‹ Nouveaux éléments d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 63 sur 74 · PIERRES PROPREMENT DITES · texte numérisé non relu

PIERRES PROPREMENT DITES

Nous ne croyons pas devoir traiter des Gemmes, dont les plus importants sont : le Diamant (carbone pur) ; le Corindon (alumine pure), comprenant le C. Saphir qui est bleu, le C. Rubis qui est rose, le C. Topaze qui est jaune, le G. Améthyste qui est violet, et le C. Émeraude qui est vert ; le Spinelle ( aluminate de magnésie) ; l’Émeraude ( silicate d’alumine et de glucine) ; la Topaze [fl u o -silicate d’ alumine , ; le Zircon (silicate de zircone) comprenant le Z. Hyacinthe et le Zircon; le Grenat, qui renferme un assez grand nombre de pierres presque toujours cristallisées en dodécaèdres rhomboïdaux ou en trapézoèdres, et dont la couleur ainsi que la composition sont variables.

Meures.

La famille des Quartzeuæ est caractérisée par le Quarz hyalin {silice pure) et comprend en outre l’Agathe, l’Opale, le Silex et le Jaspe.

La famille des Feldspathiques a pour type le Feldspath, qui comprend I’Orthose, le Ryacolite , I’Albite et le Labrador. On lui rapporte le Pétrosilex et la Rétmite. Le Jade ou Saussurite appartient à la même famille.

La famille des Cozéolites renferme : l’Amphigène ou Leucite (silicate d’alumine et de potasse) , la Sodalite ( silicate d’alumine et de soude) , l’Outremer ou Lapis-lazuli ( silicate d’alumine et de soude , avec 3 °/0 de soufre et 3 °/0 de carbonate de chaux) etc.

A la famille des Zéolites se rapportent : la Stilbine ( hydro-silicate d’alumine et de chaux) , la Mésoty^e ( hydro-silicate d’alumine et de soude), l’Harmotome (hydro-silicate d’alumine et de baryte et de chaux avec potasse) etc.

La famille des Prismatiques renferme . le Disthène (silicate d’alumine pur) , l’Andalousite ( silicate d’alumine ) , dont on distingue deux variétés : le Feldspath apyre et la Macle; la Staurotide ( silicate d’alumine et de fer) ; l’Épidote ( silicate d’alumine , silicate de fer et de chaux) ; etc.

La famille des Trappéens contient l’Amphibole (silicate de chaux , silicate de magnésie et de fer), qui comprend trois variétés ou sortes : la Trémolite, qui est blanche et à laquelle on rapporte Y Amiante et le Jade néphrétique ; I’Actinote , qui est verte ; la Hornblende , qui est noire; le Pyroxène, qui comprend: la Diopside, I’Hédenbergite, I’Augite, et sans doute aussi I’Hypersthène ; etc.

La famille des Micacés est surtout caractérisée par le Mica, que l’on peut considérer comme un silicate d’alumine, de fer et de potasse.

La famille des Talqueux est caractérisée par l’onctuosité des minéraux qu’elle renferme et par leur substance , qui est un silicate de magnésie hydraté.

Le Talc , qui en çst le type , offre deux variétés : le Talc foliacé et la Stéatite , qui forment l’élément essentiel des talcscliistes et des stéaschistes.

A cette famille appartient aussi la Serpentine, dont on connaît entre autres variétés : la Serpentine noble et la Pierre ollaire.

La famille des Talcoïdes renferme la Chlorite et la Pagodite*

La famille des Terreux comprend : la Véronite ou Terre de Vérone; l’Argile, dont on connaît de nombreuses variétés ou sortes : I’Argile plastique , I’Argile smectique ou Terre a foulon, la Lithomargf, I’Ocre, la Sanguine et les Marnes ; le Kao-

MINERALOGIE.

lin ou Terre à porcelaine ; la Magnésite , dont une variété est connue sous le nom vulgaire d’ÉcuME de mer; etc.

La famille des Borëens , qui se composé de minéraux noirs ou bruns, avec un éclat vitreux, ne renferme aucune espèce susceptible d’applications.

Les diverses espèces minérales que nous venons de mentionner simplement, ne sont pas employées en médecine. Certaines d’entre elles , jadis usitées , par exemple certaines gemmes , sont tombées daiîs un juste oubli.

On trouve encore parfois, dans les drogueries et dans les pharmacies , des sortes de terres argileuses , connues sous les noms de Bol d’Arménie , de Terre sigillée ou de Lemnos , de Terre cimolée: de Bol de Bohème ou de Hongrie , de Bol blanc . Ces différentes terres, anciennement usitées, ne sont plus d’aucun usage en thérapeutique.

Nous excepterons toutefois le Bol d’Arménie , jadis utilisé comme dessiccatif, hémostatique, astringent et fortifiant. Cette terre, que l’on tire aujourd’hui des environs de Saumur, forme la base des Pilules d’Arménie du docteur Charles Albert.

IVI I N ÉRALISATEURS.

Soufre. Ce minéral a pour forme primitive un octaèdre rhomboïdal aigu souvent cunéiforme (voy. p. 640, fig. 784); il a une densité de 2,07 et une dureté de 2,5. Il est fragile, de couleur jaunecitron , facilement électrisable par le frottement , fusible à la chaleur, inflammable et produisant alors des vapeurs caractéristiques d’acide sulfureux. Sa cassure est vitreuse éclatante.

Le Soufre existe dans le terrain tertiaire , associé au gypse et au sel gemme, ou sur le parcours des eaux sulfureuses. On le retire surtout des volcans et des solfatares , où il se forme encore de nos jours.

Le Soufre est employé en pharmacie, sous trois états : Soufre en canons , Soufre sublimé ou fleurs de Soufre , Soufre précipité ou Magistère de Soufre .

On prescrit le Soufre à l’extérieur sous forme de pommades , ou à l’intérieür. Pour ce dernier usage, les médecins. allemands préfèrent le magistère de Soufre. «Selon le docteur Hannon , le Soufré brun visqueux (obtenu en chauffant le Soufre ordinaire à 160° et le plongeant dans l’eau) aurait des propriétés thérapeutiques bien plus prononcées; il aurait l’activité des sulfures alcalins, sans en avoir les inconvénients. » (Dorvault.)

Le Soufre est un excitant; il agit, suivant la dose et suivant les

MÉTAUX

sujets, comme stimulant, expectorant, diaphorétique , purgatif. Il est le principe actif dus eaux sulfureuses , et les Crucifères lui doivent une partie de leurs propriétés. m

Arsenic. L’Arsenic est un minéral gris, à cassure brillante noircissant vite à l’air, d’une densité à peine inférieure à 6, volatil sous l’action d’une chaleur modérée, et produisant à la flamme d’une bougie une vapeur blanche d’odeur alliacée intense.

On le trouve en masses lamellaires ou testacées, rarement bacillaires, dans les filons de cobaltine, de nickéline ou de cuivre gris.

L’Arsenic est parfois employé dans l’économie domestique , sous les noms de Cobalt , de Mort aux mouches , d 'Arsenic noir etc.

Il doit ses propriétés vénéneuses à une oxydation, qui le transforme en acide arsénieux soluble dans l’eau.

Orpiment {per sulfure cl’arsenic). Ce minéral a pour forme primitive un prisme rhomboïdal droit. Il se présente en masses lamelleuses, demi-transparentes, jaunes, inodores, insolubles, insipides. Il se volatilise par la chaleur.

L’orpiment est doué de propriétés vénéneuses intenses, qu’il doit à l’acide arsénieux non combiné, dont il contient une forte proportion. On l’employait jadis comme fébrifuge. De nos jours , il n’est guère usité que comme épilatoire.

Il ne faut pas le confondre avec Y Orpiment artificiel , qui est beaucoup plus actif.

Réalgar ou sulfure rouge d’arsenic {proto-sulfure d’arsenic). Ce minéral a pour forme primitive un prisme rhomboïdal unoblique. Il est rouge orangé, insipide, inodore, fragile, fusible, volatil , insoluble dans l’eau, mais soluble dans les solutions alcalines. Les anciens le connaissaient sous le nom de Sandaracha\ ils l’employaient en médecine et en peinture.

MÉTAUX

g. Antimoine.

Antimoine natif. Il se présente en masses lamelleuses ou lalamellaires, facilement clivables et d’un blanc d’argent, avec une teinte bleue; on lui prête, comme forme primitive, un rhomboèdre de 117°. Sa densité est de 6,7 et sa dureté atteint à peine celle du calcaire. Il fond à 430° ; au chalumeau il émet d’épaisses vapeurs blanches.

L’Antimoine natif renferme habituellement de l’arsenic.

Stibine {sulfure d’antimoine). Ce minéral a pour forme primitive un prisme rhomboïdal droit. Il se présente en cristaux prismatiques allongés, à 4-6 pans et à bases pyramidées, striés, ternes,

MINÉRALOGIE

groupés en masses radiées, ordinairement bacillaires ou aciculaires.

La Stibine a une densité de 4,6 ; sa dureté est 2. Elle fond et se volatilisera la flamme d’une bougie , en produisant des vapeurs blanches, d’odeur sulfureuse.

Elle est toujours mélangée de sulfures de plomb, de fer et d’arsenic, et ne doit jamais être employée en médecine avant d’avoir été convenablement purifiée. Elle constitue la base des produits jadis employés sous les noms de Foie d’antimoine ., de Crocus metallorum , et de Verre d’antimoine , de Panacée antimoniale , A’ Antimoine ciré , de Mochlique etc.

Le sulfure d’antimoine n’est guère usité aujourd’hui qu’en hip*> piatrique. Il sert à la préparation de la plupart des sels d’antimoine, surtout à celle du Kermès minéral (suif ure jd’ antimoine hydraté ), du Soufre doré d’antimoine ( oxydai fure sulfuré d9 antimoine hydraté ), et du Sel de Sghlippe ou Kermès des Allemands (suifantimoniure de sodium).

L’emploi du sulfure d’antimoine, comme fard, remonte à la plus haute antiquité; les anciens peuples de l’Orient s’en servaient , et son usage s’est conservé jusqu’à nos jours dans ces pays. Les Grecs l’appelaient cruêt, 7cXaruocpôaÀo.ov , Aocpêaciov, les Latins Sti-

bium , enfin les Arabes le nommaient Athmod , Achiman , Archman et Ithmid. On attribue le nom actuel A’ Antimoine à l’usage malheureux qu’en fit, dit-on, Basile Valentin sur les moines de son couvent, d’où avn-moine, étymologie singulière, peut-être fabriquée par Perrault, le haineux médecin, qui écrivit le Rabatjoie de l’antimoine. Le nom d’ ayitimoine dérive sans doute plutôt de l’emploi qu’en font les éleveurs de bestiaux pour engraisser les Porcs, d’ou : ocvvi contre, uovioç vieux sanglier.

Sénarmonite et Exitèle ( oxyde d’antimoine). La Sénarmonite existe abondamment dans la province de Gonstantine (Algérie) ; elle cristallise en octaèdres réguliers, incolores, translucides ou transparents, très-fragiles et à cassure vitreuse, avec un éclat subadamantin. Elle fond à la flamme d’une bougie et constitue un minerai riche et facile à traiter.

L’Exitèle est en aiguilles cristallines ou en fibres soyeuses, ou même parfois en cristaux dérivant d’un prisme rhomboïdal droit. On la trouve à côté de la Sénarmonite.

Les sels d’antimoine sont vénéneux et émétiques ; à dose un peu élevée, ils sont purgatifs et contro-stimulants.

L’Émétique ( tartrate d’antimoine et de potasse) et le Kermès en sont les préparations les plus employées. Le premier sert, en outre, comme rubéfiant, soit en pommade, soit étendu sous forme de poudre sur un emplâtre approprié.

MÉTAUX. 677

On prescrit quelquefois, comme émétique , l’oxychlorure d’antimoine.

Enfin, le chlorure ou beurre d’antimoine concret est un caustique violent , employé parfois pour cautériser les plaies et les morsures d’animaux venimeux ou enragés.

g. Bismuth.

Bismuth natif. Ce minérai contient presque toujours de l’ar- ' senic et doit être préalablement purifié. On le trouve sous forme de petites masses lamelleuses, ou en dendrites, disséminées au milieu du quarz et de la barytine , ou des minerais de cobalt arsénifères ou argentifères. Il offre, d’ailleurs, à peu près les mêmes propriétés que le Bismuth pur, et nous renvoyons , pour son étude, aux traités de chimie.

Bismuthine (. sulfure de bismuth). Ce minerai est assez rare ; on le trouve dans les mêmes gisements que le bismuth natif 9 dans le minerai de cérium (Suède et Norvège) et dans le cuivre pyriteux (Chili).

La bismuthine est blanchâtre, gris clair ou teinté de jaunâtre, douée d’un éclat métallique et pouvant être rayée par le calcaire. Sa densité est 2,55.

Elle se présente en aiguilles ou en petites lames.

L’Eulytine ( silicate de bismuth) , la Lampadite ( oxyde de bismuth) , et l’Agnésite ( carbonate de bismuth impur) sont assez rares.

La seule préparation de bismuth usitée en médecine est le Sousazotate {sous -nitrate) de Bismuth, que l’on emploie aussi, pour l’usage de la toilette, sous le nom de blanc de fard. Le sous-nitrate de bismuth est réputé antispasmodique ; il agit comme sédatif, cicatrisant et désinfectant.

g. Étain.

Ce genre ne renferme qu’un minerai important.

Cassitérite ou mine-d’étain ( bi-oxyde d’étain). Ce minerai se présente habituellement en prismes carrés, surmontés par l’octaèdre primitif, dont les arêtes sont souvent modifiées par les facettes d’un octaèdre alterne; ces cristaux, rarement simples , sont d’ordinaire accolés 2 à 2, 3 à 3 , par des plans obliques et formant des macles à angles rentrants, d’où le nom de Bec d’étain , que les mineurs leur ont donné.

La Cassitérite a une densité voisine de 7 et une dureté de 6,5; elle est douée d’un vif éclat, présente une cassure vitreuse et une couleur brun foncé, plus rarement brun assez clair.

MINERALOGIE.

C’est de ce minerai que l’on retire l’étain.

La Limaille d’étain a été employée comme anthelminthique. L’Amalgame d’étain et de cadmium est parfois employé, comme obturateur, contre la carie dentaire.

L’Oxyde d’étain a été conseillé dans la phthisie pulmonaire et contre le Tænia.

Enfin le Protochlorure d’étain est un purgatif violent et un vermifuge. On l’administre parfois comme contre-poison du sublimé corrosif.

g. Plomb.

Le Plomb natif est rare dans la nature , et son existence est longtemps restée douteuse. Le minerai de plomb par excellence est la galène.

Galène ( sulfure de plomb). Ce minéral est fragile, gris, avec un éclat métallique prononcé, fusible au chalumeau, avec dégagement d’une odeur de soufre ; sa densité est 7,5, sa dureté 2,6 et sa forme primitive un cube.

La galène se montre en cristaux appartenant au système régulier (cube , octaèdre , dodécaèdre rhomboïdal)* ou plus fréquemment en * masses laminaires, lamellaires ou grenues. Elle est d’ordinaire mélangée de sulfures d’argent , d’antimoine , de fer, plus rarement de cuivre et de bismuth. On l’exploite, en général, plus souvent pour l’argent qu’elle renferme que pour le plomb , dont l’extraction est alors secondaire.

La Bournonite ou Endellione ( sulfure de plomb , d’ antimoine et de cuivre ), la Clausthalie ( séléniure de plomb) , la Boulangérite ( sulfure d’antimoine et de iilomb) sont beaucoup moins importantes.

Géruse ( carbonate de plomb). Ce minéral est blanc, avec un éclat adamantin, très-fragile, et décomposable par la flamme du chalumeau. Sa dureté est 3,5 et sa densité 6,7. On le trouve, soit cristallisé en prismes à six faces, parfois maclés et dont la forme primitive est un prisme rhomboïdal droit , soit en aiguilles ou en baguettes, soit en masses compactes à cassure vitreuse.

En médecine, on n’emploie que la céruse artificielle, que l’on distingue, dans le commerce, selon le pays d’où elle provient; elle sert, à l’extérieur, comme dessiccatif et résolutif, et fait la base de quelques emplâtres. Les Anglais s’en servent parfois contre les excoriations et les irritations de la peau.

Son emploi dans les arts occasionne des tremblements convulsifs et la maladie cruelle connue sous le nom de colique de plomb ou colique des peintres.

MÉTAUX

Pyromorphite. Ce minéral est un mélange de phosphate (3 p.) et de chlorure (1 p.) de plomb, dans lequel l’oxyde de plomb peut être partiellement remplacé par de la chaux , et l’acide phospliorique par de l’acide arsénique. Sa densité est 7, sa dureté 3,75; sa forme dominante est un prisme hexagonal régulier.

La pyromorphite a une cassure vitreuse , avec un éclat un peu gras. Elle fond au chalumeau en une perle gris clair, qui prend une forme polyédrique en se refroidissant.

Elle est brune ou verte, en cristaux prismatiques ou en masses bacillaires, aciculaires ou amorphes.

Les composés de plomb les plus usités en médecine sont , outre la céruse, la Litharge , le Minium et le Sel de Saturne.

La Litharge (protoxyde de plomb fondu) se présente en paillettes micacées, pesantes, d’un jaune rougeâtre. Elle contient fréquemment du cuivre ; elle forme la base des emplâtres proprement dits.

Le Minium (oxyde plomboso-plombique) est un mélange de protoxyde et de bioxyde de plomb. Il est sous forme de poudre d’un rouge éclatant.

On l’emploie comme dessiccatif; il entre dans quelques emplâtres et pommades.

Sel de Saturne ( acétate de plomb cristallisé). Ce sel se présente sous forme de petits cristaux prismatiques agglomérés, incolores ou blancs , légèrement efflorescents , de saveur d’abord sucrée (d’où son nom de Sucre de Saturne ) , puis styptique. On l’emploie , à l’intérieur, dans les diarrhées colliquatives , les sueurs nocturnes, et à l’extérieur, comme astringent.

On prescrit très-souvent I’Acétate de plomb liquide ou Extrait de Saturne ( acétate basique de plomb) , liquide incolore, fréquemment teinté de vert ou de bleu , dû à la présence d’un peu de cuivre dans la litharge ou à ce qu’on l’a préparé dans une bassine de cuivre, sans avoir au préalable fait bouillir l’eau employée.

L’extrait de Saturne est très-usité, à l’extérieur, étendu d’eau, en collyres, lotions etc., comme siccatif et astringent.

On a préconisé, dans ces derniers temps , I’Azotate de plomb, pour la désinfection et la cicatrisation des plaies.

L’Iodure de plomb est prescrit en pommade comme résolutif.

g. Zinc.

Calamine et Smithsonite. Ces deux minéraux étaient autrefois considérés comme appartenant à une même espèce ; M. Smithson les a distingués. Ils constituent, par leur mélange ou isolément, le minerai de zinc le plus exploité. Ce minerai est pierreux, jaunâtre,

MINÉRALOGIE

blanchâtre ou rougeâtre. Sa cassure varie* du compacte au terreux ; il est souvent cellulaire ou carié.

La Calamine ( silicate de zinc hydraté) se dissout sans effervescence dans l’acide azotique et forme un dépôt gélatineux; sa densité ne dépasse pas 3,6. Ses cristaux sont d’ordinaire de petits prismes hexagonaux allongés , aplatis latéralement et terminés par un biseau ; ils dérivent d’un prisme ortho-rombique.

La Smithsonite ( carbonate de soude ) a pour forme primitive un rhomboèdre de 107° 4/2; elle fait effervescence dans les acides; sa densité est 4.45 et sa dureté 5.

Les principaux gisements de la calamine sont ceux de la Vieille- Montagne , près Aix-la-Chapelle, et de Tarnowist, en Sibérie.

Blende ( sulfure de zinc). Ce minéral est d’ordinaire brun ou jaune ; sa rayure est jaunâtre ou erisâtre, ce qui permet de le distinguer de la galène. Il en existe, d’ailleurs, des variétés translucides. Sa densité est 4,46, sa dureté 3,5 et sa forme primitive un tétraèdre régulier.

La blende se trouve en masses lamelleuses ou grenues, ou en cristaux constitués, soit par des tétraèdres réguliers, simples ou modifiés , soit par des macles, où l’on distingue les faces du dodécaèdre rhomboïdal.

Elle possède un éclat très-brillant. C’est le minerai de zinc le plus commun ; mais il est difficile à exploiter.

Les autres minéraux appartenant au genre Zinc sont beaucoup moins importants que les trois précédents. Nous avons déjà parlé (t. II, p. 667) de la gallitzinite , ou sulfate de zinc natif, et indiqué les usages médicinaux du sulfate de zinc.

On employait jadis, en médecine, I’Acétate de zinc, comme astringent, en collyres et injections, ou à l’intérieur, comme vomitif et antispasmodique.

Le Chlorure de zinc sert à l’extérieur , comme caustique, et forme, à ce titre, la base de la Pâte de Canqaoin ; on emploie sa dissolution aqueuse , pour la conservation des cadavres.

L’Oxyde de zinc ou Fleurs de zinc, dont l’usage est si fréquent en peinture, où il tend à se substituer à la céruse, est prescrit à l’intérieur, seul ou associé à la Valériane, au castoréum etc., comme antispasmodique. On lui préfère le Valérianate de zinc, qui, selon M. Devay, est un antispasmodique pur, ayant une action directe sur le système nerveux.

Enfin , le Cyanure de zinc est parfois employé en dissolution dans l’eau , comme sédatif.

METAUX

g. Fer.

Fer natif et Fer météorique. LeFer natif est très-rare dans la nature. On le trouve surtout dans les masses tombées du ciel ; il y est toujours associé au nickel. Le Fer météorique est massif ou, plus souvent, caverneux; il peut être immédiatement forgé et transformé en outils. On le trouve en beaucoup de lieux, à la surface du globe , sous forme de blocs volumineux .

Aimant ( fer oxydulé). Ce minéral est formé par un mélange de protoxyde et de sesquioxyde de fer. Sa forme primitive est un octaèdre régulier, sa densité 5, sa dureté 5,5. Il est gris de fer foncé , avec une poussière noire , et possède un éclat métallique ; ses propriétés magnétiques , et surtout celle que présentent certaines de ses variétés d’attirer d’un côté l’aiguille aimantée et de la repousser de l’autre lui ont valu le nom d 'Aimant.

On le trouve tantôt en octaèdres ou en dodécaèdres rhomboïdaux, tantôt en masses grenues; il est parfois terne et même un peu terreux.

Oligiste ( sesquioxyde de ferj. Ce minerai est gris ou rôugeâtre, avec une poussière rouge , et généralement il est doué d’un vif éclat métallique. Au chalumeau, il ne fond pas et devient magnétique en perdant un peu d’oxygène. Sa forme primitive est un rhomboèdre de 86°, 10; sa dureté est 5,5 et sa. densité 5,24.

On en connaît plusieurs variétés ou sortes :

Le Fer spéculaire , qui possède un vif éclat métallique et qui se présente en cristaux, en masses cristallines ou en plaquettes brillantes.

L’Oligiste écailleux ou micacé , formé de petites écailles brillantes, très-facilement séparables.

L’Oligiste rouge , qui est métalloïde ou terreux et dont la couleur est grise et rouge.

L’Oligiste concrétionné ou hématite rouge, qui est en en rognons ou en stalactites à texture fibreuse et de couleur grise mêlée de rouge.

Liimonite ( sesquioxyde de fer hydraté r Ce minerai se présente parfois sous forme de cristaux résultant d’une épigénie effectuée sur la pyrite et sur la sidérose. Plus souvent on le trouve , soit en masses concrétionnées ou non, soit en grains oolithiques ou pisolithiques , soit enfin en dépôts superficiels terreux.

La densité de la limonite varie entre 3,3 et 4,4 ; sa dureté se modifie, selon les sortes, mais ne dépasse jamais 3.

La limonite est brune ou brun terreux passant au jaunâtre , et elle donne une poudre jaune.

MINÉRALOGIE

Parmi les limonites en masse, se range I’Hématite brune , que l’on trouve en rognons , stalactites ou masses mamelonnées à cassure finement fibreuse ou rayonnée.

On rapporte, à la limonite oolithique, PÆtite ou pierre cTAicle, qui se présente sous forme de sphères ou d’amandes géodiques composées de couches concentriques, et qui renferment souvent un noyau mobile d’argile ferrugineuse.

L’Ocre jaune appartient à la troisième variété.

Sidérose ( carbonate de fer) Ce minéral est rarement pur ; d’ordinaire il renferme du carbonate de chaux et souvent aussi du carbonate de magnésie et de manganèse.

La sidérose a pour forme primitive un rhomboèdre obtus de 107°; sa densité est 3,8, sa dureté 3,5. Elle est facilement clivable, par-, fois incolore , plus souvent blonde ; sa poussière est grisâtre.

Les diverses variétés de sidérose peuvent être rapportées à deux sortes :

1° La Sidérose spathique ou Fer spathique, qui se présente en cristaux définis ou oblitérés, et en masses laminaires ou lamellaires.

2° La Sidérose compacte ou S. Lithoïde, qui est terne, avec une couleur grise passant au noir et au brun, et qui est généralement mélangée d’argile.

Pyrite ( bisulfure de fer). Ce minéral est d’un jaune de laiton, brillant ; il raie le feldspath et fait feu au briquet ; sa poussière est d’un vert noirâtre ; sa cassure est d’ordinaire raboteuse et peu éclatante, mais parfois conchoïde et douée d’un vif éclat. Sa densité est 5. Sa forme primitive est l’hexadièdre ou dodécaèdre pentagonal.

La pyrite se présente souvent sous forme de cube , d’hexadièdre et d’octaèdre régulier. Comme nous l’avons vu, ses cristaux se transforment souvent en limonite brune, par épigénie (voy. t. II , p. 00). Ce minéral sert parfois à l’extractiou du soufre, que l’on en retire par distillation.

La Sperkise ne diffère de la pyrite que par sa couleur blanc jaunâtre un peu verdâtre et sa forme cristalline, qui se rapporte au système ortho-rhombique. Elle se transforme aisément en sulfate de fer, et si cette transformation s’effectue aux dépens d’une argile, il se produit un sulfate d’alumine et de fer.

Cette propriété est utilisée dans les fabriques d’alun.

La Leberkise ou Fer sulfuré magnétique est un sulfure particulier, de couleur bronzée, légèrement rougeâtre et qui possède la propriété d’agir sur l’aiguille aimantée.

On exploite parfois, à cause de l’argent qu’il peut renfermer, le Mispickel ( ar s énio- sulfure de fer).

M ÉTAU JL. 083

Le genre fer renferme un grand nombre d’autres minéraux , que nous passerons sous silence.

Les principaux minerais de fer sont les oxydes et le carbonate.

En médecine, on emploie le fer, soit à l’état métallique, soit à l’état d’oxyde, soit à l’état de sel.

On le prescrit, comme tonique, dans tous les cas de faiblesse et d’inertie des. organes : chlorose, aménorrhée etc. Il paraît agir directement sur le sang, qu’il modifie d’une manière remarquable.

A l’état métallique , on donne la Limaille de fer porphyrisée , ou mieux encore le Fer réduit par l’hydrogène, que son extrême division rend facilement attaquable par le suc gastrique.

Les oxydes de fer usités en médecine sont : I’Étiiiops martial (oxyde ferroso-ferrique) , qui est d’un noir velouté , facilement attirable à l’aimant et soluble, sans effervescence, dans l’acide chlorhydrique ; le Safran de Mars apéritif ou sous-carbonate de fer (sesquioxyde de fer hydraté sec) , qui est jaune rougeâtre ou safrané, et que l’on emploie, à l’intérieur, comme tonique et astringent ; Mitschell l’a employé, avec succès , contre les ulcères chroniques ; I’Hydrate de peroxyde de fer gélatineux ( sesquioxyde de fer hydraté humide) , qui constitue l’un des meilleurs contrepoisons de l’arsenic.

Le Colcothar et le Safran de Mars astringent sont inusités en thérapeutique.

Les sels de fer sont très -nombreux :

Le Carbonate de, protoxyde de fer forme la base des pilules de Vallet ; ce sel est très-altérable et ne doit sa conservation qu’à la présence du sucre ajouté aux préparations dans lesquelles il entre.

Nous avons déjà parlé (t. II , p. 667) du sulfate de fer.

Les Chlorures de fer ( proto - et deuto-) sont parfois employés à l’état de sel, sous diverses formes. La solution de perchlo/ure ou chlorure de fer liquide est prescrite à l’intérieur et à l’extérieur, comme hémostatique , et constitue un médicament précieux. On lui substitue le Persulfate de fer liquide, ou Liqueur hémostatique de Monsel , qui exerce sur le sérum du sang une action coagulante identique et qui est plus stable et plus facile à préparer.

Le Chlorure de fer et d’ammoniaque est employé contre la chlorose , le cancer, le rachitisme etc.

Le Cyanure de fer ( bleu de Prusse) est très-usité, en Allemagne et aux Etats-Unis, contre les fièvres intermittentes. On l’a aussi préconisé, comme antispasmodique, dans l’épilepsie , l’hystérie et la chorée.

Le Cyanure feéroso-potassique (prussiate jaune de jiotossse) et

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