‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 92 sur 166 · DEUXIÈME ÉPOQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ÉPOQUE

La seconde époque comprend près de deux siècles. Elle présente un des plus grands événements des annales du monde. Les Arabes, peuple encore presque sauvage, mais indépendant, qui, dans l'immensité et l'aridité de ses déserts, avait échappé aux armes romaines, sortent tout-à-coup de leur obscurité par le génie d'un seul homme, et étonnent le monde par leur courage. En quelques années ils subjuguent la moitié de l'Asie, les côtes de l'Afrique, une partie de l'Europe, et leur nom, naguère tout-à-fait inconnu , fait trembler sur leur trône l'empereur d'Orient et le monarque de la Perse, alors les deux premières puissances du monde.

Des divisions ne tardèrent pas à agiter profondément cet empire improvisé pour ainsi dire, et dû à la valeur de plusieurs chefs qui tous sont dignes d'occuper le premier rang. Aussi, bientôt, chacun d'eux se déclare-t-il indépendant dans les contrées qu'il gouverne ou qu'il a conquises au nom et sous les auspices du Khalife ; des débris du premier empire, naissent les grandes monarchies de l'Orient, qui, dans la suite, ont tant d'influence sur les destinées de l'Occident, et la loi de Mahomet triomphe encore dans la plupart des pays du monde.

L'Europe occidentale lit peu d'attention à la puissance gigantesque qui s'élevait en Asie, et à peine un léger bruit de la lutte terrible, qui se livrait en Orient, parvint-il jusqu'à elle.

Les Wisigotlvs, d'Espagne eux-mêmes, endormis dans leur prospérité sous le règne brillant de Suintila, furent peu attentifs aux progrès de ces Sarrasins qui s'avançaient journellement vers le détroit de Gibraltar, faible séparation entre leurs belles contrées et les conquérants de l'Afrique, qui ne tardèrent pas à la franchir ; de sorte qu'ils négligèrent de former avec l'empire d'Orient une alliance puissante, qui aurait pu refouler dans leurs vastes et brûlantes solitudes, ces Barbares qu'en avait tirés le génie du Prophète, et qui menaçaient de subjuguer le monde.

Mahomet, dont le génie a causé de si grandes révolutions, devait nécessairement donner son nom à cette époque, puisque ses victoires ont changé la face de la moitié de la terre, et ont eu sur le reste, par le commerce, la religion et ia littérature, une influence profonde, que nous explique la nature de sa doctrine et du pouvoir qu'il basa sur elle. iafiuen.ce qui se fait ressentir encore aujourd'hui.

%9t ÉTAT DE L'EUROPE

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