CANNA BINE ES
Fia1. 480. — Cône de Houblon *
suas forme d’infusion, comme toniques et amers. Ils doivent leurs propriétés à une substance particulière, connue sous le nom de Lupulin , que l’on obtient en froissant les cônes sur un grand papier, et passant la poussière obtenue à travers un tamis de soie.
Le lupulin est sous forme de grains d’un jaune verdâtre à l’état frais , et d’un jaune d’or à l’état sec. Cette substance a été, pour M. Personne, l’objet d’un excellent travail , que nous allons analyser.
Le lupulin se développe sur les ovaires , sur les bractées , sur les feuilles , sur les stipules et meme sur la tige du Houblon ; mais il n’acquiert son complet développement que sur l’ovaire et sur les écailles du cône. Sur divers points de ces organes, on voit (fig. 481) une cellule épidermique (a) faire saillie, s’allonger, puis se diviser transversalement ( b ); la cellule inférieure se sépare de la portion épidermique, par une cloison , et constitue une sorte de pédicule à la cellule supérieure.
Celle-ci se renfle , s’élargit et se remplit d’une matière granuleuse , qui se divise en deux, puis en quatre parties , successivement séparées par une cloison perpendiculaire (c). La cellule supérieure est donc divisée en
quatre cellules juxtaposées, comme les segments d’une circonférence. Chacune de ces dernières se sectionne à son tour, par la formation de cloisons nouvelles, dont la plupart sont parallèles au rayon , et l’ensemble de ces cellules constitue une sorte de disque , d’abord plat, mais dont les bords se relèvent ensuite en une cupule. Celle-ci (d) est donc composée par une seule couche de cellules recouvertes par la cuticule , comme celles de l’épiderme , dont elles procèdent. Quand le lupulin est arrivé à ce degré d’organisation , ses cellules sécrètent un liquide jauné , qui s’épanche dans la cavité de la cupule , entre la face externe des cellules et la cuticule qui les recouvre. La cuticule, ainsi soulevée peu à peu, finit par dépasser le bord supérieur de la cupule ( e ) et forme une
Fig. 481. — Lupuline , d’après Moquin-TancTon.
108 APÉTALES DICLINES ANGIOSPERMES.
sorte de cône intérieur. Le lupulin est alors assez semblable à un gland.
En soumettant le lupulin à l’analyse chimique , M. Personne y a rencontré : 1° de l’acide valérianique ; 2° une huile essentielle (G22 H18 O2), qui est un mélange de Valérol et d’un hydrocarbure à odeur de Thym, isomère du Bornèène et de l’essence de térébenthine ; 3° une matière amère , très-instable et de nature azotée , la Lupuline ; 4° une résine, qui forme environ les deux tiers du lupulin ; 5° de la cire analogue par ses propriétés à la cérosie etc.
L’huile essentielle est verte , plus légère que l’eau et plus ou moins fluide , selon l’état du lupulin qui l’a fournie.
Selon M. G. Pelletan, le principe amer du lupulin serait la Lupu - Vite , substance blanche ou jaunâtre et opaque, ou d’un rouge jaunâtre et transparente, incristallisable , inodore, d’une amertume semblable à celle du Houblon. La lupulite est soluble dans l’eau et dans l’alcool , peu soluble dans l’éther, n’attaque pas les couleurs végétales , est inaltérable par les acides et par les alcalis étendus. Selon M. Liebig, elle ne contient pas d’azote et, par la distillation sèche , ne produit pas d’ammoniaque.
Le lupulin agit comme tonique , et peut-être aussi comme narcotique ; il exerce une action sédative sur les organes de la génération ; aussi l’a-t-on préconisé contre les érections douloureuses et les sper matorrhées essentielles. Il est préférable au camphre , en raison de son innocuité. On l’emploie sous forme de saccharure , de teinture , de pilules etc.
«Lermer est parvenu à isoler le principe cristallisable du Houblon; c’est un corps qui jouit de propriétés acides et dont le composé cuivrique serait représenté par Gu O, G32 H25 O. Ge principe est insoluble dans l’eau et sans saveur; sa solution alcoolique n’est pas précipitée par l’eau , et elle possède la saveur amère et particulière de la bière; l’éther, le chloroforme, la sulfure de carbone et l’essence de térébenthine le dissolvent. » (Reveil.)
M. Wagner a pensé que le tannin du Houblon est de V Acide Mo rintannique , et a signalé , en outre , dans cette plante , une matière colorante jaune (Quercitrin) .
Le Houblon acquiert, en vieillissant, une odeur désagréable, due à la transformation du valérol en acide valérianique ; aussi est-il indispensable de ne pas conserver les cônes au delà de un ou au plus deux ans; le valérol se transformant en acide valérianiqüe , sous l’influence de l’oxygène de l’air.
MOU f ES.
MORÉES.
Mûrier noir ( Munis nigra L). Arbre de 8 à 12 mètres de hauteur , à feuilles alternes, cordiformes , aiguës , dentées, rudes, entières ou lobées ; fleurs monoïques ou dioïques , disposées en épis ovoïdes, pendants ; fleurs mâles : périanthe à 4 divisions conniventes, 4 étamines dressées ; fleurs femelles : périanthe à 4 divisions, dont deux extérieures plus grandes, ovaire supère à deux loges monospermes, surmonté par deux stigmates divergents. Le fruit est un akène entouré par les divisions du périanthe, qui deviennent charnues , se soudent à leurs voisines, et forment ensemble une sorosc (fig. 482), que Ton désigne sous le nom de Mûre. Ces fruits, d’abord rouges, noircissent en mûrissant. On en prépare un sirop légèrement astringent. L’écorce de la racine du Mûrier est âcre, amère, purgative et vermifuge.
Figuier commun ( Ficus Carica L.) Arbre de moyenne grandeur, â feuilles alternes, grandes, épaisses, échancrées en cœur à la base, palmatilobées , à face supérieure verte et luisante, l’inférieure plus pâle , avec des poils rudes ; fleurs réunies dans des réceptacles piriformes, solitaires à l’aisselle des feuilles, brièvement pédonculés et portant à leur sommet arrondi une petite ouverture écailleuse. Les fleurs mâles occupent la partie supérieure des réceptacles ; elles sont composées de 3 étamines et d’un périanthe à 3 divisions. Les femelles garnissent toute la parüeN inférieure et moyenne des réceptacles et présentent un périanthe à 5 divisions, qui entourent un ovaire supère, surmonté d’un style simple â 2 stigmates.
L’inflorescence du Figuier est un sycone (fig. 483). Après la fécondation, les parois de ce sycone deviennent charnues et sucrées, et il prend le nom de Figue.
Les Figues sont mangées à l’état frais ou après avoir été desséchées au soleil. On en trouve dans le commerce trois sortes principales : 1° les figues blanches ou marseillaises, qui sont petites, parfumées et très-sucrées ; 2° les figues Cauvet. xi. 7
Fig. 48o. — Figuè jeune, cptipcc ' longitudinalement.
if
Fig. 482. - Fruit du
Monts nigra.
APÉTALES D1CLINES ANGIOSPERMES.
grasses y qui sont très-grosses , jaunâtres et visqueuses ; 3° les figues violettes y qui sont moins grosses et de couleur violacée; ces dernières se conservent bien et constituent l’espèce médicinale. On emploie quelquefois aussi la figue grasse; les unes et les autres, d’ailleurs, sont réputées béchiques; réunies aux dattes, aux raisins secs et aux jujubes, elles constituent les espèces, dites des quatre fruits pectoraux.
On mange aussi les fruits de plusieurs autres espèces de Figuiers exotiques ; tels sont : le Sycomore ( Ficus Sycomorus L) , qui croît en Égypte et en Asie-Mineure ; les F. religiosa L. , Benjamin a L. , benghalensis L. etc. , de l’Inde.
L’écorce du Figuier laisse découler , quand on la blesse , un suc blanc, âcre et caustique, dont on se sert pour détruire les verrues. Presque toutes les espèces du genre Ficus sont lactescentes ; on en cite quelques-unes dont le suc est vénéneux ; tels sont, dit-on, les Ficus toxicaria L. et septica Forst.
Le latex de tous ces arbres renferme une quantité plus ou moins grande de caoutchouc; les Ficus : elastica Roxb. , Indica , Lamk. , religiosa L., Badula Willd. , elliptica Kunth., prinoides Willd. , sont ceux qui en fournissent le plus. Comme cette substance est produite surtout par le Siphonia Guianensis A. Juss. , nous en ferons l’histoire en traitant des Euphorbiacées.
Certains Figuiers exotiques se recouvrent d’une matière résineuse, appelée Laque y sous l’influence d’une sorte de Cochenille. Ce sujet a été traité dans la partie zoologique de ce livre (voy. t. I , p. 193).
Getah-Lahoë. Cette substance, que l’on connaît aussi sous le nom de Cire végétale de Sumatra , est une sorte de cire produite par le Ficus cerifera Blume , qui croît à Sumatra. Cette cire est gris-noirâtre en dehors , rose tendre intérieurement , très-poreuse et trèsfragile : ce qui la distingue de la gutta-percha , qui est au contraire très-tenace. Elle peut être malaxée comme la cire d’ Abeilles , conserve les impressions des ongles, et devient douce et polie par le frottement. A l’état brut,. la Getah-Lahoë contient une grande quantité d’eau ayant une odeur mielleuse, des parcelles de feuilles, de tiges etc. Elle devient visqueuse à + 35°, sirupeuse entre 45° et 50°, liquide à 75°. Insoluble à froid dans l’alcool , elle s’y dissout lentement à chaud et s’en précipite, par le refroidissement, sous forme d’une poudre blanche , granuleuse, cristalline, qui fond à -j- 55°. L’éther, le chloroforme et l’essence de térébenthine la dissolvent.
Selon le docteur Bleekrode , auquel nous empruntons les détails ci-dessus, la Getah-Lahoë brûle avec une flamme longue, blanche, très-fuligineuse ; elle promet de devenir un produit impor-
ARTOCARPÉES. Ml
tant, pour la fabrication des bougies, même de celles où la cire entre comme matière première.
Contrayerva officinal (Do rstenia brasiliensis Lam.). Plante du Brésil, à souche pivotante , renflée , terminée inférieurement par une racine beaucoup plus petite , longue et recourbée à son extrémité. De la partie supérieure naissent 3 ou 4 feuilles pétiolées, ovales, crénelées, et 2-3 pédoncules, terminés chacun par un réceptacle orbiculaire , portant des fleurs mâles et femelles juxtaposées (fig. 484) : les mâles à 2 étamines exsertes; les femelles composées d’un ovaire libre, invaginé dans une cavité du réceptacle, que son style bifide dépasse seul.
La racine de Contrayerva est rougeâtre extérieurement, blanche à l’intérieur, de saveur un peu âcre, d’odeur aromatique. Son nom de Contrayerva lui vient de la propriété, qu’on lui attribue, de combattre le venin des Serpents. Elle est inusitée aujourd’hui en France, mais usitée au Brésil. On lui substitue quelquefois la racine tuberculeuse et comme articulée du Dorstenia Contrayerva L. , que sa forme, sa couleur noire et le défaut d’odeur permettent de reconnaître facilement.
ARTOCARPÉES.
Arbre à pain ou Rima ( Artocarpus incisa L.). Arbre à feuilles pinnatilobées, très-grandes, et dont les fruits acquièrent une grosseur considérable et un poids de 20 à 30 kilogr. Les fruits sont verdâtres, tuberculeux extérieurement, charnus, blanchâtres à l’intérieur , et remplis d’une pulpe farineuse , que l’on mange après l’avoir fait cuire au four. M. Bâillon a montré que, dans ces fruits, la partie charnue est formée, non par la soudure d’un grand nombre de fleurs femelles, mais bien par le. réceptacle, qui se relève autour de chaque ovaire, finit par l’envelopper complètement, et même le recouvrir au point que chaque fruit semble enfoui dans la pulpe.
Le Jacquier ( Artocarpus integrifolia L.) fournit aussi un trèsgros fruit comestible.
Les Artocarpées renferment un suc lactescent, qui est surtout remarquable chez deux d’entre elles, en raison de ses propriétés bien différentes.
Arbre à la vache ( Brosimum Galactodendron Don , Galacto dendron utile H. K.). Cet arbre croît dans la Colombie, sur les côtes arides des Cordillères. Son suc n’est point coagulé par les
Fig. 484. — Fleurs mâles et femelles du Dorste?iia brasiliensis , d’après Guibourt.
APÉTALES DICLINES ANGIOSPERMES.
acides ni par l’alcool; étant évaporé, il laisse un résidu blanc, qui, sous l’influence d’une douce chaleur, se sépare en deux parties : l’une grasse , fusible à 60°, assez- semblable à la cire d’ Abeilles ; l’autre molle, infusible, azotée , formée de fibrine et d’albumine.
O11 a donné le même nom à plusieurs espèces de Ficus et d ’Arto car pus , et à une Apocynée, le Taberyiœmontana utilis Smith, qui croît à la Guyane.
Bolion Upas, ïpo ou Antiar (Antiaris toxicaria Lescli.). Arbre de Java, duquel on retire par incision un suc très-abondant, visqueux et résineux, blanc ou jaune, selon qu’on l’extrait des jeunes branches ou du tronc. Ce suc, mêlé à diverses substances aromatiques et âcres, constitue Y Upas antiar , poison terrible, dont les Javanais se servent pour empoisonner leurs armes.
L’antiar est brun-rougeâtre , et d’une saveur âcre , très-amère , suivie d’une sensation d’engourdissement de la langue. Tl s’émulsionne dans l’eau et s’altère facilement à l’air ; en masse, il a l’apparence et la consistance de la cire. Il provoque le tétanos et amène la mort. Le principe actif de l’upas-antiar paraît être Y Antiar inc , substance neutre, inodore, en lamelles blanches nacrées, peu soluble dans l’eau, plus soluble dans l’étlier, soluble sans altération dans les acides azotique et chlorhydrique , colorée en brun par l’acide sulfurique. Une petite quantité d’antiarine, appliquée sur une plaie, détermine des vomissements, des convulsions et enfin la mort (Pelouze).
ë U P H 0 R B I ACÉ ES,
Herbes', arbustes ou arbres , à suc le* plus souvent laiteux et trèsirritant; feuilles alternes, quelquefois opposées , ordinairement simples, souvent pourvues de stipules. Fleurs unisexuées , monoïques ou dioïques, solitaires ou disposées en inflorescences axillaires o u terminales et de formes très-variées. Quelquefois ( Euphorbia ) , les Heurs mâles et femelles sont réunies dans un involucre commun , et leur ensemble figure une fleur hermaphrodite. Le périanthe est à 3, 4, 5 ou 6 divisions pourvues d’appendices écailleux ou glanduleux. La corolle, quand elle existe, ce qui est rare , est régulière et gamopétale ou. polypétale. Les étamines sont en nombre déterminé ou indéterminé , libres ou soudées par leurs filets ; les anthères sont biloculaires et didymes, rarement triloculaires ( Pachij sternon). L’ovaire est toujours supère , sessile ou pédicellé, triloculaire, rarement bi- multiloculaire. Chaque loge renferme 1 ou 2 ovules anatropes, collatéraux, pendants, et est surmontée par un style à stigmate bi- ou multifide. Le fruit est une capsule, plus rarement une drupe ; sa déhiscence s’effectue d’ordinaire en trois
EüPHORBIACÉES. 113
coques bivalves, élastiques, laissant après leur chute une columelle centrale , qui porte souvent les cloisons persistantes.
Depuis la publication de la Monographie des Euphorhiacées , par Ad. de Jussieu, cette famille s’est beaucoup accrue, et plusieurs botanistes distingués en ont proposé de nouvelles divisions systématiques. Voici celle que M. J. Müller vient de publier dans le Prodromus. L’auteur n’y range pas les Buæacêes , dont Ad. de Jussieu avait fait une tribu des Euphorhiacées. Le genre Bnxns , type de cette petite famille , renferme une plante assez peu usitée , le Buis ( Buxus sempervirens L.) : nous en donnerons les caractères à la fin de la famille , dont on* l’a retiré.
I. Euphorhiacées stênolohées. — Cotylédons semi-cylindriques, n’étant pas sensiblement
ou à peine plus larges que la radicule, et beaucoup plus étroits que l’albumen. Plantes de la Nouvelle-Hollande et de la terre Van-Diemen, le plus souvent sousfructescentes et angustifoliées :
1° Ovaire à loges bi-ovulées ; calice mâle à estivation :
quinconciale 1° CALÉTIÉES. — ( Caletia J. Müll.).
2° Ovaire à loges uni-ovulêes ; calice mâle à estivation :
quinconciale 2° RlCXNOCARPÉES. — ( Ricinocarpus J. M.).
valvaire 3° AmpÉRÉES. — ( Arnperea Ad. de Juss.).
II. Euphorhiacées platylohées. — Cotylédons plans, beaucoup plus larges que la radicule
et d’une largeur presque égale à celle de l’albumen :
1° Loges bi-ovulées ; fleur mâle à estivation :
quinconciale 4° PHYLLANTHÉES. — {Phyllanthus J. Müll.).
valvaire 5o BRIEDÉ LIÉES. — {Briedelia Wild.),
2 o Loges uni-ovulées :
A. Anthères infléchies pendant la préfloraison ; estivation :
quinconciale Go CROTOSÉES. — ( Oroton J. Müll.),
B. Anthères dressées pendant la préfloraison :
d) fleurs situées à l’aisselle des bractées ou dans un involucre ; involucres unisexués ; estivation :
valvaire 7o AcalyphéES. — ( Hevea Aubl. , Crozo-
phora Neck. , Mercurialis Tourn. , Acalypha L. , Ricinus Tourn.).
quinconciale . . 8« Hippomanées. — (Manihot Plum., Ja -
tropha L., Hura L. , Hippomane L.).
h) fleurs mâles et femelles réunies dans un même involucre :
estivation valvaire; iuvolucre comprimé, diphylle ; fleurs mâles po-
lyandres . . . 9o DalÉCHAMPIÉES. — {Dalechavipia PI,).
estivation du calice mâle (très-rarement développé) quinconciale ; involucre caliciforme, non comprimé;
fleurs mâles monandres , . . 10o EuphorbiéES, — ( Euphorhia L.).
g. Euphorhia L.
Fleurs en apparence hermaphrodites, composées d’un involucre campanulé , que terminent 4 ou 5 divisions aiguës, dressées ou incurvées, alternant avec 4 ou 5 divisions déjetées à l’extérieur, visqueuses et de nature glandulaire. Au fond de l’involucre s’attache un ovaire triloculaire , pédicellé, surmonté par 3 styles à stigmate bifide. Autour de cet ovaire, se trouvent 8 à 12 étamines situées chacune à l’aisselle d’une écaille, et dont le filet est divisé, par une
APÉTALES DICLTNES ANGIOSPERMES.
articulation, en deux parties inégales : on considère généralement la partie supérieure de chaque étamine comme un fdet, et la partie inférieure comme le pédicelle d’une fleur monandre.
Le pédicelle staminifère porte quelquefois à son sommet trois divisions, que l’on a prises pour un périanthe.
Linné regardait les Euphorbes comme hermaphrodites et les plaçait dans sa dodécandrie trigynie. Cette opinion fut combattue par Ad. de Jussieu et Rob. Brown. En effet : 1° la présence d’une écaille à la base de l’étamine ; 2° la structure du fdet ; 3° la longueur du pédicelle qui porte le pistil ; 4° enfin l’étude des autres genres de la même famille, dont les fleurs sont toujours unisexuées, semblent permettre de voir dans cet assemblage d’un pistil et de douze étamines , au sein d’un même involucre , la réunion de douze fleurs mâles entourant une fleur femelle.
M. Bâillon pense , au contraire, que les Euphorbes sont réellement hermaphrodites, car l’articulation des filets staminaux est ultérieure à la formation de ces filets; d’autre part, les étamines se montrent longtemps avant les écailles placées à leur base, et ne peuvent être axillaires à des organes dus à une production plus tardive.
La tige des Euphorbes est tantôt charnue , anguleuse, aphylle et spinescente , tantôt et plus souvent fructescente ou herbacée , cylindrique , à feuilles alternes, rarement opposées ou verticillées. Leurs fleurs sont solitaires ou disposées en cvmes constituant des sortes d’ombelles plus ou moins ramifiées.
Toutes les Euphorbes contiennent un suc lactescent, âcre et souvent caustique. Celui que l’on connaît sous le nom de Gomme-résine cT Euphorbe, est extrêmement actif; il découle spontanément ou par incision des Euphorbia : antiquorum L., canariensis L. , officinarum L.
Ces plantes se distingent aux caractères suivants :
Euphorbe des Anciens ( Euph . antiquorum L.) : tige articulée, triangulaire, plus rarement quadrangulaire ; fleurs pédonculéeSy renfermant 5 ou 6 étamines. Il croît dans Elude, en Arabie et en Afrique.
Euphorbe des Canaries (Euph. canariensis L.) : tige non articulée, quadrangulaire; fleurs sessiles et rougeâtres. Il croît aux Canaries.
Euphorbe des officines (Euph. officinarum L.) : tige pourvue de 12 à 18 côtes; fleurs presque sessiles et d’un vert jaunâtre. Il croit en Ethiopie.
Les côtes de ces trois espèces d’Euphorbe sont garnies d’épines divergentes, sur lesquelles s’arrête et se concrète le sqc,
EUPHORBIACÉES
Tout porte à croire que la résine d’Euphorbe est fournie surtout par VEuph. canariensis. Cette substance est une céro-résine et non une gomme-résine ; la gomme n’y existe (?) qu’en très-faible quantité et y est remplacée par 14 à 19 °/0 d’une cire, qui semble identique à la cire d’ Abeilles. La résine (40 à 60/100; est d’une âcreté excessive, et paraît en être le principe actif.
La céro-résine d’Euphorbe se présente sous forme de larmes irrégulières , friables , jaunâtres , traversées par un ou deux trous divergents, souvent encore pourvus de l’épine correspondante. Elle est inodore; sa saveur est brûlante et corrosive. Quand on veut • la pulvériser, ou si l’on manie sa poudre sans précaution , elle détermine des éternuements d’une violence extrême. On a essayé de l’employer à l’intérieur; mais elle a provoqué presque toujours des accidents funestes. A l’extérieur, elle est presque aussi vésicante que les Cantharides. Elle entre dans la composition des emplâtres vésicatoires de Janin et de Lecomte. Au reste , elle ne sert plus guère que dans l’hippiatrique.
Les Euphorbes de nos contrées sont également douées , en général , de propriétés énergiques. Les racines d’un certain nombre d’espèces ont été usitées comme succédanées de l’ipécacuanha. Tel est, par exemple, VEuph. Ipecacuanhcc L., que l’on substitue à cette substance, dans certaines parties de l’Amérique.
Les graines de l’Épurge ( Euph . Latliyris , L.) sont purgatives à faible dose ; on en retire par expression une huile fauve clair, fluide, âcre et d’une odeur très-manifeste. Cette huile purge à la dose de 10 à 20 gouttes, mais provoque le vomissement; à l’extérieur, elle est caustique , moins toutefois que l’huile de Croton, à laquelle on ne doit pas la substituer. L’huile d’Épurge se distingue par son insolubilité dans l’alcool, tandis que l’huile de Croton se dissout presque complètement dans ce liquide.
g. Mercurialis , Tourn.
Plantes dioïques, en général; fleurs pourvues d’un périanthe à 3 ou 4 divisions; 10 à 12 étamines exsertes; ovaire à 2 (rarement 3) loges monospermes , surmonté de 2 ou 3 styles , à stigmates bifides. Deux plantes de ce genre sont surtout communes en France.
Mercuriale annuelle ou Foirolle ( Mercurialis annua L. , fig. 485) : tige rameuse ,~ glabre, anguleuse; feuilles opposées, glabres, vertes, serretées , ovales - aiguës , longuement pétiolées ; fleurs dioïques ; les mâles en épis axillaires , longs , dressés , grêles, interrompus ; les femelles géminées, à pédicelles courts; ovaire arrondi, didyme, hérissé,
APÉTALES DICLINES ANGIOSPERMES,
Cette plante est très-commune dans les lieux cultivés ; son odeur est un peu nauséeuse ; le nom de Foirolle lui vient de sa propriété
laxative. Elle constitue la base du miel mercurial et du sirop de longue vie ou mellite de Mercuriale composé.
Mercuriale vivace ( Mer curialis perennis L.) : tige simple , non rameuse ; feuilles constamment pétiolées, ovaleslancéolées , pubérulées , scabres , d’un vert sombre ; fleurs femelles assez longuement pédonculées. Elle croît dans les bois. On la dit plus active que la Mercuriale annuelle.
Cette plante bleuit par la dessiccation, et pourrait être employée aux mêmes usages que la suivante.
Maurelle ( Crozophora fine toria Neck.). Cette plante du Midi de la France, sert à préparer le Tournesol en drapeaux. A cet effet , on trempe, dans le suc des sommités de la Maurelle, des chiffons, que l’on expose aux émanations ammoniacales d’un mélange de chaux et d’urine putréfiée. Sous Fig. 485, — Mercuriale annuelle mâle ^ d’après Cette influence, la couleur verte Moquin Tandon. primitive se transforme en
rouge violacé.
Caoutchouc. La substance de ce nom est surtout fournie par le Hevea Guianensis Aubl. (Siphonia Guianensis Ad. de Jussieu) : arbre haut de 20 mètres environ et à écorce épaisse ; feuilles longuement pétiolées, à 3 folioles coriaces, entières, ovales-cunéiformes , glabres; inflorescence en panicules terminales, courtes, portant à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles ; périanthe simple à 5 divisions ; les mâles cà 5 étamines monadelphes ; les femelles solitaires et terminales, à ovaire pourvu de 3 loges monospermes, surmonté de 3 stigmates sessiles et bilobés ; amande blanche et comestible.
EU PHORBÏ AGEES .
Pour obtenir le caoutchouc, on colle au tronc de l’arbre une sorte de coupe en argile molle , puis on fait une piqûre profonde un peu au-dessus. Le suc découle, tandis que la même opération est répétée sur d’autres arbres; on le recueille ensuite et on l’étend, couche par couche , sur des moules de formes diverses , en ayant le soin de n’appliquer une nouvelle couche , que lorsque la première est sèche. La dessiccation se fait à la fumée produite par la combustion d’une graine oléagineuse. C’est ainsi que l’on fabrique des bouteilles , des souliers etc. D’autres fois , on se contente de couler le suc en plaques, que l’on expose au soleil, ou bien on en fait des sortes de boules, après l’avoir coagulé au moyen du rhum , de l’alun , etc.
Le caoutchouc pur (C8 H7) est blanc, inodore, insipide, mou, flexible, très-élastique, plus léger que l’eau. Examiné au microscope et en lames minces , on le voit rempli de pores quelquefois anostomosés ; aussi, plongé dans l’eau, en absorbe-t-il 26/100 au bout d’un mois. Il est insoluble dans l’eau et dans l’alcool , soluble en partie dans l’éther pur, le sulfure de carbone, le naphte, la benzine etc.; l’eau bouillante le ramollit. Il devient visqueux à 155°, fond à 200° et fournit, par distillation, une huile volatile formée de différents carbures d’hydrogène , et qui est le meilleur dissolvant du caoutchouc. Il brûle avec une flamme blanche , odorante , très-fuligineuse.
En faisant absorber du soufre au caoutchouc, on le vulcanise; il acquiert alors l’avantage de rester flexible , malgré le froid , et de ne pas adhérer aux corps sur lesquels on l’applique. Le caoutchouc sert à préparer des tubes , des instruments de chirurgie, des étoffes imperméables etc.
En exposant l’huile de Lin à une haute température , jusqu’à ce qu’elle forme une glu épaisse, ,et faisant bouillir cette glu pendant plusieurs heures, avec de l’eau acidulée par l’acide azotique, M. Jonas a obtenu une- matière de consistance emplastique qui durcit à l’air. Cette substance offre beaucoup d’analogie avec le caoutchouc , et M. Jonas l’a appelée Caoutchouc des huiles.
Nous avons fait l’histoire du caoutchouc en le rapportant à YHevea Guianensis , mais beaucoup d’autres végétaux en fournissent. Tels sont : le Castilloa elastica Cav. du Mexique ; le Cecropia peltata L., de la Jamaïque; les Ficus : elastica Roxb., Indica Lam., religiosa L., de l’Inde; les Ficus : radula , Wild., elliptica , Kunth, prinoides Willd. , de la Nouvelle-Grenade ; le Vahea gummifera Poir. , de Madagascar; YUrceola elastica Roxb., de Bornéo; YHancornia speciosa Gomes, du Brésil; le Lobelia Caoutchouc Kunt , de Popayan ; enfin, la plupart des espèces du genre Hevea peuvent
APÉTALES DIGLINES ANGIOSPERMES,
en fournir. Le caoutchouc a été employé dans la phthisie , contre là diarrhée et les sueurs; il paraît avoir donné de bons résultats.
g. Jatrôpha L.
Plantes à feuilles lobées ou palmées , à fleurs dioïques disposées en grappes , et pourvues d’un calice et d’une corolle : les mâles ont 10 étamines monadelphes, et les femelles un ovaire à 3 loges monospermes, avec trois styles bifides.
Les plantes de ce genre fournissent des graines oléagineuses et purgatives. Celles du Médicinier cathartique ( Jcttropha Curcas L. , fig. 486), connues sous le nom de Gros Pignon d’Inde ou de
Pignon des Barbades, ont à peu près la même forme que celles du Ricin, mais elles sont plus g randes, noirâtres, unies, sans caroncule , à peine luisantes, munies d’un angle sur les deux faces : celui
Fig. 48G. — Pignon d'Inde.
de l’extérieur beaucoup moins marqué, que celui de la face interne. En Amérique, 3 de ces semences suffisent pour purger. On en extrait une huile incolore, très-fluide, âcre, très-peu soluble dans l’alcool, et qui jadis était mêlée à l’huile de Ricin. Cette huile purge à la dose de 8 à 10 gouttes.
Les semences du Médicinier d’Espagne ( Jcttropha multifida L.) sont grosses comme des avelines, arrondies , avec une ligne saillante au milieu de la face interne. On les appelle Noisettes purgatives. La racine du Jatrôpha opifera , Mart. , connue des Brésiliens, sous le nom d eRaiz de tiuh , est également un purgatif trèsactif (A. Richard.)
g, Manihot, Plumier.
Ce genre diffère des Jatrôpha , par ses fleurs sans corolle et par ses étamines libres. Il renferme deux plantes de propriétés bien différentes ; l’une, Manioc doux ( Manihot Aipi , Pohl), fournit une racine que l’on peut manger comme des Pommes de terre; la racine de l’autre, .Manioc ordinaire ( Manihot utilissima , Pohl), contient un suc très-vénéneux, dont le principe actif est très altérable, volatil, aisément détruit par la fermentation. Selon MM. Boutron et O. Henry, ce principe est de l’acide cyanhydrique ou un corps qui se transforme facilement en cet acide.
EEPHORBIACÉES.
La racine de Manioc est grosse comme le bras et très-féculente; elle constitue l’un des aliments les plus précieux pour les Sud- Américains ; on en fait différentes préparations , connues sous le nom de Couaque , Cassave , Moussache ou Cipipa, Tapiohct etc. La plus usitée est la Farine de Manioc. Pour l’obtenir, on râpe la racine , privée de son écorce , et on en exprime la pulpe , sous une forte presse. Le résidu, séché avec soin et pulvérisé, est la farine de Manioc ; on en fait du pain , en la mêlant à de la farine de Blé.
Le Couaque est la pulpe de Manioc exprimée ou séchée sur des claies , puis passée au crible et enfin légèrement torréfiée. On en prépare des potages.
La Cassave se prépare avec la pulpe exprimée et encore humide, dont on forme des galettes minces, que l’on fait cuire sur des plaques de fer. Cette substance a des qualités plus nutritives que l’Arrow-root et que le Tapioka.
La Moussache est la fécule entraînée par le suc, pendant l’expression de la pulpe. Lavée soigneusement et séchée à l’air, elle se présente ‘sous forme de granules irrégulièrement sphériques, près- .
que égaux entre eux , et plus petits que les plus gros grains d’amidon ; examinés au microscope (fig. 487) , ils présentent un point noir. Si l’on met , sur des plaques chaudes, la moussache lavée et encore humide, ses grains se gonflent , s’agglomèrent en grumeaux irréguliers, durs, élastiques, que Ton connaît sous le nom de Ta pioka. On en fait des potages A l’eau, au lait et au bouillon.
g. Ricinus Tourn.
Ricin commun (Ricinus communis L.). Plante originaire d’Afrique et de l’Inde, que l’on cultive pour ses graines, dans le Midi de la France.
Le Ricin commun est annuel ; sa tige, qui peut atteindre 3 mètres de hauteur, est dressée, cylindrique, rameuse, fistuleuse, glauque ; ses feuilles sont très-grandes, alternes, palmées (d’où le nom de P aima Christi donnée à la plante), peltées, à lobes aigus et serretés, longuement pétiolées; stipule simple , caduque, opposée à la feuille et semi-amplexicaule. Inflorescence oppositifoliée, portant des fleurs
APÉTALES DICLINES ANGIOSPERMES.
mâles à sa base et des fleurs femelles à son sommet ; périanthe à 5 divisions; étamines (fig. 488 A.) polyadelphes, disposées en faisceaux rameux , ovaire (B, G, D) à 3 loges monospermes, hérissé de tubercules à pointe acérée, et surmonté de
Fig. 488. — Étamine et pistil du Ricin.
3 stigmates allongés , bifides, plumeux, d’un rouge obscur.
Les semences (fig, 489-490) sont ovoïdes , convexes du côté externe , aplaties , avec
un angle longitudinal peu saillant du côté interne ; leur surface est généralement lisse et luisante, grise avec des tâches brunes.
Voici, d’après le travail de M. A. Gris, en rapportant les parties existantes à celles que l’on trouve dans l’ovule fécondé ,' quelle est la composition de cette graine. La primine a constitué un testa mince, spongieux, friable, qui persiste rarement sur les graines ; la
secondfne s’est dédoublée en deux parties : la partie extérieure a produit le testa apparent; la partie interne a formé une sorte de tegmen membraneux , mince , blanc , celluleux , d’aspect spongieux. Le nucelle, résorbé peu à peu, ne laisse plus qu’une faible enveloppe jaunâtre, qui recouvre les deux tiers inférieurs du sac embryonnaire, laissant celui-ci émerger au sommet, comme une calotte blanche. Le sac embryonnaire a fourni le périsperme. Du hile part un appendice charnu et renflé (Caroncule), qui recouvre le micropyle , occupe tout l’espace compris entre le micropyle et le hile; et a la forme d’une petite tete. Cette caroncule surmonte un petit espace comprimé en écusson, qui a l’aspect d’un court corselet. La présence de cette proéminence et celle de cette sorte de corselet, jointes à la forme ovoïde arrondie et à la coloration de la graine , communiquent à cette dernière une physionomie spéciale , qui rappelle celle d’un Insecte. On l’a comparée à un Arachnide parasite des Chiens, la Tique ou Ricin , d’où le nom de cette plante.
On trouve , dans le commerce , trois sortes de graines de Ricin : 1° les Ricins d’Amérique (fig. 489), qui sont plus gros, plus foncés, plus âcres , et longs de 14 millim. ; 2° les Ricins de France (fig. 490), qui sont longs de 9 à 10 millim., plus pâles et à marbrures moins prononcées ; 3° les Riciîîs du Sénégal, qui ont la couleur de ceux d’Amérique et la grosseur de ceux de France.
Les graines fie Ricin sont purgatives à la dose de 20 environ. On
EUPHORBIACÉES
en retire par expression une huile presque incolore, transparente, épaisse, d’odeur faible, de saveur fade et nauséeuse, et qui purge à la dose de 15 à 45 grammes. Le résidu de l’expression est beaucoup plus actif que l’huile elle-même, ce qui semble prouver, comme le dit Guibourt, que cette dernière doit sa propriété à un principe qu’elle a dissous pendant l’expression.
Ce principe que — ^c^ns d? Amérique. Fig. 490. — Ricins de France.
I on a tour à tour placé dans l’embryon ou dans l’enveloppe interne de la graine , paraît être répandu dans toutes les parties de l’amande, germe compris.
MM. Bussy et Lecanu pensent que l’âcreté de l’huile de Ricin est due à deux acides gras : Ricinique et Elaïodique ou Ricinolique ((R6 H34 O6), qu’ils y ont découverts. D’autre part, Geiger a trouvé dans les semences 1,91/100 d’une résine brune, unie à un principe amer, qui pourrait bien en être la partie active.
L’huile de Ricin est siccative et soluble dans son volume d’alcool à 95°, ce qui permet d’en reconnaître la falsification à l’aide des huiles fixes. Elle est souvent prescrite en émulsion.
Cette huile vient d’Amérique et de l’Inde ; celle que l’on consomme en France est tirée du midi de la France et de l’Algérie. On a proposé d’en faire d’artificielle, en ajoutant une goutte d’huile de Croton à 30 grammes d’huile d’œillette.
On a proposé également l’emploi de la teinture alcoolique des semences, en place de l’huile ; cette préparation pourrait s’appliquer aussi aux semences de Médicinier, d’Épurge etc.
g. Croton L.
Plantes monoïques ou dioïques, à inflorescence terminale. Fleurs mâles : calice à 5 divisions ; corolle à 5 pétales , alternant avec 5 glandes ; 10 à 20 étamines libres, à anthères apicifixes, infléchies avant l’anthèse. Fleurs femelles apétales : calice 5-lobé, persistant ; ovaire à 3 loges monospermes, surmonté de 3 styles bifides.
Ce genre fournit un certain nombre de produits utiles.
Huile de Croton. Elle est extraite, par expression, des semences d’un arbrisseau des Moluques, à feuilles ovées, glabres, acçuminées, le Croton Tiglium L. (fig. 491) , dont le bois est léger, purgatif et connu sous les noms de Rois purgatif Bois des Moluques ou de Pavane.
APÉTALES DICLINES ANGIOSPERMES.
Fig. 491. — Croton Tiglium , d’après Moquin-Tandon,
lig. 492. — Croton Tiglium,
Le fruit (fig. 492 A) est une capsule glabre, jaunâtre, grosse comme une noisette. Il renferme d’ordinaire 3 semences (B) ovales-oblongues , presque quadrangulaires , couvertes le plus souvent d’une sorte d’écorce jaunâtre, qui doit avoir la môme origine que le véritable testa du Ricin. Le testa apparent est noirâtre et présente deux nervures latérales, saillantes , qui vont du sommet de la graine à sa base , où elles forment deux petites gibbosités caractéristiques.
Ces semences sont connues sous les noms de graines de Tilly , et de Petit pignon d'Incle. L’huile qu’on en retire possède une âcreté
EUPH ORBI AC É ES
considérable, et purge à la dose de 1 ou 2 gouttes. On l’emploie surtout à l’extérieur, comme. un révulsif énergique. Cette huile est tantôt transparente , jaune , fluide , tantôt brune , épaisse , d’une odeur désagréable.
L’huile de Croton est soluble dans l’éther ; l’alcool fort en dissout les 2/3 (résine et huile essentielle) , qui sont purgatifs , et laisse pour résidu une matière grasse, insipide. Elle rougit le tournesol; lorsqu’on l’expose au froid, elle laisse déposer une matière grasse, fusible à 65°, la Crotonarine (Vautherin). M. Schlippe y a signalé la présence des acides Crotonique (C8 H6 O4) et Angélicique , et environ 4 °/° d’un principe rubéfiant, le Crotonol (C18 H14 O4). On attribue assez généralement les propriétés drastiques du Croton à l’acide crotonique.
Écorce de Cascarille. Cette écorce a été longtemps attribuée au Croton Cascarilla L. , arbrisseau qui croît abondamment à Saint-Domingue. La plupart des auteurs modernes, et en particulier Guibourt, pensent qu’elle est produite plutôt par le Cr. Eluthe via Swartz. Au reste, ces deux arbrisseaux se trouvent dans les mêmes régions, et, selon Ach. Richard, ils sont tellement voisins par leurs caractères, que leur distinction est fort difficile.
L’écorce de Cascarille est en fragments roulés , longs d’environ 5 centimètres, moins gros que le petit doigt. Elle est dure, compacte, pesante, tantôt couverte d’une croûte blanche et fendillée, tantôt nue et d’un brun obscur ; sa poudre est également brune ; sa saveur est amère , âcre ; son odeur aromatique et un peu musquée s’exalte quand on la chauffe. Sa cassure est résineuse et finement rayonnée. Elle renferme une résine abondante et une huile volatile verte , d’une odeur suave , plus légère que l’eau. L’écorce de Cascarille est tonique, stimulante et fébrifuge ; on Ta employée contre la dysenterie.
On lui substitue: 1° des débris de quinquina gris : on les reconnaît à leur saveur amère, non aromatique; 2° de la Cascarille blanchâtre, qui est toujours plus grosse que l’écorce vraie, non fendillée, et dont la poudre est blanchâtre; 3° de la Cascarille tèrèbinthacée , qui est encore plus grosse que la précédente, blanchâtre, jaunâtre, ou rouge pâle, et sillonnée; sa poudre est rosée , son odeur térébinthacée ; 4°. V écorce de Copalchi , produite par le Croton Pseudo-China Schlecht. , et qui se présente en tubes droits, cylindriques, souvent roulés les uns dans les autres, peu odorants, et dont la poudre récente a une odeur résineuse. La 2e et la 3e sortes de fausse Cascarille, et d’autres que nous ne décrivons pas , sont sans doute produites par des végétaux très-voisins du C. Elutheria , les Croton : Cascarilla L. , lineare Jacq., micans Swartz, suberosum Kunth , bals ami fer uni L. , etc.
APÉTALES DICLINES ANGIOSPERMES.
Los feuilles des Croton antisyphiliticus Mail, et campeslre Aug. Saint. -Hil. sont employées, au Brésil, en fomentation et en infusion, nomme diurétiques et antisyphilitiques.
On recueille, sur le Croton lacciferum L., une partie de la résine laque , du commerce.
A la Nouvelle-Grenade, on emploie, sous le nom de Malambo , une écorce aromatique d’origine inconnue, et que l’on rapporte soit à un Drymis , soit à un Croton (Croton Malambo Karst.).
L’Arbre à suif de la Chine (Croton sébiferum L. , Stillingia sebifera Willd. ) fournit des semences couvertes d’une matière blanche , sébacée , que l’on en retire par ébullition dans l’eau , et qui sert à faire des chandelles. Onia connaît, sous les noms de Suif végétal et de Suif de la Chine.
L’Aleurite des Moluques (Croton Moluccanum L. , Aleurites ambinux Pers.) produit des graines contenant une grande quantité d’huile; ses fruits sont désignés sous les noms de Noix de Bancoul ou des Moluques.
Quelques autres Euphorbiacées fournissent aussi une huile utilisée dans l’éclairage; tel est, par exemple, l’Arbre à Phuile du Japon (Elæcocca verrucosa Ad. de Juss.), dont les semences renferment •une grande quantité d’huile. Les semences de YAnda Gomesii Ad. de Juss. , sont purgatives ; une seule suffit pour un adulte. On en retire, par expression, une huile transparente, d’un jaune pâle , d’une saveur faible, de la consistance de l’huile d’olives, et qui sert, au Brésil, contre les brûlures. Selon le docteur Ure, elle purge à peu près aux memes doses que l’huile de Ricin.
Agalloche d’Amboine (Excœcaria Agallocha L.). Grand arbre des Moluques, dont le bois ferrugineux, dur, très-fragile, noueux, pesant, compacte et excessivement résineux , s’enflamme facilement et répand une odeur agréable. On le substitue quelque fois au bois d'Aloès. Cet arbre renferme un suc blanc, épais et d’une telle âcreté qu’une goutte, tombant sur la peau, y détermine une inflammation violente. On l’appelle Arbre aveuglant , à cause des propriétés corrosives de ce suc.
Mancenillier (Hippomane Mancenilla L.). Arbre des Antilles, bien connu par les qualités vénéneuses de son suc laiteux ; feuilles ovales, pointues, un peu dentées; fleurs monoïques; les mâles disposées le long d’un axe commun et pourvues d’un périantbe bifide, enfermant 4 étamines monadelphes ; les femelles solitaires ou placées à la base des fleurs mâles , et formées d’un périanthe à 4 divisions, avec un ovaire pluriloculaire à loges monospermes. Le fruit est une drupe assez semblable à une petite pomme, dont la saveur fade et douceâtre, selon Richard, Moquin-Tnndon etc., ne
EUPHORBIACÉES
prémunit pas contre le danger que l’on court en la mangeant. Toutefois, la saveur caustique de ce fruit semble devoir empêcher qu’on la mette un seul instant en contact avec la muqueuse buccale. Peu de temps après qu’on y a mordu, il survient une inflammation intense des lèvres, de la langue et du palais. Le suc du Mancenillier est tellement âcre , qu’une seule goutte tombant sur la peau y détermine la formation d’une ampoule. On a pré l end u que l’ombre de cet arbre est vénéneuse. Jacquin a démontré la fausseté de cette assertion.
Sablier élastique (H tira crépit ans L.). Arbre de l’Amérique , à feuilles alternes, cordiformes, longuement pétiolées ; fleurs monoïques. Les mâles en chatons denses, portées sur un long pédoncule; les femelles solitaires, à ovaire multiloculaire, surmonté d’un style simple à stigmate rayonné.
Dans la plupart des Euphorbiacées, la déhiscence s’effectue avec élasticité; mais, dans Y Eura, elle s’effectue avec détonation , d’où le nom spécifique de crepitans donné à cet arbre.
Le suc du Sablier élastique est d’une énergie extrême , et son action paraît due à un principe volatil. MM. Boussingault et Rivero racontent que , ayant voulu examiner ce suc , ils furent atteints d’un érysipèle, qui dura plusieurs jours. Le courrier qui l’avait apporté et les habitants des maisons, où il avait logé sur sa route, furent gravement incommodés.
Le fruit du Phyllanthus Emblicah. (Emblicà officinalis Gærtn.) était jadis employé comme purgatif, sous le nom de Myrobolan Emblic. Il n’est plus usité.
Kamala. Cette substance est fournie par le Rottlera tinctoria Roxb., arbre des districts montagneux de l’Inde et que l’on rencontre à Geylan, aux Philippines, en Chine, dans le nord de l’Australie, etc.. Ses fruits sont triloculaires, gros comme un pois, couverts extérieurement de petites glandes sessiles , demi-transparentes et d’un beau rouge; ces glandes produisent une poudre fine, rouge brique, veloutée , d’apparence organisée , à peu près inodore et insipide , qui brûle à la flamme d’une bougie. M. Anderson y a trouvé une substance particulière , qu’il a nommée Rottlêrine , des matières résineuses, de la cellulose etc.
Les Hindous se servent de cette poudre, sous le nom de Kamala , pour teindre la soie , et l’emploient à l’intérieur comme anthelmintique.
La structure histologique du Kamala a été étudiée par M. Aug. Yogi ; voici un résumé de ce travail important : (Bull, de la Soc. bot. de France : Revue bibliographique , 1865 €., p. 134) :
« Le Kamala, traite par l’eau froide , l’acide acétique concentré,
APÉTALES DICLINES ANGIOSPERMES.
l’acicle sulfurique étendu ou l’acide chlorhydrique concentré , ne colore presque pas ces liquides; il colore l’eau bouillante et l’ammoniaque caustique en jaune, les mêmes acides bouillants en jaunâtre, les carbonates alcalins, et surtout la potasse caustique, en beau brunrouge, l’alcool, l’éther, la benzrne en jaune brillant. Examiné sous le microscope, le Kamala se compose de deux formations; les glandes et les poils. Les glandes sont , d’après leur forme , tout à fait comparables à un turban ou à un Oursin dépourvu de ses piquants; elles montrent deux surfaces, dont l’une-, la supérieure, est fortement convexe et couverte de proéminences hémisphériques, tandis que l’autre, l’inférieure, est aplatie et creusée dans son milieu d’une sorte d’ombilic. Le bord qui joint ces deux faces est ovale , elliptique, anguleux ou arrondi. Les glandes sont colorées en rouge-grenat ou brun, ou en jaune orangé ; elles sont opaques et brillantes. Sur leur face inférieure, on remarque ordinairement des cellules noires rayonnantes , atténuées en coin vers le centre et dilatées à leur extrémité. Elles se brisent comme certains grains d’amidon, quand on les comprime sous le microscope. L’alcool, l’éther, le chloroforme, surtout la benzine , déterminent sur ces glandes un phénomène singulier. Il s’élève sur leur surface une pellicule qui devient de plus en plus mince et se rompt quelquefois, et dans laquelle apparaissent des cellules claviformes réunies en un petit capitule , renfermant de l’air ou bien un liquide jaunâtre qui réfracte fortement la lumière. L’auteur conclut que ces glandes appartiennent aux organes que M. Unger a nommés glandes extérieures composées. La masse colorée et amorphe qui en remplit l’intérieur, et dans laquelle sont ensevelies les cellules spéciales de la glande , se dissout facilement ; elle est de la nature des substances colorantes résineuses. Ces cellules spéciales, qui forment une rosette à la face inférieure , et qui se voient facilement après l’action de la benzine, possèdent une membrane qui offre primitivement les réactions de la cellulose. M. Yogi compare cette structure à celle de différentes glandes.
«Les poils qui se trouvent mêlés aux glandes, dans le Kamala, sont des poils simples souvent réunis en petits faisceeux.
« L’auteur signale encore divers débris organisés qu’il a rencontrés dans le Kamala. »
Le Kamala est entré dans la médecine européenne, comme téniafuge , et il paraît réussir dans la plupart des cas. On lui reproche de déterminer des nausées considérables; mais l’écorce de racine de Grenadier et la plupart des vermifuges en produisent au moins autant. On l’administre à la dose de 6 à 12 grammes.
Buis (Buxus sempervirens L.). Le genre auquel appartient cette plante n’est plus rangé dans les Euphorbiacées, comme nous l’avons
MYRISTICÉES.
dit ; on en fait le type de la petite famille des BUXACÉES. Le Buis peut, en Orient, atteindre une hauteur de 10 mètres; en France, ce n’est généralement qu’un arbrisseau.
Feuilles opposées, ovales, entières, coriaces, lisses, persistantes ; fleurs monoïques , en glomérules axillaires : les mâles ont un périanthe à 4 divisions et 4 étamines disposées autour d’un ovaire rudimentaire ; les femelles sont terminales, solitaires au milieu des fleurs mâles , et composées d’un périanthe à 5 divisions , et d’un ovaire à 3 loges 2-ovulées , surmonté de 3 styles divergents ; le fruit est une capsule globuleuse à 3 cornes.
L’écorce de la racine de Buis est d’un blanc jaunâtre , un peu fongueuse et très-amère ; elle paraît avoir autant d’action que le Gayac contre le rhumatisme et la syphilis.
Les feuilles du Buis ont une odeur vireuse et une saveur amère et désagréable ; elles sont laxatives. On prétend que des brasseurs de mauvaise foi les substituent au Houblon , dans la fabrication de la bière. M. Fauré et M. Couerbe ont retiré de l’écorce du Buis un principe , nommé Buxine , qui paraît être un alcaloïde.
MYRISTICÉES.
Cette famille , autrefois réunie aux Laurinées, s’en distingue parson calice à 3 divisions , ses étamines monadelphes à déhiscence longitudinale et non pas valvulaire , sa graine dressée , incluse dans un arillode charnu; son embryon est très-petit et situé dans un endosperme dur et marbré ; enfin , ses fleurs sont toujours dioïques. Quelques auteurs la mettent actuellement au voisinage des Magnoliacées ; nous avons cru bien faire , en la maintenant à la place qu’elle occupe dans les traités d'histoire naturelle médicale , auprès des Laurinées.
Le genre Myristica L., type de cette famille, fournit un assez grand nombre d’espèces , dont les semences sont plus ou moins remplies d’une matière grasse, très-souvent aromatique.
Muscadier aromatique ( Myristica moschctta Thunb.). Arbre originaire des Moluques, actuellement cultivé à Cayenne, à l’Ile-de- France, à Bourbon et aux Antillles.
Son fruit est une sorte de drupe piriforme , à peu près grosse comme une pêche, dont le brou se détache en deux valves et met à nu une semence ovoïde (fig. 493) , revêtue
(*) A. Semence recouverte par le macis. — B, Amande entière et coupée en travers.
APÉTALES DICLINES ANGIOSPERMES.
rl’un arillode découpé en lanières charnues , étroites , irrégulières de couleur rouge orangé. Cet arillode , étant mis à tremper dans l’eau salée, puis séché avec soin, constitue le Macis. Il doit être souple, épais, jaune orangé, d’odeur forte et agréable, de saveur âcre, aromatique.
La semence est formée d’une coque brune , mince, fragile et inodore, enveloppant une amande ovoïde ou arrondie, de la grosseur d’une petite noix, couverte de sillons anastomosés, d’un gris rougeâtre, onctueuse , dure, mais facile à entamer avec le couteau ; à l’intérieur, elle est grise avec des marbrures d’un brun rouge.
Cette semence est connue sous le nom de Muscade.
Son odeur est forte, aromatique, agréable; sa saveur âcre et chaude. La muscade des Moluques est toujours privée de coque. Elle est facilement piquée par les vers , et , comme elle est alors moins estimée, on en bouche les trous à l’aide d’une pâte faite avec la poudre et le beurre de muscade.
On trouve souvent, dans le commerce, des muscades d’autres provenances. Celles de Cayenne sont plu* petites et toujours enfermées dans leur coque, qui est brun foncé, un peu brillante.
Les semences du Myr. tomentosa Thunb. sont expédiées des Moluques, sous le nom de Muscade sauvage , mâle , longue.
Cette muscade est plus longue et moins odorante que la muscade officinale (Musc, cultivée , femelle ); son macis est distribué en 4 bandes longitudinales. Elle vaut la muscade de Cayenne.
On retire de la muscade , par expression à chaud , une huile fixe solide , toujours mêlée avec une essence de saveur âcre et brûlante, que l’amande renferme en petite quantité. Cette huile est appelée Beurre de Noix Muscade ; elle se présente , dans le commerce , sous forme de pains carrés prismatiques , onctueux au toucher , friables, jaunâtres, avec des marbrures rouges, et doués d'une odeur forte de muscade.
L’huile fixe est fusible entre 31° et 32°, 5; elle est formée d’une huile butyreuse jaune, et d’une matière grasse incolore (. Myristine ), que l’on peut obtenir en épuisant la poudre de noix muscade par la benzine. La myristine se dédouble, par la saponification, en Acide Myristique (Ac. Séricique) et en glycérine.
Selon Schacht, l’essence est composée de deux essences, l’une liydrocarburée , isomère de l’essence de térébenthine, et qui bout à 160° ; l’autre oxygénée, appelée Macène, et qui bout à 165° (Dorvault).
Le beurre de muscade entre dans la composition du baume nerval.
X)n retire également du Macis urte huile fixe et une essence. Celle-ci est incolore, très-fluide et d’une odeur suave.
LAURINEES.
Les semences du Myristica spurict Blume, qui croit aux Philippines, celles du M. mcidagascariensis Lamk , du M. otoba H. B., de la Colombie, et surtout celles du M. officinalis Mart. , que les Brésiliens appellent Bicuiba redonda , peuvent plus ou moins remplacer la noix des Moluques. Enfin la semence du Myristica sebifera Swartz, fournit abondamment une sorte de matière grasse jaunâtre, un peu aromatique , d'apparence cristalline , et dont on peut fabriquer des bougies.
On retire des Myristica officinalis Mart, M. otoba H. B., M. Bi~ cuhyba Schott, une sorte de cire employée aux memes usages.
A la suite de cette famille se placent assez bien 3 familles de plantes parasites :
1° Les Balanophorées, qui renferment le Cynomorium coccineum L. , quelquefois substitué au Calaguala, sous le nom de Champignon de Malte .
2° Les Cytinées, dont l’une, Cytinus Hypocistis L., servait â prépa*» rerie suc d’Hypociste , qui était employé comme astringent; inusité.
3° Les Bafflésiacées, dont une plante, le Bcifflesia Patma , fournit des bourgeons employés, à Java, contre les hémorragies utérines.
DICOTYLÉDONES APÉTALES A FLEURS LE PLUS SOUVENT IlERMAPRODITES.*
guaîm: apéhismék*
LAURINÉES,
Arbres ou arbrisseaux tous exotiques, sauf peut-être le Laurier commun, qui paraît indigène du "Midi de l’Europe; feuilles alternes, rarement opposées, le plus souvent persistantes et coriaces, simples, entières, très-rarement lobées, dépourvues de stipules; inflorescence en cyme quelquefois simple, d’autres fois simulant une grappe, une panicule, une ombelle, un capitule ; fleurs hermaphrodites, ou dioïques par avortement, quelquefois polygames ou monoïques; périanthe à 4-5-6 divisions profondes, caduques, rarement persistantes ; étamines en nombre généralement défini, insérées à la base ou à la gorge du tube pé/igonial, et transformées, dans les fleurs femelles, en glandes, écailles ou filets pétaloïdes ; en partie stériles, rarement toutes fertiles, dans les fleurs mâles et femelles , et disposées sur 3 ou 4 rangs : les extérieures généralement fertiles, intror-
* Voy. le tableau, page 130.
LÀtMNÊES.
ses, dépourvues de glandes à la base; les intérieures, parfois stériles, le plus souvent fertiles , extrorses, rarement introrses, pourvues à leur base de deux glandes, qui manquent rarement; filets généralement libres , très-rarement monadelphes , filiformes , plus courts que les anthères ; anthères terminales , à 2 loges , ou à 4 loges superposées deux à deux (fig. 494) et s’ouvrant par des val-
vules , qui se soulèvent de bas en haut , comme des soupapes. Les étamines de la quatrième série sont souvent stériles ( staminodes ). Ovaire uniloculaire , et formé de 2 ou 3 carpelles , renfermant un seul ovule pendant et anatrope ; style souvent court , surmonté par un stigmate discoïde ou capitulé , quelquefois 2-3-lobé. Fruit charnu, rarement sec, plus rarement drupacé , rarement inclus dans le tube calicinal , plus souvent placé audessus de ce tube, qui est plan ou cupuliforme, et dont les divisions, souvent persistantes, sont Flf 4v94* ~ Eta7™ne
. 4 , . , , ~ . , . clu Cctnnelïier (*).
parfois accrescentes et mdurees. Graine aperi-
spermée , à cotylédons très-grands, huileux et charnus , peltés à la
base.
M. Meissner a divisé les Laurinées en 3 sous- ordres : les Laurinées vraies , les Gyrocarpées et les Cassythées. Gomme les deux derniers sous-ordres ne fournissent pas, que nous sachions, de produit utile à la médecine , nous les négligerons , pour ne parler que des Laurinées proprement dites; encore, dans cette division, ne nous occuperons-nous que des genres les plus importants.
A. — Fleurs disposées en panicule , en grappe ou en épi (très-rarement en tête), sans involucre propre ni bractées imbriquées.
lre Tribu. Perséacées.
Fleurs hermaphrodites (rarement polygames-dioïques) , 3-mères ; calice à 6 lobes; 9 étamines fertiles, les 3 intérieures extrorses, pourvues de 2 glandes à la base; 3 staminodes parfaits, stipités, rarement nuis; baie supère, nue ou entourée par le calice, mais non incluse; feuilles coriaces , toujours vertes; bourgeons incomplets , rarement écailleux.
g. Cinnamomum Burm.
Galice devenant coriace , dont les lobes , rarement persistants , se rompent à la base ou au-dessus de la base , et se détachent de la cupule fructifère , qui est entière ou incisée ; feuilles palmi- (trèsrarement penni-) nerviées , très-souvent opposées.
(*) cC) Valvules de l’anthère, qui est 4,-loculaire. — e’, e’) Étamines imparfaites.
APÉTALES 11 Ë U AJ À P H R 0 L) I T ES APÉlUSPEUMÉLS.
Gannellier de Ceylan (C. Zeylanicum Breyn , var. * commune Nees) (fig. 495). Arbre originaire de Ceylan, pouvant atteindre 10 mètres de haut. Feuilles souvent opposées, courtement pétiolécs, coriaces, à base arrondie, ovales ou ovales-oblongues , obtuses ou un peu aiguës, brièvement acuminées, lisses et vertes en dessus,
i'igi 495. — Cinncmomum Zeylanicum , d'après Moquili-Tantloîi*
plus ou moins glauques en-dessous, 3- ou 5-nerviées, à nervures latérales , n’atteignant pas le sommet de la feuille. Inflorescence en panicule lâche, simulant un corvmbe terminal à rameaux le plus souvent 3-flores , et dont les fleurs sont disposées en des sortes d’ombelles 5- ou 7-flores; fruit : baie bleuâtre entourée à sa base par le calice persistant ; bourgeons nus.
LAüftlNÉÊS. 133
L'écorce de cet arbre constitue la Cannelle de Ceylan du commerce.
La récolte des écorces se fait deux fois par an ; on la commence quand l’arbre a de 5 à 12 ans, selon l’exposition. Les branches d’au moins 3 ans étant coupées et dépouillées de leur épiderme , on en fend l’écorce longitudinalement et on la détache. Elle se roule alors en tubes , qui sont placés les uns dans les autres , puis desséchés au soleil.
La Cannelle de Ceylan est en faisceaux plus ou moins longs , formés d’écorces très-minces, cassantes, roulées, enfermées les unes * dans les autres, de couleur blonde, de saveur aromatique, chaude , piquante et sucrée, d’odeur très-suave. On en retire, par distillation, une huile volatile plus dense que l’eau, d’un jaune clair, brunissant à la lumière. L’essence de Cannelle est fabriquée surtout à Ceylan, avec les débris d’écorce.
La Cannelle de Ceylan renferme, en outre, deY Acide Cinnamique , du tannin etc.
On substitue fréquemment à cette écorce, celle que l’on retire du même arbre et de plusieurs de ses variétés, dans l’Inde, à Cayenne, aux Antilles, au Brésil etc.
La Cannelle de l’Inde est en tubes plus courts, plus gros, bien cylindriques, étagés comme les tuyaux d’une lunette.
La Cannelle de Cayenne est aussi mince, mais en tubes plus larges: sa couleur est jaune blanchâtre, avec des taches un peu brunes.
Ces deux sortes paraissent seules pouvoir être confondues avec la première, à cause de leur arôme fort agréable, quoique plus faible ; les autres peuvent être facilement reconnues à leur arôme plus faible, souvent presque nul, et à leur saveur âcre, souvent mucilagi neuse.
On trouve quelquefois dans le commerce , sous le nom de Fleurs de Cannellier , les jeunes fruits du C. Zeylanicum. Ces fruits ont quelque ressemblance avec des clous de girofle et peuvent être substitués à la cannelle, comme propriétés. La racine du Cannellier donne , dit-on , par distillation avec de l’eau , du camphre analogue au camphre ordinaire.
L’écorce du tronc du Cannellier de Gevlan est connue sous le nom de Cannelle mate.
Cannellier de Chine (C. Cassia Blume). Feuilles alternes , rigides, coriaces, plus longues et plus étroites relativement que celles du Cannellier de Ceylan, glabres et brillantes en dessus, glauques ou légèrement pubérulées en dessous , à nervures triplinerves , atteignant le sommet de la feuille , mais s’unissant avant d’atteindre le pétiole , et réunies par une foule de fines nervures transversales.
APETALES HERMAPHRODITES APÉRISPERMÉES .
Fleurs disposées4 en panicules très-simples et racémiformes , à ra meaux triflores, ou en cymes dichotomes.
Cet arbre croît en Chine ; on le cultive à Java. Son écorce, nommée ] Cannelle de Chine, se présente en tubes isolés, à parois épaisses l et de couleur fauve prononcée ; son odeur est forte , peu agréable , J sa saveur chaude, piquante, rappelant le goût de Punaise. Elle renferme plus d’huile volatile que la Cannelle de Ceylan ; mais cette î essence a aussi l’odeur de Punaise.
Écorce de Culilawan vraie. Elle est produite par le C. Culila- % wcm Blume, arbre des Moluques , à feuilles coriaces , glabres, oblon- j gués , elliptiques ou lancéolées , acuminées , vertes en dessus , un peu glauques en dessous.
Cette écorce ressemble à d’assez mauvais quinquina ; elle a une 1 odeur intense de girofle mêlée de cannelle , et une saveur d’abord âcre, puis amère et mucilagineuse.
Guibourt et M. Endücher mentionnent plusieurs sortes d’écorces à odeur caryophyllée , et qui diffèrent assez peu les unes des autres. • Telles sont : FÉcorce de Culilawan rouge, produite parle C. Caililaioan var. rubrum Meissn.; FÉcorce de Sintoc, fournie par le C. Sintok Blume, ou par le C. Javanicum Blume; le Culilawan des Papous, tiré&du C. Xanthoneuron Blume.
On connaît, sous le nom d'Écorce de Massoy , une écorce que Fou attribue au C. Kiamis Nées.
11 existe généralement dans les droguiers , et les traités spéciaux mentionnent, sous le nom de Cassia lignea, et sous celui de Feuilles de Malabathrum, une écorce et des feuilles dont l’origine est incertaine ; Guibourt les rapporte , avec doute , au G. Malabathrum Batkà. Ces deux substances , actuellement inusitées , sont à peu près inertes et ne méritent pas de nous arrêter davantage; au reste , il est probable qu’elles sont fournies par des espèces à écorce ou à feuilles peu odorantes ou inodores.
Camphrier du Japon (C. Camphora F. Nees et Eberm. [Meissn]. Camphora officinarum C. Bauhin. , tig. 496'. Feuilles longuement pétiolées, coriaces, ovajes-ohlongues ou oblongues-lancéolées, triplinerves, finement veinées transversalement. Inflorescence en panicules axillaires , plus courtes que les feuilles , à pédoncule grêle, rameux au sommet, rameaux 3-1 -flores.
Cet arbre croît au Japon et en Chine ; il se distingue d’un grand nombre d’espèces du genre Cinnamonum , surtout par ses bourgeons couverts de larges écailles ovales.
Pour en extraire le camphre, on met les branches, le tronc et les racines des Camphriers, avec de l’eau, dans de grandes cucurbites surmontées de chapiteaux en terre , que l’on garnit de paille à Fin-