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FAUX QUINQUINAS

On comprend , sous ce nom, des écorces à propriétés fébrifuges douteuses ou milles et qui ne contiennent pas de quinine ni de cinchonine. Nous allons simplement les mentionner. Ce sont : le Quinquina nova , produit par le Ladenbergia oblongifolia Klotzsch ; le Quinquina blanc du Pérou ou de Mutis, produit par le Ladenbergia macrocarpa Klotzsch (Case, macrocarpa Wedd.,voy. fig. 715, p. 545); le Quin-

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quina blanc de la Nouvelle - Grenade , fourni par le Ladenbergia prismatostylis Klotzsch ; le Quinquina Piton ou de Sainte-Lucie , fourni par YExostemma floribundum Willd., (fig. 723); le Quinquina caraïbe ou de la Jamaïque, fourni par P Exostemma caribœum Willd ; le Quinquina bicolore, produit par Y Exostemma bicoloratum ; le Quinquina rouge de Para , produit par le Buena hexandra- Pohl. ; le Quinquina de Paraqüatan , fourni par le Ma crocnemum tinctorium H. et B. ( Condaminea tinctoria DG) etc.

Propriétés médicales des Quinquinas.

Les vrais Quinquinas sont prescrits sous forme de poudre , d’extrait mou ou sec, de sirop à l’eau ou au vin, de teinture, de vin , d’infusé et de décocté.

Le Quinquina qui a servi à la préparation du vin n’est pas épuisé et peut être traité pour en obtenir les alcaloïdes.

Le macéré de Quinquina est surtout tonique ; l’infusé est plus actif ; le décocté l’est davantage encore , mais il est trouble , difficilement avalé par les malades, et on l’administre surtout en lavements ou en fomentations.

Dans le Midi de la France on emploie avec succès , comme fébrifuge, une préparation de Quinquina connue sous les noms de Résine ou Résinoïde de Quinquina , d’ Extrait résineux de Quinquina et de Magistère de Quinquina. Gette préparation paraît être formée de la matière grasse du Quinquina et du rouge cinchonique combiné avec une forte proportion des alcaloïdes.

En traitant par digestion le Quinquina Galisaya, avec de l’eau distillée, et évaporant la liqueur à 56°, jusqu’à consistance sirupeuse, on obtient la Liqueur antinévralgique ou Essence de Quinquina de Battley.

Gette liqueur se conserve bien ; mais , selon M. Bouchardat , on assure sa conservation en y ajoutant 1 ü/0 d’éther.

G’est, dit-on, l’un des remèdes les plus puissants contre la névralgie.

L’action physiologique des Quinquinas, envisagée dans les produits des écorces (poudres, extraits, vins, sirops etc.) diffère de celle des alcaloïdes (quinine, cinchonine et leurs sels) par une activité moindre et par des propriétés toniques et astringentes dues aux principes tanniques dont les alcaloïdes sont dépourvus.

Les poudres et extraits de quinquina se caractérisent physiologiquement par une sensation de franche amertume, à laquelle néanmoins le goût s’habitue. Dans l’estomac , ils éveillent un sentiment de chaleur, de pesanteur, indice d’un commencement d’irritation, qui va quelquefois, à dose élevée, jusqu’au vomissement. Le quinquina rouge provoque même parfois la diarrhée. Appliquée sur

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les muqueuses , la poudre de quinquina est astringente ; légèrement irritante sur les plaies , elle active le bourgeonnement cellulaire et , par le tannin qu’elle contient, modifie favorablement les phénomènes de putridité. A dose modérée, les préparations de quinquina se bornent d’ordinaire à des effets stimulants et toniques; elles réveillent l’appétit , facilitent les digestions et excitent utilement le système ganglionnaire , ainsi que les fonctions nutritives et les fonctions de relation. A dose plus élevée, s’ajoutent bientôt les phénomènes dus à l’absorption des principes alcaloïdes et à leur action sur le système nerveux, que nous retrouverons bien plus accentuée dans l’étude des sulfates de quinine et de cinchonine : ce sont des bourdonnements d’oreilles , des tintouins, de la surdité , des troubles de la vision , de la céphalalgie etc.

Les alcaloïdes possèdent au plus haut degré la plupart des propriétés que nous signalons dans les écorces , avec cette différence que la cinchonine et ses sels nécessitent des doses presque doubles de celles de la quinine, pour des effets analogues. Irritants à un haut point dans leurs applications topiques , les sels de quinine ne sauraient, pour ce motif, être employés dans la méthode endermique. Administrés à l’intérieur , à dose un peu élevée ou longtemps continuée, ils ont encore l’inconvénient d’enflammer l’estomac, et de donner lieu à des douleurs gastralgiques ou d’intestin et d’occasionner la diarrhée et des coliques. Passés par l’absorption dans les secondes voies, ces sels, pour peu que la dose en soit un peu élevée, donnent lieu à un état qu’on a appelé Ivresse quinique , et qui est caractérisé par des phénomènes cérébraux , tels que vertiges, bourdonnements d’oreilles , surdité , vomissements etc. , même obnubilation intellectuelle. Ces phénomènes, passagers du reste, et sans gravité , sont généralement attribués par les physiologistes à un certain degré d’anémie cérébrale plutôt que de congestion, et semblent dus à un resserrement spasmodique des capillaires artériels. Ils sont indépendants et antagonistes même de l’action irritante locale.

C’est à M. Briquet que l’on doit l’étude la plus scientifique et la plus précise des effets généraux des alcaloïdes des quinquinas , étudiés soit par le moyen d’expérimentations sur les animaux (injections dans les veines, ingestions dans l’estomac, ou dépôt dans la substance nerveuse même), soit par le contrôle de l’expérimentation clinique sur l’Homme. Ce savant a élucidé en même temps l’utilité des applications thérapeutiques, déjà bien exposées avant lui, par Giacomini , Baudelocque, Guersent , Rillet , Barthez, Leroux etc. , etc. Il résulte de ses recherches , qu’à petites doses et à intervalles éloignés , le sulfate de quinine produit une accéléra-

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tion de la circulation: le pouls devient plus fréquent, plus fort, et les mouvements respiratoires sont également précipités. Cette accélération est, au contraire, remplacée par des effets tout opposés, quand les doses sont fortes et administrées à la fois ou successivement. Ainsi, de 1 à 3 grammes, par jour, le sulfate de quinine occasionne un ralentissement progressif des battements du cœur et du pouls , une diminution, appréciable par le thermomètre , de la température animale. Une période d’excitation cérébrale, d’autant plus prononcée que le sel a été plus directement introduit dans la substance nerveuse, correspond à cette première période d’excitation circulatoire. A celle de ralentissement du pouls et de réfrigération, correspondent des symptômes d’hyposthénisation et de sédation du système nerveux, pouvant aller depuis l’ivresse quinique et l’anémie cérébrale, qui l’occasionne, jusqu’au coma, au collapsus et à la mort , lorsque les doses sont suffisantes. Ces différences, en rapport avec les doses faibles ou fortes, entraînent des effets d’excitation ou des effets antipyrétiques, qui sont journellement utilisés dans les^usages thérapeutiques.

Le sulfate* de quinine modifie le sang à la longue. D’après Briquet, la fibrine y serait augmentée, et les globules diminués; tandis que d’autres : Mélier, Monneret, Legroux , trouvent qu’il devient plus ténu, plus fluide.

Les quinquinas sont anti-putrides : faut-il attribuer ces effets aux principes tanniques, ou plutôt les sels de quinine ne s’opposeraient-ils pas par eux-mêmes aux fermentations putrides et virulentes ? cette opinion expliquerait les bons effets de ces substances dans les affections infectieuses et virulentes : typhus , fièvre puerpérale.

L’absorption des sels de quinine et leur passage dans les secrétions salivaire ou urinaire sont rapides : l’on sait que leur présence , dans ces liquides , a longtemps été révélée par le précipité de couleur rouge orangé que fournit l’iodure de potassium ioduré. Il importe cependant de faire observer que , cette coloration pouvant se produire dans une urine qui ne contient pas trace de sel quinique , il vaut mieux employer le procédé recommandé parM. Hepp. Ce procédé consiste à précipiter les urines par l’acide tannique , à recueillir le précipité sur le filtre, et à le mêler à l’eau de chaux; on évapore ensuite à l’£tuve, et on reprend le tout par l’éther alcoolisé ; on ajoute d’abord de l’eau chlorée, puis quelques gouttes d’ammoniaque, et l’on voit se produire une coloration verte, qui révèle la présence du sulfate de quinine.

L’élimination de ce sel par les urines s’accompagne quelquefois d’une irritation du côté des reins et de la vessie , analogue à celle que l’usage longtemps continué produit dans l’estomac et l’intestin.

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Les effets thérapeutiques des préparations de quinquina sont innombrables. Nous nous contenterons de rappeler que, comme fébrifuges et antipériodiques , ces préparations sont presque les spécifiques des maladies intermittentes de cause paludéenne et autre ; que les sels de quinine sont préférés, par les médecins, pour combattre et réprimer les accès périodiques, tandis que les préparations de quinquina, susceptibles d’une administration plus prolongée , et possédant des propriétés plus toniques , sont choisies pour le traitement des accidents consécutifs à l’impaludisme et à la cachexie qu’elle entraîne. Enfin, par le sulfate de quinine à haute dose l’on obtient les effets antipyrétiques, que M. Briquet a rendus évidents, et qui le font journellement administrer dans les rhumatismes articulaires aigus, et dans certaines fièvres continues. Ses qualités antiputrides et antifermentescibles, jointes aux précédentes , l’ont rendu extrêmement précieux dans les maladies aiguës de nature infectieuse , et l’on en retire des effets utiles incontestés dans les maladies typhiques , pyrogéniques, dans les fièvres traumatiques etc.

Quant au choix à faire entre les diverses préparations , on se rappellera que les écorces du Quinquina Galisaya ; sont plus riches en quinine, et par conséquent plus utiles comme fébrifuges; que les écorces du Quinquina gris renferment plus de cinchonine et sont plus utiles comme toniques, et que les Quinquinas rouges , très-astringents , intermédiaires pour la composition entre les précédents , sont préférés pour l’usage externe ; enfin que les sels de cinchonine ont une activité moitié moindre que ceux de quinine et exigent en conséquence des doses doubles.

Dans le courant de cet ouvrage, nous avons dit, à plusieurs re- „ prises, que les propriétés astringentes de certains végétaux sont dues à des principes immédiats désignés sous le nom générique de Tannins. Nous nous sommes contenté de donner quelques-uns de leurs caractères , désireux que nous étions de faire l’histoire des tannins et de leur origine, comme nous l’avons fait pour les gommes et les résines.

Il nous a paru convenable de placer cette histoire à la suite des quinquinas , qui doivent à l’une des sortes de tannin une partie de leurs propriétés.

Des Tannins.

On donne le nom de Tannin à des substances présentant les caractères communs suivants: 1° elles rougissent la teinture de tournesol ; 2° placées sur la langue , elles en affectent les papilles et développent ce qu’on appelle la saveur astringente ; avec les sels de fer et de vanadium, elles donnent des précipités colorés;

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elles réduisent promptement le permanganate de potasse, l’acide chromique, les oxydes d’or et d’argent ; précipitent les matières albuminoïdes et brunissent en présence des alcalis , avec absorption de l’oxygène atmosphérique.

Les Tannins tirent leur nom de la propriété , que beaucoup d’entre eux possèdent , de tanner la peau des animaux , c’est-à-dire de se combiner à la matière animale et de former un composé imputrescible, appelé cuir.

M. Wagner divise les Tannins en deux classes, fondées sur la différence qu’ils offrent, dans leur origine et leurs propriétés.

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