‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 76 sur 166 · EMPEREURS · texte numérisé non relu

EMPEREURS

Lecînre : Actes des Martyrs, par dom Thierry Ruinart. — Histoire de l'Eglise par Fleury.

JUDÉE

Ruine de Jérusalem. — (70). Les Juifs, fatigués du joug des . Romains, tentèrent de s'en délivrer; mais leur révolte fut cause de leur ruine. Les chrétiens , prévoyant le danger, se retirèrent dans la petite ville de Palla. En effet, les Romains attaquèrent les rebelles, qui eurent d'abord quelques succès ; mais Vespasien, général expérimenté, ayant été appelé au commandement de l'armée, reprit bientôt l'avantage et bloqua Jérusalem. La division se mit alors parmi les Juifs ; les vivres manquèrent, et cette ville se vit réduite à la plus horrible famine. Vespasien, ayant été nommé empereur, laissa le commandement à son fils Titus , qui réduisit Jérusalem à la dernière extrémité ; enfin il parvint à s'en emparer. Les soldats romains mirent tout à feu et à sang. Les Juifs furent anéantis et dispersés. En mémoire de cet événement, on fit frapper une médaille qui représentait une femme enveloppée d'un manteau, assise au pied d'un palmier, la tête appuyée sur sa main avec cette inscription : La Judée captive. Ainsi fut accomplie la prédiction de Jésus-Christ ; ainsi tomba ce peuple grand, original, voué tout entier à la mission d'une idée, de l'unité morale de Dieu ; mais cette idée juive se transforme en idée chrétienne, et cette conséquence merveilleuse d'événement* et de faits était nécessaire à l'histoire morale du monde.

Lecture : Histoire de l'Eglise, par Fleury.

Réflexions sur le christianisme.

Le christianisme sépare l'histoire du genre humain en deux parties distinctes. Depuis la naissance du monde jusqu'à Jésus-Christ, c'est la société des esclaves avec l'inégalité des hommes entre eux, Vinégalitê de l'homme et de la femme; depuis Jésus-Christ jusqu'à nous, c'est la société avec l'égalité des hommes entre eux, l'égalité de /' homme et de la femme; c'est la société sans esclaves, ou du moins sans le principe de l'esclavage.

Après avoir prêché l'Evangile, Jésus-Christ laisse sa croix sur la terre ; c'est le monument de la civilisation moderne. Du pied de cette croix, plantée à Jérusalem, partent douze législateurs, pauvres, nus, un bâton à la main, pour enseigner les »*>*kms, changer et renouveler la face de la terre.

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En proscrivant là sensualité, l'amour des richesses , toutes les passions ignobles; en annonçant au-delà de la tombe une vie plus importante pour sa durée éternelle que toutes les félicités de la terre, le christianisme se conciliait tous ceux qui avaient conservé le sentiment de la dignité humaine.

Lecture : Etudes historiques de Chateaubriand.— Histoire de l'Eglise, par Fl'eury.

®e Hiièele»

AOTOTES8.

SOMMAIRE

Rom?. — 98. Rf'gne de Trajan. — De 117 à 180. Règne des Antonins. ~~ Situation de l'empire après la mort des Antonius. Premières invasions des barbares.

Découvertes. — Système astronomique de Ptolémêe.

ROME

TraJ&n (98), né espagnol, appelé, à cause de sa clémence, le meilleur des princes, ajouta à l'empire romain la Dacie (Valachie et une partie de la Hongrie) et poussa ses conquêtes en Asie jusqu'au-delà du Tigre (M7). 11 protégea l'industrie et le commerce, fit élever de magnifiques monuments et mourut à Sélinonte (Trajanopolis), après dix-neuf ans de règne (117).

Adrien, son cousin, son pupille et son successeur, à son exemple, aima ia justice et s'efforça de mériter l'amour de ses sujets. Il fit un voyage par tout son empire, afin d'en connaître l'état par lui-même, et de remédier proinptement aux désordres. Il disait qu'zm souverain, semblable au soleil, doit éclairer toutes les parties de ses états. Cependant sa vertu ne fut pas sans tache comme celle des deux Antonins, ses successeurs (138).

L'histoire a remarqué que ce voyageur couronné évita de passer à Ilalica, son obscure patrie ; qu'il persécuta ses amis, et mourut en plaisantant sur son âme. Adrien établit des colons à Jérusalem et bâtit sur ses débris une ville nommé Eléa Capito/ina. Des Juifs, assemblés dans cette cité nuuvelle, se révoltèrent encore et furent exterminés. La Judée se changea en solitude.

2 56 2fc SIÈ6LE.

Le premier Antonin, surnommé le Pieux, fut le père de ses sujets; son gouvernement pacifique, heureux, dura vingt-trois ans, et c'est sans doute le plus grand homme qui ait gouverné l'empire (161). Il mérita le nom de second Numa et de père de la patrie. Le second, connu sous le nom de Marc-Aurèle, fut surnommé le Philosophe, titre qu'il mérita par sa sagesse et ses connaissances; il eut en même temps les qualités d'un excellent prince et d'un bon général. 11 remporta, en 174, une victoire célèbre sur les Sarmates, les Quades et les Marcomans. Marc-Anrèle reconnut, dit un père de l'Église, devoir ses succès aux prières des soldats du Christ ; c'est ce qu'on appelle le miracle de la légion Fulminante (180). Son fils Commode lui succéda, mais les cruautés du fils firent ressortir davantage les qualités du père.

Observations sur l'époque des Aatonins,

Cette époque est le plus beau spectacle de toute l'histoire ; c'est la gloire de la civilisation, le vrai triomphe de l'établissement social : 120 millions d'hommes , gouvernés par des princes choisis à l'image de la Divinité, jouissent de l'abondance et de la paix; les lettres et les arts, qui en font l'ornement et les délices, pénètrent dans toutes les parties de l'empire; ils s'étendent des rives de l'Euphrate aux confins de la Calédonie, et des bords du Danube aux sables de l'Afrique. De toutes parts l'élégante architecture des Grecs, leur peinture et leur sculpture décorent les demeures des campagnes et consacrent les monuments des villes.

Lecture : Portraits : Marc-Aurèle et Julien {Cours de littérature).

Situation de Fempice. — C'est avec les deux Antonins que finissent les beaux temps de l'empire romain. La plupart des autres empereurs joignirent les vices à l'incapacité ; les soldats, dont la faveur s'achetait depuis longtemps, commencèrent à faire des empereurs à leur fantaisie : ils massacrèrent quelques bons princes, parce qu'ils avaient voulu rétablir parmi eux la discipline militaire. On voit se succéder rapidement Pertiîiax, assassiné par ses soldats (193); Didius Julianus, qui acheta la pourpre; Septime-Sévère (193), conquérant, mais cruel ; Caracalla (2U), qui fit massacrer son frère Gela, dans tes bras de sa mève,Julia Domna, syrienne de naissance ; il rappela les crimes et les folies de Caligula. Macrin, préfet du p étoire, l'assassina, et, devenu empereur, fut assassiné à son tour. Héliogabale (218), petit-fils de Mcesa, sœur de Domna, lui succéda. Ce jeune syrien avait été élevé dans le luxe asiatique. Son palais était sablé de poudre d'or et

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d'argent ; il remplissait ses viviers d'eau de rose pour s'y baigner. Il se forma un sénat de femmes et se fit adorer. Les soldats, honteux de l'avoir pour empereur, l'assassinèrent, le 11 mars 222, avec sa mère Sœmis.

A dater du règne d'Héliogabale, la profusion de la soie et de l'or, les vêtements et les repas allèrent croissants. Le luxe et la débauche envahissaient tout. Un sénat de femmes avait été institué. Les Germains et quelques peuples de l'Orient, enhardis par le succès, firent des courses plus fréquentes sur les terres de l'empire, et trouvèrent une résistance toujours plus faible : la plupart des Romains, dégénérés, étaient incapables déporter les armes, et ne savaient plus que se courber sous le joug de leurs tyrans.

Lecture : Précis des empereurs romains, par Dumont,

Observations sur les Prétoriens.

Les prétoriens, ou gardes prétoriennes , composaient la cohorte d'élite, chargée de la garde d'un général en chef romain, et plus tard d'un empereur. Leur quartier était tout près de Rome, entre les portes Viminale et Esquéline. Ces cohortes étaient au nombre de 9 ou 10. Vitellius les porta à 16. Septime-Sévère les augmenta considérablement. — Constantin les abolit et fit détruire leur camp qui était très fortifié. Les prétoriens avaient une si grande influence qu'ils donnaient ou étaient l'empire.— Le chef du prétoire était un des fonctionnaires les plus puissants. — Il avait, outre le commandement de la garde, l'administration des finances avec une juridiction criminelle très étendue.

Se siècle.

maiœis irara Mis.

SOMMAIRE

Rome. — 222-306. Empereurs romains, d'Alexandre Sévère à Constantin. —

270-284. Règne d'Aurélien et de Dioclétien. Perse. — 256. Second empire des Perses. — 223 Famille des Sassanides. Orient — 269. Défaite de Zénobie, reine de Palmyre. Germanie. — Ligue des Francs. — Situation de l'Eglise chrétienne. Découvertes. — Plantation de la vigne en Europe, sous Probus.

ROME

Alexandre Sévère (222) fit respecter l'empire par son économie et par son bon sens ; mais il ne pouvait remédier au

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mal qui croissait; le fer des barbares allait soumettre les légions ; l'ancienne société disparaissait avec le polythéisme ; un nouveau culte, remplaçant l'ancien, devenait le fondement d'une société nouvelle. Mammée, mère d'Alexandre assistait aux leçons tfOrigène et avait inspiré à son fils du respect pour le Christianisme. Au moment où elle allait peut-être le lui faire embrasser, elle fut assassinée avec son fils; Ulpien et Paulus, jurisconsultes, étaient au nombre de ses conseillers; l'empire offre alors un dégoûtant spectacle.

fH&ximfii. — C'était un barbare (235) ; il était né en Thrace, sa mère descendait des Alains. Il avait huit pieds et demi de haut, sa force était extraordinaire, son ignorance étonnante, son caractère cruel, sa bravoure téméraire. Avec Héliogabale finissait l'ancien monde, avec Maximin commençait le nouveau : on sent la domination des Barbares, ils sont déjà sur le trône. En moins d'un quart de siècle, nous y avons vu passer un Africain, un Assyrien, un Goth ; nous franchirons plusieurs règnes qui ne nous présentent que guerres civiles, invasions des barbares, territoires démembrés, provinces saccagées, plus de cinquante princes élevés et précipités : tel est le spectacle qu'on a sous les yeux jusqu'en 270.

Sous le règne tf Aurélien (270) et sous celui de Dioctétien (284), l'empire se releva de son état de faiblesse et recouvra un peu de son ancienne splendeur. Àurélien, fils d'un paysan de Sirmium, s'était élevé par sa valeur et ses talents. Il marcha contre les Goths, qu'il vainquit et auxquels il céda néanmoins la Dacie, puis contre les Allemands. Baitu d'abord à Plaisance, il remporta sur ces derniers la victoire de Pavie (271). Rome, effrayée de l'invasion toujours croissante des Barbares, fit construire pour sa défense une muraille de vingt et un milles de longueur. Aurélien tourna ensuite ses armes contre Zénobie, reine de Palmyre. Palmyre, dans le désert de Syrie, fondée par Salomon dans le 1 Ie siècle de l'ère ancienne, enrichie par le commerce de l'Inde, était une colonie romaine du temps de Trajan Odénat, mari de Zénobie, se distingua tellement par ses victoires sur les Perses, que Gallien l'avait nommé Auguste avec lui, tuais i! fut assassiné en 267 piir son cousin Mœnius Dans cette circonstance, Zénobie s'était rendue maîtresse du gouvernement pour ses (ils, mais sans être reconnue à Home. Elle s'était emparée de la Syrie, de l'Egypte et d'une partie de l' Asie-Mineure, sous Claudius. Aurélien battit

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d'abord ses troupes près d'Antioche et REmèse; il se rendit ensuite maitre de Palmyre, qu'il détruisit parce qu'elle s'était révoltée; ses ruines attestent encore sa grandeur. Zénobie fut faite prisonnière et amenée à Rome où elle fut traitée avec distinction; mais Aurélien souilla cet exploit par le supplice de l'athénien Longin, ministre de la reine, et qui avait écrit à •'empereur une lettre pleine de fierté. (Longin est l'auteur du Traité du sublime traduit par Buileau.) L'administration d' 'Aurélien était toute militaire; il se faisait craindre et répondait des flots de sang pour se faire respecter, pour apaiser les révoltes ; son secrétaire Mnesthée l'assassina à Byzance (275). Il avait publié de sages lois, diminué les impôts, et agrandi la ville gauloise de Genabum (Orléans).

A Aurélien succédèrent Tacite (275), que ses soldats assassinèrent; Probus (276), qui fit fleurir l'agriculture, les arts et le commerce, qui fit planter des vignes en France, en Espagne, en Hongrie, qui fit rebâtir 70 villes, et qui cependant fut assassiné par ses soldats près de Sirmium, sa patrie, victime de son amour pour le bien public (282) ; Carus (283), Carin et Numérien, qui ne firent que passer sur le trône. Dioctétien, commandant des officiers du palais, se fit proclamer après avoir tué de sa propre main Arius Aper, préfet du prétoire, qui aspirait à l'empire.

Dioctétien (284) pour mieux se défendre contre les invasions s'associa plusieurs collègues, qui l'excitèrent à persécuter les Chrétiens. Maximien, l'un deux, fait massacrer dans le Falais la légion Thébaine, toute composée de Chrétiens qui refusaient de joindre à leur serment de fidélité des pratiques que leur religion condamnait. Dioclétien abdiqua volontairement l'empire qu'il avait gouverné avec assez de gloire et se retira à Salone pour jouir du repos. Il mourut cependant rongé du regret d'avoir abandonné le sceptre. Dans le partage de l'empire (292), Dioclétien avait obtenu les provinces orientales; Galère, la Thrace et les pays le long du Danube (Illyrie): Maximien, l'Italie, l'Afrique et les iles, et Constance, les provinces d'Occident, la Gaule, l'Espagne, la Bretagne et la Mauritanie. Ce nouveau sysième eut sur l'esprit de l'administration une influence très marquée. Dioclétien avait pris formellement le diadème, et, avec la pompe de l'Orient, il en introduisit le luxe à sa cour. Par là fut jeté le fondement d'un édifice que Constantin le Grand achèvera, A son abdication (305), Constance gouverna les

Gaules, l'Espagne et la Grande-Bretagne. 11 était probe, par conséquent pauvre ; il protégea les Chrétiens et eut d'Hélène, fille d'un hôtelier, Constantinie Grand; il mourut à York (306). Les légions, par un dernier essai de leur puissance proclamé rent Constantin au nom des vertus de son père. Il était né a Naïse, en Mcesie, en 274, il avait alors 33 ans.

Lecture : Règne d'Aurêlien et de Dioctétien, dans l'historien Gibbon. Travail à faire : Tableau des empereurs jusqu'à Constantin.

PERSE

ftouvel empire de Perse. — (223). Dynastie des §assa« nides. — Nous avons vu, dans le troisième siècle avant Jésus-Christ Arsace fonder le royaume des Parthes. Son génie et sa valeur lui avaient gagné Faffection de son peuple; ses successeurs firent plus d; une fois trembler les Romains ; eux seuls eurent la gloire de résister aux conquérants du monde, qui essayèrent vainement de venger la mort de Crassus. Pendant le long espace de quatre cent soixante et df'i ans, on ne sait rien de ce peuple ; mais en 223, sous le règne iïArtaban, un homme d'une province de Perse s'éleva par son courage aux premières charges de l'Etat. Il se nommait Artaxercès ; il était fils d'un simple soldat appelé Sassan, nom qui a servi ensuite à distinguer sa glorieuse postérité. Il souleva les Perses contre les Parthes, remporta plusieurs victoires sur ces derniers, et finit par renverser leur empire : les Perses alors le proclamèrent souverain à la place d'Jrtaban. Après un règne de treize ans, plein de sagesse et de gloire, Artaxercès, à la fois philosophe, guerrier et législateur, mourut, laissant un fils nommé Sapor, qui recueillit paisiblement sa succession.

Ce prince ravagea la Mésopotamie, la Syrie et la Citicie. Il se serait rendu maître de l'Asie, si Odénat, souverain de Palmyre, n'eût arrêté ses progrès. Sapor n'en fit pas moins prisonnier l'empereur Valèrien, qui fut écorché vif après une captivité douloureuse. Sapor, à son tour, fut vaincu par Odénat et assassiné peu de temps après par ses satrapes. Le nouvel empire perse s'affaiblit depuis considérablement. Sapor II, dans le 4e siècle, le releva un peu par ses conquêtes ; mais il finit par devenir la proie des Arabes, dans le 7e siècle, sous le règne d'Isdegerbe III.

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