‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 98 sur 166 · ARABIE · texte numérisé non relu

ARABIE

ISégîre de naaSaosneé. — Mahomet naquit à la Mecque, le 27 avril 570, de la famille des Koraïchites, qui prétendait descendre d'Abrabam par Ismaël. Il se trouva de bonne heure orphelin et sans fortune; un génie supérieur et une ambition excessive lui inspirèrent le projet d'établir une nouvelle croyance, et de se faire passer pour prophète. Ayant fait plusieurs voyages et étudié les religions juive et chrétienne, il en forma une appelée Islamisme, c'est-à-dire soumission à Dieu. Son but principal fut sans doute de retirer le peuple arabe de l'idolâtrie, et de le rappeler aux vérités anciennes qu'il avait abandonnées, à l'adoration d un seul Dieu. Les habitants de la Mecque le contraignirent à fuir à Yatreb (depuis Médine). Cette fuite {hégire en arabe) servit d'époque aux Arabes (16 juillet 622). Mahomet arma ses prosélytes au nom de Dieu ; il remporta de brillantes victoires et réunit ainsi le pouvoir politique au pouvoir religieux. Il fonda l'empire des Arabes, et mourut au milieu de ses conquêtes à l'âge de 63 ans, en 632.

Observations sur Mahomet

Mahomet ne dut son élévation qu'à son génie étonnant. La révolution qu'il opéra dans la religion en occasionna de plus grandes encore dans les empires.

L'Arabie, ignorée jusqu'alors, devint illustre par ses triomphes, et les successeurs du Prophète, marchant sur ses traces, ravagèrent ces vastes provinces de la Perse inaccessibles aux armes des Romains. Les riches contrées de l' Asie-Mineure dont ils dépouillèrent les successeurs des Césars, la Palestine quêtant de motifs rendaient si chère aux chrétiens, l'Egypte si féconde en ressources, la Libye, la Mauritanie, presque toute l'Afrique, furent soumises. L'Espagne ouvrit aux Arabes une porte en Europe, et ils menacèrent de leur joug tout notre hémisphère. Voilà cependant l'ouvrage d'un homme d'abord obscur, ignorant, pauvre, qui mourut honoré comme le favori de Dieu, et qui laissa après lui une mémoire éternelle.

Mahomet savait qu'à un peuple sensible il fallait des émotions vives ; il les excita par un style correct et par l'harmonie des vers.

Son Koran (livre ou bible) est rempli d'images reproduites par le dialecte arabe le plus pur ; il se divise en deux parties : Yimûm ou la doctrine de la foi ; 2° le dîn ou la morale.

Le dogme de son œuvre est la croyance de Dieu, en ses prophètes, et en ses anges, l'immortalité de l'âme, un jugement universel, et la prédestination.

Les plus grandes récompenses sont pour les guerriers qui combattent es mécréants ; la lâcheté est menacée des tourments de l'enfer.

Le reste du Koran contient des préceptes sur les pratiques extérieures du culte, des règlements de police et de santé en rapport avec les mœurs et le climat de l'Orient.

La morale est dans la purification, la prière, le jeûne, l'aumône, l'abstinence du vin, et les pèlerinages à la Mecque.

818 7e SIÈCLE.

Abou-Bekr, premier kalife, publie le Koran. — Abou-Bekr succéda à ,Mahomet sous le titre de kalife (vicaire), après des contestations avec Ali, gendre du Prophète, qui fut vaincu et dont le parti fut dissipé. Il publia le Koran, annoncé par Mahomet comme venant du ciel. Ce livre fut revu par le kalife Othman. Les actions et les discours de Mahomet, conservés par la tradition, ont été consignés dans la Sunna ou loi orale, et forment avec le Koran les principales sources de la théologie et de la jurisprudence mahométane.

Les adhérents de l'islamisme, quelque temps après la mort du Prophète, se divisèrent en deux sectes principales : les Sunnites, qui reconnaissaient le Koran et la tradition, et se fractionnent en plusieurs sectes orthodoxes ; les Schiites (apostats), qui n'adoptent que le Koran, et regardent Ali, gendre de Mahomet (660), et les descendants d'Ali, comme de véritables imâms. Les schiites se divisèrent à leur tour en un grand nombre de sectes, dont les plus remarquables sont les Druses et les Ismaélites.

Les conquêtes des Arabes commencèrent sous le kalife Abou-Bekr (G32-634). Caled, son général, après avoir envahi la Syrie jusqu'à Damas, entreprit la soumission de la Perse, qui ne fut achevée qu'après des guerres longues et sanglantes (651). Elles mirent fin à la dynastie des Sassanides qui gouvernait la Perse depuis 226 ans.

Omar, excellent général, fut élevé à la dignité de kalife par les intrigues d'Ayesha, fille d' Abou-Bekr (634). Il est considéré comme le fondateur de la puissance politique des Arabes; il termina la conquête de la Syrie en y ajoutant celle de la Palestine et de VÈgypte (636-640). Il prit le titre d'émir Al-Mouménîn (prince des croyants).

Le cruel Amrou, lieutenant du kalife, s'empara d'Alexandrie et détruisit, dit-on, la bibliothèque des Ptolémées (640). Elle était composée de 400,000 volumes (quelques-uns disent même de 700,000) égyp« tiens, grecs et indiens. On chauffa pendant six mois les bains de cette ville avec les précieux manuscrits de cette collection. Les arabes qui parcouraient alors l'Afrique et l'Asie, y détruisaient tous les monuments des arts. Ce ne fut que, parvenus à une puissance non contestée"^ sous les Abassides, qu'ils firent fleurir à leur tour les sciences et les arts .

De nouvelles conquêtes furent entreprises et consommées sous îe kalifat d' Othman (644) : celle de la Perse, des îles de Chypre (648) et de Rhodes (653), où les Arabes trouvèrent en morceaux le fameux colosse de Rhodes : ils le vendirent à un marchand juif qui en chargea, dit-on, sept cents chameaux.

Le meurtre d'Othman (656) fit éclater de grandes divisions. Alî, gendre de Mahomet, proclamé kalife, eut à lutter contre les conspira^» tions de la famille d'Omar. Moavyah, gouverneur de Syrie, allié d'Ain» rou, se souleva contre Ali, qui fut détrôné et égorgé. Moavyah rendit îe kalifat héréditaire dans la dynastie des Ommiadcs (OGG). Les dissensions @ atre les sectateurs d'Omar et ceui &ÂIÎ n'empêchèrent pm les àr&bes

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d'étendre leur domination en Asie et en Afrique sous le glorieux règne de Walid I (705).

Lecture : Fie de Mahomet, par Gagnier. — Histoire du mahomêtisme, par Charles Mills.— Précis des Arabes dans les Esquisses historiques.

8e Siècle.

maMumàâm

ou Y emplie à'Oceiàem, ieno\i\TéYé par \es fiançais.

CARACTÈRE DU SIÈCLE

l'Europe orientale voit des révolutions sanglantes ébranler le trône de Constantinople et en précipiter des empereurs cruels. L'Europe occidentale au contraire est en progrès du côté des lumières. Les Maures, vainqueurs des Wisigoths, apportent le goût des arts et des sciences; les Francs sous Charlemagne s'élèvent au-dessus de tous les autres peuples; les papes commencent à jouir de l'autorité temporelle; l'Asie occidentale brille du plus vif éclat sous les kalîfes arabes.

SOMMAIRE

France.— 732. Défaite des Sarrazins et des Saxons, par Charles-Martel. — 752. Dynastie des Carlovingiens. — 768. Régnede Charlemagne. —771-772. Défaite des Saxons. — Fin de l'empire des Lombards.— 800. Renouvellement de l'empire d'Occident.

arabes d'Occident. — 711. Les Maures en Espagne ; bataille de Xérès.

fcrabes d'Orient.— 7M. Les Ommiades et les Abbassides.— 786. Eègne du kalife Aroun-al-Raschïd-

Empire romain d'Orient. — 726. Guerre des Iconoclastes.— 7S0. Règne de l'impératrice Irène et de Constantin V, son fils.

Eglise. — 720. Emploi de l'ère dionysienne ou ère vulgaire. — 7o6. Puissance temporelle des papes.

FRANCE

Envasiosa lies Sarrasins cm France au @e siècle. — Longtemps avant Charles-Marte!, les Arabes avaient passé les Pyrénées, soumis la Gaule gothique et s'étaient rendus maitres de plusieurs villes, même clans la Gaule des Francs. Sous le kalife Yéiid II, Zama, gouverneur de la péninsule musulmane, franchit de nouveau les Pyrénées orientales, s'avance vers r Aquitains et forme le siège de Toulouse. Le duc

320 Se SIECLE.

Eudes le tue dans uo sanglant combat, et défait de nouveau, près de Cahors, son successeur Amhiz-a, qui portait partout le ter et la flamme. En 730, le fameux Àbdérame prend les rênes du gouvernement de la péninsule, et, après avoir étouffé la révolte d'un de ses lieutenants, Munuza, qui avait fait alliance avec Eudes et épousé sa fille, forme la résolution de ne repasser en Espagne qu'après s'être vengé et avoir étendu dans les Gaules les conquêtes des Musulmans. Arles est assiégée et prise; deux fois les Français sont taillés en pièces sous la conduite du vainqueur de Toulouse et de Cahors, et déjà le projet de l'orgueilleux musulman n'est autre que de s'étendre sur toute la France, de franchir les Alpes, conquérir l'Italie, parvenir au Bosphore au travers des contrées illyriennes, s'emparer des deux capitales du monde, et soumettre au Croissant Rome et Constantinople, l'éternel objet de l'ambition des Sarrasins. Mais Charles-Martel, qui voit le danger, rassemble les troupes deNeustrie etcelles d'Austrasie, passe la Loire, et fait des Arabes un épouvantable carnage dans les champs de Poitiers. Le général musulman perdit la vie dans cette bataille, et l'Europe fut sauvée du joug du Prophète. C'est après cette victoire mémorable que Charles prit le nom de Martel (132). Cependant les Sarrasins occupaient encore presque toutes les places qu' Abdérame avait prises deux ans auparavant dans le bassin du Rhône et de la Saône; le duc d'Austrasie les leur reprit, et les refoula dans la Gaule Narbonnaise. Quelques années après, il massacre de nouveau un corps d'armée musulman, commandé par Automan, qu'Abdel-Mélek avait envoyé au secours du gouverneur d'Avignon, qui s'était déclaré indépendant, et la Gaule franque fut pour toujours délivrée des incursions et des ravages des infidèles.

Lecture : Marchangy, Michelet,

ta France, après la bataille de Tesfry (687), et de Poitiers (732).

Maîtres, depuis cette victoire, du nord de la France, les maires d'Austrasie, qui avaient pris les titres de duc et de prince des Francs, voulurent rendre ses anciennes frontières à un empire devenu leur patrimoine. Par des expéditions souvent répétées, les Allemands, les Bavarois, les Thuringiens, furent contraints de reconnaître de nouveau la suprématie des Francs. La Frise entière redevint une province tributaire, et après la grande victoire de Poitiers, Jes ducs mérovingiens d'Aqui-

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taine prêtèrent serment de fidélité ; enfin, les Arabes furent chassés de la Septimanie, alors conquise pour la première fois, tandis qu'à l'autre extrémité du royaume, les Saxons étaient repousses dans leurs forêls, et les contrées situées sur les bords deia Lippe ajoutées à la domination des Francs.

©éffafite «les Sâx©îm$« — Pendant que Charles Martel exterminait les Sarrasins dans la France méridionale, les Saxons avaient voulu secouer de nouveau la domination franque. Il passe le Rhin, et les barbares sont bientôt forcés de renouveler leurs anciennes promesses et de payer le tribut accoutumé .

Après tant de victoires, Charles revint gouverner les Francs, sans s'inquiéter de nommer un successeur à Thierry IV ou de Chelles, et préparer par sa prudence les brillantes destinées de sa race. Le pape Grégoire III, qui lui envoya les premiers nonces qu'on ait vus en France, lui avait proposé de le proclamer consul de Rome, à condition qu'il l'aiderait à se soustraire à la domination de l'empereur Léon. La mort seule de Charles- Martel empêcha l'exécution de ce projet. En 741, il avait institué Tordre militaire de la Genète, dont la devise était: Exaltât humiles.

Observations sur Charles SEarteL

La maison austrasienne était opposée aux papes ; Charles lui-même, dit M. Michelet, se signala comme l'ennemi de l'Église ; son surnom païen Marteau ferait volontiers douter s'il était chrétien ; on sait que le marteau est l'attribut de Thor, le signe de l'association païenne, celui de la propriété, de la conquête barbare ; cette circonstance expliquerait comment un empire, épuisé sous les règnes précédents, fournit tout-àcoup tant de soldats et contre les Saxons et contre les Sarrasins. L'appât des biens de l'Église qu'il leur prodigua les attira dans les armées de Charles, et prépara une génération de soldats pour Pépin-le-Bref et Charlemagne.

Dans cette famille des Carlovingiens , tout ecclésiastique, le proscrit Charles-Martel offre une physionomie à part et très peu chrétienne. Cependant il devint, vers la fin et par politique, l'ami des papes et leur soutien contre, les Lombards. Aussi l'apôtre de l'Allemagne, saint Boniface, fut-il l'instrument de la grande révolution qui mit les Austrasiens sur le trône.

Leetnre : Gaule poétique, par Marchangy. — Ozanam. —Le christianisme et les Francs.

Kace CariovlBîgieiiBie. — Charles-Martel en mourant partagea l'empire entre ses deux fils, Carloman et Pépin-le-

Bref. Us eurent d'abord à combattre les prétentions de leur frère Grifon, auquel Charles avait assigné pour apanage un certain nombre de villes démembrées des deux duchés d'Austrasie et de Neustrie : à réprimer les tentatives de Hunald, duc d'Aquitaine, pour recouvrer l'indépendance que leur père lui avait enlevée ; à lutter enfin contre les généreux efforts des Germains, Bavarois, Souabes et Saxons, qui voulaient se soustraire à la domination des Francs et refusaient de payer ie tribut. Cependant Pépin, dans le dessein de montrer aux Francs, que le souvenir de Clovis attachait encore à ses descendants, combien était dégénéré le sang de ce conquérant des Gaules, et pour éviter la lutte avec les grands que n'aurait pas manqué de faire naître l'exécution trop précipitée de ses projets, alla chercher un certain Childéric III, fils de Thierry, et le plaça sur le trône vacant depuis longtemps. Bientôt Carloman quitta la puissance pour se retirer dans un monastère. Pépin se concilie avec adresse les grands et le pape, et se fait déclarer roi. Childéric est enfermé avec son fils dans un monastère, et la race des Mérovingiens est éteinte après deux cent soixante et onze ans de durée depuis Clovis. La guerre longue et sourde entre les Francs Saliens et les Francs Ripuaires, c'est-à-dire, entre les Neustriens et les Austrasiens, cesse un instant, l'Austrasie l'emporte ; elle a su faire alliance avec la théocratie. La puissante maison de Metz paraît sur la scène. La France devient germaine ; c'est, comme on l'a dit, une féodalité cléricale.

Lccêîire : Généalogies européennes, par l'auteur.— H istoire de France, par Michelet. — Abrégé d'Histoire de France, par l'auteur.

Dynastie des Carloviagiens,

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