‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 65 sur 166 · S 98 SB SIECLE · texte numérisé non relu

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changèrent la constitution de toutes las villes de la Grèce. Elles obéissaient à un tyran ou à la loi d'uno garnison étrangère. Cependant la ligue s'efforça de conserver sa liberté, et mit à sa tête Aratus, qui venait de délivrer Sicijone, sa patrie, de la tyrannie de Nicodès ; il fit entrer cette ville dans la confédération, et conçut le projet d'affranchir tout le Péloponèse ; il enleva Corinthe au roi de Macédoine, Antigone- Gonatas, et accrut même la république des villes de Mégare, de Trézène, et d'Épidaure.

Dans le même temps, Agis, roi de Sparte (239), tentait de réformer cette ville, entièrement déchue de ce qu'elle était jadis sous Lycurgue. Son entreprise ne lui réussit point, et lui coûta la vie. De retour d'une expédition contre les Èloliens, qui avaient aussi formé une ligue en 284, et avaient attaqué les Achéens, alliés de Sparte, on le traîne en prison ; accusé de vouloir faire des innovations dangereuses, il est condamné à mort. On ajoute la cruauté à l'injustice : sa mère et son aïeule, qui étaient venues le visiter, sont étranglées sur son cadavre.

Les projets de réforme furent renouvelés par Cléomène (235), fils de Léonidas, le second roi de Sparte, ennemi cependant d'Agis ; ce prince, après avoir vaincu les Achéens près de Bymes, offre de leur restituer toutes les places , s'ils le nomment généralissime de la ligue. Aratus, qui exerçait le commandement depuis trente-trois ans, s'y opposa, et appela à son secours Antigone-Boson, roi de Macédoine.

CléoBiîèue, défait près de SeUasie (222), se réfugie en Egypte auprès de Ptolémée-Évergète, qui le reçoit avec bonté.

Cléomène avait remis en vigueur, d'après les lois de Lycurgue, la discipline, les repas publics, les exercices et les autres usages, s' astreignant le premier aux austères pratiques qu'il imposait aux autres. Il rendit aux rois l'autorité que leur assignait la constitution primitive.

Pour rassurer les partisans de la liberté, il donna un second roi a Sparte ; seulement il choisit son frère à défaut du fils d'Agis, nommé Archidamus, qu'on avait assassiné peu auparavant. Sparte eut alors, pour la première fois, deux rois de la même maison.

Philopator succède bientôt à Évergète, son père, sur le trône d'Egypte. Cléomène sollicite vainement des secours du nouveau roi, dont la jalousie ombrageuse le prive de sa liberté ; il périt en cherchant à la retrouver. Son corps fut attaché à une croix. La mort d'Agis et de Cléomène mit fin à la race des Héraclides à Sparte (235-229).

Aratïag, qui avait soutenu la ligue des Achéens, fut empoisonné à Egium par Philippe, roi de Macédoine, successeur d' Antigone-Boson; il fut enterré à Sicyone, dont les habitants lui élevèrent une satue, avec le titre de sauveur. C'était un général plus politique que brave (213).

!»MI©f5semeBa, citoyen de Mégalopolis (2U), fut le successeur d'Aratus dans la préture de la ligue Achéenne ; seul de tous les chefs de cette ligue, il avait compris la politique de Rome II avait pris Èpaminmdas pour modèle de ses actions : comme le héros thébain, il était

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philosophe et simple de mœurs. Il vainquit deux tyrans de Lacédémone, Machanidas et Nabis; l'un à Maritime, l'autre près de Sparte (207), mais Binocrale le Messénien, son ennemi particulier, le vainquit près de Messène. Philopœmen fut jeté dans un cachot et empoisonné (183). Ainsi périt ce grand homme, appelé le dernier des Grecs, et digne d'être mis en parallèle avec Annibal etScipion, qui moururent la môme année que lui.

La ligue Achéenne, ayant à sa tête Lycortas, père du célèbre historien Polybe, chercha à lutter encore, mais privée de Philopœmen, elle accepte toutes les conditions des Romains, qui lui accordent quelques années d'existence. Il fallait, avant d'en finir avec les Grecs du sud, soumettre les Macédoniens. Le second siècle verra le beau pays de Lycurgue, de Périclès et d'Alexandre tomber au pouvoir du peuple-roi.

Observations sur la ligne des Achéens.

A la mort d'Alexandre, les républiques grecques, entraînées moitié par amour de la liberté, moitié par les menées des intrigants, essayèrent d'enlever à la Macédoine la suprématie dont elle jouissait. Elles se jetèrent dans la guerre Lamiaque, contre l'avis de Phocion, et furent vaincues à Cranon. Alors les rois de Macédoine leur imposèrent des gouverneurs et des garnisons et substituèrent ainsi une domination au commandement des généraux de Philippe et d'Alexandre. Leur autorité fut reconnue par vingt-cinq ou vingt-huit états helléniques. Trois peuples seulement, les Spartiates, les Étoliens et une partie des Arcadiens, échappèrent à cette domination, et conservèrent en Grèce le dépôt de la liberté.

Les républiques grecques profitèrent des querelles interminables des différents compétiteurs au trône de Macédoine, et de l'embarras où les jeta l'invasion des Gaulois (279). Non-seulement elles s'affranchirent, mais, en entrant dans la ligue Achéenne, elles adoptèrent le gouvernement le plus parfait qu'ait connu l'antiquité. En effet, la ligue des Achéens donnait aux peuples qui en faisaient partie une sage démocratie pour gouvernement intérieur ; à tous les mêmes lois, les mêmes magistrats, les mêmes poids, les mêmes mesures. Un grand conseil ou diète, composé des députés des villes, s'assemblait pour le gouvernement général, sous la direction d'un président, qui était chargé de contraindre les états d'acquiescer aux délibérations de l'assemblée. Il n'y avait qu'un pas à faire, il n'y avait plus que trois peuples à gagner, les Spartiates, les Béotiens, les Phocidiens, pour que le système Achéen régît la Grèce entière et tout le Péloponèse. Cette révolution achevée, les Grecs, libres et unis, capables de se défendre à l'extérieur contre toutes les attaques des princes macédoniens, leur proposaient de combiner ensemble leurs forces respectives contre l'étranger, contre les Romains surtout, qui alors même s'ouvraient l'entrée de la Macédoine et de la Grèce par leurs conquêtes en Illyrie.

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Irruption des Gaulois en Illyrie, en Grèce et en Macédoine. — ■ Les Gaulois, qui, dans le 6e siècle, s'étaient établis en Pannonie, menaçaient, par différentes excu/sions, de dévaster non-seulement la Macé chine, mais même toute la Grèce. Trois expéditions successives caractérisent leur invasion dans le 3e siècle.

La première, dirigée par Cambaules, ne pénétra que jusqu'en Thrace, parce qu'elle ne se trouva pas assez forte.

La deuxième était partagée en trois corps : l'un sous Cérètrius, dirigé contre la Thrace; l'autre, contre la Péonie, sous Brennus II et Achicorius, et le dernier, contre Vlllyrie et la Macédoine, sous les ordres de Belgius. Ptolémée-Céraunus, roi de cette dernière contrée, fut vaincu et tué : mais un noble macédonien, nommé Sosthène, prit le commandement, et délivra la Macédoine de ces barbares envahisseurs.

La troisième invasion se dirigea contre la Grèce, ayant à sa tête Brennus II, qui, cette fois, défit et tua Sosthène. Les Gaulois pénètrent, malgré tous les obstacles, dans le cœur de la Grèce : ils assiègent Del" plies , le but de leur expédition ; mais une terreur panique s'empare d'eux, et ils périssent presque tous par la faim, le froid et le fer.

Une autre bande de Gaulois composée de hordes de Tectosages, de Tolistoboïens et de Trocmes, s'enfonça dans l'Asie, au 2e siècle, aida Nicomède à monter sur le trône de Bythinie, et obtint de ce roi, pour récompense, une contrée qui, de leur nom, fut appelée Galatie.

Lecture : Précis de l'histoire des successeurs d'Alexandre, par MM. Poirson et Cayx. — Histoire de France de l'auteur.

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