‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 99 sur 166 · PépinaleaISx*ef monte sur le trône. Instruit par son · texte numérisé non relu

PépinaleaISx*ef monte sur le trône. Instruit par son

génie et son expérience, et surtout par les fautes de ceux qu'il remplaçait, il sent la nécessité de ramener tout à l'autorité royale, d'élever et de fortifier de plus en plus ce palladium de la tranquillité publique. Dans l'intention de rendre sa personne inviolable, il se fit sacrer et couronner dans la cathédrale de Soissons par saint Boniface, premier archevêque de Mayence et apôtre de la Germanie. Alors tout revient au point d'unité ;f les assemblées se tiennent régulièrement, on s'y occupe sans cesse de remédier aux vexations qui, pendant des règnes faibles, avaient pesé sur les peuples. Pépin, désirant conserver

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sa couronne à ses descendants, fit légitimer son élection par la religion, et pour s'attirer la protection du pape Etienne II, il s'engagea à enlever aux Lombards l'exarchat deRavenne,et de le donner au pontife ; en effet, Pépin entreprit successivement deux voyages en Italie, et força le roi lombard, Jstolphe, de se reconnaître son vassal, et de fui livrer l'exarchat, dont i] mit le pape en possession. En 757, Pépin reçut de l'empereur Constantin Gopronyme les premières orgues qu'on ait vues en France, et les plaça dans la chapelle de Saint-Corneille, à Compiègne.

Au milieu des ténèbres qui enveloppent ces siècles, Charlemagne présente un point de mire entre deux longues périodes de troubles et d'ignominie.

CSiarleBMîsgne termina le grand ouvrage de son père Pépin-le-Bref, auquel il succéda en 768. Le règne long et glorieux de ce prince offre, au milieu de la barbarie qui régnait alors, un spectacle digne d'admiration : seul maître d'un royaume puissant après la mort de Carloman son frère, oCharlemagne porte ses armes en Germanie contre les Saxons, "qu'il soumet après une guerre de trente-trois ans (772); pendant laquelle des actes de cruauté et d'injustice ternirent souvent l'éclat de ses victoires. Fittikind, chef de cette belliqueuse nation, embrassa le christianisme et resta fidèle à Charlemagne. Celui-ci refoule en Espagne les Sarrasins, qui possédaient encore quelques villes dans les Gaules, et la défaite de son arrière-garde à Ronceveaux (778), où périt le paladin Roland, lui acquiert une gloire romanesque qui égale presque sa gloire historique. Le royaume de Lombardie est soumis à son tour. Didier, dernier roi des Lombards , dont Charlemagne avait épousé et répudié la fille sans motif légitime, voulut, pour se venger, faire sacrer roi par le pape Adrien I, le fils de Carloman, qui s'était retiré à sa cour après que Charles se fût fait décerner la couronne d'Austrasie, par la diète de Carbonac, aux dépens de son neveu. Adrien refusa, et, comme Didier se disposait à s'emparer de l'exarchat de Ravenne, le souverain pontife appela à son secours le roi des Francs, qui battit le roi des Lombards, l'assiégea dans Pavie (774), le fit prisonnier, l'enferma pour le reste de ses jours avec Serghaire, fils de Car loman, et, après avoir incorporé ses états à la monarchie franque, confirma au Saint-Père les donations de Pépin, yen ajouta de nouvelles, et ai nsi consolida et accrut la puissance

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temporelle des papes. Il reçut après cette victoire les hommages des ducs de Frioul, de Spolète, de Bénévent, et ajouta à ses titres celui de patrice de Rome et de protecteur du Saint- Siège. Enfin, étant retourné à ïtùp^ pour protéger la vie du pape Léon IH, il assista à la messe solenùeUe qui fut célébrée dans l'église de Saint-Pierre le jour de Noël (26 décembre 800), qui était alors à Rome le premier jour de Fan, Le p&pe, qui désirait témoigner sa reconnaissance au roi, choisit le moment où le prince était à genoux au pied du grand autel pour poser sur sa tête la couronne impériale, et pour le faire proclamer par le peuple Empereur des Romains ; c'est ce qu'on appelle le renouvellement de l'empire d'Occident dont le titre était disparu depuis trois siècles. De conquête en conquête, Charlemagne avait tellement étendu son empire qu'il comprenait la principale partie de l'Europe.

Toutes les Gaules, l'Allemagne, l'Espagne jusqu'à l'Ebre, l'Italie jusqu'à Bénévent, plusieurs iles de la Méditerranée, telles que la Sardaigne, la Corse et les îles Baléares, avec une partie considérable de la Pannonie, formaient proprement l'empire français.

Gharlem3gne qui, pour épuiser la source des Barbares, était allé les combattre dans leur propre patrie, vit les premières voiles normandes; il les considéra longtemps immobile, pleura en prévoyant les maux qui devaient fondre sur la France quand il ne serait plus là avec son nom et sa puissance, pour imposer aux Barbares, et commença à créer une marine qui pût défendre les côtes et empêcher l'invasion.

Charlemagne est, pour ainsi dire, le commencement et la fin de cette seconde race qui naît et qui meurt en lui. Il a fixé d'une manière puissante les peuples barbares dans leur cantonnement. Cette longue agitation qui pousse les peuplades germaines vers l'Occident parait s'affaiblir. Il refoule les Germains derrière le Rhin, et les Sarrasins derrière les Pyrénées. Les Francs mêlés aux Gaulois vont bientôt former par leur mélange le peuple français. Mais il y avait un principe de dissolu-, tion dans l'agglomération des races qui composaient la France de Charlemagne ; chacune conservait son caractère, il n'y avait pas de fusion ; la nationalité française ne pouvait sortir que de V unité.

Voilà, en quelques mots, la partie militaire et politique du règne de ce grand roi ; mais la sagesse de son gouvernement,

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sa législation, son goût pour les lettres et les arts, etc., c'est ce qui demanderait et mériterait un développement que les bornes de cet ouvrage ne comportent pas; ce n'est point au milieu des guerres que Charles doit nous paraître grand, c'est quand on le voit s'occuper du bonheur de ses sujets, porter ses vues sur le gouvernement, les mœurs, la religion, les lettres et les arts, sans lesquels il n'y a pas de véritable grandeur.

Lecture : Histoire de la civilisation en France, par M. Guizot. — Histoire de France, de l'auteur. — Esquisses Littéraires, du même.

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