U NÉES
Plantes herbacées ou sous-ligneuses, annuelles ou vivaces, à
sa8ne«JrU [ami®ees> grêles> à feuilles simples, entières, linéaires, sans stipules ; fleurs régulières, 4-5-mères ; 4-5 étamines fertiles, et
V11,‘S ~5 etarnilies avortées oppositipétales ; 3-4-5 carpelles biovules i 3-4-5 styles; fruit: capsule, dont chaque loge est ordinal-
POLYPETALES HYPÜGYNËS AXOSPERMÉES.
rement divisée en deux, par le prolongement de la nervure médiane du carpelle; semences apérispermées , à cotylédon plan. Cette famille comprend les genres Linum L. et Radiola Dill.
Le genre Linum renferme un certain nombre d’espèces, dont plusieurs sont usitées en médecine.
Lin ordinaire (L. usitatissimum L., fig. 558). Plante annuelle, à tige rameuse vers le haut ; feuilles étroites, allongées ; fleurs en cyme corymbiforme; sépales ciliés, pétales bleus, crénelés supérieurement; semences petites, de couleur puce, ovales, luisantes, aplaties; embryon huileux , inclus dans un épisperme coriace, riche en mucilage.
La Semence de Ltn est employée entière ou pulvérisée. Entière, on la prescrit sous forme de macération, d’infusion ou de décoction, comme émolliente; pulvérisée, elle fait la base ordinaire des cataplasmes.
La Farine de Lin rancit rapidement; aussi recommande-t-on de l’employer récemment préparée. Ce defaut, dû à la présence de l’huile qu’elle renferme , pourrait être évité si l’on employait les tourteaux de Lin, dont on a extrait l’huile à froid
L’Huile de Lin obtenue à froid est jaune clair ; obtenue à chaud, elle est brunâtre. Elle est siccative ; bouillie avec de l’eau additionnée d’acide azotique , elle se transforme en une masse visqueuse , élastique , qui possède beaucoup des propriétés du caoutchouc ( Caoutchouc des huiles : voy. t. Il, p. 117).
L’huile de Lin récente et préparée à froid est quelquefois employée en lavements.
On sait que la tige du Lin soumise au rouissage fournit une excellente matière textile.
Lin cathartique (L. catharticum L.). Plante annuelle à tige grêle et dichotome, à feuilles glabres, opposées, à fleurs blanches; elle est légèrement purgative, amère et nauséeuse.
Au Chili , le L. aquilinum Mol. est réputé stomachique et apéritif.
Au voisinage des Linées se placent assez bien trois familles, qui offrent d’ailleurs assez peu d’intérêt au point de vue médical : les Géraniacêes , les Balsaminées et les Tropéolées.
Les Géraniacées renferment du tannin et de l’acide gallique ; plusieurs contiennent des matières résineuses et une huile volatile
TROPÉOLÉES.
très-odorante, qui sert à falsifier l’essence de roses. Leurs fleurs sont irrégulières dans le genre Pélargonium L’Hérit., dont le calice (fig. 559) offre des sépales inégaux , le supérieur prolongé en
Fig. 559. — Coupe médiane longitudinale de la fleur du Pélargonium grandiflorum (*).
un éperon soudé longitudinalement au pédoncule.
Les Balsaminées (fig. 560) ne sont guère usitées que comme plantes d’ornement.
Fig. 560. — Balsamina Tiortensis ((*) ** (***)) •
La Balsamine jaune ( Impatiens Noli tangere L.) est, dit-on, âcre et dangereuse.
Les Tropéolées comprennent le seul genre
Fig. 560. — Feuille de Tropœolum majus. Fig. 561. — Coupe médiane longitudinale de la
fleur du Tropœolum majus (***).
(*) pd) Pédoncule. — épr) Éperon. — s) Calice. — c ) Corolle.
(**) ép) Eperon. — pd) Pédoncule. — e) Étamine.
(***) pd) Pédoncule. — épr) Eperon. — p) Pistil. — s) Calice. — c, c) Corolle. — e) Étamines.
POLYPÉTALES HYPOGYNES AXOSPERMÉES.
Tropœolum L., dont deux espèces, la grande et la petite Capucine {Trop, majus L. , fig. 561 et 562 et Trop, minus L.), sont cultivées en Europe pour leurs fruits jeunes et pour leurs fleurs non épanouies, que Ton confit au vinaigre, comme les câpres. Ces plantes renferment un principe âcre , qui leur communique des principes antiscorbutiques; leurs feuilles sont peltées, et leurs fleurs irrégulières, éperonnées.
OXALIDÉES.
Plantes herbacées, rarement ligneuses , à feuilles composées , trifoliées ou pennées, parfois phyllodiques ; fleurs hermaphrodites, régulières, 5-mères, diplostémones ; ovaire à 5 loges polyspermes, surmonté de 5 styles ; fruit : baie ou capsule à semences arillèes ; embryon homotrope, inclus dans un périsperme charnu.
Cette famille renferme les genres Oxalis L., Averrhoa L., Bio phytum DC. etc.
Surelle, Alléluia ou Pain de coucou {Ox. acetosella L.). Plante vivace à rhizome rampant, pourvu de feuilles petites , charnues; feuilles aériennes trifoliolées , à folioles obcordées, pubescentes, d’un vert pâle , souvent pliées longitudinalement ; fleurs solitaires blanches ou rosées , à pédoncule muni de deux bractées soudées ; fruit capsulaire.
Les feuilles de cette plante ont une saveur acide , agréable , due aubioxalate de potasse qu’elles renferment; elles sont rafraîchissantes et diurétiques.
Presque tous les Oxalis ont aussi une saveur acide. L 'Ox. cor niculata L. est souvent substitué à la Surelle.
L 'Ox. crenata Jacq. , originaire du Pérou, fournit, comme la Pomme de terre , des tubercules souterrains , malheureusement aqueux, peu féculents et ainsi peu nutritifs.
Selon le docteur Montain, le suc de l 'Ox. crassicaulis est trèsastringent et peut servir contre les hémorrhagies ; sa saveur est acide, mais agréable.
Les bulbes de THabi-tchogo {Oxalis anthelminthica A. Rich.) sont employés en Abyssinie , à la dose de 60 grammes , contre le Ténia , seuls ou mêlés à diverses boissons.
Nous avons déjà parlé (T. I., p. 433) de la sensibilité des feuilles du Biophytum sensitivum DC. {Ox. sensitiva. L.).
ERYTH ROXYLÉES.
Cette famille fournit une seule plante réellement impartante, la Coca {Erytliroxylon Coca Lamk.), arbrisseau originaire du Pérou et cultivé au Chili, dans la Bolivie etc., pour ses feuilles, qui sont
ERYTHROXYLÉES. 245
employées , depuis un temps immémorial , comme masticatoire dans l’Amérique du Sud.
Ges feuilles sont courtement pétiolées , entières , ovales , aiguës, presque trinerviées, longues de 4 centim., larges de 3; elles ont une odeur très-suave de thé , une saveur amère et astringente , un peu âcre. On en fait d’ordinaire, avec de la chaux ou avec les cendres du Chenopodium Quinoa W., de l’eau salée et de l’urine, une pâte qu’on appelle Clipta. Les Péruviens et les Brésiliens s’en servent pour apaiser la faim, et peuvent, dit-on, .rester plusieurs jours sans manger, lorsqu’ils mâchent les feuilles de la Coca.
Ges feuilles ne sont sans doute pas plus alibiles que le café et que le thé du Paraguay, mais , comme eux , elles permettent de mieux supporter l’abstinence et la fatigue. Elles dilatent la pupille et, selon M. Weddell, produisent une légère excitation, avec tendance à l’insomnie.
Lorsqu’on la donne à faible dose, suivant M. Vevey, la Goca détermine une augmentation passagère de la sécrétion salivaire , bientôt suivie dun sentiment de chaleur épigastrique avec sécheresse de la gorge ; à haute dose , elle agit comme narcotique , et l’on observe alors un sentiment de bien-être général, accompagné de paresse corporelle et intellectuelle et de ralentissement du pouls.
L’usage , avec abus , de cette substance peut amener l’abrutissement, le délire et l’aliénation mentale.
On administre la Goca à la dose de 1 à 4 grammes , qu’on renouvelle, au besoin, toutes les 2-3 heures. On en prépare une poudre, un extrait hydro-alcoolique , un sirop , un élixir. On l’a préconisée contre la stomatite , le rhumatisme, l’anorexie, les embarras gastriques etc.
La Goca renferme plusieurs alcaloïdes , dont un , F Hygrine , liquide, volatil et non vénéneux, ‘et un autre, cristallisable , nommé Cocaïne (G32 H40 Az O8), que l’on a administré, sous forme de sulfate, contre les fièvres intermittentes.
La cocaïne cristallise en petits prismes incolores ; elle est peu soluble dans l’eau , assez soluble dans l’alcool , très-soluble dans l’éther; sa réaction est fortement alcaline. Elle a une saveur amère, et détermine une insensibilité passagère à la langue.
Le chlorure d’or forme avec la cocaïne des lamelles cristallines , qui, à chaud, produisent beaucoup d’acide benzoïque ; par ce caractère et par son défaut d’action sur la pupille, cet alcaloïde se distingue de l’atropine, à laquelle il ressemble sous tant de rapports.
CÉDRÉLACÉES.
Cette famille se compose d’arbres exotiques , généralement trèsélevés, dont les écorces sont le plus souvent fébrifuges; telles sont celles du Caïl-Gédra ( Khaya senegalensis Guill. et Perr.) ; du Swietenia febrifuga Roxb., de l’Inde ; de l’Acajou (Sw. Mahagoni L.), des Antilles ; du Cedrela febrifuga Blume, de Java
L’écorce du Caïl-Cédra. que l’on a surnommé Quinquina du Sénégal, est large, cintrée, rougeâtre, couverte d’un épiderme presque lisse et d’un gris blanchâtre ; sa cassure est grenue en dehors, puis un peu lamelleuse , et enfin formée en dedans par une série simple de fibres ligneuses aplaties et agglutinées ; elle est dure, cassante, fort lourde, amère, légèrement odorante. M. E. Caventou en a retiré une essence aromatique , une matière colorante jaune , une matière colorante rouge très-abondante , qu’il croit fébrifuge, et 0,8/1000 (0,0008) d’un principe neutre, amer et fébrifuge , qu’il a nommé Caïl-cédrin. M. E. Caventou a proposé de substituer l’extrait alcoolique de Caïl-cédra à l’extrait aqueux, dont MM. Buland et Duvau ont constaté les propriétés antifébriles. Le Caïl-cédrin et l’extrait de Caïl-cédra sont d’ailleurs inférieurs au sulfate de quinine.
« Le Juribali ou Euribali paraît être l’écorce d’un végétal du même genre. Elle passe pour un amer et un astringent puissant et pour être supérieure au quinquina dans les fièvres malignes » (Dorvault).
L’écorce et le fruit de l’Acajou à planches ou femelle ( Cedrela odorata L.), ont une odeur fétide; le bois, une fois sec, a une odeur aromatique, agréable, analogue à celle du Genévrier de Virginie.