D I 0 S IV! É ES
Fleurs hermaphrodites, rarement unisexuées, régulières, 4-5mères , isostémones , rarement diplostémones ; 3-5 carpelles , libres ou soudés, dispermes, devenant monospermes par avortement; fruit rarement charnu ; endocarpe se séparant du sarcocarpe à la maturité ; albumen charnu ou nul. Plantes odorantes, à tige ligneuse ; feuilles généralement ponctuées , glanduleuses, opposées ou alternes , simples , quelquefois trifoliolées, rarement pennées , entières, rarement dentées , sans stipules. G.
Correct Smith . , Ticorea A'ubl. , Monniera L. ,
Diosma Berg., Galipea St. Hil., Barosma Willd. etc.
Feuilles de Bucco (fig. 554). On emploie en Angleterre , en Allemagne , aux États- Unis, et parfois aussi en France , sous les noms de Bucco , Bu chu , Bocco , Booko etc., les feuilles déplu-
. . , A 1 îg. 554. — Diosma crenatvm .
sieurs plantés du cap
de Bonne-Espérance. Pereira les rapporte : 1° au Barosma crenulatum Willd. ( Diosma crenulatum L. , D. odoratum DG. , D. lati folium Loddiges, D . s errctti folium, Burchell ) ; 2° au B. crenatum Ecklon
DIOSMÉES. 233
et Zevher (Bios, crenaturn DG. , Loddiges, L. D.) ; 3° au B. serra tifolium Willd., DG. Loddiges.
Ges feuilles sont parsemées de glandes et de poils glanduleux translucides , finement crénelées , douces au toucher , rigides , glabres, d’un vert sombre, à nervures latérales peu apparentes; leur odeur est forte, peu agréable; leur saveur âcre et aromatique.
Les feuilles du B. crenaturn sont ovées, ovales , oblongues ou obovées; celles du B. crenulatum sont ovales-lancéolées, ou ovéesoblongues, ou obovées-oblongues, obtuses; celles du B.serratifolium sont linéaires-lancéolées, acuminées.
Les Hottentots emploient plus spécialement les B. pulckellum et B. betulinum (Reveil).
Ges feuilles contiennent abondamment une huile volatile brunâtre , on les préconise comme un diurétique puissant, et on les prescrit sous forme d’infusion, d’eau distillée, de sirop, d’élixir etc. On les falsifie souvent avet celles du Faux Buchu ( Empleurum serrula tum Ait.).
Angusture vraie. Gette écorce est fournie par le Galipea officinalis Hancock, arbrisseau de 4-5 mètres, à feuilles trifoliées, ovales-allongées , aiguës, entières; fleurs blanches et poilues; 1-2 étamines fertiles, 1-5 étamines stériles.
Le Galipea officinalis croît dans les forêts des bords de l’Orénoque. Son écorce ‘se trouve dans le commerce en morceaux plats ou un peu enroulés, longs de 5 à 40 centim., peu épais, à bords toujours taillés en un biseau, qui se dirige de dedans en dehors sur l’un des bords, et de dehors en dedans sur l’autre bord. Elle est couverte d’un périderme d’épaisseur variable , gris jaunâtre , mince et peu rugueux, ou épais, fongueux, blanc et comme limoneux, ou enfin gris, peu épais et peu fongueux. L’écorce proprement dite est brune, dure, compacte ; sa cassure est nette et résineuse, sa saveur amère et mordicante , son odeur forte, animalisée, très-désagréable. Sa face interne est lisse, fauve, souvent rosée et parfois elle se divise en feuillets.
L’Angusture vraie contient de la Cusparine , matière cristallisable, soluble dans l’alcool, une résine, une huile volatile etc. Sa poudre est jaunâtre.
On lui a substitué l’écorce vénéneuse du Yomiquier officinal ( Strychnos Nux vomica L.).
La fausse Angusture est en morceaux durs , lourds, courbés épais, gris à leur face interne; leur périderme est fongueux et couleur de rouille, ou peu épais, non fongueux, d’un gris jaunâtre, marqué de points blancs proéminents. Gette écorce n’est jamais taillée en biseau sur les bords ; son odeur est nulle , sa saveur
POLYPÉTALES HYPOGYNES AXOSPERMÉES.
amère, persistante , non mordicante ; sa poudre est d’un blanc légèrement jaunâtre.
Si l’on examine comparativement un infusé d’Angusture vraie et un autre d’Angusture fausse, on constate que le premier détruit la couleur de la teinture de tournesol ; le deuxième l’affecte à peine; le sulfate de fer produit avec le premier un abondant précipité gris blanchâtre , tandis que le deuxième se trouble un peu et prend une couleur vert bouteille. Une goutte d’acide azotique étant versée sur la face interne de l’Angusture fausse, le point touché se colore en rouge ; le même acide colore en vert émeraude les Lichens de la face externe. Sous l’action de cet acide, l’Angusture vraie ne produit rien de remarquable.
L’examen microscopique permet de distinguer aisément ces deux sortes d’écorce l’une de l’autre.
L’Angusture vraie (fig. 555) se compose de trois couches :
subéreuse , parenchymateuse , libérienne.
La couche subéreuse est formée de cellules aplaties, minces, brunes, disposées en séries radiales et tangentielles, séparées en plusieurs zones tangentielles, distinctes , inégales et onduleuses , par des séries parallèles de cellules plus étroites et plus foncées.
La couche parenchymateuse se compose de cellules minces , carrées ou rectangulaires, irrégulières. Au milieu de ce tissu se montrent des cellules de trois sortes: 1° les unes grandes, ovales, contenant des raphides serrées, qui leur communiquent une teinte foncée ou noirâtre; 2° les autres encore plus grandes, ovales ou arrondies, que Berg appelle Œlzellen , et dont les parois, à peine plus épaisses que celles des (*)
(*) Coupe transversale de l’écorce d’Angusture vraie (30/1) : s) Suber. — p) Parenchyme cortical. — r) Cellules à rapliides. — h) Cellules à huile volatile ( Oelzellen ). — nf ) Noyau fibreux. — fi) Faisceaux libériens. — ce) Cellules épaissies, disposées en séries linéaires tangentielles, 'dans les faisceaux libériens. — ce) Les mêmes grossies 190/1. — r’) Cellules à raphides grossies (300/1). — nf) Noyau fibreux et les cellules épaisses voisines grossies (190/1). — /) Fibre du noyau fibreux (300/1).
Fig. 555.. — Angusture vraie (*).
DiOSMEESc
cellules ambiantes, sont ou semblent réticulées ; 3° d’autres , enfin, à parois irrégulièrement épaissies , et dont l’épaississement existe surtout dans celles de leurs faces qui sont tournées vers l’extérieur et vers l’intérieur de l’écorce , les faces latérales étant , au contraire, le plus souvent minces. Ces cellules sont, d’ailleurs, parfois également épaissies sur leur pourtour, ou même encore, quoique plus rarement, plus épaisses sur les côtés, que sur leurs faces interne et externe. Ges cellules, à parois épaissies, sont surtout très - fréquentes dans les faisceaux libériens ; rarement elles sont solitaires ; presque toujours elles forment des bandes plus ou moins continues, et à direction tangentielle.
Les faisceaux libériens se présentent comme des coins flexueux, à pointe dirigée vers la face externe de l’écorce. Selon Berg (Anat omis cher Atlas etc., pl. XXXVII, n° 87 A, B, G.), les parties épaissies de ces faisceaux sont composées de fibres réelles, disposées en groupes tangentiels , peu nombreux et fort espacés. Les fibres vraies nous ont paru fort rares, au contraire, tantôt solitaires, tantôt agrégées (7-8 ensemble), et de forme quadrilatère ou polygonale; de plus , celles que nous avons figurées ( n f , n f) se trouvaient dans la portion parenchymateuse de l’écorce.
Les cellules épaissies des faisceaux libériens ont parfois un lumen étroit , mais aucune ne nous a offert la constitution radiée ni les lignes circulaires d’épaississement des fibres vraies. Au sein des bandes transversales des fausses fibres , on remarque , çà et là , à l’aide d’un fort grossissement, un espace vide, linéaire ou de forme irrégulière quelconque , qui semble , au premier abord , être le lumen d’une cellule énormément et irrégulièrement épaissie * un examen attentif démontre que ce sont là des méats intercellulaires. Il convient de se rappeler, d’ailleurs, qu’il existe parfois entre ces cellules, comme nous l’avons dit, des cellules uniformément épaissies ; mais ces dernières n’ont aucune ressemblance avec les vraies fibres.
Les cellules épaissies des faisceaux libériens sont disposées en séries simples ou doubles, et perpendiculaires au faisceau, ou tangentielles par rapport à la surface de l’écorce. Leur intervalle est occupé par des cellules très-petites , à peu près régulières , carrées , rectangulaires ou hexagonales, au milieu desquelles se montrent quelques Œlzellen.
L’espace compris entre ces faisceaux est occupé par des cellules minces, rectangulaires, tangentielles , plus grandes que celles des faisceaux , plus allongées et plus aplaties que celles du parenchyme cortical, dont elles semblent la continuation. Ges cellules pénètrent sous forme de coin inverse dans l’intervalle des faisceaux , et , comme
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ceux-ci sont souvent juxtaposés à leur base, il en résulte que les cellules intercalées sont alors réduites à une série simple , qui s’élargit de dedans en dehors , par division binaire , puis ternaire etc. Les faisceaux eux-memes sont aussi parcourus quelquefois par des séries linéaires de cellules aplaties, qui partent de leur base sans atteindre leur sommet.
La fausse Angusture (fig. 556) offre une constitution bien différente. La couche extérieure est composée de cellules rectangulaires p et tangentielles , disposées en séries radiales , et se présentant sous deux formes : les unes minces, cé incolores , très - nombreuses ; les autres jaunes , à parois plus épaisses , disposées en groupes simples 00 ou multiples.
Les cellules sous-jacentes sont carrées ou un peu allongées, isolées ou disposées par petits groupes, et constituant une zone à éléf ments interrompus. Elles ont des parois épaisses et un lumen arrondi ou elliptique , étroit , central et radié ; au-dessous d’elles se voient f quatre ou cinq rangées de cellules irrégulièrement quadrilatères , et à parois peu épaisses. Enfin , cette dernière couche est séparée de la suivante par une zone de cellules jaunes, très- épaisses , irrégulièrement arrondies ou allongées tangentiellement, à lumen irrégulier, arrondi ou elliptique et à parois rayées en travers. Cette zone est sans doute formée par les fibres libériennes primordiales.
Elle recouvre une couche composée de cellules ovales - irrégulières, minces, incolores ou un peu jaunâtres, souvent tangentielles dans les couches internes. Ce tissu cellulaire est traversé par des fibres semblables à celles de la couche libérienne primordiale, jaunes, (*)
Fig. 556. — Fausse Augusture (*).
(*) Coupe transversale d’Angusture fausse (60/1) fia portion interne de la couche libérienne manque) : ca ) Tissu cellulaire amorphe (suber?). — p) Parenchyme cortical. — ce) Cellules épaisses. — co) Couche libérienne primitive. — /, /) Fibres libériennes. — te) Tissu cribreux (?).
Nota. — La forme des cellules du parenchyme cortical n’a pas été bien rendue, mais l’aspect général du dessin est d’une exactitude rigoureuse.
RUTÉES.
épaisses, très-radiées , tantôt (rarement) solitaires, tantôt réunies en groupes plus ou moins nombreux, et toujours disposées en fdes radiales , irrégulières et discontinues. Ces amas de fibres sont souvent mélangés de cellules en général plus petites, à parois assez épaisses , souvent fortement rayées et comme déchiquetées , et dont la cavité semble occupée par une matière granuleuse noirâtre, d’apparence enfumée. Ces cellules appartiennent, probablement, au tissu cribreux ; elles prédominent dans la portion la plus interne du liber : c’est à peine si , par-ci par-là , il s’y montre une fibre jaune isolée.
Là où elles existent à peu près seules, les cellules cribreuses sont disposées en séries cunéiformes, d’ailleurs peu tranchées, et à pointe dirigée vers l’extérieur.
La face interne de l’écorce est composée d’un tissu amorphe.
La substitution de la fausse Angusture à l’Angusture vraie est, en définitive, facile à constater lorsque l’écorce est entière. Il n’en est plus de même quand elle est pulvérisée ; mais ici encore la fraude peut être décelée par le moyen suivant :
Traiter la poudre d’Angusture par de l’acide azotique du commerce, chauffer légèrement, filtrer et ajouter à la liqueur filtrée quelques gouttes de chlorure stanneux , qui développe une coloration d’un violet intense , si la poudre contient de f Angusture fausse.
Cette réaction , qui caractérise l’Angusture fausse et permet d’en découvrir 5 °/0 dans une poudre d’Angusture vraie , nous a été indiquée par M. le professeur Jacquemin ; elle est basée sur un fait connu : par l’action combinée de l’acide azotique et de la chaleur, la brucine de la fausse Angusture, se convertit en Cacothéline (de Laurent) , qui se colore en violet, sous l’influence du sel stanneux, agent réducteur.
Les écorces de plusieurs Diosmées sont aussi réputées fébrifuges ; telles sont, au Brésil, celles du Ticorea febrifuga St. Hil. et de YHortia BrasilianaYe llozo.
RUTÉES.
Fleurs hermaphrodites, régulières, 4-5-mères, diplostémones , 4-5 carpelles plus ou moins soudés , à styles soudés au moins dans le haut; fruit capsulaire, à graines peu nombreuses réniformes ; périsperme nul ou charnu. Herbes vivaces ou sous-frutescentes, à feuilles alternes, simples, rarement entières, diversement lobées ou découpées, sans stipules (g. Peganum L., Buta Tourn. , Die tamnus L. etc.).
Rue officinale ( Buta graveolens L.). Plante vivace, sous-frutescente, à feuilles glauques, 2-3-pennées, à folioles cunéiformes,
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un peu charnues; fleurs jaunes en cvme corymbiforme , la terminale 5-mère, les autres 4-mères ; pétales concaves; 8-10 étamines d’abord étalées , se rapprochant successivement du stigmate , pendant la fécondation ; 4-5 carpelles en partie soudés ; style simple central ; loges polyspermes.
Cette plante possède une odeur forte, désagréable, due à une huile volatile ( Hydrure de Rutyle : C20 H20 0-) jaune verdâtre, un peu épaisse, âcre et amère. «Les tiges de Rue contiennent, suivant M. Weiss , un acide particulier, cristallisable (Acide Rutinique ou Rutique, ou Rutine) , identique, suivant quelques chimistes, avec la. Quercitrine , que contiennent aussi les feuilles (Hlasiwetz), et que M. Stein a nommée Phytomélme ou Méline , glucoside se dédoublant par les acides étendus en glucose et en Mélétine » (Dorvault).
La Rue est une plante très-active ; à haute dose , elle peut déterminer la mort ; à dose plus faible , elle cause de l’agitation et de la fièvre, avec sécheresse à la gorge. C’est un emménagogue puissant, dont l’action doit être surveillée, et un anthelminthique ; elle entre dans le Vinaigre des quatre voleurs. On la prescrit sous forme d’infusion , d’hydrolat , de conserve , de vinaigre , de poudre etc. ; son essence est parfois administrée en potion.
Les plantes du genre Ruta sont douées de propriétés analogues.
La Rue de montagne (TL montana ), qui croît en Espagne, est même tellement âcre , qu’elle produit des érysipèles et des pustules ulcéreuses sur la peau des gens qui la récoltent.
Fraxinelle ou Dictame blanc (Dictamnus albus L.). Plante vivace, à feuilles imparipinnëes ; fleurs irrégulières, 5-mères, blanches ou purpurines , en grappes terminales ; dix étamines déclinées vers la partie inférieure de la fleur, à filets suhulés , recourbés , garnis de glandes rougeâtres ; carpelles couverts de poils et de glandes rouge foncé.
Cette plante exhale une telle quantité d’huile volatile , que , pendant les soirées chaudes , on peut enflammer l’atmosphère ambiante au moyen d’une allumette en ignition. Sa racine est amère et aromatique ; on en emploie l’écorce comme sudorifique et vermifuge ; elle entre dans la poudre de Guttète.
La Rue sauvage ou Harmel des Arabes (Peganum Harmala L.), quelquefois cultivée dans les jardins , a une odeur forte, désagréable, et est réputée sudorifique, emménagogue etc. Ses semences sont stimulantes ; MM. Fritsche et Gœbel en ont extrait deux alcaloïdes, YHarmaline (C26 H14 Az2 O2) et YHarmine (C26 H12 Az2 O2).
Fig. 557. — Gayac officinal, d’après Moquin-Tandon.
tilles, à feuilles opposées, paripinnées, à folioles ovales ou obovées, fermes, glabres; fleurs axillaires, bleues, 5-mères., diplostémones ; ovaire stipité, ovoïde, glabre, à style simple, court, stigmate unique ; fruit légèrement charnu , d’un jaune rougeâtre, rarement globuleux , à 5 loges , et offrant 5 côtes saillantes , plus souvent à 2 loges, comprimé, cordiforme, bi-ailé, surmonté d’une petite
ZYGOPHYLLEES.
ZYGOPHYLLÉES.
Fleurs hermaphrodites régulières , 4-5-mères , diplostémones ; étamines à filet souvent appendiculé à la base ; ovaire porté sur un gynophore convexe ; 4-5 loges , à 2 ou plusieurs ovules anatropes ; style simple; stigmate entier ou 4-5-lobé; fruit capsulaire à déhiscence loculicide ou septicide ; albumen cartilagineux, rarement nul. Herbes ou plantes ligneuses, à feuilles opposées , stipulées (g. Tri bulus Tourn., Guajacum Plum., Zygophyllum L. etc.).
Gayac ( Guajacum officinale L., fig. 557). Grand arbre des An-
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pointe courbe; loges monospermes ; semence pendante, ovoïde, osseuse, à périsperme corné.
On trouve dans le commerce le bois , Y écorce et la résine cle Gayac.
Le Bois de Gayag arrive en bûches parfois couvertes de leur écorce, ou en troncs volumineux; il est dur, pesant, composé d’un aubier jaune pâle et d’un cœur brun verdâtre ; sa coupe transversale polie a une structure rayonnante , fine , serrée , parsemée de vaisseaux remplis de résine. Son odeur faible, balsamique, se développe surtout quand on le râpe ; sa saveur est amère , âcre , résineuse. Ce bois est fort employé, en raison de sa dureté, par les tourneurs , qui en versent, la râpure dans le commerce , où elle est fréquemment adultérée par celle du Buis. Cette fraude est facile à reconnaître.
La râpure de Gayac , d’abord jaunâtre , verdit au contact de l’air et de la lumière ou sous l’influence des vapeurs nitreuses ; il suffit donc d’en mettre une faible couche sous une cloche et de l’exposer aux vapeurs nitreuses, qui la verdissent presque immédiatement. Le Gayac soupçonné étant bien humecté d’eau chlorée ou d’une solution d’hypochlorite de soude ou de chaux, le vrai Gayac se colore en vert après une minute de contact , tandis que le faux Gayac conserve sa couleur (Huraud-Moutillard).
L’Écorce est grise, épaisse, fendillée, compacte, résineuse, et présente souvent des cristaux de sulfate de chaux , que l’on a pris pour de l’acide benzoïque , de la résine cristalline ou même de la Gaïacine. Sa teinture alcoolique ne verdit pas par l’acide azotique. Selon Tromsdorf , le bois de Gayac renferme dix fois plus de résine que l’écorce (26 : 2 , 3) ; mais contient plus de matière âcre et amère.
La Résine exsude naturellement du tronc, mais on l’obtient surtout en chauffant les bûches , que l’on a creusées dans toute leur longueur ; la résine qui découle est reçue dans des calebasses. Dans les pharmacies, on l’extrait par l’alcool.
La résine de Gayac est en masses d’un brun verdâtre ou rougeâtre, ou en fragments irréguliers d’un jaune grisâtre, terne; elle est friable , à cassure brillante , dure , et se ramollit sous la dent ; sa saveur est d’abord faible, puis âcre à la gorge ; son odeur balsamique, surtout quand on la chauffe ou qu’on la pulvérise ; sa poudre d’un blanc grisâtre , verdissant peu à peu à l’air. Elle est soluble dans l’alcool, peu soluble dans l’éther, insoluble dans les huiles grasses. Sa dissolution alcoolique est précipitée en blanc par l’eau, en bleu parle chlore, en vert par l’acide sulfurique. Les vapeurs nitreuses colorent en bleu un papier imbibé de teinture de
ZYGOPHYLLÉES. 241
Gavac. Cette teinture étant versée sur une tranche de pomme de terre crue, la colore rapidement en bleu.
Suivant Buchner, la résine de Gayac renferme 80 °/„ de Gaïacine.
Thierry en a retiré un acide particulier, cristallisable sous forme de belles aiguilles, qu’il appelé Acide Gaïacique; cet acide est trèssoluble dans l’eau, et diffère ainsi des acides benzoïque et cinnamique, auxquels il ressemble.
M. Deville a obtenu, par la distillation sèche du Gayac, trois substances bien définies : une huile légère, le Gaïacène ; une substance cristallisable , volatile sans décomposition ; une huile plus pesante que l’eau, VHydrure de Gaïacile.
La résine de Gayac a été surtout falsifiée à l’aide de la colophane co orée aitifîciellement. La cassure de cette fausse résine est et reste verte ; sa teinture alcoolique ne colore pas en bleu le parenchyme de la pomme de terre crue ; elle se dissout à froid dans l’essence de térébenthine, qui dissout à peine la résine de Gayac ; ne se dissout pas dans l’ammoniaque, qui dissout la résine de Gayac; à chaud , elle dégage une odeur de térébenthine , odeur encore manifeste dans un mélange de colophane et de résine de Gayac.
| La teinture faite avec ce mélange , ayant été additionnée d’eau puis rendue claire par la potasse caustique , un excès de ce réactif
la troublera de nouveau ; la liqueur reste claire , si la résine est pure.
Le Gayac est stimulant et diaphorétique ; on l’emploie en décoction ou en extrait , contre les maladies cutanées , la syphilis , la goutte etc. Sa teinture alcoolique est usitée comme dentifrice C’est un des quatre bois sudorifiques.
Le Gayac saint ( G . sctïictum L.), qui possède les mêmes proprietés, n’est usité qu’en Amérique
La Fabagelle (. Zygophyllum Fabago L.) est âcre, amère et vermifuge.
| , L.® Garmal (Zyg. simplex L.) est employé par les Arabes contre
i les taches de la peau.
La .Herse ( Tribulus terrestris L.), plante à fruits épineux du midi
s e urope, est, dit-on, apéritive et diurétique ; ses semences sont i reputees astringentes.