‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 67 sur 166 · DEUXIÈME SIÈCLE LITTÉRAIRE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SIÈCLE LITTÉRAIRE

TdDHJTE-FTIJISSMCE M MU.

SOMMAIRE

Rome. — 96-86. Guerre sociale. — 88. Guerre Pontique. — 86. Guerre civile entre Marius et Sylla.— 81 . Proscriptions de Marins et de Sylla.— 85. Révolte de Sertorius.— 73. Guerre des Esclaves : Spartacus. — 6U. Conjuration de Catilina. — 65. Mort de Mithridate. — 60. Premier Triumvirat. — 58. Conquête des Gaules, par Jules César. — Rivalité de César et de Pompée. — Ub. Mort de César.— Û3. Second Triumvirat.— §\. Bataille ù'Actiam.— 30. Réduction de l'Egypte en province romaine. — 29. Octave, empereur. — Naissance de Jésus-christ.

Découvertes — 98. Premiers combats des éléphants à Rome. — 89. Aérolithes, en Chine. —63. Tachygraphie, par Cicêron. - 60. I ois des flux et des reflux, découvertes pur Possidonius qui essaie de mesurer la circonférence de la terre. — 50 Mines de mercure à Almaden, en Espagne. — 45. Reforme du calendrier, par Sosigène. — 7. Usage des codicilles, par Auguste. — 6. Cycle lunaire ou Nombre d'or.

Gnei»*8© ^©eliale.— (96-91-87-86). On donne le nom de guerre sociale à la guerre célèbre qui éclata entre la république romaine et les nations alliées (socii) de l'Italie; les Marses, peuple de Samnium, y jouèrent le principal rôle.

Causes . — Les consuls Licinius Crassus et Mucius Scevola avaient porté la loi Licinia-Mucia (96), pour arrêter les fréquentes usurpations du droit de citoyen romain. Malgré le bon vouloir du tribun Livius Drusus, de concilier à la fois les alliés et tous les ordres de l'état, il fut assassiné dans le Forum par les patriciens, qui avaient rejeté avec mépris la demande des alliés. Dès ce moment la révolte devint générale dans l'Italie (91).

Ie* SIÈCLE. Si'3

Développement. — Pompedius Silo, chef des Marses, s'8" vança vers Rome à la tête de dix mille hommes ; une confédération fut aussitôt formée. Corfinium dans le Samnium en fut la capitale ; un sénat fut établi, deux consuls et deux préteurs furent nommés. Rome leur opposa ses plus grands généraux : Marins, Sylla, Cneius Pompée, Strabon, père du grand Pompée, Lucius Julius César, Metellus Plus.

Conséquences. — D'abord vainqueurs, les alliés furent bientôt complètement défaits à Jsculum; les principales villes insurgées se rendirent. Sylla fut vainqueur à Noie et sur les rives d'Aufidus en Campanie; il prit Bovianum (Samnium) , siège des assemblées générales (89). Ces succès luivaluren ie nom d'Heureux (Félix). Enfin Pompedius Silo périt vaincu, dans l'Apulie, par Metellius Plus, fils de Metellus le Macédonique, et la paix se rétablit, lorsque la loi Plautia eut étendu le droit de cité à toute l'Italie. — Cette guerre avait duré près de dix ans.

Principaux personnages. — Du côté des Romains : Drusus, Marius, Sylla, Cneius Pompée, Rulilus, Metellus Pius.

Du côté des alliés : Pompedius Silo, chef des Marses.

Guerre Foïitiqiie e&mtwe IWitliridate — (88). Causes. — Le Pont avait anciennement fait partie de l'empire perse. Dans la suite il devint un royaume sous sa protection. Il fut fondé dans le 5e siècle avant J.-C, par Artabaze, un des satrapes qui ôtèrent la couronne et la vie au mage Smerdis. Ce roi, qui prétendait descendre d'Achémène, un des anciens rois de Perse, fut le chef de la dynastie des Achéménides. Mithridate IV était un de ses descendants ; il était monté sur le trône en \ 23, Il avait, à l'époque où nous parlons, 45 ans. Sa jeunesse fut exposée aux embûches de ses tuteurs ; il les évita heureusement, et par l'usage des antidotes, et par sa vie vagabonde. Après avoir ainsi vécu sept ans à s'endurcir le corps à toutes sortes de fatigues, il prit en main la conduite de son royaume. Égal en talents militaires aux plus grands capitaines de l'antiquité, il conçut un plan vaste, pour l'exécution duquel il comptait sur les peuples du Nord : il voulait réunir en une ligue les peuples qui habitaient les pays situés depuis le Don jusqu'aux Alpes, seconder leur courage par sa tactique savante, et tomber avec eux sur Y Italie; son grand génie, d'ailleurs, était appuyé de soldats qui savaient braver les privations de la vie et l'intempérie des saisons. L'irruption des Cim-

218 1er SIECLE.

bres et des Teutons, les guerres contre Jugurtha, lui offrirent une occasion favorable pour s'emparer delà Cappadoce; il assassina Ariarathe, roi de ce pays, s'empara de ses états et y établit un de ses fils. Les Romains embrassèrent la cause de la veuve d' Ariarathe, et envoyèrent Sylla pour placer Ariobarzane sur le trône. Mithridate, lié à Tigrane, roi d'Arménie, se vengea de cet affront en dépouillant successivement Ariobarzane et Nicomède, roi de Bythinie ; les deux princes dépouillés allèrent se plaindre à Rome même : on les replaça sur le trône, et Nicomède fit quelques courses sur les terres du roi de Pont. Mithridate se plaignit vainement aux Romains ; la guerre fut déclarée à la satisfaction des deux partis. Cette guerre pontique, qui dura 24 ans, peut se diviser en cinq époques.

Dans la première (89-88), Mithridate fut vainqueur et conquit la Bithynie, la Cappadoce, la Mysie, la Lycie, la Pamphylie et plusieurs autres provinces romaines. Archélaûs, son général, s'empara de la Thraoe, de la Macédoine et de la Grèce; Athènes tomba en son pouvoir, ainsi que la plupart des Cyclades.

Mithridate souilla ses victoires en faisant égorger, à un jour marqué et à la même heure, 100,000 Romains dans toutes les villes qu'il avait conquises.

Dans cette guerre, Mithridate avait 250,000 hommes d'infanterie, 50,000 decavalerie, 400 chars.— Les Romains avaient trois corps d'armée, chacun de 40,000 hommes, et Nicomède 56,000.

— Les généraux romains étaient Opius et Aquilius, malheureux et inhabiles.

Dans la seconde (87-84). Sylla continue la guerre avec cinq légions; il bat Archélaûs et Taxile, nouveau général qui avait amené 100,000 hommes, à Chéronée (86) > et Dorilaûs, à Or~ chomène (85) ; d'un autre côté, Fimbria, envoyé en Asie par le parti contraire à Sylla, battit Mithridate et l'obligea de fuir de Pergame à Pitane, d'où Lucullus, ami de Sylla, le laissa échapper.

Mithridate, vaincu, demande et obtient une entrevue à Dar~ danum avec Sylla. Il se voit obligé de livrer toutes ses conquêtes et ses vaisseaux, et de payer un tribut ; quoique dures? ces conditions furent acceptées.

3e Époque (82-70). — Mithridate, après quelques années de

1er SIECLE. 21,9

repos, s'allia à Sertorius, ennemi de Sylla et partisan de Marins ; il battit Murena, que Sylla avait laissé en Asie, reprit la Bythinie, la Cappadoce ; la mort de Sertorius suspendit ses conquêtes. Les Romains, occupés à punir les esclaves insurgés par le gladiateur Spartacus, envoyèrent cependant en Asie Licinius Lucullus et M. Aurelius Golta : Mithridate fut battu et s'enfuit chez Tigrane. Lucullus subjugua le royaume de Pont.

4e Époque (69-68). — Lucullus fut encore vainqueur : avec 30,000 hommes seulement, il défit Tigrane, qui en avait 200,000, s'empara de Tigranocerte, ftArtaxale, où Tigrane avait déposé ses femmes, ses enfants et ses trésors, et de Nisibe.

5e Epoque (67-64). — D'abord les Romains ne furent pas heureux, l'orgueil de Lucullus et les intrigues de P. Clodius avaient aliéné l'esprit de l'armée. Mais Pompée, qui venait de chàîier les pirates, se présenta en Asie, et la prospérité passagère de Mithridate s'évanouit. Tigrane, tremblant, abandonna son allié, et alla s'humilier devant le vainqueur.

Mithridate se retira dans le Bosphore Cimmérien, ou ChersonèseTaurique, et, voyant toutes ses propositions rejetées, il conçut le projet le plus nardi qui fut jamais : celui d'aller attaquer les Romains dans Rome même. Son armée fatiguée refusa de faire neuf cents lieues-par des pays inconnus et difficiles ; elle élut Pharnace, son fils, qui eut la lâcheté d'assiéger son père dans Penticapée, et lui refusa même la liberté. Pharnace, s'écria Mithridate, veut donc que je meure ï Dieux de la patrie, justes Dieux, que ce fils dénaturé reçoive un jour le même traitement de ses enfants ! Il rentra dans son appartement, appela ses femmes et leur présenta des coupes pleines de poison ; il en prit lui-même ; mais, ne pouvant mourir, il se fit tuer par un soldat gaulois, nommé Bithius (65 av. Jésus- Christ). L'infâme Pharnace le fit achever par ses soldats et envoya son corps à Pompée, qui le récompensa de ce cadeau par le royaume du Bosphore. Le grand Mithridate avait résisté plus de trente ans aux Romains (74).

Plutarque rapporte que ce roi avait pour sa garde ordinaire des chiens, un taureau, un cheval et un cerf apprivoisé, qui l'avertissaient de l'arrivée des personnes.

Mithridate avait une mémoire prodigieuse et savait vingtdeux langues ; il avait épousé plusieurs femmes ; la plus célèbre est Monime, jeune grecque d'une grande beauté. Après sa

220 1 SIECIiE.

défaite par Luculîus, se croyant perdu, il lui envoya l'ordre de se donner la mort (69).

Conséquences. — Cette guerre ? antique rendit les Romains maîtres de la Haute-Asie, mais elle leur donna pour voisins les Partîtes; la chute de Mithridate porta la république à son plus haut point de force et de puissance. Aucun prince étranger ne pouvait plus être redoutable pour elle ; mais la constitution aristocratique de Sylla fut ébranlée par Pompée, qui rétablit la puissance trïbunitienne. L'existence de la république était donc tout-à-fait précaire.

Per-SOMmages remarquables. — Romains : Arariathe, Ariobarzane, Nicomède, Oppius, Aquilius, Sylla, Fimbria, Pompée.

Asiatiques : Mithridate, Archelaûs, Taxile, Tigrane, Dorilaùs,Pharnace.

Lecture : Mithridate, tragédie de Racine. — Rollin. — Plutarque.

Proscriptions de Marins et de^ylïa (81).— Pendant que Sylla court arrêter les progrès de Mithridate, Marins revient à Rome et l'inonde du sang des partisans de son rival, qui prenail^/iè»es,baltait, à Orchomène, Archelaûs, un des généraux de Mithridate, et le forçait à signer un traité honteux. Sylla, rentré en Italie, rallie à sa cause tous les peuples de cette contrée, en leur donnant le droit de cité ; il marche sur Rome, et défait à Sacriport, entre Signia et Frénésie, le jeune Marins, qui prétendait l'arrêter. Sylla entre enfin dans Rome.

Au massacre de six à sept mille prisonniers dans le Champde Mars, succède la proscription des partisans de Marius. Chaque jour sont affichés les noms de ceux que Sylla dévoue à la mort. Non-seulement ses ennemis personnels furent frappés, mais encore les ennemis particuliers de ses partisans ; Catilina se distingua parmi les sicaires de Sylla. Cinq mille citoyens furent portes sur les listes fatales : César était du nombre, mais Sylla se laissa fléchir en sa faveur « bien qu'il vit en lui, disaitil, plusieurs Marius. »

Le jeune Marius, assiégé dans Préneste par Lucretius Otelia, se perça de son épée. Son père adoptif, accablé d'années et de fatigues, était mort de débauche (86). Sylla se fil nommer par le peuple dictateur perpétuel (82). L'année suivante il rappelle Muréna, qui continuait avec chaleur la guerre contre Mithridate, se charge de ce commandement, défait entièrement le

i" SIÈCLE. 221

roi de Pont et rentre en triomphe dans le sénat ; il défère en même temps les honneurs du triomphe à Cneius Pompée, pour les victoires qu'il avait remportées en Afrique.

Sylla, après avoir pendant deux ans exercé la dictature, abdique volontairement ce pouvoir, et se retire à Cumes, dans la Campanie. Il succombe, deux ans après, à une horrible maladie, fruit de ses débauches (79). Le croirait-on ! avant de rendre le dernier soupir, il fit ordonner à ses esclaves d'étrangler un magistrat de Pouzzoles. L'abdication de Sylla semble rendre la vie à la république; mais, dans l'ivresse de ses succès, il avait fait des choses qui mirent Rome dans l'impossibilité de recouvrer sa liberté.

Lecture: Rollin. — La tragédie de M arius, par Arnault, et celle de Syllat par de Jouy. — Montesquieu.

Observations.

Sylla opéra une grande réforme pendant les dix années de sa dictature : non-seulement il rétablit l'aristocratie du sénat, qu'il compléta en y introduisant les chevaliers, mais encore il tarit la source d'où étaient venus jusqu'alors les désordres de la démocratie.

Généalogie des familles de Sylla et de Marias

Page 1