‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 97 sur 166 · SI · texte numérisé non relu

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îe fils de Chilpéric et d'Andouere, qui pouvait disputer le trône

à ses enfants, le fait raser, enfermer dans un monastère, et bientôt massacrer après qu'il s'en est échappé. Clovis, son frère, éprouve le même sort, et Chilpéric lui-même, ayant découvert une intrigue de sa femme avec un seigneur de ia cour, tombe sous les coups de cette princesse, qui redoutait sa colère (584).

Chiidebert, sous prétexte de venger son oncle, se présente devant les murs de Paris -, Gontran, qui l'avait devancé, lui en refuse l'entrée et fait proclamer roi de Nensîrie le fils de Chilpéric, Clotaire IL Alors le roi d'Austrasie, à la prière de Maurice, empereur d'Orient, dirige ses armes contre les Lombards, leur vend la paix une première fois, repasse de nouveau les Alpes, et rend tributaire Autliaris, qui régnait à cette époque sur la Lombardie. De retour dans les Gaules, il succède à Gontran, qui l'avait déclaré son héritier et avec lequel il avait conclu le traité à'Andelot (Raute-Marne) (587), qui garantissait aux Leudes ia propriété de leurs fiefs, fait la guerre aux Neustriens, est vaincu par Frédégonde et meurt. Brunehaut gouverne ses états sous le nom de Théodebert, roi d'Austrasie, et de Thierry, roi de Bourgogne, qui â Garnier pour maire du palais. La guerre se rallume entre les deux reines régentes : Brunehaut est vaincue, Frédégonde s'empare de Paris et meurt (598). La veuve de Sigebert, poursuivie par la haine des grands d'Austrasie, est abandonnée de son fils et obligée de se retirer à la cour de Bretagne: mais elle n'en domine pas moins les conseils de Théodeberi et le ligue avec son frère contre Clotaire, qui est battu et forcé de leur céder une partie de ses états. Les Vascons ou Gascons qui ont descendu les Pyrénées sont aussi vaincus, et reçoivent Genialis pour duc, de la main des rois francs.

La guerre éclate entre Théodebert et Thierry, à qui Brunehaut, dans son ressentiment, avait persuadé que le roi d'Austrasie n'était ni son frère, ni ie fils de Sigebert; ia concorde se rétablit et est détruite bientôt après. Théodebert, défait à Tolbiac malgré ie secours des Allemands, est enfermé dans un cloître, et ses deux neveux sont massacrés. Thierry meurt à la suite d'une querelle avec sa mère, qui gouverne alors au nom de ses trois petits-fils les royaumes d'Austrasie, de Bourgogne et d'Orléans. Mais Clotaire, mettant à profit, ia haine des grands contre la reine et ia trahison de Warnachaire, s'ein-

pare de tous les états de Thierry, met à mort deux de ses fils, et fait traîner Brunehaul elle-même à la queue d'un cheval, après l'avoir exposée aux insultes et à la risée de son camp (613). Telle fut la fin de cette guerre, qui causa tant de maux aux Francs et coûta tant de sang à la famille de Clovis.

Au milieu de toutes ces guerres civiles et de ces dissensions intestines, la royauté perd de sa force et s'avilit ; les grands, qui se sentaient nécessaires et faisaient pencher la balance du côté où ils se mettaient, accroissent leurs prétentions et leur autorité, et les Maires du palais acquièrent cette influence qui fait déjà pressentir leur élévation et la chute des princes qu'ils gouvernent. Ce fut surtout à l'époque de la minorité simultanée des trois rois de Neustrie, de Bourgogne et d'Austrasie que grandit et se consolida cette puissance excessive, qui fit de simples ministres de vrais souverains, et qui, devenant héréditaire , les conduisit naturellement au trône occupé par des monarques avilis, incapables et fainéants.

Les vices de Dagobert (628-638), les impôts dont il accable ie peuple, les victoires des Yénèdes, malgré la protection que les Saxons accordent au roi franc qui leur a fait remise du tribut imposé par ses prédécesseurs, achèvent d'affaiblir et de discréditer la royauté. Ce prince, à son avènement, avait cédé une partie de l'Aquitaine et de la Gascogne à son frère Aribert; à la mort de ce dernier, il dorme à ses fils l'Aquitaine avec litre héréditaire, à condition d'hommage et de tribut, et pose ainsi la première pierre de cet édifice féodal qui devait peser si longtemps sur la France. Il favorise aussi l'influence romaine ecclésiastique, se conduit d'après les avis de l'orfèvre saint Éloiet du référendaire saint Ouen, fonde des couvents, fait fabriquer des ornements d'église et écrire pour la première fois les lois barbares par ses scribes. C'est, dit M, Michelet, leSalomon des Francs. Ses deux fils Sigebert II et Clovis iï, se partagent la Gaule en Neustrie et en Àustràsie, ne s'occupent que de choses pieuses, fondent des monastères , et laissent le gouvernement entre les mains des maires Mqa et Pépin de Landen, qui tous deux en profitent pour préparer leur avenir.

Lecture : Grégoire de Tours ; Histoire de France, par madame Tastu; Les Récits Mérovingiens, d'Augustin Thierry, 3e et &e période ; les Reine-: de France, de l'auteur.

|lsaei8elle© des NeiasÉrlens et des JLiiàfti'âttftéfcifc — Déjà sous Dagobert, qui voulait être seul roi des Francs,

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les Austrasiens avaient demandé un souverain particulier, et Dagobert avait été obligé de leur donner Sigebert H. Les deux royaumes furent de nouveau réunis sous Glovis II, après le supplice de Grimoald , qui avait dépouillé le fils de Sigebert pour placer le sien sur le trône. A la mort de Clovis II (656), la modération d'Erchinoald ou Archambault, qui exerçait les trois mairies, joinle à la douceur et à la sagesse de la reine-mèret Bathilde, qui avait laissé le royaume indivis entre ses trois fils, Clotaire III, Childéric II et Thierry III, maintient pendant quelque temps cette union. Mais l'ambitieux Ebroïn ayant succédé à l'adroit Archambault, Bathilde est obligée d'abandonner la conduite des affaires, et les grands d'Austrasie, dont le nouveau maire veut réprimer les prétentions et abattre la puissance, se séparent de la Neustrie et prennent pour roi Childéric Il (656-670), qui se déclare pour les ennemis d'Ebroïn. Clotaire III étant mort, Ebroïn met à sa place Thierry III, sans même consulter les grands; et bientôt les intrigues de saint Léger, qu'il avait éloigné des affaires , le confinent dans un cloître av^c sa créature. Childéric II, alors roi de toute la monarchie, est assassiné avec ses enfants. Thierry Iil remonte sur le trône, et Ebioïn , rétabli dans sa mairie, exerce de terribles représailles. Les leudes austrasiens rappellent d'Irlande le fils de Sigebert, que nous avons vu dépouillé par son maire Grimoald. Ce malheureux prince est aussitôt assassiné, et dèslors les Francs orientaux abolissent la royauté et se donnent pour ducs Martin et Pépin d'Bérisial, petit- fils de saint Arnulfe. Les nobles de Neustrie, mécontents, se rangent du côté des nouveaux ducs qui prennent les armes pour soutenir l'aristocratie, etsont battus par le mairede Thierry .Mais le vainqueur fut assassiné l'année suivante par un seigneur nommé Hermanfroy, qui lui fendit la tête d'un coup d'épée au moment où il se rendait à l'église. Ebroïn fut un homme cruel sans doute mais remarquable par sa politique. Il prévoyait la puissance prochaine des Austrasiens, et voulait l'empêcher ou la retarder ; pendant vingt ans il soutint la France neustrienne, dont l'histoire finit avec lui. 11 avait entrepris l'impossible : c'était d'établir l'unité lorsque tout tendait à la dispersion, de fonder la royauté lorsque les grands se fortifiaient de toutes parts. Cependant les maires qui lui succédèrent , restant fidèles à sa politique et Rattachant à abattre la puissance aristocratique, les leudes neustriens eurent touiours recours à Pépin , qui s'était

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déclaré leur protecteur, et la guerre continua entre les deux états.

Bataille ûe Testa-y. (687) — Thierry III ayant refusé de rétablir la noblesse mécontente dans ses anciens privilèges et l'Église dans ses biens immenses, le duc d'Austrasie remporte sur lui la bataille de Testry, près de Saint- Quentin, le prend lui-même dans sa capitale, lui laisse le titre de roi, et se fait nommer maire de Neustrie et de Bourgogne.

Le parti populaire était vaincu par les grands, et la Gaule germanique remportait sur la Gaule romaine. Pépin, maître absolu des deux royaumes, dispose trois fois de la couronne en faveur de Clovis III, de GhildebertIII, deDagobert III, et meurt en léguant sa puissance à son petit-fils, Théodebald, sous la régence de sa veuve Plectrude (TU). Charles, fils naturel de Pépin, parvient à s'échapper de la prison où on l'avait enfermé, se met à la tête des Austrasiens, bat les Frisons, défait les Neustriens, qui avaient dépouillé le petit-fils de Pépin pour donner la mairie à Rainfroy, et se fait reconnaître maire de Neustrie par le roi Chilpéric II (715).

Ainsi finirent ces guerres entre les Francs orientaux et les Francs occidentaux. Quelques historiens de l'école moderne ont voulu y voir une deuxième invasion, mais ils n'étayent leur système que sur des probabilités; il ne nous reste aucun monument qui confirme cette prétendue invasion, et tout, au contraire, nous prouve que ce ne fut qu'une rivalité entre un même peuple, établi à la même époque dans une conquête faite en commun, rivalité qui prit naissance dans le partage du royaume entre les fils des rois, et qu'alimentèrent l'ambition des grands et la résistance des rois et du peuple,

Lecîure '.Histoire de France, par Michelet. — Augustin Thierry.— Guizot.

Maires du Palais»

Les maires du palais n'étaient, dans le principe, que de simples officiers qui mettaient sous les yeux du roi les pétitions et les représentations de ses sujets ; ils joignirent à cette charge celle de surveiller les autres officiers de la maison du prince, et n'étaient, sous ce rapport, que des espèces de majordomes, d'intendants généraux, dont les fonctions peuvent, en quelques points, être comparées à celles de nos intendants de la liste civile. Mais peu à peu ces fonctions s'étendirent, les maires passèrent de l'économie domestique au gouvernement de l'État, quittèrent l'administration particulière pour les affaires publiques, et, comme nous l'avons dit, ce fut à l'époque des guerres entre Brunehaut et Frédégonde, pendant la minorité des trois rois francs dont elles étaient les tutrices, que se révéla cette nouvelle puissance, qui devait

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un jour absorber toutes Ses autres. Landry, cet amant de Frédégonde qui en avait fait un duc après l'assassinat de Ghilpéric, est maire du palais sous Clotaire II ; Garnier, maire de Thierry II, roi de Bourgogne, sont les premiers chez lesquels on remarque cette influence politique que devaient porter si haut leurs successeurs. La nature de leurs fonctions primitives peut nous expliquer ce changement, et la suite des événements nous donnera la clé de l'accroissement de leur puissance. Préposés qu'ils étaient à l'intendance générale du palais, les officiers devinrent insensiblement soumis à leur empire et souvent à leurs décisions. Ils se trouvèrent ainsi d'abord à la tête des grands, toujours en lutte avec la royauté, puis, quand avec leur aide, ils furent entrés dans le gouvernement, tantôt soutenus par les nobles qui voulaient prévenir le despotisme royal, tantôt maintenus ou agrandis par les rois qui cherchaient à réprimer les grands, se déclarant pour les uns ou poui les autres selon leur intérêt, ils ne tardèrent pas à arriver au faîte du pouvoir et à dominer à la fois les deux partis. Dès lors, véritable premier ministre, tuteur presque de droit des rois mineurs, commandant les armées, disposant des revenus, le maire du palais fut souvent élu par les assemblées générales, et par conséquent indépendant du roi, qui ne pouvait lui ôter ce qu'il tenait du suffrage de la nation. Sa charge devint bientôt héréditaire, au moins de fait ; Warnachaire, pour récompense de sa perfidie, s'était fait déclarer perpétuel par Clotaire II, du consentement des grands, qui depuis longtemps prenaient part au choix de ces ministres, et finirent par s'en attribuer exclusivement l'élection. Grimoald succéda à son père Pépin de Landen, et pro' bablement son fils lui eût aussi succédé, s'il n'eu voulu devancer le. temps, et accomplir une révolution qu'un siècle encore devait mûrir.

Avec la famille des Pépin , ces mordoms électifs, chefs des hommes libres, petits propriétaires, nommés arimans, eurent pour successeurs les ducs héréditaires d'Austrasie, capitaines des leudes ou fidèles qui s'étaient également dévoués à un service également héréditaire, moyennant quelques concessions de terre. Ces dites étaient secondés par tous les autres ducs qui combattaient pour l'aristocratie contre la royauté ; aussi voyons-nous tous les seigneurs mécontents du gouvernement d'Ebroïn, qui voulait les réprimer, recourir à l'austrasien Pépin d'Héristel qui soutint leurs prétentions les armes à la main. Leur victoire fut signalée par un second triomphe de la langue teutonique sur la langue latine et par le rétablissement des diètes ou assemblées de la nation.

Lectores Histoire de France et Histoire des Reines de Franceûe l'auteur.

SITUATION industrielle, politique, sociale et littéraire de la Gaule

Les arts avaient fait dans les Gaules des progrès considérables, si l'on en juge par la quantité de monuments religieux qu'on y avait élevés,

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par les drapa de soie, par les ornements d'orfèvrerie dont ils étaient décorés. Le commerce avait aussi recouvré une activité nouvelle; le besoin des épices de i'Inde , celui des manufactures de la Grèce étaient universellement sentis par les grands, avides d'augmenter les produits naturels de leurs immenses propriétés. Quelques-uns de ces chefs entreprirent d'exercer le commerce à main armée, et d'établir une communication entre la France et la Grèce par la vallée du Danube. Les marchands partaient de la Bavière, où finissait l'empire de France, et s'avançaient jusqu'au Pont-Euxin, défendant leurs convois avec leur épée. L'un d'eux, nommé Samon, se distingua tellement, et rendit aux Vénèdes, peuple slave qui habitait la Bohême, de si grands services, qu'ils le nommèrent leur roi, et Samon conserva la royauté trentecinq ans.

Si nous passons à l'état politique de la Gaule à cette époque, le partage du royaume entre les fils du roi, la rivalité de Brunehaut et de Frédégonde et les crimes qui en furent la suite, les guerres entre les Neustriens et les Àustrasiens, la lutte des grands contre le peuple et les rois, l'autorité des maires pourront nous en donner une idée. C'était un choc continuel d'un pouvoir contre un autre pouvoir, et, de là, confusion partout. Cependant ce chaos était dominé par l'élection, possédée d'abord par le peuple, puis bientôt accaparée par les grands, qui en firent l'instrument de leur ambition. Quelques historiens qui ont fait école, et dont l'abbé Dubos est le chef, ont prétendu que, sous la première race, la royauté était héréditaire, et que le principe d'élection ne prévalut que sous les Carlovingiens. Mais tout dément ce système et chaque ligne de nos vieilles annales atteste la souveraineté du peuple.

La société en elle-même était restée romaine ; les Francs, qui n'avaient établi leur domination dans les Gaules que graduellement et avec le temps, n'avaient pu attaquer et détruire les lois et les coutumes des vaincus; mais eux-mêmes s'étaient soumis à leurs mœurs et avaient adopté leurs usages. D'ailleurs, depuis longtemps en contact avec les Romains, dont ils avaient été tour à tour les ennemis et les alliés, ils n'étaient pas étrangers à la civilisation qu'ils rencontraient dans les Gaules. Tout donc était encore romain au 7e siècle, religion, lois, administration. La nature de la propriété ne changea pas ; l'esclavage ne fut pas le résultat de la conquête, comme quelques-uns l'ont prétendu, puisqu'il existait plus dur chez les Romains que chez les Barbares qui leur succédèrent ; les Gaulois, qui étaient libres avant, restèrent aussi libres après la conquête ; les Francs ne firent point d'esclaves, ils prirent ceux qui l'étaient déjà. Quant à l'état des personnes, le tarif des compositions est une preuve de leur dégradation morale aux yeux du conquérant, mais nullement de leur changement d'état, de leur réduction à la servitude.

Le fait qui domine tous les autres à cette époque, c'est l'accroissement de l'influence du clergé, la marche ascendante de l'Eglise vers le plus haut point de sa domination. Seuls possesseurs des lumières, les

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évoques, appelés dans les assemblées nationales, ne tardèrent pas â les diriger, à acquérir la prédominance. Réuni en corps, le clergé formait une société complète, indépendante et forte, qui, au milieu de l'apathie et du découragement des curial.es, leur succéda et s'empara des premières magistratures municipales. Ce fut là pour ce corps un im* mense moyen d'influence, et il s'en servit si habilement qu'il ne tardarpas à arriver à la tête des affaires, et à gouverner l'État comme naguère il gouvernait la cité. Les rois et les grands, dont tour à tour il soutenait les prétentions et les droits, contribuaient chacun à l'augmentation de sa puissance, et lui préparèrent ce règne brillant qui commençait sous de si heureux auspices, et qui devait, dans la suite du moyen-âge, atteindre l'apogée de l'éclat et de la grandeur.

Le 7e siècle est une des périodes de l'histoire où les documents authentiques manquent pour suivre avec exactitude l'enchaînement des faits, et la raison en est que les lettres brillèrent peu atf milieu de ces querelles terribles qui ensanglantèrent les Gaules. Grégoire de Tours, qui écrivit jusqu'en 591, est partial et confus; Frédégaire, dont le récit ne va que jusqu'en 641, ne répand qu'une faible lumière sur les Francs. — En Orient, après les histoires de Procope et à'Agathias, contemporains de Justinien, on se trouve réduit à des récits incomplets, diffus, et à des chroniques qui n'offrent que des dates. Ces ténèbres cessèrent lorsque les Arabes recueillirent tout à coup l'héritage des lettres que l'Europe laissait échapper.

Lecture : Histoire de la civilisation en France, par M. Guiiot; Esquisses littéraires de l'auteur»

EMPIRE D'ORIENT

Le septième siècle (de 565 à 717) est la seconde période de l'empire d'Orient et le commencement de sa décadence ; les Lombards occupent les deux tiers de l'Italie; les Bulgares, Serbes, Croates s'établissent au sud du Danube. Maurice (582), le troisième successeur de Justinien, rétablit ChosroèsII, secourt l'Italie contre les Lombards, et meurt avec ses six fils, assassiné par Phocas (602), lâche et cruel usurpateur, décapité sur ie tillac du vaisseau par les ordres d' Héraclius, exarque d'Afrique. La première expédition de ce prince fut dirigée contre Chosroès, roi de Perse, qui avait envahi la Syrie, livré aux flammes Antioche, Damas et Jérusalem. Héraclius porte la guerre en Asie, reprend toutes ces villes, bat Chosroès, et enfin conclut une paix solide avec Siroès, fils de Chosroès, qui avait détrôné et fait périr son père. Héraclius ne s'occupa plus que de controverses théologiques ; il publia en faveur des monothélites le fameux édit nommé Ecthèse. Il mourut en 641. L'empire fut assez tranquille jusqu'à l'invasion des Arabes, qui soumirent, sous les f&ibles successeurs d'Héraclius, la Syrie, l'Afrique et l'île de Chypre,

Lecture : La tragédie d' Héraclius, par P. Corneille.

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