‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 94 sur 166 · QUATRIÈME ÉPOQUE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME ÉPOQUE

^a quatrième époque comprend plus d'un siècle et demi, et est digne d'une grande attention. Après la mort de Charles le Grand, son vaste empire, formé de tant de pays éloignés, de tant de peuples différents qu'il avait réunis sous les mêmes lois et le même sceptre, mosaïque que tenait jointe la force comprimante de son génie, s'était disloqué, et de ses débris étaient nés trois grands royaumes. En France, la licence du peuple, l'insubordination des grands et l'imbécillité des rois, ébranlent le trône, préparent la chute de la race carlovingienne, et fraient la route à un homme supérieur, qui restaure la monarchie détruite.

Hugues-Capeî prend le sceptre, et la féodalité s'accroît en prétentions et en puissance. L'Italie, en proie à l'avidité d'une foule de petits souverains, qui la ravagent et l'épuisent par leurs querelles journalières, à la domination capricieuse des papes, qui en trafiquent selon leurs intérêts et se sont arrogé le droit d'élire et de déposer les rois ; l'Italie est livrée à une anarchie générale, et la dignité impériale s'est éteinte au milieu des rivalités et du désordre universel. L'Allemagne, qui a longtemps possédé l'empire, abattue sous cette féodalité qui pèse sur l'Europe, va se relever ; son gouvernement est confié à des mains habiles et fortes, et Othon, en ressuscitant l'empire d'Occident, rétablit l'autorité royale avilie par les principaux vassaux, et est le premier prince qui lutte avec énergie et succès contre le colosse féodal, qui, depuis quelque temps, grandissait d'une manière effrayante.

Cette considération, jointe à la haute prééminence dont jouit alors l'empire d'Allemagne, et à l'influence si grande qu'il eut sur toutes les puissances de l'Europe, nous a déterminé à placer le commencement de son élévation au rang des époques, et à préférer le nom d'Othon le Grand à celui de Hugues-Capet, qui n'en eût pas non plus été indigne.

Les traits distinctifs des deux derniers âges sont l'ignorance la plus grossière, le triomphe de la superstition, l'accroissement de la puissance temporelle et spirituelle des papes, et la fin du 10e siècle est marquée par la destruction complète de la civilisation antique.

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