XV, par Voltaire.
gtaccession de P©î©grae. — 1733. La cause de celte guerre est l'élection au trône de Pologne. En 1704, Charles XII, roi de Suède, détrôna Auguste, roi de Pologne, et fit élire Stanislas Leczinski à sa place. Lors des revers de Charles XII, Auguste remonta sûr le trône, et Stanislas, proscrit, fut réduit éprendre la fuite. Une intrigue de cour fit épouser
ga fille à Louis XV, et plaça ainsi sa famille sur le trône de France. Tel était Pétat des choses, lorsqu'Auguste mourut; sa couronne devint un objet de dispute entre Auguste III, son fils et Stanislas, qui fut légitimement réélu. L'Autriche et la Russie soutinrent Auguste III, et la France se déclara pour Stanislas. Il s'ensuivit une guerre, dans laquelle l'Empire se réunit à la maison d'Autriche, tandis que l'Espagne et la Savoie s'allièrent à la France.
Jamais guerre ne fut plus courte ni plus décisive : en deux campagnes, les Français, sous le vieux maréchal de Villars, les Piémontais sous leur roi saisirent le Milanais et menacèrent les provinces allemandes, tandis que don Carlos et le duc de Mortemart conquirent Naples et la Sicile.
Ainsi la dispute s'éleva au sujet de la Pologne, et l'orage éclata sur l'Italie. La paix se fit à ces conditions:
1° Auguste demerja roi de Pologne.
2° Stanislas conserva son titre de roi, recouvra ses biens en Pologne et reçut la Lorraine qui, à sa mort, fut réunie à la France, en 1767.
3° Le duc de Lorraine fut envoyé en Toscane, prise, ainsi que Parme, à l'Espagne, dont le roi avait pour femme l'héritière de ces deux duchés.
k° Don Carlos, le fils aîné de ce mariage, fut indemnisé par la couronne des Deux-Siciles, avec cette condition expresse qu'elle ne pourrait jamais être réunie à celle d'Espagne.
5° Le roi de Sardaigne acquit quelques districts dans le Milanais.
6° L'empereur rendit les Deux-Siciles et reçut le duché de Parme.
Travail : Tableau synoptique de la succession de Pologne. — Princes ontemporains.
Récession d'Aratriclie. — (1740-1748). La succession d'Autriche consistait dans l'Autriche, le Tyrol, le Brisgau, la Bohême, la Silésie, la Hongrie, le Milanais, Mantoue, Parme. Elle fut disputée par plusieurs prétendants :
1. Marie-Thérèse, fille aînée de Charles VI, réclamait toute la succession, en vertu du testament public et solennel de son père, si connu sous le nom de pragmatique-sanction, et qui avait été garanti par la plus grande partie de l'Europe.
2. Le duc de Bavière la réclamait aussi du chef de sa quatrième grand'mère, appelée par son contrat de mariage à la succession de Ferdinand, son père, en cas d'extinction de la postérité mâle.
3. L'électeur de Saxe, roi de Pologne, se présentait en qualité d'époux de ia fille aînée de Joseph, frère aîné de Charles, et réclamait pour sa femme le droit d'ainesse à l'extinction des mâles.
4. Le roi d'Espagne se donnait pour le représentant mâle de la branche aînée d'Autriche, et prétendait succéder à la cadette au moment de son extinction masculine.
5. Le roi de Prusse réclamait la plus grande partie de la Silésie, en vertu de certains droits méconnus jusque-là par les empereurs, à cause de leur puissance et de sa faiblesse.
La France, l'Espagne, la Bavière, Naples et la Prusse, durant la plus grande partie de la guerre, furent d'un côté; l'Autriche, l'Angleterre, la Hollande, la Savoie et la Russie, furent de l'autre.
L'intention de la France, qui fut un des principaux moteurs de la guerre, était de détruire la monarchie autrichienne et de partager les débris de la couronne impériale, afin de s'assurer en Europe la prépondérance qu'elle avait perdue depuis la guerre de la succession d'Espagne. Elle se donna pour alliés ^s princes qui prétendaient à l'héritage de Charles VI, et commença l'exécution d'un projet insensé et qui ne devait jamais s'accomplir. L'Angleterre, qui vit le danger, embrassa la cause
de l'Autriche. L'Allemagne, les Pays-Bas et l'Italie fu-
rent successivement le théâtre de la guerre.
Cotitèéqiiëiices* — Jamais guerre ne fut plus fertile en événements, chaque parti ayant éprouvé tour à tour, par des causes inattendues, les faveurs les plus complètes et les disgrâces les plus cruelles de la fortune. Les actions les plus fameuses furent : la retraite de Prague, les batailles de Dettingen, Fontenoy, Lawfeld, Raucoux, la prise et la révolte de Gênes, la reddition de Berg-op-Zoom. Les généraux les plus remarquables furent : le prince de Lorraine, pour l'Autriche ; le roi de Prusse: le duc deCumberland, pour l'Angleterre, les deux Belle-Isle, pour la France, ainsi que les maréchaux de Saxe et de Lowendal, fils naturels des rois de Pologne et de Danemark.
Traité d'Aix-ljî-Claapelïe, — \. Marie-Thérèse obtint la succession de son père Charles VI, à l'exception de ia Siiésie; cédée au roi de Prusse, et du duché de Parme cédé à une branche de la maison d'Espagne. La Bavière fut conquise et
18e SIECLE. 571
dévastée par les Autrichiens ; son duc, élu empereur sous le nom de Charles VII, par l'inflence des Français, mourut mi sérable, hors de son électorat, que ses enfants furent heureux de retrouver à la paix ; 2. l'électeur de Saxe, roi de Pologne, abandonna ses prétentions pour une somme d'argent ; 3. le roi d'Espagne obtint Parme, Plaisance et Guaslalla pour son frère don Philippe; 4. le roi de Prusse conquit et garda la Silési ;
5. le roi de Sardaigne acquit plusieurs districts du Milanais ;
6. la succession du irône d'Angleterre et de ses États en Allemagne fut garantie à la maison de Hanovre.
Les principaux ambassadeurs furent: pour V Autriche, le comte de Kaunitz ; pour la France, le comte de Saint-Séverin; pour V Espagne, don Lima ; pour la république hollandaise, le comte de Bentinck.
Conséquences. — 1° Ce traité renversa pour toujours le projet hardi de l'anéantissement de la monarchie autrichienne qui, malgré ses pertes, demeura au rang des premières puissances.
2° L'Angleterre, qui avait fourni des subsides aux puissances belligérantes, eut la direction de la guerre, et par conséquent de la paix en Europe ; sa puissance maritime augmentant aussi avec rapidité, rien ne lui parut impossible. Sa dette s'accrut énormément.
3° La Russie intervint pour la première fois dans les affaires de l'Europe occidentale, et commença à y exercer de l'influence.
4° La Prusse s'éleva au rang des premières puissances et excita la jalousie de l'Europe, qui va bientôt lui déclarer la guerre.
Gnci»38e de ^ept-tos. — (4757). Les causes de cette guerre furent une légère querelle entre la France et l'Angleterre, pour quelques terrains sauvage dans FAcadie (au sud du golfe Saint-Laurent). Cette querelle inspira une nouvelle politique à tous les souverains de l'Europe. La France avait cédé à l'Angleterre, parle traité d'Utrecht (H13), l'Acadie, voisine du Canada, avec toutes ses anciennes limites, mais on n'avait pas spécifié quelles étaient ces limites. Les Anglais et les Français, pour régler quelque chose à cet égard, ouvrirent des conférences en 1750 ; mais l'Angleterre se hâta d'attaquer sa rivale près de l'ile de Terre-Neuve, et la guerre commença. Elle s'étendit dans tous les points du monde, et embrasa une partie de l'Europe. Le roi d'Angleterre fit un traité avec le roi de Prusse (1156), Frédéric II, et la France avec l'Autriche. Ceux qui se distinguèrent du côté des Français sont : La Gaiissonnière, le maréchal de Richelieu, le comte de Clermont
57 3 18e SIÈCLE.
le duc de Broglie et le maréchal d'Estrèes; du côté dos Anglais, Pamiral Byng, Ferdinand de Brunswick, le général Wolf, Garnirai Hav> u.
Les principales batailles furent :Lowositz, gagnée par le roi de Prusse; Hastenbcck, gagnée par le comte d'Estrèes; Ros- Imeh, par Frédéric; Crefeld et Minden, par le duc de Brunswick ; Kunersdorf, perdue par Frédéric, Bukersdorf, gagnée par lui.
William Pitt, nommé depuis lord Ghatham, contribua puissamment à élever la fortune de l'Angleterre. L'histoire des campagnes de Frédéric 11, roi de Prusse, pendant le cours de cette guerre, est l'une des plus intéressantes et des plus instructives à la fois peur l'homme de lettres et le tacticien. Il
lutta presque seul centre les autres puissances, supportant les revers avec fermeté et ne négligeant aucune occasion de s'emparer de la victoire.
Les premières négociations furent conduites par le duc de Nivernais, à Londres; par le duc de Bedford, à Paris. I.e 3 novembre nui, on signa à Fontainebleau les préliminaires de la paix ; l'Angleterre d'une part, et la France et l'Espagne de l'autre. Ce traité fut converti en paix définitive à Paris, le 10 février 1763.
Trait £ «Be Paris, en 1163. — La France renonça à toutes ses prétentions sur la Nouvelle-Ecosse, et céda le Cap- Breton et le Canada. Elle conserva une part aux pêches de Terre-Neuve avec les petites îles de Saint Pierre et de Miquelon. Le Mississipi fut déterminé pour limite entre let> colonies anglaises et la Louisiane.
Aux Indes occidentales, la France céda la Grenade à l'Angleterre, et celle-ci conserva en propriété les lies, auparavant neutres, de saint- Vincent, la Dominique etTabago. Les autres conquêtes turent restituées.
Kn Afrique, la France céda le Sénégal et reprit. Gorée. Aux Indes orientales, on restitua à la France tout ce qu'elle possédait en 1749, y compris Pondichéry, et elle renonça à ses acquisitions postérieures.
En Europe, l'Angleterre recouvre nie de Minorque. On oon« vint, de plus, que le Hanovre et l'Empire seraient évacués par les troupes françaises, et que la France resterait neutre dans la guerre de la Prusse avec ^Autriche.
L'Espagne céda les Fiorides à l'Angleterre, et, par suite
16e SlfcCLE. 57 S
de cette clause, la Franco s'engagea, par un traité particulier, à céder la Louisiane à son alliée (ce traité ne fut exécuté qu'en 1769).
L'Angleterre rendit Cuba et la Havane, mais elle conserva le droit d'aller prendre du bois de campêche dans la baie de Honduras.
Le Portugal fut aussi compris dans le traité, et recouvra tout ce qu'on lui avait enlevé.
ConaéqueneoA. — 1° Par co traité, le système politique que Frédéric II avait voulu fonder en Europe fut consolidé, et l'Autriche et la
Prusse restèrent les puissances prépondérantes.
2° L'Angleterre, qui avait détruit les forces navales de ses ennemis, s'empara de tout le commerce des colonies, et, se trouvant toute-puissante sur mer, fit sa législation sur les neutres qui lui assurait le monopole du commerce, et qui n'est qu'un abus de la force en droit politique
Travail : Tableau synoptique de la guerre de Sept-Ans. — Princes contemporains.
Guerre «le Isa ttiicee^ftion de Bavière. — Causes. La branche électorale de Bavière s'éteignit dans la personne de Maximilien-Joseph en H77. L'Électeur Palatin, chef de la branche de Wiltelsbach, se trouvai!, son héritier naturel; cependant quatre concurrents se présentèrent; calaient : \. l'empereur Joseph II ; 2. l'impératrice Marie-Thérèse, sa mère; 3. Sélectrice douairière de Saxe ; 4" le due, de Mecklembqurg- Schwerin. L'Autriche' força, par le traité de Vienne, l'Electeur Palatin de lui céder la basse Bavière et détruisit ainsi toute la constitution de l'Empire. Le roi de Prusse mit une armée sur pied et força l'Autriche à la paix ; elle fut signée à Teschen (Silésie autrichienne) en 1779, et se fit par la médiation de la France et de l'impératrice de Russie.
Traité «S« Tcscllicii. L'Électeur Palatin entra en possession des biens et fiefs possédés par la maison de Bavière. L'Au- 1 riche, tout en renonçant aux clauses du traité de Vienne, conserva une portion de la basse Bavière , mais elle promit de ne pas s'opposer à la réunion des margraviats de Bayreuth et d'Anspach à la monarchie prussienne; on donna à la Saxe une indemnité d'argent.
Joseph li voulut, quelque temps après, conquérir la Bavière par échange; mais le grand Frédéric déjoua ses projets par la confédération des princes allemands, comme nous l'avons dit.
574 18e SïÈCLb.
SITUATION DES ÉTATS DU MONDE à la Révolution française.
ANGLETERRE
Maison de BSPMSîswick-Manovrej 1714. — S&ègssc î2'.-înne - Anne, seconde fille du premier mariage de Jacques II, succéda à Guillaume III en 1702. Elle avait épousé le prince Georges de Danemark. Pendant son règne fut consommée l'union de l'Ecosse avec l'Angleterre sous un seul parlement. Cette princesse continua avec le plus grand succès la guerre pour la succession d'Espagne ; et ses armées, commandées par le duc de Marlborough, remportèrent sur les Français les victoires éclatantes de Malplaquet, de Ramillies et d'Oudenarde. Avec Anne se termine, en 1714, la série des rois d'Angleterre de la maison de Stuart. Ce fut sous la reine Anne que les Anglais s'emparèrent de Gibraltar.
Les Brunswick-Hanovre montèrent alors sur le trône. Georges I, arrière petit-fils de Jacques I, fut le premier roi de cette dynastie. Le règne de ce monarque fut d'abord troublé par l'invasion du Prétendant, qui se fit un parti en Ëeosse, mais qui fut bientôt contraint de s'enfuir. Georges I eut un grand ministre dans la personne de Robert Walpole. Georges II prit part à la guerre de la succession d'Autriche, fut battu à Fontenoy par les Français, et envoya son fils, le duc de Cumberland, combattre en Ecosse Charles -Edouard, le second Prétendant, qui fut vaincu à Culloden.
Georges III, son successeur, offre un exemple bien remarquable des bizarreries de la nature : il naquit faible et souffrant, et vécut quatrevingts ans, dont soixante s'écoulèrent sur le trône.
Après la bataille de Culloden, l'Angleterre était devenue paisible sous Georges III; sa puissance maritime s'était accrue, ainsi que ses possessions dans l'Inde et dans l'Amérique. A l'avènement de Georges III, la France céda aux Anglais, par un traité, un grand nombre de colonies. La dette publique de l'Angleterre s'était augmentée avec la même rapidité que ses possessions. Au commencement du nouveau règne, la guerre fut continuée contre la France et dans l'Inde avec une nouvelle vigueur; Pondichéry, la Martinique, Grenade, Saint-Vincent, furent envahis. Bientôt la guerre fut déclarée à l'Espagne, et la Havane tomba au pouvoir des Anglais. Pitt, génie ardent et vaste, était à la tète de l'administration : c'est à lui que la Grande-Bretagne devait tout son éclat. Le nouveau roi l'avait disgracié, et, tout en le nommant lord Chatham, Pavait éloigné du ministère; son renvoi fut le signal de la paix, conclue entre la France,» l'Espagne et l'Angleterre, le 22 mars
18e SIECLE. 5 1 S
En 1775, les colon es de l'Amérique septentrionale se soulevèrent contre la métropole ; la France et l'Espagne embrassèrent leur cause, et Georges reconnut l'indépendance des État-Unis en 1783.
La révolution française, qui avait éclaté en 1789, trouva dans Georges un ennemi acharné. William Pitt alla partout susciter des ennemis ï la France. Cette guerre cruelle, entreprise malgré Fox et Shéridan, continua jusqu'à la paix d'Amiens (1802), qui dura trois mois.
Dans cet intervalle, Georges III éprouva une attaque d'aliénation mentale, se rétablit, et retomba en 1810. La régence fut déférée sans opposition au prince de Galles, son fils.
Georges III vécut encore dix ans, objet de la plus grande pitié, et mémorable exemple de la faiblesse humaine au sein des grandeurs. Enfin la mort vint l'arracher à ses souffrances, le 29 janvier 1820. Georges IV, son fils, lui succéda; ce dernier, plus que tout autre, contribua au rétablissement de la maison 'de Bourbon en France. La bataille de Waterloo (1815) vint rendre le repos à l'Angleterre comme à toutes les puissances. Georges IV mourut en juin 1830. Sous son règne l'Irlande, à laquelle on avait refusé l'émancipation, se souleva et fut longtemps ensanglantée; son frère, le duc de Clarence, âgé de soixantecinq ans, lui succéda, sous le nom de Guillaume IV. Il a eu pour successeur la reine Victoria Ire, qui règne aujourd'hui.
PRUSSE
Frédéric, r®t de Prusse, 1701. — Le 18* siècle a vu le royaume de Prusse naître et parvenir à sa plus grande splendeur.
Sous Gharlemagne et ses successeurs, l'Allemagne proprement dite avait un souverain nommé d'abord empereur, puis roi de Germanie. et ensuite empereur. Les provinces au-delà n'en faisaient point partie et portèrent le nom de Marches, c'est-à-dire bornes, limites; on y plaça des gouverneurs, qui étaient en môme temps grands-juges (graf); d'où est venu le nom de margrave ou de marquis, ou gouverneur, juge de* limites. On reconnaissait deux Marches, la Marche orientale ou la Lu sace d'aujourd'hui, et la Marche septentrionale ou une partie du Bran debourg. Les empereurs conférèrent d'abord ces gouvernements à vie ,• ils en firent ensuite des fiefs héréditaires ; enfin Frédéric, burgrave de Nuremberg et comte de Hohenzollern, obtint de l'empereur Sigismond, pour de fortes sommes, la dignité d'électeur de Brandebourg, comme fief héréditaire (1411).
Il y eut une suite d'électeurs de Brandebourg. L'Ordre Teutonique, que l'on peut en quelque sorte assimiler à l'ordre de Malte, possédait une partie de la Prusse, qu'il avait conquise sur les descendants des anciens Vénètes. Mais Albert de Brandebourg, alors grand-maître, ayant reçu de Sigismond, la Prusse en propriété, comme un duché relevant de la Pologne, ce duché rentra dans l'état civil, et l'Ordre Teutonique le perdit.
Parmi les électeurs, il faut citer (1640) Frédéric-Guillaume, qui fu
l'UIÎ dQS plus grands hommes qui aient gouverné. Il avait VOyagé pendant les années de son éducation. Assis sur le trône, il se montra t\ \a fois politique et guerrier, il obtint le duché de Prusse, et le traité d'Oliva en 1660, lui confirma cette souveraineté, il fut surnommé le grand-électeur. Les protestants de France se réfugièrent dans ses États (1685).
Son (ils, Frédéric ï, recul de l'empereur Léopold, en L701, le titre dG roi. Jl eut pour successeur Frédéric-Guillaume, son tils (i7i;>).
Ce fui sous ce prince que grandit la monarchie prussienne et qu'elle prit dos accroissements vraiment Incroyables. Ne possédant que peu de ressources, il oe dut ses succès qu'à la plus sévère économie, commandée par la situation particulière d'un État dont les principaux revenus
consistaient dans les produits dososdomainos. Peu jaloux de conquêtes, il sut pourtant voir que la position do la Prusse en faisait, un état essentiellement militaire, et les soins qu'il prit, pour former une bonne armée et pour inspirer a. ses sujets un esprit, guerrier, préparèrent la puissance de la Prusse a, l'extérieur.
Frédéric ll9 tils de Frédéric-Guillaume, fut élevé à la cour, qui n'était qu'un camp, il apprit, de bonne heure à supporter l'infortune : l'humour sauvage du roi, sa dureté envers sa famille, habituèrent le jeune Frédéric à la patience et à la résignation. A. son avènement, àgtl
de 28 ans (1740), il se vit entouré d'ennemis? il les étonna par son acln ne et ses talents militaires. Il monta sur le trône avec le désir d'élever la Prusse au rang des premières puissances continentales; pour
cela, la complète de la Silesie lui parut nécessaire, et. quelques prétentions assez, mal établies sur une portion de ce pays lui servirent de
prétexte ei lui «mirent les armes A la main; la bataille de Molwita lui
en valut la conquête ; le traite de Berlin, par lequel il renonçait. ;\
l'alliance de la France contre l'Autriche, lui eu assura d'abord la possession, et ce traite fut. ensuite confirmé par celui de Dresde. Mais une
alliance entre la l'Yance et. IWulrirbe loi lit craindre pour sa nouvelle, complète, et bientôt la Saxe et la Suède s'elaul déclarées contre lui, il ont, sur les bras la, moitié de l'Europe. La gloire qu'il recueillit dans
crétin guerre, appelée la guerre de Sept- insa lui tut. d'autant, mieux acquise, qu'il l'acheta plus chèrement et à travers les plus grands dangers. Frédéric essuya quelques défaites; mais les victoires de Pra* gue, de Rosbach, de Leuthen et Bukersdorf, lui valurentla paix glorieuse de Eïubertsbourg,, et il n'abandonna rien de ses précédentes conquêtes. L'empereur Joseph [I, pour asseoir sa prépondérance sur l'Allemagne, créa un nouveau royaume de Bourgogne qu'il offrait en échange de la Bavière et du Palatinat, Frédéric, prèsde mourir voyant par cet, arrangement l'existence de la Prusse compromise, résolut, de l'empêcher; il plaida avec énergie et talent la, cause de l'Allemagne et
parvint à. conclure la confédération dos princes allemands, pour le maintien dt> la constitution de l'empire germanique. Enfin, son gOÛt
pour les lettres, sa correspondance avec Voltaire, sou code d'une brie-
l$r siteus. 511
total despotique, son tnti^Dfmhiemi et ses • • s ont placé Fh parmi Los hommes extraordinaires du dix-huitième siècle, Frédéric étendit, perfectionna, mais maintint les anciennes institutions, i a tonstitution de la Prusse était une pure monarchie, sans assemblées d'États, comme dans le reste de l'Allemagne. Cependant l'autorité royale y était soumise a certaines restrictions, et les collèges des provinces mettaient l'administration à l'abri de l'arbitraire; la législation, la justice, l'agriculture reçurent d'importantes améliorations, et la Prusse donna au continent, sous Frédéric, l'exemple d'une sage liberté de la parole et do la presse. Ce prince mourut eu t:so, âge do soixantoqumie ans, après en avoir régné quarante-sept, il laissa à son neveu, Frédéric*Guillaume, qui lui succéda, un pays peuplé do soldats, et plus de quatre-vingts millions de notre monnaie.
Lectart : Biographie ...■ r-eué rie //. — De U\ monarchie nrM&tfntna sous Frédéric f/, par Mirabeau.— 'Histoire de Frédéric, par u. Paginai,
ALLEMAGNE
R^sjrae rie Joseph il. — Ce prince employa les premières années de son règne à parcourir les royaumes qu'il devait posséder un jour, et
ensuite divers pays voisins, dans lesquels il examina avec le plus grand
soin los monuments et les chefs-d'œuvre, n propara, do concert avec Catherine 11 et le roi de Prusse, le démembrement do la Pologne, dont thaeune des trois puissances s'attribuait la portion qui lui convenait* Joseph II hérita, en 1765, de l'Allemagne et de la Hongrie; il outra dans l'association proposée par Catherine II aux puissances du Nord, sous le nom do neutralité armer. D'après cette neutralité, les vaisseaux neutres pouvaient naviguer librement d'un port à un autre et SUT les cotes des puissances belligérantes, 6t les propriétés des nations onue-
miesétaient garantiessurcesvaisseaux, sauf toutefois colles qui seraient
de contrebande. Il profita do la tranquillité dont ses États jouissaient au dehors, pour commencer à faire, dans l'administration intérieure, plusieurs changements qui occasionneront une grande agitation. Les règlements minutieux qu'il publia sur les cérémonies do iTgliso le faisaient appeler par le roi de Prusse : Mo>> frire (e sacristain. Il mourut en 1790, et son frère, LéODOld II, lui succéda. Ce prince paisible se préparait cependant a prendre les armes pour délivrer son beau-frère, Louis XVI, lorsqu'il mourut en H9'2.
SUÈDE
Déffcite de 4'luirle m "!ail H B'uliawii. — Nous avons laisse, au
dix-septième siècle, la Suéde, après l'abdication de Christine, sous te
gouvernement doCharles-Custave, son cousin, qui prit le nom de Char*
les v Son iiis. Charles XI, lui succéda. Malgré ses succès contre Chris-
tiern V, toi de Danemark, il perdit les places qu'il possédait en Pomer»nie. 11 vendit le pouvoir indépendant de» lois. Charles Xll, sou lils et
518 18e SIÈCLE,
son successeur, monta à quinze ans sur le trône. Il trouva un royaume bien réglé, et le plus puissant du Nord, un trésor plein, des flottes et une armée bien entretenues. Mais il vit bientôt se réunir contre lui le Danemark, la Pologne et la Russie, qui voulaient lui enlever ses provinces situées sur la Baltique, d'où dépendait la grandeur politique de la Suède. Ces trois puissances l'attaquèrent à la fois Charles commença par le Danemark. Il débarqua dans l'île de Séeland, et força le roi à signer la paix de Travendahl (Holstein).
Il défit ensuite les Russes à Narva; de là il marcha contre le roi de Pologne, le vainquit, le détrôna, et mit à sa place Stanislas Leczinskî. Pendant les cinq années qu'il passa en Pologne, la Russie prenait de nouvelles forces. Pierre le Grand avait soumis les provinces de la Baltique et fait d'autres conquêtes ; il élevait une nouvelle capitale; enfin il s'empara de la Livonie. Charles, croyant soumettre la Russie aussi aisément que la Pologne, passa le Dnieper, traita avec les Cosaques, qui lui promirent des secours, et pénétra dans l'Ukraine. Les secours qu'il attendait de Pologne furent arrêtés par les Russes; ceux que lui avait promis Mazeppa lui manquèrent; il mit cependant le siège devant PuUaiva en 1709; le czar marcha contre lui et le vainquit complètement. Nulle autre bataille, dans les temps modernes, n'eut de plus graves conséquences : elle consolida, d'une part, tous les travaux entrepris par Pierre le Grand ; de l'autre, elle renversa en un instant une puissance colossale, élevée trop haut pour pouvoir se soutenir. Charles, vaincu, se réfugia en Turquie. Le Danemark et la Pologne se crurent en droit de rompre les traités; Auguste rentra en Pologne, et Stanislas en fut chassé. Pierre le Grand conserva la Livonie. Lecture : Charles XII, pir Voltaire,
F&ctïoiï deg BScuîsaefs et des OlE&peatax ea Sieaèïle. — Charles XII, réfugié en Turquie, entreprit de faire déclarer la guerre à la Russie : il y réussit ; mais le grand-vizir fit subitement la paix , au lieu de profiter des chances favorables qu'il avait pour détruire l'armée russe commandée par Pierre le Grand, qui s'était laissé entourer ainsi que Charles XII à Pultawa. Celui-ci, après cinq ans de séjour en Turquie, s'échappa furtivement, et arriva déguisé à Stralsund, la seule ville qui lui restât hors de son royaume. Tout le monde était contre lui et s'enrichissait de ses pertes -, soutenu par son génie et par les conseils de son ministre, le baron de Gortz, il se disposait à faire de nouveau la o-uerre, lorsqu'il fut tué à Frederickshall. Les Suédois sacrifièrent Gortz à leur mécontentement ; ils firent des traités avec les puissances ennemies, et la Suède demeura fort pauvre. A la mort de Charles XII, on entreprit de détruire les abus d'un pouvoir illimité, et la Suède tomba dans l'anarchie ; l'aristocratie s'empara de toute l'autorité , le trône devint électif, et le roi ne conserva qu'une vaine représentation. Ulrique- Èléonore, sœur cadette de Charles XII, fut placée sur le trône, et l'autorité passa entre les mains d£ son époux, le prince de Hesse. La faiblesse du gouvernement augmenta les maux de l'État. La France et la
18e SIÈCLE. 579
Russie, voulant chacune gouverner la Suède, y formèrent aeux partis opposés : la faction des chapeaux, pour la France, voulait la préroga tive royale absolue; celle des Bonnets, pour la Russie, voulait lapréro gative du sénat.
Lecture : Histoire de Charles XII, par Voltaire.
Révolution de Suède. — Gustave III, fils d'Adolphe-Frédéric II, était en France lorsque son père mourut (1771) ; il se hâta de retourner en Suède. Il trouva le gouvernement en très mauvais état ; les factions existaient encore ; l'esprit de liberté avait dégénéré en anarchie, et tous les droits étaient confondus. Le roi, sentant qu'une réforme était devenue nécessaire, commença par s'attacher le peuple et l'armée ; en affectant de soutenir la liberté suédoise, il leur peignit tous les maux de la nation, et leur fit entendre qu'un changement était indispensable. Gêné par les prétentions hautaines du sénat, il le fit enfermer et environner de ses troupes. Il le força de signer une constitution qui rétablissait l'autorité royale ; elle fut acceptée solennellement par le roi et par le peuple ; Gustave s'en déclara le premier défenseur et promit de maintenir les droits du peuple. Cette révolution, qui se fit sans effusion de sang, fut conseillée par le ministre de France, de Vergennes.
Gustave fut assassiné dans un bal par un gentilhomme nommé Ankarstrœm, au moment où il projetait de venir détruire la révolution française, à la tête des armées étrangères (1792).
Lecture : Histoire de Suède, dans les Esquisses historiques de l'auteur
PORTUGAL
JL« marquis de POMitoal. — A la mort de Jean V (1750), son fils, Joseph-Emmanuel, monta sur le trône et remit la conduite des affaires au marquis de Pombal. L'administration de ce ministre est louable par les efforts qu'il fit pour opérer une réforme en Portugal et ramener l'ancienne prospérité: industrie, commerce, éducation, tout fut soumis à son examen et perfectionné ; tout ce qui s'opposait à ses vues, noblesse et jésuites, fut renversé ; cependant il ne put atteindre son but, parce que la violence ne peut opérer une réforme durable, et tout ce qu'il avait fait fut détruit après sa mort.
©ésagtre de Lisbonne. — Le 1er novembre 1755, un affreux tremblement de terre ensevelit près de trente mille personnes sous les décombres de Lisbonne. En Espagne, ce fléau se fit ressentir aussi d'une manière funeste ; la mer, s'élevant au-dessus de la chaussée de Cadix, engloutit tout ce qui se trouva sur son chemin.
POLOGNE
Premier démembrement de la Pologne. — La Pologne, entourée de voisins puissants que son anarchie rendait encore plus redou-
580 18e SIÈCLE.
tables, devînt pour ceux-ci une proie facile à saisir, et les querelles de religion vinrent aussi accélérer sa ruine. La Russie et la Prusse, sous le prétexte de maintenir la constitution polonaise, intervinrent dans les débats de cette malheureuse nation, et finirent par signer, le 5 août 1772, un traité de partage, auquel participa l'Autriche. Cet acte s'accomplit aux yeux de toute l'Europe, et personne ne réclama, si ce n'est quelques patriotes polonais.
Insurrection en Pologne, sous Koseiusko. — Après le second démembrement de la Pologne (1792), tout espoir semblait anéanti pour les Polonais ; cependant les patriotes, réfugiés en pays étrangers, osèrent ne pas se croire entièrement sans ressources. Ils trouvèrent dans Koschisko un homme capable, comme militaire, d'être le chef d'une révolution fomentée par lui. Sorti de la Pologne après le premier partage, il -avait été, en Amérique, aide-de-camp de Washington. La conspiration éclata dans Cracovie en 1794, et bientôt aussi dans Varsovie même, et l'on résolut, comme unique moyen de succès, de placer Kosciusko à la tête de la nation. Les espérances redoublèrent à l'attaque vaine de Varsovie par le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume IL Mais le sort des Polonais était entre les mains de leur chef : il fut défait et pris par les Russes, commandés par Fersen. Le général russe Souwarow arriva, assiégea et livra au carnage le faubourg de Praga. La Pologne cessa d'exister comme nation.
Troisième et dernier partage de la Pologne, entre la Russie, la Prusse et l'Autriche. (Le second démembrement avait eu lieu en 1792.) L'anéantissement de la Pologne entraîna la réunion de la Courlande, Bon ancien fief, à l'empire de Russie. Cette grande œuvre fut l'ouvrage de l'impératrice Catherine, qui seule la préparait depuis trente ans.
RUSSIE
Pierre le &rand, 1682-1721.— Avec la dynastie des Romanofs, la Russie commença à sortir de l'obscurité dans laquelle elle se trouvait plongée. Michel Fédérowitz et Alexis Mikaelowitz commencèrent unp utile réforme dans les lois et dans les mœurs ; mais la Russie n'eut que tard le grand homme qui, par son génie et ses efforts extraordinaires, la tira de sa barbarie. Ce prince fut Pierre Alexiowitz, plus connu sous le nom de Pierre le Grand. A l'âge de vingt- cinq ans, il voyagea dan& différentes contrées pour y apprendre à gouverner ses peuples, à les policer et à les éclairer, en introduisant parmi eux les arts et les sciences. Il fonda, sur le golfe de Finlande, la ville de Saint-Pétersbourg, y transporta de Moscou le siège de son empire, et y établit un port et une flotte» Il vainquit complètement Charles XII à Pultawa (1709), et acquit une telle supériorité sur la Suède, qu'elle fut forcée de lui céder, outre l'Ingrie, la Livonie et d'autres terres. Dans le même temps qu'il réformait son état militaire, il fit fleurir dans son empire les arts et les manufactures, inspira à ses sujets le goût des lettres, adoucit leurs mœurs, le»
18e SIÈCLE. 581
fit voyager en Europe, entreprit lui-même un second voyage et exécuta un grand nombre de changements importants, non sans rencontrer de graves difficultés. Il mourut au milieu de ses vastes projets, âgé de cinquante ans (1725).
Catherine I, sa veuve, aidée de Menzikoff, qui régnait sous son nom, acheva les entreprises que Pierre avait commencées. On voit se succéder ur le trône : Pierre II, qui exila Menzikoff en Sibérie ; Anne, qui forma une alliance avec Thamas-Kouli-Khan, et dont le favori Biren exerça tant d'actes de cruauté ; — son règne fut signalé par un changement considérable dans la situation et dans la politique extérieure de la Russie ; les grands, qui s'efforçaient d'empiéter sur l'autorité des monarques, perdirent la direction des affaires, qui passa dans les mains des étrangers— Elisabeth, dont le règne fut glorieux : lors de la guerre de Sept- Ans, cette princesse s'unit avec la France et l'Autriche contre le roi de Prusse. Avec elle s'éteignit la maison de Romanof; celle de Holstein- Gottorp lui succéda.
Travail : Généalogie des Romanofs.
Lecture : Pierre le Grand, par Voltaire.
Maison de Molsfein - €^oitorp s pègmo die Catherime II. — Pierre III, fils de la fille aînée de Pierre le Grand, monta sur le trône en 1762, à la mort d'Elisabeth, sa tante. Il fit aussitôt la paix avec Frédéric II, roi de Prusse, dont il était l'admirateur. Son caractère bizarre et opiniâtre, sa prédilection pour la Prusse et le Holstein, son mépris pour les Russes et les prêtres, indisposèrent la nation contre lui. Une conspiration se trama. Son épouse, la princesse Sophie-Auguste d'Anhalt-Zerbst, qui, en embrassant le rite grec, avait pris le nom de Catherine, était à la tête des révoltés. Pierre III fut arrêté, et on lui arracha un acte d'abdication. Il fut assassiné dans sa prison, à Ropscha, par Alexis Orloff et ses complices. — Catherine II monta sur le trône. Le règne de cette princesse a été un des plus brillants de l'histoire moderne : elle poursuivit avec fermeté et avec sagesse les plans formés par Pierre le Grand pour la civilisation de la Russie, et, en outre, elle porta ses armes victorieuses jusqu'à la mer Noire, et forma le projet d'établir le siège de la puissance russe à Constantinople.
Cette grande princesse s'appliqua à peupler son empire en y appelant des colons, en y encourageant l'industrie, le commerce, les lettres et les sciences. Elle mourut en 1796.
Travail i Généalogie de la maison de Holstein-Gottorp.
Lecîîïrs \ HUtcire d'Angleterre, par Lingard.
ÉGLISE
Bulle Unigeiiitsts. — Sur la fin de sa vie, Louis XIV, qui avait
d'abord approuvé les quatre fameuses propositions deBossuet, accepta la bulle Unigenitus publiée par le pape Clément XI, en 1713, bulle qui
582 18e SIÈCLE.
condamnait les propositions et détruisait les libertés de l'Église gallicane. Elle fut le signal d'une division dans le clergé, amena une véritable scission dans l'Église catholique dâ France,set devint une nouvelle cause d'agitation dans l'État.
EsSS de F>ïe ^i. — V Assemblée constituante de France ne s'était pas contentée de publier divers décrets que le Saint-Siège regarda comme attentatoires à son autorité spirituelle, et qui devaient établir un schisme dans l'Église gallicane. L'Église les regardait comme attentatoires, 1° parce que suivant son opinion ils n'avaient pas plus le droit de changer les circonscriptions diocésaines, qu'un pape, un patriarche , un concile ou un synode n'ont droit de changer la circonscription politique ; 2° parce qu'ils abolissaient la confirmation par le pape des évêques élus par le peuple et sacrés par le métropolitain ; 3° parce qu'ils attribuèrent à l'élection un pouvoir de droit qu'elle n'avait jamais eu ; car les fidèles quelquefois choisissaient l'évêque, mais ne lui conféraient que le pouvoir ; h° le clergé du second ordre a toujours eu dans l'élection de l'évêque une influence principale dont ils le privaient ; 5° ils appelaient à l'élection tous les citoyens actifs, quelle que fût leur religion ; 6° enfin ils s'attribuaient le pouvoir de réformer l'Église, pouvoir qui n'appartenait qu'aux conciles. V Assemblée constituante avait aussi réuni au territoire français la ville d'Avignon et le comtat Venaissin, que le pape possédait depuis 1307.
Le pape Clément V, d'accord avec Philippe le Bel, y avait transporté le Saint-Siège. Il y était resté jusqu'en 1377, que Grégoire XI le rétablit à Rome : c'est ce qu'on appelle la captivité de l'Église. La propriété d'Avignon fut achetée par Clément VI de la reine Jeanne de Naples, comtesse de Florence, pour la somme de 80,000 florins, qui ne furent jamais payés. En 1662, le pape, tardant à donner satisfaction d'un outrage fait à un ambassadeur français, Louis XIV s'empara d'Avignon, qu'il rendit bientôt après ; il en fut de même en 1688, lorsque Innocent XI refusa la confirmation des évêques français. Le comtat d'Avignon fut encore pris en 1768, lorsque Clément XIII menaça d'excommunication le duc de Parme. Il ne fut rendu qu'en 1774, et resta au Saint-Siège depuis cette époque jusqu'en 1791 qu'il fut réuni à la France. Sa cession par le pape fut stipulée par le traité de Tolentino, le 19 février 1797.
Lors de la première coalition contre la France, le pape Pie VI se rangea du côté de ses ennemis. Le 13 janvier 1793, dans une émeute populaire à Rome, le secrétaire de la légation, Bass\ ville, fut massacré. Trois ans après, le général Augereau marcha sur les États du pape; les hostilités cessèrent et furent reprises tour à tour ; mais, le 28 décem- •bre 1797, une seconde émeute populaire s'éleva dans Rome contre Joseph Bonaparte, ambassadeur de France, dans laquelle le général français Duphot fut tué ; l'ambassadeur, peu satisfait, des mesures prises par le gouvernement papal pour le protéger, quitta Rome. Une armée française, commandée par le général Berthier, y entra le 17 février 1798,
18e SIECLE. 58$
et proclama, le 18, sur le Campo-Vaccino, la république romaine, gouvernée par des consuls, un sénat et un tribunat. Le pape fut conduit en France, et mourut à Valence, le 17 août 1799. Cependant la république romaine n'eut pas une longue durée. Après les événements qui eurent lieu, en 1799, dans la haute Italie, des troupes russes et napolitaines entrèrent, le 30 septembre, à Rome, qui fut remise le 3 juillet 1800 à Pie VII, nommé pape, le 15 mars, par le conclave de Venise. Lecture : Pie VI et Pie VII, par Artaud.
TURQUIE
Guerre des Tiares et des WéDElt-iens en 1714. — Les Turcs, jaloux de posséder la Morée tout entière, cherchaient un prétexte pour déclarer la guerre aux Vénitiens ; ils s'emparèrent de toute la Morée, de l'île de Gérigo, et assiégèrent Corfou. Mais, pendant ce temps, l'Autriche vint au secours de son allié, le prince Eugène fit lever le siège de Corfou et gagna la célèbre bataille de Peterwaradin : il s'empara de la Servie, de la Valachie, ensuite de Belgrade et de plusieurs autres places. Les Vénitiens, de leur côté, réparaient leurs pertes : ils s'emparaient des villes de l'Albanie, de l'Épire et de la Dalmatie. Ces succès amenèrent le traité de Passaroivitz, en 1718, entre les puissances maritimes : 1° l'Autriche conserva Belgrade, la Valachie, la Servie ; 2° les Vénitiens gardèrent les villes de la Dalmatie qu'ils avaient soumises ; 3° la Morée et Cérigo furent cédées aux Turcs par les Vénitiens. L'Autriche conclut en même temps un traité avec la Porte, qui lui donna entière liberté de commerce dans tous ses ports.