‹ Nouveaux éléments d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 10 sur 74 · PIPÉE AGEES · texte numérisé non relu

PIPÉE AGEES

mâles en chatons et composées d’une ou de plusieurs étamines libres ou soudées, placées à l’aisselle d’une grande bractée ; les femelles aussi en chatons, dont chaque écaille porte à son aisselle un ovaire uniloculaire, monosperme, soudé à la base avec deux ou plusieurs écailles hypogynes, persistantes, et terminé par deux longs stigmates subulés glanduleux. L’ovule est orthotrope. Le fruit est une sorte de petite noix sèche ou légèrement charnue extérieurement.

Le genre Myrica L. renferme un certain nombre d’espèce^s , dont une, le M. gale L., qui croît dans le nord de la France et en Hollande , porte des fruits couverts d’une mince couche cireuse. Le M. ceriferaL ., le M . pensylvanica Duh. de l’Amérique du Nord , et le M. cor cli folia L. du Cap, fournissent beaucoup plus de cire. Les fruits du M. cerifera sont disposés en paquets serrés et formés de petites drupes pisiformes; leur surface est couverte de corps arrondis, d’odeur et de saveur très -poivrées, noirs, glanduleux, velus et qui sont les organes producteurs de la cire. Celle-ci en exsude de toutes parts et forme à leur surface une couche uniforme, blanche, brillante ,, mamelonnée. La cire de Myrica est obtenue par ébullition des fruits dans l’eau ; elle sert à faire des bougies.

Cette cire est verte et cassante à l’état brut ; elle est saponifiable, suivant M. Chevreul, et donne les acides stéarique, margarique et oléique , ainsi que de la glycérine. Purifiée par plusieurs traitements à l’eau bouillante et à l’alcool froid , elle est d’un jaune verdâtre et fond à + 47°, 5.

PIPÉR ACÉES.

Plantes herbacées ou arbustes sarmenteux et grimpants , à tiges articulées , dont le bois est formé de faisceaux distincts ; quelquesuns de ces faisceaux sont dispersés dans la moelle ; feuilles opposées ou verticillées, quelquefois.alternes par avortement, simples , entières, curvinerviées , réticulées; chatons grêles, souvent oppositifoliés, composés de fleurs mâles et femelles entremêlées d’écailles, et toujours apérianthées. Aussi considère-t-on chaque étamine et chaque pistil comme autant de fleurs simples ; parfois 2 à 3 étamines se groupent autour d’un pistil, et forment une fleur hermaphrodite , à anthères extrorses ; ovaire supère , uniloculaire et monosperme, surmonté par un stigmate simple ou trilobé. Le fruit est une baie à péricarpe mince, renfermant un très- petit, embryon inclus dans un double périsperme. Cette famille est trèsvoisine des Urticées ; elle s’en distingue par sa graine à périsperme double, et par ses feuilles privées de stipules. Les plantes utiles quelle contient étaient jadis comprises dans le seul genre Pijoer Ret Pav. ; actuellement, on les rapporte aux genres : Macropiper Miq. ? Ptper. L., Cubeba Miq., Chavica Miq., Artanthe Miq.

APÉTALES DICLINES ANGIOSPERMES»

Viper L.

Fleurs hermaphrodites, plus souvent unisexuées et femelles; bractées oblongues, sessiles, décurrentes; 2 étamines ; stigmate 4-5 fide ; baies sessiles.

Ce genre fournit le poivre noir et le poivre blanc.

Poivre noir. Il est produit par le P. nigrum L. (P. aromaticum Poir., f}g. 473), arbuste sarmenteux cultivé dans l’Inde, à Java, Bornéo, Sumatra etc. On en recueille les baies, au fur et à mesure qu’elles arrivent à maturité, et on les fait sécher au soleil ; elles se rident, noircissent et constituent alors le poivre noir du commerce. Celui-ci est sphérique, brun extérieurement, blanchâtre à l’intérieur, dur et corné vers la circonférence , farineux au centre ; sa saveur est âcre, brûlante, poivrée, son odeur piquante et aromatique. On y a trouvé une huile concrète, verte, très-âcre, une huile volatile d’odeur poivrée , du Vipérin (C68 H38 Az2 012) etc.

Le pipérin est un principe neutre , inodore , insipide , assez semblable à la narcotine , mais qui n’a pas d’action sur la lumière polarisée. Il est insoluble dans l’eau froide, peu soluble dans l’eau bouillante , soluble dans l’alcool , surtout a chaud , et cristallise en prismes incolores ou d’un blanc jaunâtre. On l’a employé, ainsique le poivre, comme tonique, excitant, fébrifuge et stomachique.

Poivre blanc. Il est produit, selon Clusius et Gardas ab horto , par une plante différente de celle qui produit le poivre noir. Guibourt rapporte qu’il existe, en effet, à l’École de pharmacie de Paris , des fruits tels que les figure Clusius ; mais il est certain que la majeure partie du poivre blanc du commerce est fourni par le

Fig. 473. — Poivre noi?' y d’après Gkiibourt.

J'IPÉUACÉES. 98

Viper nujrum , dont les fruits très-murs sont décortiqués par macération dans l’eau.

Cubeba Miq.

Fleurs dioïques, à bractées sessiles, peltées ; baies pourvues d’un pédicelle; chatons oppositifoliés , les mâles plus petits; 2-5 étamines; stigmate bifide à lobes linéaires, aigus.

Poivre cubèbe ( Cubeba officinalis Miq. Pip. Cubeba L.). Il est en grains plus gros que ceux du poivre noir, sphériques, supportés par des pédicelles renflés, dont ils semblent la terminaison. Audessous d’un péricarpe mince et ridé, on trouve une coque ligneuse, enfermant une semence brune à l’extérieur, pleine, blanche et huileuse à l’intérieur, de saveur forte, amère, aromatique. Renfermé dans un papier, il le tache assez rapidement ; mis dans un bocal , il le recouvre par places d’une couche résineuse, jaune brunâtre.

Le poivre cubèbe contient, d’après Monhein, une huile volatile, une résine balsamique âcre et un principe particulier, analogue au pipérin, et qu’on a nommé Gubêbine.

Le cubèbe est surtout prescrit, sous forme de poudre. On en prépare aussi un extrait oléo - résineux , assez souvent employé, comme le fruit lui-même, contre la blennorrhagie. Cet extrait est quelquefois préparé avec les cubèbes entiers, et ceux-ci sont ensuite vçrsés dans le commerce; ils sont alors noirs, insipides et inodores.

Pereira rapporte, d’après Blume, que les fruits du Cubeba canina Miq. ( Piper caninum Blume) sont mêlés au cubèbe officinal. Nous empruntons à cet auteur les caractères distinctifs de ces deux substances :

C. officinalis. Baies beaucoup plus nombreuses, agglomérées^, presque globuleuses , rarement acuminées ; séchées , elles sont rugueuses, brun noirâtre , et possèdent une saveur âcre , aromatique, presque amère; spermoderme brun grisâtre , oblongglobuleux , offrant environ 8 nervures longitudinales ; pédicelle plus long que la baie.

Chavica Miq.

Fleurs dioïques, â bractées pédicellées, pourvues d’une dilatation quadrangulaire ; baies non pédicellées.

Le Foivre long est produit par le Chavica officinarum Miq.

L. camna. Baies moins nombreuses, plus espacées, ovées ; séchées , elles sont remarquablement rostrées , noires , plus petites , rarement rugueuses, ayant un goût plus faible , presque anisé ; spermoderme rougeâtre , presque luisant, sphérique, strié longitudinalement; pédicelle presque aussi long que la baie.

APÉTALES DlCLlNES ANGIOSPERMES.

(P. longum L.). Ce poivre se compose de cliatons cylindriques, secs, durs, grisâtres, tuberculeux, formés par de nombreuses baies soudées, qui renferment chacune une petite semence rouge ou noire, blanche à l’intérieur, d’une saveur très-âcre, très-brûlante, d’une odeur moins aromatique que celle du poivre noir.

Le Poivre de Roxburgh ( Chavicci Roxbnrghii Miq. , Pip. Ion - ( film L.) présente des baies subtétragonales , convexes au sommet. C’est le poivre long des Anglais ; il leur arrive de l’Inde.

Feuilles de Bétel ( Chavicci Betle Miq. , Piper Betle L.). Ces feuilles servent à envelopper le mélange de noix d’Arec et de chaux, qui sert de masticatoire aux habitants des îles de la Sonde, et que l’on connaît sous le nom de Bétel. Cette matière colore les dents et les excréments en rouge ; par son astringence énergique , elle agit puissamment sur le tube digestif; et permet de résister à l’action débilitante du climat.

Artanthe Miq.

Fleurs hermaphrodites ; chatons oppositifoliés , solitaires ; 3 â 4 étamines , rarement 2 ; ovaire sessile ; rarement 2 à 3 stigmates.

Matico (Artanthe [ Steffensia Kuntli.] elongata Miq., P. angustifolium Ruiz, et Pav.). Arbre originaire de la Bolivie et du Haut- Pérou, à tige articulée, haute d’environ 12 pieds; feuilles sessiles, alternes, acuminées, longues de 7 â 15 centim. et larges de 1 à 3 centim., crénelées, à faces réticulées : la supérieure brune, l’inférieure d’un vert pâle , légèrement pubescente et parsemée de points transparents; chatons solitaires, oppositifoliés, à bractées peltées ou encapuchonnées; fleurs hermaphrodites.

Les feuilles de cette plante sont connues sous le nom de Matico ; on les expédie en masses presque sphériques. Leur odeur est aromatique ;• leur saveur amère , persistante , chaude , âcre , non styptique. Elles possèdent des propriétés balsamiques et excitantes dues â la présence d’une huile volatile aromatique ; aussi MM. Trousseau et Guibert les placent à bon droit parmi les stimulants.

Le Matico a été préconisé d’abord comme vulnéraire ; les Indiens l’appellent Herbe clu soldat. Il renferme une huile volatile, légèrement verdâtre, qui jaunit sous l’influence de la lumière, de la Ma ticine (John Hodges), un acide cristallisable , Y Acide Artanthique , du tannin, de la résine etc. (J. Marcotte). On l’a employé avec succès en décoction , contre les écoulements chroniques , leucorrhées , gonorrhées, ménorrhagies , hémorrhoïdes etc. On l’administre en poudre , en pilules , en infusion , en décoction , en extrait , en teinture , en sirop etc.

SALICINÉ.ES.

Macropiper Miq.

Fleurs hermaphrodites ; chatons axillaires , solitaires ou agrégés ; anthères 3 ou beaucoup, sessiles ; 3 stigmates sessiles, punctiformes; baies sessiles.

Ava, Kawa ou Poivre enivrant ( Macropiper [ Piper L.] methysticum Miq.). La racine de cette plante est usitée aux îles Sandwich, pour préparer un liquide enivrant. On y a trouvé deux principes : la Méthysticine ou Kaivahine , qui paraît avoir les memes propriétés que le pipérin , et la Kawine , matière résineuse, âcre, odorante, molle et incristallisable, que M. O’Rorke croit être le principe actif du Kawa. La racine de Kawa est, dit-on, un sudorifique puissant. M. Bouchardat la regarde comme l’un des meilleurs antigonorrhéiques.

SALICINÉES.

Saule blanc ( Salix alba L.). Arbre à feuilles allongées, dentées, aiguës , à face supérieure verte et glabre , l’inférieure couverte de poils blancs et couchés ; fleurs mâles composées de deux étamines placées à Faisselle d’une bractée ; fleurs femelles à ovaire fusiforme, courtement pédicellé, surmonté d’un style très-court, que terminent deux stigmates profondément bifides; fruit capsulaire, glabre, allongé , renflé à la base , terminé en pointe au sommet , s’ouvrant en deux valves longitudinales et renfermant plusieurs graines couvertes de longues soies.

L’écorce du Saule blanc et celle de plusieurs autres espèces de Saules ont été employées en décoction , comme fébrifuges. Elle renferme un principe amer, la Salicine (G26 H18 O14), qui cristallise en aiguilles ou en lames délicates, blanches, transparentes, d’un éclat satiné, inodores, inaltérables à l’air. Sous l’influence des acides étendus, la salicine, se dédouble en glucose et en Saligénine (G14 H8 O4) , substance que plusieurs corps oxydants transforment en hydrure de salicyle ( Acide Salicyleux ou Essence de Reine-des-prés : G14 He O4).

La salicine elle-même se convertit en acide carbonique , acide formique et hydrure de salicyle, quand on la traite par un mélange de bichromate de potasse et d’acide sulfurique. L’acide sulfurique la colore en rouge de sang , ce qui permet de reconnaître sa présence au sein du sulfate de quinine.

Quoi qu’on en ait dit, la salicine est un fébrifuge dont l’action est faible comparativement à celle de la quinine , mais que l’on peut employer â la dose de 1 à 3 grammes et qui réussit fréquemment.

Peupliers (g. Populus L.). Arbres plus élevés que les Saules ,

1)0 APÉTALES DICLINES ANGIOSPERMES.

et dont les bourgeons sont entourés d’écailles enduites d’un sue résineux balsamique; feuilles alternes, arrondies ou triangulaires, à pétioles longs, comprimés latéralement au sommet; fleurs mâles situées à l’aisselle d’écailles fimbriées ; périanthe en godet, allongé obliquement à son côté antérieur, et renfermant de 8 à 15 étamines; fleurs femelles également placées à l’aisselle d’écailles fimbriées, et pourvues d’un périanthe en godet, contenant un ovaire surmonté de quatre stigmates. Le fruit est une capsule bivalve, en apparence biloculaire , par suite de Pintroflexion des bords des carpelles ; graines à testa recouvert de poils soyeux.

On n’emploie guère en médecine que les bourgeons du Peuplier noir (Pop ulus nigra L.).

Le Peuplier noir a souvent plus de 20 mètres de haut; son écorce est jaune grisâtre et fendillée ; ses feuilles sont trapézoïdales , presque triangulaires, plus longues que larges, irrégulièpement crénelées, glabres et luisantes. Chatons mâles grêles, épars vers le sommet des rameaux ; 12-20 étamines à anthères purpurines.

Les bourgeons de Peuplier sont ovoïdes, allongés, pointus, formés d’écailles brunes , imbriquées , couvertes d’un enduit vernissé , glutineux et résineux. Ils entrent dans la préparation de YOnyuent populeum , sorte de baume tranquille , dans lequel l’huile d’olive est remplacée par de l’axonge.

L’écorce du Peuplier noir renferme de la salicine et de la Populine , principe cristallin de saveur sucrée, qui, sous l’influence de l’acide azotique bouillant , se transforme en acides : oxalique, picrique et nitrobenzoïque ; les acides étendus et bouillants transforment la populine en acide benzoïque , salirétine et glucose.

BÉTULACÉES.

Bouleau blanc (Betula alla L.). Arbre remarquable par son écorce , dont le périderme se développe incessamment et forme ces feuillets blancs et nacrés que l’on prend à tort pour des feuillets épidermiques ; jeunes rameaux grêles, pendants, dont l’épiderme est rougeâtre et couvert de verrues blanches ; feuilles subtriangulaires, acuminées, irrégulièrement dentées en scie, glabres et d’un vert clair sur les deux faces. Chatons mâles géminés, cylindriques : fleurs à 6 écailles soudées et à 6 étamines ; chatons femelles solitaires , grêles , pendants , cylindriques , à écailles trilobées , recouvrant trois fleurs; ovaire surmonté de deux stigmates; fruit : samare uniloculaire , monosperme.

L’écorce du Bouleau blanc et celle de l’Aulne commun (A Inas glutinosa Gærtn.) renferment du tannin et peuvent être employées en décoction , comme astringentes.

BALSAMIFLUEES.

La partie cellulaire de l’écorce de Bouleau blanc renferme de la fécule , et constitue ainsi une ressource précieuse pour les Kamtcliadales et les Samoyèdes, qui la broient et la mêlent à leurs aliments.

Les feuilles du Bouleau sont amères ; elle ont été recommandées comme vermifuges et diurétiques. La sève du Bouleau est sucrée et fournit une boisson alcoolique, par fermentation. On retire de l’écorce de Bouleau une huile pyrogénée, qui donne aux cuirs de Russie leur odeur et leur souplesse.

BALSÀMIFLUÉES.

Cette famille est formée par le seul genre Liquidambar L. > M. Brongniart la met dans sa classe des Hamamélidées, et M. Al. Braun la range parmi les Juliflorœ d’Endlicher, dans la famille des Bucklandiacées , voisine des Hamamélidées. Elle offre les caractères suivants : arbres monoïques à feuilles alternes, palmatilobées , mu^ nies de stipules caduques ; fleurs mâles sans périanthe, nues, offrant un très-grand nombre d’étamines , et disposées en petites grappes rameuses ; fleurs femelles en chatons globuleux , composés d’écailles inégales , dont l’aisselle présente un ovaire biloculaire et polysperme, surmonté par deux styles subulés. Le fruit est formé par les

APÉTALES DICLINËS ANGIOSPERMES.

écailles soudées et endurcies , recouvrant des capsules obconiques , bilobées, à graines comprimées et membraneuses.

On connaît plusieurs espèces de Liquidambar ; deux ou trois fournissent des sucs résineux et balsamiques.

Le Liquidambar d’Amérique (Liquidambar styraciflua L. , fig. 474) est un grand arbre de la Louisiane et du Mexique , où on l’appelle Copalme.

Le baume en découle par des incisions faites à l’arbre ; on le reçoit dans des vases, où il se sépare en deux parties : une liquide , transparente , ambrée , d’une odeur forte analogue à celle du styrax liquide, mais plus agréable, d’une saveur âcre et aromatique : c’est I’Huile de Liquidambar ou Liquidambar liquide ; l’autre opaque , blanchâtre, d’une odeur moins forte, d’une saveur parfumée, douce, mais un peu âcre : c’est le Liquidambar mou ou blanc.

Le premier renferme beaucoup d’acide benzoïque ; aussi rougit-il fortement le papier de tournesol.

Le second ressemble à de la poix molle ; il se solidifie à la longue, devient transparent, mais presque inodore et sert alors à falsifier le baume de Tolu. Son goût de styrax et son amertume doivent l’en faire distinguer.

Ce liquidambar renferme aussi de l’acide benzoïque.

On l’obtient encore en recueillant le baume, qui a coulé sur l’arbre et s’est épaissi â l’air. Ce serait donc une sorte de Galipot.

Liquidambar oriental (Liquidambar orientale Mill.). Cet arbre habite l’île de Chypre et l’Asie-Mineure ; il diffère du précédent par ses feuilles plus petites , à lobes plus courts , dépourvues de poils dans les aisselles des nervures , et par ses fruits plus petits, non hérissés. On suppose qu’il produit le Styrax liquide ; mais cette substance paraît devoir être plutôt attribuée au L. Altingiana Blume , arbre gigantesque de Java, de l’Asie et de Nouvelle- Guinée , qui porte , dans ces divers pays , les noms de Rosa mallos , de Rassamala etc.

Selon Petiver, on pile l’écorce de l’arbre , on la fait bouillir dans de l’eau de mer, et on recueille le baume qui surnage.

Le styrax liquide du commerce est mou, tenace, grisâtre, terne ; son odeur est forte et désagréable, sa saveur aromatique, sans âcreté. Il est formé par un mélange de stvrol, de styracine, d’acide cinnamique et de plusieurs matières résineuses. Quand on le conserve longtemps, il s’en sépare parfois une matière résineuse brune, qui le surmonte et se recouvre d’une efflorescence d’acide cinnamique. Get acide paraît résulter de la décomposition d’une résine cristalline, nommée Styracine , dont la formule représente de l’acide cinnamique, plus un nouveau corps appelé Styrone.

JUGLANDÉES.

En distillant du styrax avec de l’eau additionnée de carbonate de soude, M. Simon a obtenu une huile essentielle , qu’il a nommée Sfyrol , et qui est isomérique avec le cinnamène. Le résidu de la distillation renfermait de la styracine et du cinnamate de soude dissous.

Le styrax est à peine soluble dans l’alcool froid ; on doit, autant que possible, le choisir exempt d’impuretés, ce qu’il est facile de constater en le traitant par l’alcool bouillant, qui le dissout complètement.

Il entre dans la composition de Yemplâtre et de Yonguent styrax et dans Yemplâtre mercuriel de Vigo. On a proposé de l’employer aux même usages que le Copahu, dont il paraît ne pas laisser les dégoûts.

JUGLANDÉES.

Noyer ( Juglans regia L.). Arbre originaire de la Perse, à feuilles alternes, articulées, imparipinnées, et à folioles ovales, entières, acuminées, presque sessiles ; fleurs monoïques (fig. 475) : les mâles disposées en chatons simples , pendants , et composées d’un périanthe à 5 ou 6 écailles soudées , enfermant 15 à 30 étamines subsessiles ; les femelles rassemblées, au nombre de 2-3, au sommet des jeunes rameaux, composées d’un involucre à 4 lobes courts , d’un périanthe simple à 4 divisions plus grandes , et d’un ovaire infère , surmonté par deux stigmates papilleux , allongés et réfléchis ; fruit : drupe sèche (Noix) à noyau ligneux et bivalve ; embryon ajpérispermé à cotylédons bilobés , sinueux et bosselés, à radicule supère, très-courte ; gemmule à feuilles pennées.

On extrait de la noix, par expression, une huile jaunâtre , siccative, agréable, quand elle est récente , souvent alors employée dans l’économie domestique , mais qui rancit facilement.

L’écorce interne du Noyer commun est, dit-on, purgative; celle du Juglans cinerea Willd. (J. cathartica Michx) et celle du J. nigra L. sont plus actives et (*)

(*) A) Fleur mâle. — B) Fleurs femelles. — - C) ï leur femelle coupée longitudinalement.

100 APÉTALES DTCLINES ANGIOSPERMES.

même vésicantes. Aux États-Unis, où cette écorce est très-employée comme purgative, on l’administre sous forme de décocté ou d’extrait.

Le brou de noix a été fort recommandé comme anthelmintique , antisyphilitique, astringent, et surtout contre la scrofulose.

Les feuilles de Noyer jouissent des mêmes propriétés. L’action en est lente, mais durable. On les emploie à l’extérieur, sous forme de décocté, de collyre, de pommade; à l’intérieur, sous forme d’infusé, de sirop, de vin et d’extrait. Dans ces dernières années, on a annoncé plusieurs cas de guérison de la pustule maligne, par l’application des feuilles fraîches de Noyer.

Les feuilles et le brou paraissent renfermer les mêmes principes; on y a trouvé une huile volatile , du tannin précipitant en vert les sels de fer, et un principe âcre , amer, que l’oxygène noircit et rend insoluble dans l’eau.

Cl) PU Ll FÈRES.

Chênes (g. Quercus L.). Arbres ou arbrisseaux à fleurs monoïques : les mâles , en chatons grêles , pendants , formées chacune d’un périanthe à 5-6 divisions inégales, ciliées, soudées à la hase, et de 6 â 8 étamines ; les femelles , solitaires ou réunies en petit

nombre, sur un pédoncule commun, entourées chacune d’un involucre hémisphérique, composé d’écailles très-petites et imbriquées ; périanthe à six lobes obtus, ovaire infère, triloculaire, à loges biovulées ; ovules anatropes ; style court , terminé par trois stigmates charnus, étalés , obtus. Le fruit est uniloculaire et monosperme ; c’est un gland ovale (fig. 476) ou oblong , inclus à sa base dans une cupule (involucre) ligneuse.

Les loges primitives et leurs ovules sonttrès-rappetissés, par le développement d’une seule graine, mais n’ont pourtant pas disparu complètement et l’on retrouve encore leurs traces.

Ce genre renferme un certain nombre d’espèces utiles.

Les fruits du Chêne-liége ( Quercus Suber L.), du Chêne blanc (Q. cdba L.), du Chêne à glands doux (Q. Ballotci Desf.), de (*) f/7) Gland, cp) Cupule.

Fig. 47G. — Gland du Chêne Vêlani (*).

CUPULIFÈRES.

l’Yeuse (Q. Ilex L.) etc. sont comestibles, et renferment un sucre particulier, la Querelle (G12 H12 O10) ; torréfiés et moulus , ces fruits constituent le Café de glands doux.

L’écorce des Chênes âgés de 20 à 30 ans est employée comme astringente, à cause du tannin qu’elle renferme.

Nous avons déjà étudié (t. I , p. 156 et suiv.) les excroissances ou Galles , que l’on trouve sur leurs branches ou sur leurs feuilles.

Les cupules des fruits mûrs (Vélanèdes) du Chêne Vélani (Q. Ægilops L.) servent dans le tannage des cuirs et dans la teinture en noir. Les jeunes fruits du même arbre sont, dit-on, plus estimés et connus sous le nom de Petit Vélani. Le Quercitron (Q. tinctoria Mich.) confient un principe colorant , nommé Quercitrin , Quercitrine (Ghevreul), ou Acide Q uer citrique. Ge principe, que l’on retrouve dans un grand nombre de plantes, est, selon M. Rigaud , un glucoside que les acides étendus dédoublent en glucose et en une autre substance jaune citron, appelée Quercitine.

La famille des Cupulifères renferme, entre autres végétaux utiles, le Noisetier ( Corylus Avellana L.), le Châtaignier (. Fagus Casta nea L., Castanea vulgaris Lamk.),le Hêtre ( Fagus sylvatica L.)etc.

Les Faînes, ou fruits du Hêtre, fournissent par expression une huile très-épaisse, d’un jaune clair, inodore et de saveur fade ; cette huile est employée, pour l’éclairage et comme aliment, dans certaines parties de l’est de la France et du nord de l’Allemagne.

APÉTALES DICLIAES ANGIOSPERMES

NON AMENTIFÈRES.

Graines

apérispermées ; ovaire. . .

perisper- - niées ; fruit. . .

monoïques ou dioïques ; feuilles alternes; suc lai- [ uniloculaire; ] teux

fl OUI* S \ 4 f

' * 1 dioïques; feuilles opposées

(au moins les inférieures) ; suc aqueux

biloculaire ; fleurs polygames ; 1-2 ovules pendants ; suc aqueux

indéhiscent; ovaire uniloculaire , monosperme ; ovule

déhiscent ; ovaire. . .

dressé, orthotrope; feuilles opposées ou alternes ; suc aqueux

pendant , camp u lit r ope; feuilles alternes; suc laiteux

uniloculaire , monosperme ; graine dressée , pourvue d’un arillode charnu; périsperme dur, marbré ; étamines monadelphes , à déhiscence longitudinale . . .

triloculaire ; loges 1-2 -ovulées ; graines pendantes ; périsperme charnu ; étamines libres ou soudées . .

Artocarpées.

Cannabinèes.

Ulmacées.

UrticEes,

MORÉES.

Myristicées.

EuphorbiacÆes.

APÉTALES RICLÏNES ANGIOSPERMES.

Les botanistes modernes réunissent, en général, dans une même classe (Urticinées Brongniart), les Artocarpées , les Cannabinêes , les Ulmacées , les Urticées et les Morées.

Chacune de ces familles renferme peu de genres importants, au point de vue médical; aussi croyons-nous bien faire en donnant seulement les caractères généraux de la classe et ceux de chacune des plantes utiles qu’elle renferme.

URTICINÉES.

Herbes , sous - arbrisseaux , arbrisseaux parfois grimpants , ou arbres, à suc aqueux ou lactescent; feuilles alternes, plus rarement opposées, toujours stipulées; fleurs monoïques, dioïques ou polygames , solitaires ou réunies diversement : les mâles pourvues d’un périanthe à 3, 4, 5 divisions libres ou soudées, ou simplement placées à l’aisselle d’une écaille ; étamines généralement en même nombre que les divisions du périanthe et opposées à ces divisions ; les femelles composées d’un périanthe de 3, 4, 5 divisions quelquefois inégales, ou d’une bractée simple, enveloppante; ovaire supère, 1- (rarement 2-) loculaire, surmonté par 1 , 2 ou 5 stigmates; ovule unique, péri- ou apérispermé, pendant, rarement dressé, orthotrope ou campylotrope , embryon quelquefois droit, plus souvent courbe ou enroulé sur lui-même. Le fruit est une samare , une drupe ou un akène, tantôt libre, tantôt enveloppé par le périanthe ou par le réceptacle, qui deviennent charnus.

ULMACÉES»

Orme champêtre ( Ulmus campestris L.). Arbre à feuilles alternes, distiques, ovales-aiguës , serretées; fleurs hermaphrodites: périanthe campanulé à cinq divisions, cinq étamines opposées à ces divisions ; ovaire biloculaire , surmonté par deux styles étalés et papilleux; ovules pendants, anatropes ; le fruit est une samare uniloculaire et monosperme, par avortement.

L’écorce intérieure de l’Orme est âpre et amère ; elle a été préconisée contre les maladies de la peau , et comme antisyphilitique , sous le nom d 'Écorce cl’ Orme pyramidal (inusité).

Celle des U. fulva Mich. et americana L., qui croissent en Amérique , est très-riche en mucilage et sert à faire des cataplasmes , ainsi que des gelées nourrissantes. Les Américains la réduisent en une sorte de farine, qu’ils emploient dans un grand nombre de maladies inflammatoires.

Le Planera Abelicea Schultes, de Crête, fournit un bois aromatique , jadis exporté sous le nom de Faux-Santal .

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