RÈGLES GÉNÉRALES
per, de préférence aux autres, les organes ou les facultés qui peuvent le plus concourir au bonheur individuel et social. *
3. L'exercice trop continu d'un organe l'hypertrophie d'abord, puis l'use prématurément , et amène la faiblesse de sa fonction.
4. L'exercice immodéré d'un organe porte 6a texture jusqu'à un degré d'excitation morbide.
5. Le défaut complet d'exercice d'un organe l'atrophie et éteint sa fonction. ,
6. L'exercice gradué ou prolongé d'un organe, ou l'exposition d'un organe à des impressions graduées et prolongées , est le meilleur moyen de mettre les fonctions de cet organe en harmonie avec l'influence des travaux ou des impressions auxquels la nécessité soumet les hommes. Si, au contraire, les exercices pratiqués ou les impressions reçues sont trop violents , dès le début , l'habitude ne les naturalise pas avec l'organisme ; une irritation violente est le résultat de ces exercices ou de ces impressions.
7. C'est moins sur la som nie d'exercice considérée d'une manière absolue et isolée, que sur la mesure d'exercice relative au développement de l'organe et à ses habitudes , que doivent être basées les indications hygiéniques. Ainsi , on conçoit qu'un individu pourra éprouver de la lassitude , une inflammation musculaire , pour avoir pris, pendant peu de temps, un exercice incapable de causer la moindre fatigue à l'homme habitué à exercer ses muscles, tandis que le même individu pourra supporter longtemps l'exercice d'un autre organe auquel il sera habitué. Le précepte émis est applicable à tous les organes; il l'est même au cerveau, que les exercices intellectuels fatiguent d'autant moins qu'ils mettent en action des parties cérébrales, ou plus développées, ou plus habituées à agir.
8. Le repos est aussi nécessaire et aussi naturel que l'exercice ; le besoin en est indiqué par le malaise que nous éprouvons en exerçant nos organes. Sans le repos, il ne peut exister aucun renouvellement réel des forces de l'économie.
9. Il ne faut pas séparer de l'exercice et du repos la dose nécessaire des éléments réparateurs ; car c'est à ceux-ci de seconder l'effet de l'exercice, et d'effectuer en réalité l'accroissement de force matérielle à laquelle l'exercice n'a véritablement que prédisposé les organes.
10. Les stimulauts non nutritifs ( café, alcooliques, etc. ), introduits dans la circulation, ne peuvent que soutenir , réveiller, prolonger pour un certain temps l'action des organes; mais l'affaissement qui suit cette excitation est en raison directe du temps pendant lequel elle a duré, et du degré auquel elle a été portée.
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11. Il est dangereux de trop éviter les excitants auxquels les nécessités de la vie nous exposent fréquemment, car c'est le moyen de leur donner trop de prise, quand ils viennent à être rois en contact avec les organes. On épuise 1 excitabilité par trop d'excitations ; on l'accumule par la privation de celle-ci. Il faut éviter de l'épuiser ou de l'accumuler au delà des bornes, et tenir un juste milieu dans la mesure des impressions auxquelles on soumet la sensibilité des organes.
12. L'épuisement de l'excitabilité demande le repos des organes, et son accumulation en demande l'exercice.
18. Les exoitanU, dans le cas même où ils n'irritent pas les organes, ayant toujours l'inconvénient d'être suivis de plus d'épuisement qu'il n'en existait avant leur emploi , ne doivent être opposés qu'aux influences passagères , éventuelles , contre lesquelles on n'a pu se prémunir : ainsi les excitants non réparateurs ne devront être administrés que pour surmonter une résistance inattendue , comme une action délétère quelconque, capable de saisir violemment et d'anéantir la sensibilité, de produire la stupeur ou l'asphyxie. ;
14. Dans les affections irritàtives, l'organe malade doit garder un repos complet , doit être privé autant que possible de l'excitant qui le fait entrer en action ; et, dans tous les cas, l'exercice d'un organe doit cesser quand il en résulte delà souffrance pour l'organe ou pour ceux qui sympathisent avec lui.
1 5. L'homme est averti de l'instant où il doit exercer les organes et les soumettre à leurs excitants, par les sensations internes attachées à chaque organe , et destinées à en exprimer les besoins propres, qui, dans l'état naturel, correspondent à ceux de l'économie entière. Ces sensations internes, qui ne sont que le cri des organes, que l'expression de leurs besoins , sont les règles hygiéniques les plus sûres que nous puissions écouter pour user convenablement des corps de la nature et de nos facultés. Aucun raisonnement ne peut apprendre plus infailliblement que l'on doit user d!aliments solides ou liquides que les sensations de la faim et de la soif. Rien ne peut avertir d une manière plus expressive de l'instant où l'on doit rejeter les excrétions alvines , que l'espèce de torture éprouvée quand on met du retard à satisfaire ce besoin. Rien ne peut indiquer mieux l'instant où r homme doit s'approcher de la femme , que le dévorant besoin qu'il en éprouve.
16. 11 n'y a pas seulement un simple avertissement attaché à chaque fonction pour exprimer les besoins de l'organe ; il y a encore et toujours un plaisir plus ou moins vif attaché à la satisfaction du besoin, une douleur plus ou moins violente attachée à sa non satisfaction, et un sentiment de satiété, de dégoût, de répugnance attaché à l'abus,