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Fig. 521. — Organes reproducteurs du Fumaria officinal is , d’après P. Duchartre (*).
Fig. 522.
Fruit du Fumaria officinalis.
Fig. 523. — Capsule siliquiforme et polysperme du Cor y* dalis ochroleuca , d’après P. Duchartre.
petites, en grappes
terminales , oppositifoliées ; sépales aigus, lancéolés, dentés; pétales rose purpurin, tachés de noir au sommet, inégaux: le postérieur éperonné, l’antérieur caréné ; ovaire uniloculaire , uniovulé , à style simple , articulé, caduc; stigmate bilobé; fruit subglobuleux, un peu comprimé, indéhiscent, à graine latérale réniforme.
La Fumeterre est administrée sous forme de suc ou en infusion ; elle est amère, tonique et dépurative ; elle entre dans le vin antiscorbutique. On peut lui substituer les Fumaria : parviflora L., ca ? rpreolaia L., media Lois., spicata L. Il n’en est pas de même, selon M. Chatin, du Fumaria Vaillantii Lois., qui n’est pas aussi amer.
La Fumeterre renferme de Y Acide-Fumarique (C8 IV O8) , com-
(*) A. Pistil recouvert par les deux faisceaux des étamines. — B. Pistil isolé; ov) ovaire ; si) style ; sg) stigmate.
PA.PA.VÉRACÉES.
biné à la chaux. Cet acide est analogue à l’acide paramaléique ; il cristallise en prismes incolores, larges, striés, solubles dans l’alcool et dans l’éther , peu solubles dans l’eau. L’acide azotique dilué et bouillant le dissout sans l’altérer ; 1 p. d’acide fumarique, dissout dans 200,000 p. d’eau, trouble la dissolution d’azotate d’argent. Il existe dans beaucoup de plantes : Lichen d’Islande ( acide Lichénique) , Champignons {acide Bolètique) , Glaucium luteum etc.
On a employé comme emménagogue , vermifuge etc. , les racines du Corydalis tuberosa DC. Ces racines, qui sont tuberculeuses et féculentes, servent à l’alimentation des peuples de la Sibérie, suivant Gmelin et Pallas. Elles renferment un principe qui existe aussi dans l’Aristoloche serpentaire , et que Wackenroder a nommé Corydaline (C3^H19 Az O8).
En Amérique, on administre la poudre ou le décodé des tubercules du Corydalis ÇDicentra) formosa contre la syphilis et les scrofules. Ces tubercules sont globuleux et gros au plus comme un petit pois; selon M. Wenzel, ils renferment de la Corydaline , de l’acide fumarique et quelques autres principes amers , extractifs.
Au voisinage des Fumariacées se placent les Capparidées et les Résêdacées. Les Capparidées renferment le Câprier épineux ( Capparis spinosa L.), dont les fleurs non épanouies sont confites au vinaigre et employées comme condiment , sous le nom de Câpres. L’écorce de la racine du Câprier est amère, un peu âcre et diurétique.
Dans l’Amérique du Sud , les racines des Capparis amygdalina Lamk. et C. cynophallophora L. sont regardées comme de puissants diurétiques.
Les Résédacées fournissent deux plantes intéressantes : le Réséda odorant ( Réséda odoratct L.) , cultivé pour l’odeur suave de s.es fleurs, et la Gaude [R. luteola L.), qui est employée pour la teinture en jaune ; son principe colorant a reçu le nom de Lutéoline.
PAPAVÉRACÉES.
Plantes annuelles ou vivaces, à suc laiteux, blanc, jaune ou rouge, parfois aqueux ; feuilles alternes, généralement découpées ou lobées, sans stipules; fleurs régulières, terminales, solitaires ou disposées en panicules, parfois en cymes ombellées Calice (fig. 524) à 2, rarement 3 sépales concaves , caducs ; corolle à 4 , rarement 6 , 8, 12 pétales plans, caducs, à préfloraison chiffonnée (fig. 525); étamines libres , en nombre indéterminé ; ovaire uniloculaire , composé de deux ou plusieurs carpelles , surmonté par autant de stigmates sessiles (fig. 526) ; ovules très-nombreux portés sur des placentas développés en fausses cloisons, qui s’avancent plus ou moins dans l’intérieur de l’ovaire , sans se rencontrer. Le fruit est une capsule Cauvet. II. 1 1
POLYPÉTALES HYPOGYNES PLEüROSPERMÉES.
ovoïde, couronnée par les stigmates, indéhiscente ou à déhiscence poricide (voy. fig. 527), ou bien une silique peu différente de celle des Crucifères, tantôt s’ouvrant en deux valves, tantôt indéhiscente et
Fig. 524 (*), 525 (**), 526 (***). — Papctver Ehœas.
lomentacée. La silique des Papavéracées se distingue de celle des Crucifères (voy. fig. 334, 335, p. 422, t. I) par ses stigmates superposés aux valves , c’est-à-dire à la nervure dorsale de chaque carpelle, et non aux bords de la cloison (ou aux placentas). Graines caronculées , à embryon très-petit , latéral , inclus dans un endosperme huileux, relativement très-développé.
Sanguinaire du Canada ( Sanguin aria canadensis L.). Souche rouge, horizontale, grosse comme le doigt; 1-2 feuilles longuement pétiolées, arrondies, échancrées en cœur à la base, vertes en dessus, d’un blanc bleuâtre et veinées de rouge en dessous ; fleurs blanches, solitaires, à 8 pétales, dont 4 intérieurs plus étroits; 24 étamines à anthères linéaires. Le fruit est une capsule amincie en pointe aux deux extrémités, et à stigmate persistant ; semences rouges, à caroncule blanche , portées sur deux placentas épais.
Le Rhizome de la Sanguinaire , nommé par les Nord- Américains Turmêric , contient un suc rouge de sang, âcre, brûlant; sa poudre agit comme émétique à la dose de 5 à 10 décigrammes. Dana y a trouvé un alcaloïde, nommé Sanguinarine , que l’on obtient sous forme d’une poudre jaunâtre. La Sanguinarine est soluble dans l’alcool et colorée en rouge par les vapeurs acides; elle forme des sels ordinairement rouges, très-amers, très -solubles dans l’eau, précipités en rouge jaunâtre par le tannin. (*) (**) (***)
(*) Fleur non épanouie; s, s) les deux sépales.
(**) Fleur entr’ouverte , dont le calice est tombé. Les pétales sont encore chiffonnés.
(***) A) Ovaire surmonté par un stigmate pelté et sessile. — B) Coupe tranversale de cet ovaire grossi 3 fois, pour montrer ses cloisons.
PAPAYÉRACÉES.
Chélidoine ou grande Éclaire (Glpelidonium majus L.). Plante vivace, à tige cylindrique, rameuse, velue inférieurement ; feuilles pinnatilobées; fleurs jaunes disposées en une sorte d’ombelle placée à l’extrémité d’un pédoncule oppositifolié ; sépales glabres; pétales entiers; étamines nombreuses; silique linéaire, toruleuse.
Toutes les parties de cette plante contiennent un suc jaune, âcre, caustique, usité pour détruire les verrues et les taies de la cornée. Son extrait a une odeur vireuse très-prononcée et sert , dit-on , à falsifier l’opium.
La Chélidoine a été récemment préconisée contre les maladies de la peau; on l’employait jadis comme hvdragogue, antiscrofuleuse etc. On y a signalé la présence de deux alcaloïdes : un non vénéneux, la Chélidonine , qui paraît être un glucoside ; l’autre âcre et vénéneux à petite dose , la Chélérythrine ou Pyrropine. Ce dernier se rencontre aussi, selon Probst, dans la racine du Glaucium luteum Scop.; d’après M. Schiel, il serait identique avec la Sanguinarine. Probst a extrait encore de la Chélidoine une matière neutre, non azotée, cristallisable , jaune, amère, qu’il a nommée Chélidoxanthine , et un acide particulier, Y Acide Chêlido nique y tribasique et cristallisable en aiguilles incolores, allongées; cet acide dissout le fer et le zinc , avec dégagement d’hydrogène , et forme des chélidonates avec toutes les bases.
Glaucier jaune ou Pavot cornu ( Glaucium luteum Scop.). Plante glauque, à feuilles plus ou moins divisées, sinueuses; fleurs jaunes, grandes, solitaires, oppositipétalées; silique linéaire, rude, tuberculeuse , longue de 10 à 20 centim. , à stigmate épais et glanduleux.
Le Pavot cornu diffère des Pavots par ses pétales jaunes et sa silique. Son suc jaune et caustique doit son âcreté à un alcaloïde, que Probst a appelé Glaucine , et qui n’existe que dans les feuilles. La Glaucine forme, avec les acides, des sels ayant une saveur âcre et brûlante ; sa dissolution aqueuse laisse , par évaporation spontanée , des croûtes incolores , formées de paillettes nacrées. Probst a trouvé encore , dans les racines de la même plante , un nouveau principe , la Glaucopicrine y qui cristallise en cristaux grenus, inaltérables à l’air; ses sels sont très-amers et nauséabonds.
Selon M. Gloez, les graines de la Glaucie rouge (Glaucium cor niculatum Curt.) fournissent , par expression , une quantité d’huile égale au 1/5 de leur poids, ou environ 21,3 °/0.
L’Argémone du Mexique [Argemone Mexicana L.), plante qui croît également dans l’Inde et en Afrique , renferme un suc jaune caustique ; ses fleurs sont employées comme somnifères; ses graines sont réputées vomitives et fournissent une huile purgative.
POLYPETALES hypogynes pleurospermées.
g. Papaver L.
Fig. 528. — Pavot noir (**)•
Pédoncules solitaires courbés avant la floraison, dressés ensuite. Capsule ovoïde ou globuleuse , uniloculaire , indéhiscente , ou s’ouvrant par des valves très-petites, pratiquées sous le stigmate, qui est discoïde et pelté. Semences très-nombreuses, réniformes fig. 527, 528).
Coquelicot [P. Rhceas L.) (voy. fig. 524, 525, 526). Plante annuelle, rameuse, à poils rudes ; feuilles profondément découpées en
lobes, allongés, aigus , dentés ; fleurs grandes ; sépales hispides; pétales d’un rouge éclatant, marqués ou non à leur base d’une tache noirâtre; capsules petites, glabres, obovées, s’ouvrant par des trous qui se forment sous le stigmate.
Les pétales du Coquelicot sont réputés calmants ; on les emploie , sous forme d’infusion ou de sirop, contre la coqueluche, le rhume; ils sont l’un des composants des fleurs pectorales.
Pavot blanc ( Pap . album * Lob. , P. somniferum a. L.). Tige dressée , glauque ; feuilles amplexicaules , oblongues , sinueuses ;
irrégulièrement lobées , glauques ; sépales glabres et glauques , pétales blancs , étalés; capsule (fig. 527-529) indéhiscente , ovoïde ou sphérique et même souvent assez déprimée pour être plus large que haute. Graines très-nombreuses, blanchâtres, translucides, réticulées.
Les feuilles du Pavot blanc sont narcotiques et entrent dans le baume tranquille.
Les CAPSULES OU TÊTES DE PAVOT BLANC sont très-usitées en médécine Celles que l’on trouve dans le commerce sont en général peu actives. Il faudrait les récolter avant leur maturité , alors que , devenues d’un vert jau-
(*) a) Graine. — b) La même grossie.
(**) a) Graine. — b) Graine grossie.
Fig. 529. — Pavot blanc , var.
déprimée.