‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 43 sur 166 · SIE6LB. B · texte numérisé non relu

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l'âge de trente huit ans ; mais cette fin ne paraissant pas assez noble on répandit le bruit que Vénus l'avait enlevé au ciel, après avoir lavé son corps dans les eaux du fleuve. On lui éleva un monument sur les bords du Numicus, et les Romains l'honorèrent sous le nom de Jupiter Indigète.

Lecîure : L'Enéide. — Pausanias. — Ovide. — Justin. — Voyages lus*»- \ riques.

Voyage tl'Slysse. —Ulysse était un célèbre roi d'Ithaque, fils de Laërte et d'Anticlée. Il épousa Pénélope, fille d'Icarius, eut pour elle l'amour le plus tendre et s'en vit récompensé par une fidélité qui est passée en proverbe. Il eut un fils nommé Télémaque. Au siège de Troie, il rendit de grands services aux Grecs par sa prudence et ses artifices % il reçut en récompense les armes d'Achille, que lui disputait Ajax.

Ulysse eut de grandes aventures, qui sont le sujet de V Odyssée d'Homère. Une tempête le jeta d'abord sur les côtes des Ciconiens, peuple; de Xhrace, où il perdit plusieurs de ses compagnons ; de là il fut porté' aux rivages des Lotophages, en Afrique, où quelques-uns de ses gens, l'abandonnèrent. Les vents le conduisirent ensuite sur les terres des* Cyclopes, en Sicile, où il courut les plus grands dangers. De Sicile il alla chez Eole, roi des vents ; de là chez les Leslrigons, où il vit périr onze de ses vaisseaux; et avec le seul qui lui restait, il se rendit dans l'île OEa, chez Circé, avec laquelle il demeura un an ; de là il se rendit aux Enfers, pour y consulter l'âme de Tirésias sur sa destinée. Il échappa aux charmes de Circé et des Sirènes, évita les gouffres de Charybde et de Scylla ; mais une nouvelle tempête fit périr son vaisseau et tous ses compagnons ; il se sauva dans l'île de Calypso. « Je demeurai là, dit-il, aveccette » déesse, sept années entières, arrosant, tous les jours, de mes larmes » les habits immortels qu'elle me donnait. Enfin la huitième année, par » un ordre exprès de Jupiter, elle me renvoya sur un radeau. » Il eut bien de la peine à gagner l'île des Phéaciens, d'où, avec le secours du roi Alcinoùs, il aborda enfin à l'île d'Ithaque après une absence de vingt ans.

Gomme plusieurs princes ses voisins, qui le croyaient mort, s'étaient rendus maîtres chez lui, et dissipaient son bien, il fut obligé d'avoir recours au déguisement pour les surprendre. lionne dit que : « Minerve, » pour le rendre méconnaissable à tous les yeux, le toucha de sa verge, » et qu'aussitôt la peau d'Ulysse devint ridée, ses beaux cheveux blonds' » disparurent, ses yeux vifs et pleins de feu ne parurent plus que des » yeux éteints ; en un mot, ce ne fut plus Ulysse, mais un vieillard ac- » câblé d'années, hideux à voir, et couvert de vieux haillons enfumés. » La déesse lui mit à la main un gros bâton, et sur les épaules une » besace toute rapiécée, qui, attachée avec une corde, lui pendait jus- » qu'à la moitié du corps. » Ce fut en cet équipage que le roi d'Ithaque se rendit à son palais.

Télémaque fut le premier à qui son père se découvrit ; comme ils se trouvaient seuls ensemble, Minerve toucha Ulysse de sa verge d'or : aus-

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sitôt il apparut couvert de ses beaux liabits royaux , et avec sa haute taille, sa bonne mine et sa première beauté ; son teint devint animé, ses yeux brillants et pleins de feu, ses joues arrondies, et sa tête se retrouva ornée de ses beaux cheveux. Télémaque, étonné de la métamorphose, saisi de crainte et de respect, n'ose lever les yeux sur lui, de peur que ce ne soit un dieu ; Ulysse le rassure en l'embrassant et l'appelant du doux nom de fils. Ils prennent ensemble des mesures pour se défaire de leurs ennemis, et Minerve rend à Ulysse son premier déguisement.

Cependant à la porte de son palais il est reconnu par un chien , dit Homère:, qu'il avait laissé en partant pour Troie, et qui meurt de joie d'avoir revu son maître.

Ulysse entretient Pénélope sans en être connu ; il lui fait une fausse histoire, lui dit qu'il a reçu Ulysse chez lui, en Crète, comme il allait à Troie, et l'assure qu'Ulysse sera bientôt de retour. Pénélope lui raconte à son tour comment elle a passé sa vie, depuis le départ de son mari, dans les larmes et dans la douleur de ne pas revoir son cher époux. Elle lui dit qu'elle ne peut plus éluder les poursuites de ses amants ; qu'elle leur a proposé pour le lendemain, par l'inspiration de Minerve, de tirer la bague avec l'arc d'Ulysse et qu'elle a promis d'épouser celui qui vien» drait à bout de tendre cet arc. Ulysse approuve cette résolution, espérant y trouver un moyen de se venger des poursuivants. Tous, en effet, avaient accepté la proposition de la reine; mais ils essaient en vain de tendre l'arc. Ulysse, après eux, demande qu'il lui soit permis d'éprouver ses forces ; il bande l'arc très-aisémont, et en môme temps il tire sur les poursuivants, qu'il tue l'un après l'autre, aidé de son fils et de deux fidèles domestiques auxquels il s'était découvert.

Ce héros régna ensuite paisiblement dans son île jusqu'à ce que Télégone, qu'il avait eu de Circé, le tuât sans le connaître. On dit qu'après sa mort il reçut les honneurs héroïques, et qu'il eut même un oracle en Elolie.

Travail à faire : Carte de la Grèce à cette époque avec le voyage des Grecs.

Lecture : Les plus beaux passages de Ylliade et de VOdyssèe , de VEncide\ de Télémaque; la tragédie d'Ipàigénie en Aulide, par Racine, Iphigènie en Tauride, par Guimond de Latouche.

Résultats de la guerre de Troie»

Le résultat le plus important de la guerre de Troie, dont il faut lire es détails dans Homère, fut la création d'un esprit national général qui, dans une expédition de dix ans de durée, faite en commun et dans un pays aussi éloigné, dut nécessairement naître d'un pareil succès, et qui ne put être entièx-ement éteint, malgré toutes les dissensions et tous les démêlés. C'est depuis l'expédition contre Troie que les Hellènes se considérèrent comme formant un seul peuple.

La Grèce alors était divisée en plusieurs petits états, dont Argos et

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Mycènes étaient les plus puissants. On remarquait dans tous, des chefs héréditaires ou princes de tribus, qui conduisaient les armées pendant la guerre et rendaient la justice pendant la paix, et dont la considération plus ou moins grande, dépendait uniquement de leurs qualités plus ou moins éminentes, et surtout de leur valeur guerrière, i La nation grecque, comme on le voit dans Homère, était adonnée à l'entretien des bestiaux, à l'agriculture et au commerce, et avait fait déjà quelques progrès dans la navigation.

1 Cependant, après cette guerre d'expédition, qui coûta, dit-on, huit cent mille hommes aux Grecs et six cent mille aux Troyens , les Hellènes , épuisés sans doute , ne firent .aucune guerre remarquable au dehors , et restèrent dans un état de repos qui dura jusqu'au 9e siècle, c'est-à-dire jusqu'à Lycurgue.

HISTOIRE SAINTE

Les enfants d'Israël retombaient toujours dans le péché , et Dieu les livrait aux mains des Ammonites; ils prièrent, brisèrent leurs idoles, et le Seigneur, se laissant enfin toucher à la vue de leur misère, se servit de Jephté : c'était un homme du pays de Galaad que ses frères avaient chassé, parce qu'il était né d'une mère étrangère; on le rappela, et tout le monde l'élut pour prince.

L'esprit du Seigneur s'empara de lui , et il marcha contre les ennemis. Avant d'en venir aux mains, il fit le vœu, s'il obtenait la victoire", de sacrifier à Dieu la première personne qu'il rencontrerait à son retour. Les Ammonites furent vaincus. Sa fille unique vint la première au-devant de lui, en dansant au son des tambours , pour lui témoigner sa joie. Jephté , l'ayant vue, déchira ses. vêtements, et lui déclara avec douleur le vœu qu'il avait fait. Sa fille lui répondit : « Mon père, j'obéirai ; je vous demande seulement deux mois de temps pour aller sur la montagne pleurer avec.mes compagnes. » Jephté la laissa aller; après les deux mois expirés , elle revint trouver son père , et il accomplit le vœu qu'il avait fait (1243 à 1237).

Lecture : Histoire sainte de Royaumont,

Les enfants d'Israël offensèrent de nouveau le Seigneur, et il les livra aux Philistins, qui les tinrent, durant plusieurs années, dans une rude servitude. Dieu fut encore clément, et choisit pour les délivrer un enfant qui lui avait été consacré ; l'enfant crût, le Seigneur le bénit, et son esprit commença à être avec lui : c'est Samson.

Samson était fils de Manué et d'Elima, de la tribu de Dan; il fut doué, dès sa naissance, d'une force extraordinaire. Ennemi juré des Philistins, il les défit en plusieurs rencontres, et en tua un grand nombre.

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Les artifices' d'une femme, Dalila, lui arrachèrent le secret de sa forée, qui consistait dans ses cheveux. Pendant son sommeil, les Philistins le rasèrent ; il devint semblable aux autres hommes, et resta en la puissance de ses ennemis. Mais lorsque ses cheveux commencèrent à repousser, il ébranla les colonnes du lieu où il se trouvait avec trois mille Philistins ; ils y périrent tous, et Samson lui-même fut enseveli sous les décombres (1172-1162).

i»e Siècle.

SOMMAIRE

Grèce. — 1190. Situation de la Grèce. — Retour des Héraclides. — 1182-1120.

Colonies grecques de l'Asie-Mineure.

Situation de la Grèce après la guerre de Troie.

La Grèce ne retira pas grand fruit de la destruction de Troie : elle se vit malheureuse au dedans par les calamités de la guerre, par les dissensions entre ses différents peuples et par la ruine de cette confédération générale, qui, un moment, avait fait sa force.

Agamemnon était tombé sous le poigard d'Égisthe, excité par l'infidèle Clytemnestre ; Oreste, son fils, l'avait vengé. Ulysse, avait erré dix ans avant de revoir sa patrie, son épouse Pénélope et son fils Télémaque ; l'anarchie régnait partout ; la terre était considérée comme un domaine public ; ni le rang ni le sexe ne dispensaient des travaux ; mais la propriété n'étant pas garantie par les lois, les peuples les plus courageux ne cessaient de faire valoir la loi du plus fort. C'est ainsi que l'on vit successivement :

1° Les migrations de différentes tribus grecques dans les limites étroites de la Hellade;

2° Les établissements de plusieurs colonies dans quelques parties éloignées de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique ;

3° L'abolition de la royauté à Athènes.

Parmi les tribus les plus guerrières , nous distinguerons les Doriens qui s'allièrent aux Ètoliens et s'emparèrent du Péloponèse sous la conduite des Héraclides , ou descendants d'Hercule , qui avaient été chassés d'Argos.

Rctom* des Héraclides. — Ces princes conservaient toujours Fespoir de rentrer dans le Péloponèse : ils firent à cet effet diverses tentatives, mais quatre furent infructueuses. En-

fin, une cinquième réussit : ils vainquirent les Pélopides, les mirent en fuite, tuèrent leur roi Tisamène, fils d'Oreste et roi d'Argos et de Lacédémone, s'emparèrent du pays, et le partagèrent entre trois de leurs principaux chefs, qui étaient Aristodeèm, Témène et Gresphonle ; le premier eut la Laconie, le second PArgolide et le troisième la Messénie. Après la mort d'Aristodème, ses deux fils, Eurysthène et Proclès, régnèrent ensemble sur la Laconie. Depuis ce temps, Sparte fut gouvernée par deux rois descendants de ces princes. Le retour des Héraclides est regardé comme une époque importante dans l'histoire de la Grèce ; les faits acquirent depuis plus de certitude. La révolution qu'ils opérèrent fut complète ; une partie du peuple qui tenait aux Pélopides dut s'expatrier ; l'autre subit le joug humiliant de l'esclavage : telle fut l'origine des Ilotes.

Lecture : Rollin, Histoire ancienne.

Héraclide»,

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