‹ Nouveaux éléments d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 11 sur 74 · URTICÉES · texte numérisé non relu

URTICÉES

Ortie griéche ( Urtiea urens L.). Plante annuelle, à feuilles opposées, ovales, dentées, longuement pétiolées; fleurs monoïques, en grappes axillaires : les mâles ont un périanthe à 4 divisions étalées , et 4 étamines à filets infléchis pendant l’estivation , puis redressés et opposés aux divisions du périanthe; les femelles ont un périanthe à 4 divisions, dont 2 grandes , appliquées l’une contre l’autre , 2 plus petites étalées; ovaire uniloculaire et monosperme; stigmate sessile à divisions en pinceau; ovule dressé, ortKotrope, à périsperme charnu.

Grande Ortie ( Urtiea clioica L.). Tige haute de 50 à 100 centim., pubescente, à feuilles opposées, cordiformes, allongées , dentées ; fleurs dioïques, en grappes pendantes.

Ces deux espèces ont été vantées comme diurétiques et contre les hémoptysies.

L’Ortie grièche est quelquefois employée pour produire l’urtication , sorte de révulsion cutanée , que l’on peut déterminer, d’ailleurs , avec toutes les espèces d’Ortie. Cette action, que tout le monde connaît, est due à la présence de poils , dont l’intérieur est rempli d’un liquide âcre et caustique. Ces poils (fig. 477), comme la plupart des poils urticants , sont formés par une cellule conique, longue et raide, dont la base est dilatée en bulbe , et dont le sommet se termine par une sorte de petite ampoule, quelquefois un peu réfléchie. Le bouton terminal s’introduit sous la peau et y reste , tandis que le liquide se déverse dans la petite plaie, d’où une cause d’irritation double. Certaines Orties de l’Inde sont tellement irritantes , que leurs piqûres peuvent amener des accidents graves.

Le suc des Orties renferme de l’acide formique libre.

Pariétaire ( Parietaria offîdnalis L. , fig. 478). Tige ramifiée dès la base, rougeâtre, à feuilles alternes, pétiolées, ovales-aiguës , rudes et velues, un peu luisantes; fleurs poly- (*)

Fig. 477. — Poil d’Ortie d’après Ducliartre (*;.

(*) A: a, b) support du poil; b , b) poil unicellulaire, dont la base renflée est invaginée dans le sommet <^u support. — R. Extrémité supérieure du poil plus grossie.

APÉTALES DIOLTNES ANGIOSPERMES.

Fig1. 478. — Pariétaire officinale , d’après Moquin-Tandon.

Chanvre cultivé {Cannabis sativa L.) et Chanvre indien (C,

inclica Lamk.). Ces deux plantes paraissent être des variétés d’une meme espèce, la première peut acquérir i à 2 mètres de hauteur ; la deuxième atteint à peine 1 mètre ou même beaucoup moins, et sa tige est plus rameuse.

Herbes annuelles et dioïques à tige effdée , droite, rude; feuilles alternes au sommet de la tige, opposées dans le bas, palmatiséquées, à lobes aigus et serretés. Les pieds mâles sont plus grêles que les pieds femelles et appelés Chanvre femelle ; leurs fleurs sont disposées en grappes, à l’aisselle des feuilles supérieures; elles se composent d’un périanthe à 5 divisions profondes, et de 5 étamines opposées à ces divisions, dressées et à filets courts. Les pieds femelles

games, axillaires, réunies par trois dans un petit involucre ; périanthe tubuleux à 4 divisions ; 4 étamines opposées à ces divisions , et à fdets infléchis pendant l’es* tivation ; ovaire libre, surmonté par un stigmate en pinceau ; fruit : akène inclus dans le périanthe persistant.

La Pariétaire croît dans les fentes et au pied des vieux murs ; elle recherche les endroits nitrés; aussi renferme -t -elle du sel de nitre, auquel elle doit ses propriétés diurétiques.

On l’administre en décoction ou sous forme de suc.

CANNABINÉES.

(fig. 479), plus grands et appelés Chanvre mâle , ont leurs fleurs réunies en groupes serrés, à l’aisselle des feuilles supérieures ; ces fleurs sont composées d’un ovaire uniloculaire et monosperme , sur-

Fig. 479. — Chanvre femelle.

monté par deux styles dressés, et environné par une bractée fendue sur un de ses côtés. Le fruit est un akène lisse et crustacé ; on le connaît sous le nom de Chênevis .

Le Chanvre exhale une odeur forte et désagréable, qui détermine de violents maux de tête. Cette plante n’est guère cultivée en Europe, que pour ses fibres corticales ; mais, en Orient et dans le nord de l’Afrique, on l’emploie sous diverses formes, comme inébriant- Les Arabes en fument les sommités, sous le nom de Haschisch ou de Kif ; en Orient, elles sont vendues sous le nom de Gunjah ou de Bançf. En faisant bouillir les sommités fraîches avec du beurre , on

APÉTALES D1CLINES ANGIOSPERMES.

obtient une préparation onguentiforme et verdâtre , qui , mêlée à diverses matières aromatiques, quelquefois même à des Cantharides, constitue le Daivamesc.

Il exsude de la plante une matière résinêuse, appelée Haschischine ou Cannabine , que l’on obtient en promenant des lanières de cuir sur les plantes, ou en exprimant le Chanvre pilé, dans une toile grossière.

La résine s’attache au cuir ou à la toile ; on en forme de petites boules, nommées Churrus , Cher ris , Monicea.

Cette résine est d’un vert brunâtre foncé ; son odeur est nauséeuse et aromatique, sa saveur poivrée, âcre et tenace. Elle est soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles fixes et volatiles, les corps gras; insoluble dans l’eau et dans l’alcool affaibli.

La Cannabine est le principe actif du chanvre , dont elle a le goût et l’odeur.

Selon M. Personne, elle agit à la dose de 5 à 15 centigrammes; à la dose de 1 gramme, les symptômes sont d’une extrême intensité et persistent pendant plusieurs jours , sans produire d’intoxication. On l’a préconisée dans une foule de maladies ; mais c’est surtout contre les névroses qu’elle semble appelée à donner de bons résultats.

M. Personne a extrait du Chanvre , par distillation , une huile volatile qu’il a appelée Cannabène (C36 H20). Cette huile est plus légère que l’eau , d’une odeur de Chanvre étourdissante et fl’une couleur ambrée foncée; elle se congèle entre + 12° et + 15°. Quand on la respire, on ressent un frémissement singulier, un besoin extraordinaire de locomotion ; cet état est suivi d’abattement et quelquefois de syncope. Son action est d’ailleurs assez fugitive et semblable à celle que détermine nne ivresse légère.

Houblon ( Humulus Lupulus L.). Plante dioïque à tige volubile, anguleuse et rude; feuilles opposées, palmatilobées , rudes, à 3-5 lobes dentés, pourvues de stipules larges, striées, quelquefois bifides; fleurs mâles disposées en petites panicules au sommet des rameaux, et offrant la même organisation que celles du Chanvre; fleurs femelles placées à l’aisselle d’écailles imbriquées, dont l’ensemble forme un cône membraneux ; chaque écaille recouvre deux fleurs , et celles-ci se composent d’une bractée à fente unilatérale , entourant un ovaire surmonté par deux stigmates. Le fruit est un akène monosperme , enveloppé dans la bractée persistante et pourvu d’un embryon recourbé.

Les cônes du Houblon (fig. 480) sont la partie la plus employée de cette plante ; ils entrent dans la fabrication de la bière, à laquelle ils communiquent leur arôme et leur amertume. On les prescrit ,

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