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ÉPOQUE DE SÉSOSTRIS ET DE MOÏSE

SOMMAIRE

Egypte. — 1665. Aménophis. — 1645. Conquêtes de Sésostris. Judée.-1645. Sortie d'Egypte.— 1645. Loi donnée sur le mont Sin;iï. (1&91. U.)

— 1605. Entrée dans la terre promise. — Josué. Phénicie. — 1640. Observations sur la Phénicie. — Agénor. Découvertes. — 1640. Le verre, par les Tyriens.

EGYPTE

Depuis Mœris, de la dix-huitième dynastie thébaine, plusieurs rois régnèrent en Egypte ; le dix-septième et le dernier de cette race fut Aménophis Rliamsès. Mal conseillé par un prêtre nommé comme lut Aménophis, il relégua dans les carrières de la rive orientale du Nil, tous les lépreux et tous les hommes souillés de l'Egypte, c'est-à-dire ceux probablement qui ne voulaient pas se soumettre an joug de l'autorité sacerdotale. Avaris fut assignée pour retraite aux bannis, qui ne tardèrent pas à s'y établir sous le commandement d'un prêtre d1 'Héliopolis, nommé Osarsiphe.

Les fils des Pasteurs ou Hyksos y vinrent encore au nombre de deux cent mille. Leur cause était commune; ils épouvantèrent tellement Aménophis, que ce roi abandonna à ses ennemis une partie de son empire, et se retira en Ethiopie avec son fils Sésostris, âgé de cinq ans, son armée et la multitude des Égyptiens. Pendant son exil, le pays fut en proie aux plus affreux ravages; mais, après treize ans d'absence, il revient dans ses États avec des forces considérables, défait les ennemis, en fait un carnage horrible et les repousse dans les déserts de l'isthme de Suez, par où ils étaient venus ; exerce de vio-

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lentes persécutions contre les Hébreux, qui furent condamnés aux travaux les plus rudes.

Sésosrtiria, appelé aussi Séthos et Rhamsès-le-Grand, ouvre la dix-neuvième dynastie. Ce prince fut non- seulement un puissant, roi d'Egypte, mais aussi un des plus grands conquérants de l'antiquité. Après avoir divisé son royaume en trente-six nomes ou provinces, dont il laissa l'administration à autant de ministres intègres, il leva une grande armée et marcha à la conquête du monde. Ses succès par terre et par mer furent immenses ; il subjugua l'Ethiopie, l'Asie -Mineure, la Seythie, la Thrace. Il expulsa des marais du Delta les derniers débris des étrangers qui s'y étaient fixés. Mais ce qui fait sa plus grande gloire, c'est que l'Egypte, sous son règne, fut riche et heureuse. Il fit construire de beaux monuments et des ouvrages utiles, tels que de nombreux canaux depuis Memphis jusqu'à la mer, lesquels, dérivés du Nil, répandaient la fertilité dans toute la contrée ; une muraille depuis Péluse jusqu'à Héliopolis, sur la pente orientale de la terre cultivée et du désert, dans une longueur de'?50 grands ou de 1,500 petits stades, c'est-à-dire de 28 lieues environ ; deux obélisques d'une pierre fort dure, qui furent érigés à Thèbes en l'honneur du dieu Ammon, et sur lesquels il fit graver la grandeur de ses forces militaires, la somme des tributs qui lui étaient payés et le nombre des nations qu'il avait vaincues. Il se montra bienfaisant, sage et juste. Étant devenu aveugle, il se donna la mort, après cinquante-neuf ans de règne.

Le successeur de Sésostris fut Phéron (pour Pharaon, titre de dignité), selon Hérodote, et, plusieurs générations après, Prothée, vers 1280.

Phéron est plus connu sous le nom de Rampsès ou Remphis, selon Diodore.

Rhampsinit, Chéops et Chéphrem qui élevèrent des pyramides, Mycerinus, Asychys ou Bocochoris appartiennent aux 49, 20, %\ , 22, 23 et 24e dynasties, placées dans l'ordre suivant : 19e Thébaine. 22e Bubastite.

20e Thébaine. 23e Tanite.

21e Tanite. 24e Saïte.

La 25e dynastie éthiopienne présente de nombreuses lacunes; on ne peut citer que les noms de l'aveugle Anysis; d'un roi éthiopien, Sabacon ; et de Séthos, prêtre de Vulcain, que nous ne verrons que dans le 8e siècle.

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JUDEE.

Sortie d'Egypte. — Moïse, ayant qukté le palais du roi, épousa une des filles de Jôthro le Madianite, et passa quarante années dans le désert à garder les troupeaux de son beau-père. Là, il médita le projet sublime et hardi de délivrer ses frères de l'esclavage. Dieu lui apparut sur le mont Horeb, et lui ordonna d'aller trouver le pharaon, afin qu'il laissât sortir son peuple de l'Egypte. Moïse obéit, il avait alors quatre-vingts ans. Il se mit en marche avec sa femme et ses deux fils, et se présenta au pharaon, qui refusa de donner la liberté aux Hébreux, jusqu'à ce que dix plaies affreuses eussent frappé son royaume. A la dixième il consentit enfin à la sortie des Israélites, dont le départ eut lieu le 15 du mois de nisan (vers le premier avril) : ils sortirent de Ramessès, qui était dans la terre de Gessen, donnée autrefois à Jacob, au nombre de 600,000 (ils y étaient arrivés soixante et dix). Ce fut la première des quarante-deux demeures ou stations que le peuple de Dieu fit pendant les quarante années qu'il demeura dans le désert, avant son entrée dans la terre promise. Moïse prit avec lui les ossements de Joseph. On marchait en ordre de bataille ; dans les campements, chaque tribu avait sa place séparée.

Moïse n'avait pas voulu prendre le chemin le plus court pour gagner la terrre de Chanaan, parce qu'il aurait fallu passer au nord, vers la côte de la Méditerranée, et se rendre par EU Arisch à Gaza, dans le pays des Philistins, qui se seraient peut-être opposés à sa marche. Il se dirigea le long de la mer Rouge vers l'Arabie, après s'être arrêté à Ramessès ou Gosen, à Succôth (tentes), maintenant le vieux Caire, à Etham à l'extrémité du désert, à huit lieues de la mer Rouge, dans la plaine de Ramlieh. Après avoir fait plusieurs circuits pour tromper les Égyptiens, dont il craignait la poursuite, il vint camper entre les montagnes et la mer Rouge, devant Phi-Hahiroth, forteresse égyptienne, aujourd'hui Adjroud. Ce fut là qu'il fut atteint par le roi d'Egypte, qui, furieux du départ des Hébreux, s'était mis à leur poursuite avec ses troupes. La situation des Israélites était affreuse, ils se plaignaient amèrement : N'y avait-il pas, disaient-ils à Moïse, assez de sépulcres en Egypte? Mais Moïse les rassure, il espère en Dieu; ils traversent à pied sec la mer Rouge où les Égyptiens, qui veulent les poursuivre, sont engloutis, près de Clisma. L'armée de

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Pharaon était composée de 200,000 hommes de pied, 50,000 chevaux, 600 chariots de guerre. C'est alors que Moïse impro visa mi chant religieux d'actions de grâces qui fat répété en chœur par tout le peuple. Marie, sœur de Moïse, prit un tambour ; toutes les femmes marchèrent après elle, chantant à haute voix : Gloire au Seigneur qui a précipité dans la mer le cheval et le cavalier.

Les Hébreux se mirent en marche ; ils se rendirent dans le désert de Schour, aujourd'hui Jl-djofâr, au sud de la Pales tine. Après trois jours, ils s'arrêtèrent à Marah, lieu qui tire son nom des eaux arriéres qu'ils y trouvèrent et que Moïse adoucit en y jetant une plante (peut-être les baies rouges d'un arbuste appelé Gharkad) ; puis, sous les soixante et dix palmiers d'Élim, et au bord des douze fontaines ; un mois après leur départ d'Egypte, ils arrivèrent,, en passant par Setebalha, dans le désert de Sin-JVadi-Mocatteb (8e station).

Ils trouvèrent le matin, après la rosée, une substance douce et gommeuse, dont la terre était couverte; ils l'appelèrent manne, mot qui tire son nom de la surprise des Israélites en la voyant [man-hou, qu'est-ce?). Le peuple entier s'en nourrit. Les Hébreux, cependant, murmurent de n'avoir ni pain ni viande. C'est au lieu qui est entre Massah ou la Tentation et le mont Horeb, que les derniers rangs de leur armée furent attaqués et maltraités par les Amalécites, qui faisaient partie des Iduméens. Moïse, alors, mit Josué à la tête des Israélites et obtint par les prières une pleine victoire sur les habitants de Raphidim et sur les Àmalécites. Il y érigea un autel auquel il donna le nom de lo Niseir (le Seigneur est ma gloire). Trois mois après leur sortie d'Egypte, et après s'être arrêtés à Dophka et Alous, à Raphidim cVHoreb, les Hébreux arrivèrent dans la vallée du Mont Sinaï (12e station). Là, ils devaient séjourner pendant un certain temps, pour recevoir des institutions et des lois qui pussent les régir dans les pays où ils allaient s'établir. Les inconvénients des institutions patriarcales pour une si grande réunion d'hommes ne se faisaient déjà que trop sentir. Du matin jusqu'au soir le peuple se pressait devant Moïse pour lui demander des conseils et des jugements. Suivant l'avis de son beau-père, Jéthro, prêtre de Madian, qui était venu le rejoindre pour lui amener sa femme Séphora et ses deux fils restés obscurs, Gerson et Éliézer, Moïse divisa le peuple par milliers ; chaque millier fut encore

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divisé en plus petites fractions. Des hommes, signalés par leur mérite personnel et par leur probité, furent placés à la tête de chaque division pour rendre justice au peuple et pour conseiller dans les affaires moins graves, et dorénavant les cas les plus difficiles furent seuls exposés devant le chef suprême. C'est alors que Moïse monta sur la montague et s'entretint avec Dieu durant quarante jours, sans boire ni manger... Le §ei- <& ieur fit entendre sa voix au milieu du tonnerre et des éclairs, *>t publia les dix commandements de sa loi (16 mai 4 645). Moïse étant demeuré sur le mont Sinaï, Dieu lui donna plusieurs lois qui devaient être observées par les enfants d'Israël, et qui étaient sur deux tables de pierre écrites du doigt de Dieu; lois divines, admirables, vaste système d'institutions, qui comprenait depuis les hautes combinaisons de l'ordre social jusqu'aux moindres détails de la vie domestique.

Après avoir passé une année entière dans le désert de Sinaï, les Israélites se remettent en chemin, précédés durant le jour d'une nuée qui les défend de l'ardeur du soleil, et éclairés d'une colonne de feu pendant la nuit. Ils campent dans un lieu appelé depuis les Sépulcres de concupiscence (13e station), afin qu'on y enterre ceux qui avaient été frappés de mort pour avoir murmuré contre Dieu. De là ils montent à Hazéroth (14e station), et vont à Rethma et à Cadès-Barné, dans le désert de Pkaran ou de Sin, qui terminait la Palestine au midi ; c'est de ce lieu que partirent les douze espions, tirés des douze tribus, pour aller à la découverte de la terre promise, Quarante jours après, ils firent leur rapport auprès de Gadès, et rapportèrent des fruits d'une beauté surprenante, sous lesquels pliaient leurs épaules et qui annonçaient un sol d'une fertilité surnaturelle.

Mais les récits des émissaires sur les populations belliqueuses qui couvraient la terre de Chanaan inspirèrent le découragement et le désespoir ; on demande l'Egypte et l'esclavage, on menace Moïse, ainsi que deux des envoyés : Josué, de la tribu d'Éphraïm, fils de Nun, ami de Moïse et chef des guerriers dans le désert, Caleb, delà tribu de Juda, fils de Jephunné, qui vantaient la terre qu'ils étaient allés visiter. Dieu punit de mort les dix autres envoyés, et condamne à mourir dans le désert, malgré les prières du législateur, tous ceux qui, au sortir de l'Egypte, avaient plus de vingt ans; les murmures recommencent, et Coré, Dathan et Abiron, qui avaient soulevé les esprits contre Moïse et Aaron sont engloutis vivants au sein de la terre, qui

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s'entr'ouvre sous leurs pieds. La dignité sacerdotale est confirmée à Aaron par des miracles. Chargé d'arrêter la pluie divine envoyée en punition de cette conspiration impie, debout l'encensoir à la main, entre les vivants et les morts, Aaron brûla les saints parfums, et au moment où la fumée de l'encens s'élevait, ta mort se reposa. Une nouvelle preuve de la protection divine fut donnée à Aaron : on écrivit sur douze verges le nom des chefs des douze tribus, la treizième portait le nom d'Aaron. Ces verges, qui étaient en bois d'amandier, furent placées dans le Tabernacle. Le lendemain elles étaient sèches et flétries, celle d'Aaron seule avait fleuri.

Pendant trente-huit ans les Hébreux parcoururent en nomades le désert auquel les Arabes ont donné le nom à'Etthy-ben- Israël (égarement des enfants d'Israël), allant du nord au midi jusqu'à Asiongaber, sur le golfe Élantique, et retournant de là au nord.

De Cadès ils allèrent à la montagne de Hor (34e station), au-dessus de la plaine de Moséra, où Aaron mourut âgé de 123 ans, environ 40 ans après la sortie d'Egypte (1605), en présence du peuple et après avoir vu son fils Éléazar revêtu de ses robes sacerdotales. Israël pleura trente jours son premier grand-prêtre. En quittant le désert des Monts Abarim (41e station), vis-à-vis de Nébo, près du torrent d'Arnon, le peuple d'Israël alla à Mathana, ensuite à Nahaniel, puis à Bamoth, et de là jusqu'au pied de la montagne de Phasga. Ce fut vers ce lieu qu'il vainquit Séhon, roi des Amorrhéens, et qu'il se rendit maître de tout son royaume. Il remporta aussi une grande victoire sur Og, roi de Bazan, et s'empara de son pays. Balac, roi des Moabites, envoya à Phtora chercher Balaam. Ce prophète, dont l'ânesse est célèbre, bénit les Israélites au lieu de les maudire. Après ces conquêtes, le peuple vint dans les plaines de Moab, près du Jourdain, vis-à-vis de Jéricho, et campa à Sétim, entre Bethsimoth et Abel-Sétim (42e et dernière station).

Il est assez curieux d'évaluer la longueur de la marche des Israélites depuis la sortie d'Egypte :

1" De Rainasses au mont Sinaï (12e station) 90 j.

2° De Sinaï à Rammon-Pharès (16e station) 90 "

3° De Rammon, avec les détours, jusqu'à Asiongaber (32e station). 100 û° Du dernier lieu à Cadès, clans le désert de Sin (33° station). . . 70

S0 De Cadès aux plaines de Moab à Sétim ( 42e station ) 50

Le tout faisant une marche d'environ % , , &Q0

de 25 au degré.

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Moïse fit alors le dénombrement du peuple. Il se trouva dans le camp d'Israël 601,730 mâles, sans compter 23,000 lévites ; Josué et Caleb restaient seuls des générations destinées au tombeau des déserts. Moïse touchait au terme de sa mission : déjà Dieu lui avait désigné Josué pour successeur ; il rassembla le peuple, remit aux prêtres le livre de la loi écrit de sa main, et pour la dernière fois il fit entendre sa voix aux Israélites. Jamais elle n'avait, été aussi éloquente. Ce beau cantique commence par ces mots sublimes : « Gieux, écoutez » ma voix ; je vais parler ! Terre, prêle l'oreille aux accents » qui vont sortir de ma bouche! »

Toute l'histoire est dans le discours prophétique que Moïse prononça. Après avoir béni le peuple, il gravit seul la montagne de JSébo, de laquelle il vit la terre promise à Abraham, àlsaac, à Jacob, et mourut consolé à l'âge de 120 ans, le premier ou Je deuxième jour de la quarantième année depuis la sortie d'Egypte, sept mois seulement après Aaron.

législation de Moïse.

« Moïse n'est pas moins admirable dans la législation qu'il établit que dans les prodiges qu'il opère . Au temps où il a vécu, sa doctrine était un miracle dans l'ordre moral, comme son passage triomphant à travers les eaux de la mer Rouge, était un miracle dans l'ordre, de la nature; et c'est ainsi que la beauté de sa religion, de sa morale, de ses lois, se joint à l'éclat de ses œuvres merveilleuses, pour attester la divinité de sa mission. » Frayssinous.

Nous ne pouvons entrer dans les" détails de cette constitution à la fois religieuse, morale, politique, civile, pénale, administrative, rurale, hygiénique, etc. La sage prévoyance de Moïse a tout embrassé. Les commandements du Décalogue, admirable préambule de la législation hébraïque, et qui ont servi de base à celle de tous les peuples, devraient être toujours dans la mémoire des hommes.

On peut diviser cette législation en lois religieuses, en lois politiques et en lois civiles.

Les lois religieuses entrent dans les détails les plus minutieux sur les cérémonies, les heures des prières, le choix des victimes, la séparation des animaux purs des animaux impurs ; elles regardent l'idolâtrie comme le plus grand des crimes ; elles chargent exclusivement la tribu de Lévi du ministère des autels , en donnant au sacerdoce de nombreuses prérogatives.

Dans les lois politiques le gouvernement d'Israël est une

république avec un k», et ce roi est Dieu ; les deux bases du système, c'est la liberté et Végalité. Ces lois sont proposées au peuple et acceptées par lui ; elles émanent de Dieu, et cependant elles ont besoin de la sanction des hommes, etc.

Dans les lois civiles, on voit les peines encourues par les coupables : la peine du talion est appliquée à tous les crimes; le père peut disposer de la liberté de ses enfants. L'hospitalité envers les étrangers est impérieusement prescrite. On doit obliger et secourir même son ennemi.

Les principales fêtes étaient celle du Sabbat, ou du repos du septième jour ; la Pâque, établie en mémoire du passage de la mer Rouge; la Pentecôte, ou fêle des semaines, instituée en mémoire de la loi donnée sur le mont Sinaï ; la fête des Trompettes; celle du Tabernacle. Les sacrifices étaient leur principale cérémonie religieuse.

Lecture : Bossuet, Histoire universelle. — Conférences de Frayssinous. — La Bible. — Atlas de l'auteur.

Entrée dans la terre promise.

. Avant de commencer les opérations de la conquête, les Hébreux consacrèrent trente jours à pleurer la perte du guide fidèle et de l'illustre législateur. Josué, le fils de Nun, que Moïse avait instruit lui-même, reçut de Dieu l'ordre de passer le Jourdain et de conduire les Hébreux dans la terre promise (1605).

Le dixième jour du mois de nisan (8 avril), les trompettes d'argent retentissent ; les Israélites, précédés de l'arche d'aî liance, se mettent en marche, et ils triomphent de trente et un rois ; le Jourdain leur ouvre passage au milieu de ses flots, et le peuple de Dieu prend possession de la terre promise. Il campe à Galgala (camp de la liberté), et, le quatorzième jour du même mois, il célèbre la Pâque , solennité que la sortie d'Egypte avait consacrée, il y avait quarante ans. Les remparts de Jéricho se présentent ; Josué, suivant l'ordre de Dieu, fait avec les Israélites sept fois le tour de la ville, et bientôt s'écroulent les murailles au son des trompettes et au chant des cantiques. Tous les habitants de cette ville sont exterminés, le feu consume les maisons ; la famille seule de Rahab est épar gnée, parce que cette femme avait caché dans son hôtellerie les émissaires que Josué avait envoyés explorer le pays ennemi. Le quartier général de Josué, ainsi que le tabernacle, d'abord

établi à Galgala, le fut ensuite à Silo qui appartenait à ia tribu d'Ephraïm.

Après avoir pris Haï, après avoir vaincu Jabin, roi d'Azor, les Gabaonites, Adonisebech, roi de Jérusalem, et quatre autres rois, Josué voulut accomplir les commandements de Moïse : il procéda au pariage des terres entre les douze tribus- La tribu de Lévi ne fut pas comprise dans le partage ; mais elle fut dédommagée par des revenus que les douze autres s'engagèrent à lui faire.

Division de la terre promise.

En comprenant l'étendue plus ou moins grande du territoire par sa plus ou moins grande fertilité ; en déterminant les lots d'après les populations plus ou moins nombreuses des tribus, d'après la plus ou moins grande fécondité des familles, on parvint à la plus stricte égalité possible ; cette égalité était le but du législateur; elle entrait comme condition indispensable dans l'économie de sa politique.

Moïse avait distribue aux tribus de Ruben et de Gad et à la demi-tribu de Manassé, les terres à l'orient du Jourdain. Josué partagea le pays de Chanaan aux autres tribus.

La haute Judée échut à la tribu de Juda ; elle s'étend en longueur jusqu'à Jérusalem, et en largeur jusqu'au lac deSodome.

La tribu de Siméon eut cette partie de l'Idumée qui touche à l'Egypte et à l'Arabie.

A la tribu de Benjamin fut dévolu le pays qui s'étend en longueur depuis le Jourdain jusqu'à la mer, et en largeur depuis Jérusalem jusqu'à Béthel.

La tribu d'Ephraïm eut le pays qui s'étend depuis le Jourdain jusqu'à Gadara, et depuis Béthel jusqu'au Long-Champ.

La moitié de la tribu de Manassé entre en possession du territoire qui s'étend depuis le Jourdain jusqu'à Dora d'un côté, et jusqu'à Betzan de l'autre.

La tribu d'Issachar eut ce qui est compris depuis le Jourdain jusqu'au Mont-Carmel.

La tribu de Zabulon eut le pays qui touche au Mont-Carmel et à la mer, et s'étend jusqu'au lac de Génézareth.

Les plaines cachées derrière le Mont-Carmel, à l'opposite de Sidon, échurent à la tribu d'Azer.

La tribu de Nephthali eut la haute Galilée et le pays qui s'étend jusqu'au Liban.

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La tribu de Dan eut les vallées qui tirent vers l'occident et aux petits lacs Azor et Dôris.

Selon le règlement de Moïse, quarante-huit villes, prises dans différentes tribus, furent réservées aux Lévites. On détermina également six villes de refuge, tant en deçà qu'au delà du Jourdain, aux meurtriers involontaires. Moïse lui-même en avait déjà désigné trois au delà du Jourdain ; Josuéen ajouta trois autres en deçà du fleuve, savoir : Kédes dans le canton de Nephthali, Sichem dans celui d'Ephraïm, et Hébron dans celui de Juda. Le tabernacle fut dressé à Silo, dans le territoire de Sichem.

Les villes où résidaient les rois chananéens conservèrent le titre de villes royales.

Josué était alors âgé de cent dix ans ; il avait, pendant vingt cinq ans, gouverné Israël; sentant sa fin approcher, ii rassembla le peuple à Silo, lui rappela les bienfaits miraculeux du Seigneur, et l'exhorta à observer fidèlement la loi, en le menaçant de tous les maux qu'entraîne une rébellion sacrilège. Peu de temps après, il mourut et fut enterré à Thamnath-Saré, tandis qu'on déposait à Sichem les restes de Joseph qui, après avoir, pendant trois siècles, dormi paisiblement sur le sol d'Egypte, avaient parcouru pendant quarante ans le désert, et venaient enfin se reposer près d'Abraham et de Jacob.

Les Hébreux perdirent en même temps Éléazar, leur grandprêtre. Privés de ces deux grands hommes, en qui Moïse et Aaron semblaient revivre, ils oublièrent bientôt leur sainte destination et se livrèrent à des excès qu'ils devaient expier par des malheurs sans nombre.

Travail : Carte détaillée de la Palestine.

Observations,

Dans cette première période du peuple juif, les livres saints nous montrent le peuple avec tous les traits de la dégradation intellectuelle, morale et physique. Les mêmes lois morales, si souvent répétées dans l'Exode, le Lévitique, le Deutéronome ; les lois relatives aux cérémonies, si multipliées, auxquelles le peuple fut assujetti ; les menaces et les promesses, si fréquentes et résumées dans l'admirable cantique, deux, écoutez ! que tout le peuple devait apprendre par cœur ; les divers moyens matériels ordonnés par Moïse, afin de conserver le souvenir de la loi et d'en faciliter l'observance, démontrent chez ce peuple la prépondérance des facultés inférieures. Cette dépravation provenait de la dure oppression dans laquelle les Juifs avaient été pendant près de deux siècles.

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C'était, suivant les prophètes, l'enfance du peuple hébreu. Il y a, à cette époque, deux tendances chez les hommes: les uns adhèrent à l'esprit de Dieu et à la doctrine révélée, les autres suivent leurs propres idées et es doctrines humaines.

PHÉNIGIE.

Observations sur les Pàérnoiens»

Les Phéniciens sont l'un des peuples les plus remarquables de l'Asie, mais nous n'avons sur eux aucune histoire complète et suivie ; à l'aide Je quelques documents, nous pouvons cependant en présenter une idée générale.

La Phénicie ne formait point un état séparé : elle se composait de plusieurs villes et de leurs territoires : unies entre elles par des liens communs , Sidon et Tyr obtinrent successivement la prépondérance ; chacune fut considérée à des époques différentes comme métropole.

Les Phéniciens s'adonnèrent de bonne heure au commerce et à la navigation ; ils fondèrent de nombreuses colonies, dont voici les principales :

1. La plupart des îles de l'Archipel, dont ils furent dépossédés par les Grecs.

2. Au midi de l'Espagne , Gaclès, (Cadix), Carteja (Galpé), Malacca (Malaga), Eispalis (Séville).

3. Sur la côte N. de l'Afrique, Uliqiie, (BooshdLStbs), Cartilage, (en ruines près de Tunis), Aclriimetutn (Adrumète).

lx. Sur la côte N.-E. de la Sicile, Panormus (Palerme), Lilybeum (Boéo).

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