‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 66 sur 166 · MACÉDOINE · texte numérisé non relu

MACÉDOINE

Etat de la Macédoine depuis la bataille d'fpsus. — L'issue de la bataille d'Ipsus, en 301, avait donné la Macédoine proprement dite à Cassandre, un des généraux d'Alexandre le Grand. Les événements se compliquèrent tellement depuis, qu'on a peine à en suivre le fil ; nous remarquerons seulement que Démétrius-Poliorcètes, après avoir envahi la Macédoine, en est chassé par Pyrrhus et Lysimaque, et, déguisé sous l'habit d'un pâtre, va se réfugier en Asie, où il meurt misérablement (284).

Lysimaque s'empare de la Macédoine : il est vaincu et tué par Sé~ leucus, qui s'assied sur le trône d'Alexandre et périt victime de son ambition (281). Son assassin Ptolémée-Céraunus ou la Foudre, fils de Ptolémée-Lagus, usurpe à son tour la couronne, et la souille de ses crimes : «ous lui, Belgius et Brennus, chefs des Gaulois, ravagent la Macédoine. Pyrrhus, revenu d'Italie, se rend aussi maître de ce pays ; mais ce grand capitaine ayant été tué au siège d'Argos, Antigone-Gonata%, fils de Démétrius-Poliorcètes, put alors monter sur le trône (278), que ses successeurs conservèrent jusqu'à la conquête des Romains.

Il y avait sept ans que Philippe III, son petit-fils par Démétrius, ré-

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gnait, lorsque ce prince, qui avait été sous la tutelle d'Antigone-Doson, prit le parti d'Annibal contre les Romains. Comme le père d'Alexandre, dont il portait le nom, il avait formé le projet d'asservir la Grèce, et voyait avec jalousie les Romains contrarier ses desseins. Il envoya une armée contre eux; mais il fut vaincu à Apollonie par le consul Lœvinus. Cette défaite fut suivie d'une paix peu durable.

L'affront qu'il avait essuyé aigrit le caractère de Philippe : il avait d'abord favorisé les conquêtes d'Aratus ; mais, ennuyé des conseils austères de ce vertueux citoyen, il eut la cruauté de le faire empoisonner.

EGYPTE

PtoIémée-lPhiladelphe. — Ptolémée, fils de Lagus, surnommé ensuite Soler ou Sauveur, le chef des Lagides, était ami des lettres (323) ; il avait établi à Alexandrie un Musée, où il avait réuni des savants, chargés de faire des recherches dans toutes les sciences. On lui doit la fondation de cette fameuse bibliothèque qui mérita à Alexandrie le surnom de Mère des livres, et le fanal de l'île de Pharos, tour construite en marbre blanc, où l'on entretenait continuellement du feu pour éclairer les navigateurs. Il laissa le trône à son fils Philadelphe (285). Ce surnom n'était qu'une ironie, car il avait fait périr deux de ses frères. Ptolémée-Philadelphe fut le digne successeur de son père ; il s'occupa pendant tout son règne à faire fleurir les arts et le commerce ; il s'entoura de savants tels qiYEuclide, Lycophron, Callimaque, Théocrite. Il fit traduire en grec les livres sacrés des Hébreux par soixante et dix rabbins : c'est ce qu'on appelle la version des Septante ; il fonda, sur la côte occidentale de la mer Rouge, la ville de Bérénice, en l'honneur de sa mère. Toutes les richesses de Y Inde, de Y Arabie et de la Perse, venaient y aborder, par le moyen d'un canal qu'il fit creuser; ce canal partait du Nil, allait aboutir à Myos-Hormos, et joignait ainsi le Nil à la mer Rouge.

ffHoIémée-Évergète, son fils, monta sur le trône après lui (247) et se fit chérir des Égyptiens, qui lui donnèrent le surnom cYEvergète ou Bienfaisant. Il conquit la Syrie sur Antiochus-Théos, et se rendit maître de la Judée, qui refusait de lui payer le tribut, accoutumé. Les Achéens le nommèrent chef suprême de leur ligue ; c'est à sa cour que Cléomène trouva un refuge. On dit qu'il fut empoisonné par son fils Philopalor, prince cruel et débauché, que Dieu punit de son impiété quand il voulut >. visiter le temple de Jérusalem. É vergeté avait épousé sa sœur Bérénice, [ qui fit vœu, pendant une expédition du roi, de consacrer sa chevelure ' à Vénus, s'il revenait vainqueur : elle tint sa promesse. Quelque temps \ après, la chevelure ayant disparu du temple de Vénus, l'astronome Co- £non, courtisan adroit, publia que Jupiter l'avait enlevée pour la placer parmi les astres. On fit semblant de le croire, et le nom de Chevelure de Bérénice, qu'il donna à sept étoiles près de la queue du Lion, reste en-

core aujourd'hui à cette constellation. Bérénice fut mise à mort par son fils Philopator. Il serait aussi pénible que difficile de retracer les crimes et les débauches de Ptolémée-Philopator. Livré aux caprices de ses deux infâmes ministres, Agaîkocle et Socibe, il fit oublier pur ses cruautés le succès de ses armes. Ce monstre couronné mourut en 204. Le règne de son fils Epîphane ou l'Illustre ne fut pas moins signalé par le vice et la corruption; ce prince mit à mort Aristomène, fidèle ministre qui, pendant sa minorité, avait gouverné l'Egypte avec sagesse et dignité. Ses autres ministres le firent empoisonner.

| Tableau : Dynastie d'Egypte : Les Ptolêmèes. (Voyez à la lin de YHistoire <vv:ienne).

FARTHIE.

Fondation «Isa royaume «les ^aa-iSies. — Les Parthes étaieht un peuple de l'Asie originairement banni du pays des Scyihes : ils restèrent inconnus pendant que les Assyriens et les Mèdes furent maîtres de l'Asie. Ils ne furent pas plus connus des Perses, lorsque ceux-ci eurent détruit l'empire des Assyriens ; mais ils se soumirent à Alexandre, comme tous les autres peuples voisins. Après la mort de ce conquérant, vin certain Arsace se fit nommer roi, et commença la monarchie des Parthes, qui, dans la suite, subjugua toute l'Asie. Arsace, en soutenant la guerre contre les généraux d'Antiochus, fut blessé dans une action et mourut après trois ans de règne. Orode, un des successeurs d' Arsace, déclara la guerre aux Romains ; son général Suréna défit entièrement une de leurs armées à. Carrhes (53) où Crassus fut tué avec son fils. Les Parthes prirent le parti de Pompée contre César ; et, après la mort de ce dernier, iis envoyèrent des troupes à Cassius et à Bru tus, ses assassins. Depuis ce temps, ils continuèrent contre les Romains de grandes guerres dans lesquelles ils eurent souvent l'avantage ; mais à la fin ils succombèrent sous cette puissance, et la monarchie des Parthes fut entièrement détruite, après avoir duré plus de quatre cent soixante ans. Les Parthes étaient très habiles à lancer les flèches, surtout en fuyant , ce qui les rendait redoutables à leurs ennemis. Ils décernaient les honneurs divins à leurs rois, dont ils n'approchaient qu'avec crainte et Je visage prosterné contre terre.

La monarchie des Sassanides succéda aux Ârsacides, l'an 226 après Jésus-Christ.

UgSTlUJCTKDH BE (CAMIKBB.

SOMMAIRE

PiOine. — 190. Défaite et soumission d'Antiochus le Grand, roi de Syrie. — 149. Guerre contre Viriathe en Espagne. — 168. Soumission de la Macédoine. — 146. Soumission de la Grèce. — 149. Troisième guerre punique. — 146. Prise et destruction de Cartilage. — 142-134. Guerre Numantine et soumission d'une partie de l'Espagne. — 133-111. Troubles intérieurs excités par les Gracques. — 124. Première invasion dans les Gaules. — 112. Guerre contre Jugurtha, roi de Numidie. —115. Guerre Cimbrique. Victoires de Mari us.

Egypte. — De 185 à 88, règne des Ptolémées.

Judée. — 166. Victoires de Judas Maçhabée. — 107. Règne d'AristobuIe.

Découvertes. — 190. Pompe, par Héron d'Alexandrie. — 142. Précession des équinoxes, latitude et longitude, trigonométrie spliérique, par Hipparque de Nicée. — Une étoile nouvelle parait an ciel. — 138. Broderie en or, par Attale, roi de Pergame. — 120. Sphère artificielle, par Passidonius.

JUDÉE

Défaite et soiamissiom cTAntiochns le ^s*aisd.

— La prise de Cartilage commença à jeter des craintes dans l'Orient (202) ; des coalitions se formèrent contre Rome, et les rois de Syrie, les plus puissants successeurs d'Alexandre le Grand, dont l'empire s'étendait depuis les limites du royaume de Perse jusqu'aux limites de ceux de Pergame et de Bythinie, s'étaient mis à la tête de la coalition ; mais ils n'étaient plus autant à craindre que du temps de Séleucus ; le luxe et la mollesse régnaient partout. Telle était la situation de la Syrie, lorsque jniïochus le Grand monta sur le trône, l'an 222. Pendant vingt ans, ce prince fit la guerre avec succès; il envahit l'Egypte, sous la minorité de Ptolémée-Épiphane; il conquit une grande partie des provinces occidentales de l' Asie-Mine ure; voulant régner sur la Grèce, il passa en Europe et s'empara de la Chersonèse de Thrace ; il allait mettre son vaste projet à exécution lorsque Annibal fugitif vint à sa cour.

C'en était peut-être fait de Rome, si Antiochus eût suivi le conseil du héros de Cartilage (495), qui voulait porter une

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seconde fois la guerre en Italie, tandis que le roi de Syrie s'emparerait de la Grèce ; mais Antiochus se laissa guider par les avis de Thoas, préteur des Étoliens et ennemi d'Annibai ; il ne voulut pas même faire cause commune avec Philippe de Macédoine. Thoas sut s'emparer ainsi de l'esprit d' Antiochus, sur lequel il avait un grand ascendant, et Ton vit, à la honte des rois, un chef presque inconnu d'une région à demi barbare, l'emporter sur l'un des grands hommes de l'antiquité. Les Romains, profitant de ces fautes, chassent Antiochus de la Grèce, passent YHellespont sous la conduite de Lucius Scipion et attaquent le roi syrien au pied du mont Sipyle, près de Magnésie (190). La victoire la plus complète couronne leur courage. Antiochus, qui s'était enfui jusqu'au delà du mont Taurus, conclut un traité honteux avec Lucius Scipion, surnommé alors l' Asiatique : il livrait tous ses éléphants, payaiî aux Romains et à Eumène, roi de Pergame, une somme considérable, et abandonnait toute l'Asie-Mineure jusqu'au mont Taurus; il s'engageait à livrer Annibal et Thoas.

Antiochus ne survécut que trois ans à son déshonneur : il fut assassiné (186). Dès lors le royaume de Syrie ne fit plus que déchoir, et tomba au pouvoir des Romains, qui, évitant de se flatter de leurs succès, voulurent paraître n'avoir combattu que pour la liberté des Grecs et de leurs alliés. Ils partagèrent TAsie-Mineure entre Eumène et les Rhodiens, assignèrent au premier la Mysie, les deux Phrygie, la Lydie, l'ionie, et aux Rhodiens la Carie et la Lycie. Il suffit, pour faire connaître l'ascendant que Rome avait pris sur les rois de Syrie, de citer le trait suivant : Antiochus-Epiphane ou V Illustre, était entré en Egypte, et s'était emparé de Memphis, pendant la minorité de Ptolémée-Philométor, qu'il avait même fait prisonnier. Les tuteurs du roi demandèrent du secours aux Romains. Popilius Lcenas, sénateur, ordonna à Antiochus, de la part du sénat, de quitter l'Egypte, et, n'obtenant que des réponses évasives, il traça sur le sable avec sa baguette, un cercle autour du roi. et lui dit : Avant de sortir de ce cercle, rendez-moi la réponse que je dois rapporter au sénat. Antiochus, étonné, répondit humblement : « Je ferai tout ce que le sénat commande. »

Rome n'avait plus que l'Egypte à soumettre pour être la maîtresse de monde.

Soumission de la Macédoine.— Quelque temps après la vict lire d'Apollonie, les Romains parvinrent à détacher de

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l'alliance de Philippe les Étoliens et Attale, roi de Pergame, qui leur légua son royaume. Fier de quelques succès sur Pyrrhias, générai des Étoliens, le roi de Macédoine avait dèciaré la guerre aux Athéniens, attaqué Rhodes et menacé l'Egypte. Le consul Q. Flaminius, assuré des principaux états de la Grèce, et renforcé par leurs troupes, marche contre Philippe, le rencontre près des Cynopcéhales (collines de Thessalie), et le bat complètement, grâce à la cavalerie étolienne. Cette défaite força Philippe à demander la paix. On la lui accorda à condition qu'il se renfermerait dans les limites de la Macédoine; qu'il évacuerait toutes les villes grecques où il avait garnison ; qu'il livrerait tous ses vaisseaux et paierait mille talents en dix années. Cette guerre dura trois ans ; elle donna la liberté à toutes les villes grecques d'Europe et d'Asie, à l'exception de celles que les Romains jugèrent à propos de se réserver. Elle rendit ceux-ci les arbitres de l'Asie.

Persée, fils de Philippe, entra dans les vues de son père, et voulut secouer le joug des Romains. D'abord il fut heureux, et gagna, sur le consul Licinius Crassus, la bataille de Péluse, sur le Pénée; mais Paul-Émile, le fils de celui qui avait été tué à la bataille de Cannes, avait été porté au consulat par le peuple et le sénat. Las de ne point voir finir la guerre de Macédoine, ce général, après avoir rétabli la discipline dans l'armée, prit en flanc la redoutable phalange macédonienne, la rompit, et gagna la bataille de Pydna; la victoire fut complète et le carnage horrible. Persée prit la fuite, se retira dans Pydna, et de là a Pella, où bientôt il se mit à la discrétion du consul avec sa femme et ses enfants. Paul-Emile, après avoir soumis la Macédoine, lui avoir donné des lois, pacifié la Grèce entière et réglé les affaires d'une foule de petits peuples, repasse en Italie chargé de gloire et de butin. Toute l'Italie est en mouvement, le vainqueur remonte le Tibre au milieu des acclamations de la multitude qui couvre les deux rives. Les deux rois, Persée eïGentius, et leurs enfants, sont remis au pouvoir du sénat avec une foule de captifs et des trésors immenses ; les honneurs du triomphe sont décernés à Paul Emile. Persée suivit le char triomphal ; mais quel exemple de la fragilité humaine ! le vainqueur, dit Tite-Live, fut aussi digne de pitié que le vaincu : de deux fils qui lui restaient pour perpétuer son nom, le plus jeune, âgé de \% ans, était mort cinq jours avant son triomphe, et l'aîné, âgé de U ans, mourut trois jours après]

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Persée mourut misérablement en prison. Le seul fils qui lui survécut se fit menuisier, et plus tard il regarda comme un bonheur d'être greffier dans le voisinagede Rome Peu de temps après, un aventurier nommé Andriscus, mysien de naissance, se présenta comme fils de Persée et parvint à se faire un parti considérable. Quelques victoires lui donnèrent de l'audace ; mais les Romainsayant envoyé contre lui Metellus, l'usurpateur fut alors vaincu et conduit à Rome chargé de chaînes. La Macédoine fut réduite en province romaine.

Lecture : Fragments de la guerre contre Persée, par Tite-Live. Tableau : Dynastie de Macédoine.

Soumission «I© in Grèee. ~- Les Grecs s'aperçurent trop tard qu'ils s'étaient donné des maîtres en appelant les Romains pour les défendre. La ligue des Achéens, déjà affaiblie par le retranchement de quelques provinces, osa prendre les armes contre ces redoutables ennemis. Le consul Metellus les défit près àeScarphée. Après cette victoire, voulant avoir l'honneur de finir celte guerre, cet habile proconsul envoya à Corinthe des députés, afin de proposer aux Achéens un accommodement. Ces ambassadeurs, grecs eux-mêmes, furent saisis, déclarés traîtres à la patrie et condamnés à mort. C'en était fait de la liberté de la Grèce. Le consul Mummius marche contre les Achéens dans les plaines de Leuco-Pétra, et en fait une si horrible boucherie, que les historiens disent que les deux mers, qui étaient séparées par V isthme, furent teintes de sang. La riche et superbe Corinthe tomba au pouvoir du vainqueur. Mummius l'abandonna au pillage; les statues et les tableaux furent enlevés. Parmi les tableaux abandonnés aux soldats comme des objets sans valeur, se trouva le Bacchus d' Aristide, que le roi Atiale racheta 75,000 fr. de notre monnaie. Mummius, étonné que ce tableau eût été porté à un prix si élevé, et soupçonnant qu'il avait quelque vertu particulière, le reprit à Attale pour l'envoyer à Rome, où il fut placé dans le temple de Cérès, avec lequel il a péri. Au reste, Mummius était tellement étranger aux arts, qu'ayant chargé un vaisseau de chefsd'œuvre, il menaça le pilote de l'obliger à remplacer les objets s'il les laissait détériorer. Après avoir ainsi dépouillé la ville, on la réduisit en cendres ; l'incendie dura plusieurs jours. On dit que les métaux qui s'y trouvaient renfermés se mé langèrent dans leur fusion, et que le métal nouveau qui en résulta fut appelé airain de Corintlie.

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Les Romains rompirent les liens- de la confédération, abolirent le pouvoir républicain et réduisirent la Grèce en province romaine, sous le nom (ÏJchaïe.

Déjà la république romaine commence à se livrer au désordre et à la corruption : Rome est sur le point d'être renversée, elle qui, par sa politique arrogante, se rendait l'arbitre des monarchies égyptienne et syrienne ; elle qui allait réunir à son territoire et Carthage, et la Macédoine, et la Grèce, etl'Asie- Mineure, Rome connaîtra la crainte dans la guerre des esclaves.

Etat de Rome jusqu'à la guerre d'AntiocIms et le pillage de Gorinthe.

Les Romains conservèrent toujours, avec la fermeté des principes, un peu de la férocité de leurs ancêtres.

En suivant l'ordre chronologique, on voit s'introduire à Rome deux genres de spectacles bien différents, les combats sanguinaires des gladiateurs, pendant la première guerre punique (264), et les représentations théâtrales, dans l'année qui la suivit (240). Les Romains durent les uns aux Brutus, à l'occasion des funérailles de leur père ; les autres, àLivius Andronicus, qui en puisa le goût en Sicile. L'an 220 paraît à Rome le premier médecin de profession : c'était le grec Archagate. La seconde guerre punique (218-201) nepermitpoint aux Romains de se livrer aux plaisirs d'un luxe naissant; mais la guerre d'Antiochus leur devint funeste ; les mœurs austères et simples se corrompirent par tous les vices qu'entraînent les richesses. En vain Caton, selon l'énergique expression de Tite-Live, aboyait contre la corruption ; elle fut plus forte que la voix de la vertu môme. Fabius Pictor avait, depuis longtemps, écrit sur l'histoire de Rome (voyez les Esquisses littéraires). A l'époque de Scipion l'Africain, Ennuis et Nœvins célébrèrent, en poésie cadencée, quelques périodes historiques. Plante écrivait ses comédies pleines de verve, et Térence devait bientôt écrire ses pièces élégantes , auxquelles Scipion-Emilien, ne fut pas, dit-on, étranger. Un trait caractéristique des Scipions, c'est qu'ils possédaient un mérite encore fort rare dans leur patrie, l'union des qualités héroïques au goût des lettres et de l'urbanité.

Troisième guerre punique. (149-U6). — Les Carthaginois avaient pris les armes contre Massinissa, roi de Numidie, qui s'était emparé de leurs terres. Un traité tout à l'avantage de ce prince avait été réglé par Scipion après la victoire de Zama (200); il fut violédès 149. Rome courut défendre son allié, et commença la troisième guerre punique. Les Carthaginois, vaincus, rendent leurs armes ; mais Rome avait

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à cœur l'anéantissement de celle ville rivale. Carthage essaya de se défendre ; Émiiien, fils adoptif de Scipion, vient prendre le commandement de l'armée, et Carthage tombe au pouvoir des Romains, qui la détruisent. Cette troisième guerre ne dura que quatre ans.

Gaserre WMWM&iitiBae. —L'Espagne, par ses mines d'or et d'argent, attirait sans cesse les Romains, qui trouvaient une noble résistance dans les Celtibériens et les Lusitaniens. Plusieurs de leurs généraux avaient porté partout le fer et la flamme ; mais un berger qui s'était fait plus tard chef de bandits, Viriathe, jaloux d'effacer par de belles actions l'ignominie de sa vie précédente, avait résolu de délivrer sa patrie du joug étranger ; il s'était mis à la tête des Lusitaniens, et les Romains avaient été vaincus par lui, d'abord près de Tribola, sous le préteur Ventidius, et ensuite dans une embuscade où il attira C. Plautius. Maximus Servitianus lui-même, défait au combat à'Ituque, dans la Bétique, est réduit à traiter d'égal à égal avec Viriathe. Ils conclurent une paix aussi glorieuse pour le Lusithanien que honteuse pour Rome. Une des clauses était que Viriathe conserverait ce qu'il avait conquis, et il avait établi sa domination sur le pays qui forme aujourd'hui l'Estramadure et s'étend jusqu'aux frontières de TAragon. Ce traité eut lieu l'an 141 avant J.-C, l'an 613 de Rome. Un lâche assassinat débarrassa Rome de ce terrible ennemi, qui avait lutté contre elle pendant onze ans (Ut). La Lusitanie fut soumise ; mais Numance, la seconde terreur des Romains, résiste avec un courage incroyable. Maximus est vaincu ; c'est alors que le vainqueur de Carthage est promu une seconde fois au consulat. Il assiège Numance, réduit les habitants à la famine et les oblige, dans leur désespoir à se donner la mort. La guerre numantine dura près de huit ans. La ville fut rasée de fond en comble ; Jugurtha et Marius se signalèrent au siège de Numance (133).

Les Gracqnes* — (133). Rome au milieu de ses victoires, était agitée au dedans par des troubles continuels entre les patriciens et les plébéiens. Deux frères, Tibérius etCaïus, illustres parleurs talents et fils de Cornélie, fille de Scipion l'Africain, et de Tibérius Sempronius Gracchus, renommé par sa gravité et son éloquence, se déclarèrent successivement pour le peuple, et entreprirent de renouveler l'ancienne loi Licinia,

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qui contraignait les plus riches Romains a ne pas acquérir plus de cinq cents arpents de terre ; ils voulaient aussi qu'on fît le partage des trésors légués aux Romains par Attale, roi! de Pergame. Cette réforme devint une lutte contre Yaristocra-: tie qui possédait presque exclusivement les terres de l'État. Les' Gracques périrent victimes de leurs projets. Tibérius, l'aîné, fut assommé à coups de bâton par le parti aristocratique que dirigeait Scipion Nasica, cousin des Gracques.

Caïus, le plus jeune et le plus éloquent, vécut pendant assez longtemps dans une profonde retraite ; mais il reparut à la tribune avec bien plus de passion, d'emportement et de violence que ne l'avait fait son frère. Il poursuivit avec acharnement les meurtriers de Tibérius, et réclama aussi la loi agraire. Il étend tellement le plan de son frère, qu'il le rend très dangereux, non-seulement pour Y aristocratie, mais aussi pour l'Etat. Il fait établir des distributions régulières de blé au pauvre peuple ; il forme des chevaliers (ordre équestre) un corps politique capable de contre-balancer le sénat, en leur conférant le droit de rendre la justice, qu'il enlève au sénat; il établit des colonies, non-seuiement dans la Campante, mais aussi hors de l'Italie, à Carthage ; enfin, chose bien plus importante, il fait participer les Latins et les Italiens aux droits de citoyen romain et particulièrement à celui de suffrages. Son éloquence impétueuse et sa voix éclatante avaient besoin d'être tempérées par un joueur de flûte placé derrière lui. En retraçant les honteuses dilapidations des gouverneurs de provinces, les actes révoltants de la cruauté etdela tyrannie des patriciens, il devait succomber. Forcé de fuir par le consul Opimius, il se fit percer de son épéeparun esclave fidèle, douze ans après la fin malheureuse de son frère. L'un de ses plus zélés partisans, nommé Septimuleius, s'empare de sa tète, et, pour la rendre plus pesante, en ôte toute la cervelle, la remplit de plomb, et la porte au consul, qui lui compte dix-sept livres pesant d'or ( i 22). On accusa Caïus d'avoir assassiné Scipion l'Africain II, qui fut trouvé mort dans son lit.

La victoire du parti aristocratique fut, cette fois, plus complète : la loi agraire fut abolie ; mais les semences jetées par les Gracques germèrent parmi les plébéiens et les alliés de Rome. Tout présageait une révolution ; les deux partis n'atlerdaient qu'un chef audacieux et habile pour commencer une luth décisive. Les mœurs s'en ressentirent, et elles dégénérèrent la

source de cette corruption doit être attribuée autant à l'ambition des nobles qu'à la licence du peuple.

Lecture : Conjuration des Gracques. — Montesquieu. — Histoire de la révolution des Gracques, par M. Heeren.

Observation.

Les historiens anciens et modernes ont jugé diversement les Gracques. Les uns les ont représentés comme des ambitieux; les autres, comme de vrais républicains. On semble aujourd'hui rendre justice à leurs bonnes intentions, à leur éloquence, à leur courage, mais on leur reproche de s'être laissé entraîner au-delà des limites qu'ils voulaient atteindre, et surtout de ne s'être pas renfermés dans les bornes de la loi. Demander le partage des terres injustement envahies, c'était justice; mais vouloir perpétuer leur charge contre tous les usages, c'était une faute grave qu'ils expièrent chèrement.

Première imvag>I©M dans le® Ganfegb — Marseille avait agrandi son territoire et fondé des colonies. Anlïbes et Nice furent attaquées par les Salluviens et les Liguriens, peuples voisins, jaloux de ia prospérité de ces villes. Les Marseillais implorèrent, à titre d'anciens alliés, le secours des Romains Le sénat se hâta d'envoyer dans la Gaule méridionale le consul Opimius avec une armée. En une seule campagne il délivra les villes assiégées, défit les Salluviens, enleva leurs armes, donna aux Marseillais une partie de leur territoire et retourna en Italie.

Plusieurs années après (125 ans avant J.-C.), les Salluviens se rassemblent pour revendiquer leur héritage; Marseille, inquiète et menacée, sollicite de nouveau l'assistance de Rome; le consul Fulvius accourt avec ses légions, repousse les Gaulois, et sauve la république phocéenne ; mais depuis ce moment, les Romains ne quittent plus le sol de la Gaule. L'année suivante, le consul Sextius remporte sur les Salluviens une éclatante victoire. Il s'empare au nom de Rome, du terrain sur lequel il a combattu. Il y existait une source d'eaux thermales; il y fonde pendant l'hivev une colonie qui porte son nom ; jquœ-Sextiae (Aix en Provence). Ce fut la première ville que les Romains possédèrent dans la Gaule. Elle devint dèslors leur place d'armes et le centre de leurs opérations militaires dans ces contrées.

Les dissensions intestines qui agitaient perpétuellement la Gaule et le caractère inquiet, indocile et léger des Gaulois, favorisèrent sans doute les Romains dans cette entreprise.

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Guerre oumiâiqae contre .Hugurtlra. — (1 1 3 av. J.-C). — Causes.— La Numidie ne fut connue des Romains que vers la seconde guerre punique : à cette époque, ce royaume se trouvait réuni sous un seul chef nommé àlassinissa, qui embrassa le parti de la république. Son fils, Micipsa, lui succéda, et légua en mourant sa couronne à Jugurtha, son neveu, et à ses fils Hiempsal et Adherbal. Jugurlha avait déployé au siège de Numance (133) un courage qui lui avait concilié restitue de Scipion lui-même. Monté sur le trône, il dépouilla d'abord ses deux jeunes parents. Rome intervient, et envoie trois fois des commissaires pour juger le différend. Trois fois Jugurtha achète leurs voix au poids de l'or, et finit par faire assassiner successivement Adherbal et Hiempsal.

A cette nouvelle, il n'y eut à Rome qu'un cri d'indignation contre la triple prévarication des commissaires, et le sénat déclara la guerre au roi de Numidie.

Développement — Jugurtha fut mandé d'abord à Rome ; il vint, mais ses intrigues et ses largesses" le sauvèrent encore. C'est alors qu'il s'écrie : Ville vénale, tu périrais bientôt s'il se trouvait quelqu'un d'assez riche pour f acheter /Il retourne en Afrique, où. Jl fait d'immenses préparatifs de guerre. — En effet, les Romains envoient une armée contre lui ; mais, soit négligence, soit séduction ou incapacité, Calpurnius Bestia, Posthumius et Aldus échouent dans cette entreprise. — Enfin (de 109 à 407), Q. Cecilius Metellus, homme de talent incorruptible , rétablit la fortune des armes romaines, surprend Jugurtha dans Thala, s'empare d'une grande partie de ses états et l'oblige à solliciter les secours de ses voisins. Ce générai mérita le surnom de Numidique» Ce fut Marius, soldat de fortune, qui termina cette guerre. 11 s'empara de Capsa, ville opulente et forte, de Mulucha, place plus forte encore, qu'il dut à un heureux hasard, et de Cirtha qu'il ne prit qu'après un combat de trois ;ours et des fatigues inouïes- Bocchus, roi de Mauritanie, qui s'était rendu redoutable aux Romains au siège de cette ville, à la tête d'une excellence cavalerie, découragé des revers qu'il avait essuyés, livra kSylla, alors questeur de Marius, le malheureux jugurtha, son beau-père.

Jugurtha assista, couvert de chaînes, au triomphe de Marius ; on le jeta ensuite dans un cachot plein de fange. En y entrant, le prisonnier, qu'on avait dépouillé de ses vêtements, ouvrit la bouche comme un homme qui veut rire, et s'écria

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tout interdit et semblable à un fou : « Grand Dieu ! que votre » bain est froid !» Il y mourut de faim (106 avant J.-C).

Conséquences. — Si cette guerre, qui avait duré cinq ans, n'augmenta pas la puissance de Rome, elle prouva combien les mœurs y étaient dépravées, et à quelles prévarications l'avidité des richesses portail ses magistrats. La chute de Jugurtha augmenta encore la gloire militaire des Romains. Mais ce ne fut que sous Jules -César que la Numidie fut réduite en province romaine, sous son dernier roi Juba (45).

Lecture : Salluste. — Florus. — Plutarque.

Guerre Cimbrique. — (115-101). — Rome, à cette époque, commandait à tous les passages importants des Alpes ; une province romaine s'étendait à travers les Gaules jusqu'à l'extrémité des Pyrénées; les Allobroges (en Savoie) et les Jrverniens (en Auvergne) étaient humiliés ; la république, victorieuse partout, n'avait aucun ennemi à craindre. Tont-à-coup on vit paraître sur les frontières d'Italie des essaims de barbares dont l'origine est à peine connue. Les Cimères ou Cimmériens, et les Teutons, peuples de race germanique, qui s'étaient dirigés de l'orient à l'occident, le long des bords du Danube du nord, menaçaient d'envahir la Gaule et l'Italie. Rome tenta vainement de les repousser, et plusieurs consuls furent successivement battus. Dès l'année 113, ils défirent, près de Noreia, en Styrie, le consul Papirius Carbon; à mesure qu'ils s'avancèrent vers l'occident, ils se firent suivre par les peuples germains, gaulois, helvétiques; mais leur grande et mémorable victoire est celle remportée sur les Romains, dans la Gaule (105), à cause de la mésintelligence des généraux, les consuls Cl. Mallius et Q. Servilius Cépion. L'effroi fut tel à Rome , qu'on déclara le tumultus gallicus (terreur gauloise), qui faisait cesser toute exemption pour les enrôlements. Un soldat, Marlus, le vainqueur de Jugurtha, fut élevé au consulat, et cette élévation abattit la puissance aristocratique. Le peuple le choisit pour marcher contre les barbares, dont les excursions s'étendaient jusqu'aux Pyrénées.

Dans l'année 102, ils tentèrent de pénétrer dans l'Italie, les Teutons par la Provence, et les Cimbres par le ïyrol. Marins détruisit les premiers à Aix, et les seconds à Verceil, près du Pô. Cette dernière victoire fut la plus célèbre ; elle eut lieu le 30 juillet 101. La guerre cimbrique dura quatorze ans. Marins revint tout puissant à Rome, où le parti populaire le reçut comme

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son sauveur et lui donna le surnom de troisième fondateur de Rome (les deux premiers avaient été Romulus et Camille).

La conquête de la Numidie, l'extermination des Cimbres et des Teutons contribuèrent plus à la ruine de la liberté de Rome qu'à sa puissance, en donnant trop de pouvoir à l'ambi-^ tieux capitaine dont la tactique militaire et le crédit populaire délivrèrent Rome d'ennemis aussi redoutables que l'africainf Jugurtha et les barbares du Nord.

EGYPTE

Ce siècle voit sur le trône d'Egypte quatre Ptolémées, et leurs règnes sont ensanglantés par des guerres interminables avec la Syrie. Eupator- Phitométor, Ptolémée IV (181), et son frère Évergète II (146), se disputent longtemps la couronne et se partagent l'empire : le premier règne sur VÈgypte et l'île de Chypre, le second sur la Lybie et la Cyrénaïque (160). Évergète II succède à son frère. Son corps était aussi difforme que son ame, et l'intempérance avait rendu son ventre si gros qu'il ne pouvait pas marcher à pied : aussi l'avait-on surnommé Physcon (ventru). On rapporte que pour se venger de sa femme Cléopâtre, qu'il avait répudiée,, il fit tuer Memphitis, son fils et le sien, jeune prince de grande espérance* — Il fit couper son corps en morceaux, et envoya ce fatal présent à Cléopâtre, au milieu d'une fête, le jour môme de l'anniversaire de sa naissance. L'horreur dont furent saisis la reine et les assistants est inexprimable. Évergète mourut exécré (117). Ptolémée VIII, Soter II (117) , Laîhyre fut chassé du trône, et, quand il le recouvra, il se vengea cruellement ; ce fut lui qui vainquit, près du Jourdain , Aleaandre-J année (102). Ptolémée X, Alexandre I, Coccès et Parisoctus (107), son frère, fit mourir Cléopâtre, sa fille; il fut chassé d'Alexandrie et mourut peu après (88). Le royaume d'Egypte s'affaiblit successivement jusqu'à Cléopâtre (521-30) ; les Romains y établissent leur domination et finissent par le réduire en province romaine.

JUDÉE

Judas ïtfachabée. — A la mort d'Alexandre , la Judée était tombée en partage à Laomédon, un de ses lieutenants. Depuis, elle fut gouvernée successivement par les rois d'Egypte et par Antigone, sous lequel le grand-prêtre Simon (292-284) embellit Jérusalem et l'entoura de murailles. Parmi ces princes, nous distinguerons Ptolémée-Philadelphe qui demanda au pontife Èléazar soixante-et-dix Juifs hellénistes , pour traduire en grec la Sainte-Écriture ; cette version, comme nous l'avons déjà dit, est connue sous le nom de version des septante (275).

Après la bataille d'Ipsus , presque toute la Judée est soumise à Se* leucus-Nicanor, ou. le Vainqueur. A la mort de ce prince, elle passe aux Lagides jusqu'au règne d'Antiochus le Grand (203). Ce roi de Syrie persécute les Juifs. Son fils, Antiochus Epiphane, contraint par les Piomains de renoncer à la conquête de l'Egypte, se venge de cet affront sur la

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Judée, mais d'une manière indirecte; il abandonne son autorité à Pto* léinée-Philopator qui, vainqueur à Jérusalem, veut pénétrer dans le sanctuaire, dont il est repoussé. Dans son indignation, il exerce contre les Juifs les plus horribles persécutions. Plus tard (168), Jérusalem est la proie des flammes ; des milliers de Juifs sont emmenés en captivité. L'idolâtrie est prescrite à la Judée entière, et ceux qui observent encore la loi de Moïse sont livrés aux supplices les plus cruels. Le pieux Ëléaza? et les sept frères Machabées périssent dans les tourments, martyrs de leur fidélité à la religion de leurs pères ; mais Dieu trouve encore de zélés défenseurs, malgré la tyrannie d'Antiochus.

Asmoiaéesas. — Matathias, prêtre de la famille de Joarîb, encourage ses compatriotes opprimés, les rallie, et, à la tête d'une petite armée, commence à délivrer sa patrie du joug des Syriens ; ses cinq enfants terminent noblement cette tâche. L'un d'eux, Judas Machabée, le héros de sa nation, bat plusieurs fois les armées syriennes commandées par quatre généraux d'Antiochus : Apollonius , Séron , Gorgias et Nicanor, qui mourut à la bataille à'Adasa. Le jour de cette victoire eut lieu le 13 du mois d'adar (février-mars) , la veille de la fête d'Esther. On convint de perpétuer la mémoire de cette journée par une fête annuelle appelée fête de Nicanor. Il défait les Ammonites et les Idnméens ; mais , après des prodiges de valeur , il est tué par derrière à la bataille de Bérée (161). Il avait été nommé grand-prêtre après Ménélaùs, et, pendant son pontificat , il avait conclu une alliance avec les Romains. Sa mort jette la Judée dans la consternation; ses frères veulent le venger; Jonalhas, l'un d'eux, bat les Syriens. Simon fortifie Joppé, réduit par la famine l'armée syrienne, maîtresse de Jérusalem. La reconnaissance des Juifs se manifeste par un décret solennel, déposé dans les archives du Temple, qui rend héréditaire, dans la famille de Simon, la double autorité de grand sacrificateur et de chef de la nation. Cette révolution politique arriva en U2 avant J.-C.,l'an 170 des Séleucides; le peuple juif écrivit dans les actes publics : La première année de Simon, grand-prêtre et prince des Juifs (I, Machabées 13-42).

A Simon , qui avait été égorgé dans un festin par la perfidie de Ptolémée, son gendre , gouverneur de Jéricho, succéda Jean Hircan /, son fils. L'assassin est puni après avoir vu assiéger Jérusalem par le roi de Syrie. Ce nouveau chef affranchit son pays, subjugue les Iduméens, détruit le temple de Garazim, et s'empare de Samarie.

Royauté PontiScals des Âsmonéeis depuis 107.

Aristobule I , fils et successeur d'Hircan , après avoir affermi la Judée, prend le diadème et le titre de roi, que n'avait osé porter aucun de ceux qui avaient gouverné depuis la captivité de Babylone. Son règne ne fut que d'un an ; il fut cependant rempli de cruautés. ïl fit mourir sa mère de faim, charger de fers ses frères, et tuer son frère Antigone, sur les faux rapports de sa femme Salomé. On dit qu'il se repentit de ses crimes et qu'il en mourut de désespoir.

2e SIECLE,

La reine Salomê fait sortir de prison les trois frères de -son mari , et Atexandre-Jannée , l'aîné, monta sur le trône (106). Alors commencent des guerres civiles et étrangères qui plongent les Juifs dans d'alï'reuses calamités. A peine si nous pouvons mentionner le règne remarquable à' Alexandra, femme de Jaunéc (79). Hircan , Aristobule, Antigone se succèdent; après de nouveaux malheurs , Pompée rend la Judée tributaire de Rome-, enfin, Hérode l'Iduméen, protégé par les Romains, monte sur le trône (40). Sous son règne naquit Jésus-Christ, l'an 4983 du monde.

Tableau des Rois et des Pontifes des Juifs,

FAMÎS.Î.E DES MACHABÉES OU âSMONÉESS.

AS9IONÉE,

de la tribu de Lévi.

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