‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 4 sur 106 · RÈGLES GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

RÈGLES GÉNÉRALES

et destiné à nous indiquer le point que nous ne devons pas dépasser dans la satisfaction de nos besoins. -

17. Le plaisir et la douleur pourraient donc, jusqu'à un certain point, nous servir de règles d'hygiène. Ce sont deux états du cerveau, qui surviennent à l'occasion d'impressions reçues par les organes. Leur cause peut même exister dans le cerveau, quand un des organes cérébraux est affecté par son excitant fonctionnel , c'est-à-dire par une impression morale. Dans ce cas , on dit un plaisir moral , une douleur morale, par opposition au plaisir et à la douleur dont la cause est dans un membre , un viscère, etc. , et qu'à cause de cela on appelle plaisir et douleur phy tiques. La nature ne nous a donné le plaisir et la douleur que pour noos avertir de ce que nous devions fuir ou rechercher, tant dans l'intérêt de la conservation individuelle , que dans celui de la conservation de l'espèce. Lorsque la douleur se fait sentir dans un organe, elle doit être considérée comme un cri d'alarme par lequel cet organe avertit de sa propre altération ou du danger qu'il court, le cerveau dont les attributions sont d'y remédier par les actes convenables qu'il détermine. Lorsque la voix douce et quelquefois impérative du plaisir se fait entendre, elle n'a d'autre but que de nous inviter à l'accomplissement des fonctions nécessaires à notre existence. La conséquence générale que l'hygiène doit tirer de ces considérations, est que l'homme ne doit pas fermer l'oreille à la voix du plaisir naturel nia celle de la douleur: que les jouissances qui résultent de l'obéissance à l'attrait du plaisir naturel , c'est-à-dire de celui qui est en rapport avec nos véritables besoins et l'étendue naturelle de nos facultés , ne sont jamais suivies d'aucun inconvénient , parce que la nature n'est jamais en contradiction avec elle-même ; que, par la même raison, les dangers qu'on court en méprisant la douleur sont souvent irrémédiables. Ce n'est pas contre la douleur qu'on doit endurcir l'homme , mais bien contre les impressions éventuelles et inévitables capables de causer la douleur.

A l'occasion de chaque organe, H devra être question du genre de plaisir et de douleur dont il peut devenir le siège , suivant que sa fonction est bien ou mal dirigée.

18. Les besoins, ou, si l'on peut se servir de ce mot, les assujettissements des individus d'une constitution forte étant luoins multipliés que ceux des hommes d'une constitution faible, accorder à ceuxlà les choses nécessaires à ceux-ci, ce serait réduire l'organisme d'un homme fort à celui d'un homme faible, augmenter sans nécessité ses besoins, et diminuer la puissance et l'étendue de ses facultés. Qu'on arme d'un outil le bras d'un homme athlétique façonné à vaincre «ans ce secours , toutes les résistances, bientôt il sera réduit à une

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