‹ Nouveaux éléments d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 60 sur 74 · MINÉRAUX EMPLOYÉS EM MÉDEGIYE · texte numérisé non relu

MINÉRAUX EMPLOYÉS EM MÉDEGIYE

Les minéraux employés en médecine sont peu nombreux. L’étude des gaz, acides ou non, est surtout du domaine de la chimie , et nous ne l’entreprendons pas ici.

HALIDES.

Halogènes.

Acide sulfurique. Cet acide cristallise entre —8° et — 10°, en prismes hexagonaux à bases pyramidées. On le trouve, à l’état libre, dans les eaux émanées du mont Idienne , à Java, et du volcan de Puracé . dans l’Amérique méridionale. Le ruisseau qui coule de ce volcan doit à son acidité le nom de Rio Vinagre , qu’on lui donne dans le pays.

On l’attribue à la décomposition des pyrites ou à l’action de l’oxygène sur le soufre et sur les acides sulfureux ou suif hydrique.

Sassoline. Ce nom de l’acide borique lui vient de la localité de Sasso , en Toscane, où il existe en dissolution dans les eaux des lagoni. Elle est transportée par des vapeurs fumaroles ,, qui proviennent de l’intérieur du globe et sert à la fabrication du borax. On la trouve aussi en paillettes subnacrées , dans le cratère du volcan de Vulcano.

La sassoline est peu soluble dans l’eau; mêlée à l’alcool , elle brûle avec une flamme verte ; au chalumeau elle se boursoufle et fond ensuite en un verre incolore.

Eau. L’eau offre parfois une forme cristalline dérivée d’un prisme hexagonal régulier.

Lorsqu’elle tient en dissolution une quantité notable de matières salines, on la désigne sous le nom d'Eau minérale. Elle possède alors quelquefois une température assez élevée et prend alors le nom de thermale.

Les eaux minérales peuvent être divisées en quatre groupes : alcalines et gazeuses , sulfureuses , salines , ferrugineuses.

Eaux alcalines et gazeuses. Les eaux alcalines sont généralement minéralisées par du carbonate de soude, ou par du carbonnate de chaux dissous à la faveur d’un excès d’acide carbonique. Elles renferment d’habitude de la silice libre et différents sels. On les trouve le plus souvent dans les régions volcaniques.

A ce groupe se rapportent les eaux de Vichy, de Bade, de Mont- Dore etc. On peut lui attribuer aussi les eaux des Geysers de l’Islande , qui contiennent une grande quantité de silice , dissoute au

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moyen de la soude et d’une température qui peut s’élever à 100° et même au delà.

Eaux salines. Cette catégorie, à laquelle on rapporte des eaux de composition et de température variées , se compose d’eaux plus ou moins sapides, qui renferment principalement des chlorures de sodium et de magnésium, des sulfates de soude, de chaux, de magnésie, et un peu de carbonate de chaux.

Les eaux magnésiennes, reconnaissables à leur amertume, et les eaux séléniteuses, qui sont très-riches en sulfate de chaux, méritent surtout d’être mentionnées. Parmi ces dernières , nous citerons celle d’Aubes et d’Audinac, qui sourdent au pied des Pyrénées françaises.

Eaux sulfureuses. Ces eaux, reconnaissables à leur saveur et à leur odeur d’œufs couvis, résultent tantôt de la décomposition des sulfates par des matières organiques, tantôt de la dissolution directe du sulfure de sodium. Les premières sont généralement froides et ont pris naissance près de la surface du sol. Les secondes sont le plus souvent chaudes, et proviennent sans doute des profondeurs du globe. On y trouve, entre autres principes, du chlorure de sodium, de la silice, une matière organique glaireuse, nommée Glairine ou Barégine , de l’azote et de l’hydrogène sulfuré libres. Les eaux d’Enghien appartiennent à la première catégorie ; les eaux d’Ax, de Barèges, de Cauterets se placent dans la seconde.

Eaux ferrugineuses. Elles sont reconnaissables à leur saveur et à la matière ocracée qu’elles déposent sur leur parcours.

Outre le carbonate ou le crénate de fer , qui les caractérisent , elles contiennent du carbonate de soude et de chaux, du chlorure de sodium et parfois aussi de l’acide carbonique libre.

Certaines renferment des sulfates de fer et d’alumine et sont moins estimées que les précédentes.

Sels,

g. Chlorure.

Sel marin et Sel gemme ( chlorure de sodium). Ce sel, dont la forme primitive est le cube, a une densité de 2,25. 11 raie le gypse, et sa saveur franchement salée sert à le caractériser facilement.

Le sel marin est fourni par l’évaporation de l’eau de sources salées qui le renferment, ou bien , du moins sur les bords de la Méditerranée , on l’obtient des eaux de la mer , par le procédé des marais salants.

Le sel gemme est rarement blanc, comme le sel marin ; plus

HALIDES.

souvent il est coloré par le mélange de différents sels , et sa saveur est alors plus ou moins modifiée : généralement il est gris ou rouge. Il se présente d’ordinaire en masses spathiques, lamellaires, grenues ou fibreuses , stratifiées au sein de sédiments de gypse , d’argile et de dolomie; ou bien il forme des masses irrégulières, au voisinage des roches éruptives, dans des marnes calcaires ou dolomitiques.

On en trouve des mines abondantes en Lorraine, en Allemagne, en Angleterre, en Russie, en Pologne etc. Sa place habituelle est le trias, d’où le nom de salifère donné à ce terrain.

Salmiac ou Sel ammoniaque. Ce sel a une forme cristalline dépendante du système régulier. Il possède une saveur piquante, urineuse, et se volatilise par l’action de la chaleur. On le trouve généralement en croûtes grisâtres, caverneuses ou obscurément fibreuses, dans les houillères embrasées et parmi les produits sublimés des volcans et des solfatares. C’est un composé d’ammoniaque et d’acide chlorhydrique.

g. Nitrate.

Nitre ( azotate de potasse). Ce sel cristallise en prismes pyramidés, dérivant d’un prisme droit rhomboïdal. Sa densité est presque égale à 2. Il a une saveur fraîche et fuse sur les charbons ardents. On le trouve en efflorescences sur des roches calcaires, à la surface de certaines plaines (Égypte, Perse etc.) et sur les bords de la mer Caspienne. Celui que l’on voit sur les murailles humides contient du nitrate de chaux et porte le nom de Salpêtre.

A haute dose, l’azotate de potasse est un poison. On l’emploie comme diurétique , à la dose de 5 centigr. à 2 grammes et, comme contro-stimulant, à la dose de 4 à 8 grammes. M. Aran en a donné jusqu’à 30 grammes par jour, contre le rhumatisme articulaire/

Nitratine ( azotate de soude). Ce sel, que l’on a nommé aussi Nitre cubique , Nitre de Chili , Nitre quadr angulaire ou rhomboïdal etc., cristallise en rhomboèdres de 106° 1/2. Sa densité est de 2,1. On le trouve dans les déserts d’Atacama, près Taracopa, sur les frontières du Chili, et dans les environs d’Iquique, au Pérou. Il renferme d’assez fortes proportions d’iode (près de 6 %). Il se présente en grains cristallins, vitreux, disséminés au sein d’une argile brune.

La nitratine est un peu déliquescente et ne peut servir à la préparation de la poudre. On la préfère au nitre pour la fabrication de l’acide azotique , à cause de son bas prix. Elle est parfois prescrite comme diurétique et antidysentérique.

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g. Sulfate.

Epsomite ( sulfate de magnésie). L’epsomite a pour forme primitive un prisme rhomboïdal droit de 90°, 38 ', et sa densité est de 1,75. Ce sel est amer, fragile, vitreux, incolore et transparent. Il est parfois mélangé de sulfate de soude ou de sulfate de chaux. On le trouve en masses bacilloïdes, aciculaires ou fibreuses dans le gypse à Filou (Aude), ou en aiguilles déliées et soyeuses à Gatalayud (Espagne). Il se présente parfois en efflorescences dans quelques mines , ou près de la surface du sol, dans quelques plaines sablonneuses de la Silésie et de l’Espagne. C’est, l’epsomite qui donne aux eaux de Sedlitz et d’Epsom leurs propriétés purgatives.

Exanthalose, Thénardite (sulfate de soude). Le nom d’exantbalose a été donné , par M. Beudant , au sulfate de soude hydraté , à cause de son efflorescence. Ce sel a pour forme primitive un prisme rhomboïdal unoblique de 80° 1/2. Sa densité est de 1,56. Il a une saveur salée et amère.

Longtemps regardé comme très-rare , dans la nature , ce sel a été découvert depuis quelques années dans certaines parties de l’Espagne, associé au gypse et à l’argile, parfois aussi au sel gemme.

Il existe en dissolution dans certains lacs de la Hongrie et dans la plupart des eaux minérales qui renferment du chlorure de sodium.

On le retire généralement des eaux-mères des marais salants, ou des sources salées de la Lorraine. Celui qui arrive de ce dernier pays a reçu le nom de sel d’Epsom de Lorraine , à cause de sa ressemblance avec le sulfate de magnésie, dont on le distingue aisément à l’aide de réactifs appropriés.

Le sulfate de soude du commerce provient aussi du résidu de la fabrication de l’acide chlorhydrique , par le sel marin et l’acide sulfurique.

Le sulfate de soude s’emploie comme purgatif.

La Thénardite est un sulfate de soude anhydre; découvert d’abord, par M. Casaseca, dans un bassin des salines d’Espartigues , près d’Aranjuez , il a été trouvé ensuite au voisinage de cette dernière ville , en petites masses aplaties , au milieu d’un terrain gypseux et salifère. Ce sel a une densité de 2,73.

Glaubérite. M. Brongniart a nommé ainsi un sulfate double de soude et de chaux, que l’on trouve dans le sel gemme , à Yilla- Rubia (Espagne), à Yic (Lorraine), à Iquique (Pérou). Il raie le gypse et a une densité de 2,72. Ses cristaux dérivent d’un prisme rhomboïdal unoblique.

Alunogène ( sulfate d’alumine). Ce sel se présente sous forme aciculaire ou fibreuse , ou en lamelles entassées les unes sur les

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