‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 146 sur 166 · ASIE. - INDES · texte numérisé non relu

ASIE. - INDES

Tïiamas-l£oiili-l£lsaiB. — Ce chef ambitieux naquit dans le Khorassan, où il était pâtre ; mais, cédant à son génie actif, il devint chef de brigands. Il faisait ce métier, lorsque, avec deux ou trois mille hommes, il vint offrir ses services au prince Shah-Thamas, et changea son nom de Nadir en celui de Thamas-Kouli-Khan, qui signifie esclave du prince Thamas. Il battit les Afghans et les força de se retirer sur les frontières de l'Inde. Bientôt il y pénétra lui-môme en 1739, et se rendit maître de la personne du Grand-Mogol, enleva de ce beau pays des trésors immenses, garda quelques-unes des provinces conquises, et ne rendit la liberté au prince indien qu'à la charge de donner une très forte somme. La guerre qu'il entreprit contre les Turcs n'ayant pas été très heureuse, il fit avec eux la paix en 1746. Depuis cette dernière guerre, il se livra à son caractère féroce, et donna lieu par cette conduite à des soulèvements. Il fut assassiné par les chefs de son armée, le 11 juin 1754. Sa taille était de plus de six pieds, mais son regard n'annonçait rien de terrible : il avait 40 ans quand il mourut.

Mort de Tippoo-Saëb. 1799 — Tippoo-Saëb, sultan de Mysore, le plus redoutable ennemi des Anglaisdansnnde,leurfajt une guerre achar-

née. Mais ceux-ci, renforcés par les troupes de Nizam et l'alliance des Mahrattes, après avoir réduit ses deux principales forteresses, l'investissent dans sa capitale, Seringapatam, où il accepte, le 10 mars 1792, une paix onéreuse. Tippoo-Saëb reprend bientôt les hostilités contre les Anglais, et envoie des ambassades au sultan de Caboul et à la République française, dont il accueille les citoyens. Enfin, le marquis de Wellesley, depuis lord Wellington, après s'être assuré de la neutralité des Mahrattes et de l'alliance de Nizam, prend Seringapatam d'assaut le 4 mai 1799. Tippoo-Saëb s'ensevelit sous les débris de son trône, et laisse par sa mort l'empire de l'Inde aux Anglais.

©ésastres clans l'Inde. — Après la chute de l'empire du Mogol et la paix de 1748, Dupleix et Labourdonnaye avaient fait d'importantes conquêtes dans l'Inde. Mais la désunion de ces deux capitaines rendit leurs efforts infructueux. Dupleix, après de nombreux succès, assiège la capitale, du Maduré ; mais les Anglais, commandés par lord Clive, la délivrent et détruisent l'armée du général français. Après cette défaite, Dupleix est rappelé en France, où il meurt de chagrin. Lally lui succède, prend aux Anglais le fort de Saint-David, qu'il rase ; mais bientôt, assiégé dans Pondichéry, il est obligé de se rendre à discrétion, en 1761. Quoique prisonnier de l'Angleterre, il vint sur parole à Paris se constituer prisonnier à la Bastille. Peu de temps après , victime des calomnies de ses ennemis, il expie par une mort cruelle et injuste ses désastres dans l'Inde, où il avait perdu Chandernagor et Pondichéry. A la même époque, nous perdons toutes nos colonies dans les quatre parties du monde.

Lecture '.Biographie de Lally-Tollendal. — Son jugement. — Sa réhabilitation.

Chute de l'empire du Mogol. — Après la mort du fameux Aureng-Zeb, arrivée en 1707, le vaste empire créé par ce grand homme ne cessa d'être déchiré par les factions : les gouverneurs des provinces se rendirent indépendants de la couronne et les peuples secouèrent successivement leurs chaînes. Cet empire ne tarda pas à devenir la proie des Européens, qui profitèrent des dissensions d'une multitude de chefs pour y établir leur domination.

AMÉRIQUE

Colonies américaines. — Indépendance reconnue des États*Unis d'Amérique (1783).

L'histoire de l'Amérique orientale du nord remonte aux vénitiens Jean et Sébastien Cabot, qui reconnurent les premiers les côtes des État-Unis, en 1497. Successivement on vit s'établir dans ce pays les Français en 1562 ; les Anglais en 1584; les Hollandais en 1614; enfin une compagnie anglaise y fut fondée en 1732 , dans la partie appelée Géorgie. Le territoire américain, partagé entre tant de colonies diverses, ne tarda pas à devenir le théâtre* d'événements sanglants. En 1755, la

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guerre éclata entre les Français et les Anglais : elle dura trois ans. Malgré de brillants faits d'armes, les Français y perdent le Canada, VAcadie, l'île du Cap-Breton, et ne conservent que la Louisiane et la Nouvelle-Orléans, qui furent cédées à l'Espagne, le 3 octobre.

Cet état de choses a été confirmé par le traité de Paris, 10 février 1763. C'est à dater de cette époque que commença la mésintelligence entre l'Angleterre et ses colonies. Ces dernières ayant acquis un accroissement considérable, la métropole se crut autorisée à les charger d'impôts.

Caisses. — L'acte du timbre sur les contrats passés légalement dans les colonies anglaises, publié le 22 mars 1765, par lord Granville, fait naître des discussions sur le droit qu'avait le parlement anglais de prélever des impôts sur le peuple américain. La fermentation croissait toujours ; un congrès, réuni à New-York au mois d'octobre de la môme année, publie une déclaration des droits du peuple. Franklin se met à la tête de l'opposition qui se déclare contre la métropole, et l'insurrection de Boston (1773) donne à la résistance un caractère plus sérieux. Les provinces suivent le mouvement et convoquent, le 5 septembre 1774, un congrès national, qui arrête la suspension de tous les échanges commerciaux avec l'Angleterre. Les hostilités commencent par le combat de Lcxinglon et finissent par la défaite du général Cornwallis, battu par Washington. Ce fut le h juillet 1776 que l'indépendance des États- Unis fut proclamée solennellement ; elle fut prompteinent reconnue par les États d'Amérique, qui prennent le titre d'Etats-Unis (ils se composaient de treize États ou provinces : New-Hampshire, Massachussets- Bay, Rhode-Island, Connecticut, New- York, New-Jersey, Pensylvanie, Delaware, Maryland, Virginie, les deux Caroline et la Géorgie), par la France, l'Espagne et la Hollande. On saisit avec empressement cette occasion pour porter un échec à la puissance navale des Anglais.

Après une guerre opiniâtre qui offre des chances diverses, la victoire de Saratoga (1777) et la reddition du général Burgoijne donnèrent aux insurgés une supériorité décidée. En 1778, la France fit un traité d'alliance avec les États-Unis et les aida puissamment , tant sur mer que sur terre. Lafayette, Rochambeau et beaucoup d'autres officiers français s'illustrent dans ces combats. Un traité fut également conclu avec l'Espagne en 1779. Enfin, la capitulation de Cornwallis, en 1781, força /Angleterre à reconnaître l'indépendance des États-Unis et à accepter .a paix, qui fut signée à Versailles, le 3 septembre 1783. La guerre terminée, le congrès s'occupa d'établir une constitution, qui fut acceptée en 1787 et en 1789. Washington fut appelé à la présidence.

Les principaux personnages de cette guerre sont : en Amérique: Franklin, Washington ; en France, le comte de Rochambeau, le marquis de Lafayette, le comte d'Orvilliers, d'Estaing, de Suffren , Lamotte- Piquet; en Angleterre, Rodney, amiral, Howe, Burgoyne, Cornwallis et William Pitt.

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Les principaux événements sont :

1° Bataille navale d'Ouessant, gagnée par les Français-, 2° prise de la Dominique, du Sénégal, de Saint-Vincent, de la Grenade, par les Français, qui perdent Sainte-Lucie ; 3° les flottes réunies de France et d'Espagne tentent la prise de Gibraltar et échouent. Les hostilités continuent entre la Hollande et l'Angleterre. Les Hollandais perdent Négapatam, Saint-Eustache. Enfin la bataille de York-Town est gagnée par Washington sur les Anglais : lord Cornwallis est forcé de capituler. Le traité de paix est signé entre les puissances (1783).

lecture : Esquisses historiques, à l'article Etats-Unis. — Histoire de l'AmZri-.iuê, pjr Roberston.

©©asséqoences. — La paix de Versailles, le 3 septembre 1783, fut stipulée par trois traités différents :

Le premier, entre l'Angleterre et les États-Unis d'Amérique, que l'Angleterre reconnaît comme libres et souverains indépendants.

Le second, entre la France et l'Angleterre, où l'on prend pour base celui de 1^56^ en déterminant pour les contrées d'Amérique les termes dont l'existence a été la cause et le prétexte des premières hostilités; par ce traité, l'Angleterre restitue à la France Sainte-Lucie, Vile de Corée, Pondichéry, Mahé et le comptoir de Surate. Elle lui cède en outre Tabago, les forts bâtis sur les rives du Sénégal, et consent à l'abrogation des articles concernant les fortifications de Dunkerque, insérés, à la honte de la France, dans les traités antérieurs.

Le troisième, entre l'Espagne et l'Angleterre, par lequel celle-ci abandonne à l'Espagne Minorque et la Floride orientale ; l'Espagne, de son côté, lui cède la Providence et Bahama.

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