SENTIMENT DC VÉNÉRATION , SENTIMENT RELIGIEUX
Suivant Gali, la croyance en Dieu, le penchant à un culte religieux, sont un sentiment inhérent à la nature humaine, un sentiment primitif, fondamental, auquel une partie du cerveau de l'homme est particulièrement affectée. « Cette croyance , dit-il , n'est point le résultat de l'éducation, ni d'un artifice des législateurs pour conduire les peuples ; elle n'est point davantage le résultat de la crainte. »
« Gomment, dit le même auteur, des nations si différentes de mœurs entre elles, si éloignées dans leur manière de penser, qui , dans les choses les plus nécessaires à la vie, ont conçu des idées si disparates, auraient-elles cependant pu s'accorder sur l'existence d'un être suprême et sur un culte religieux , si l'auteur de l'univers n'eût gravé ce sentiment dans le cœur de tous les hommes, si Dieu n'en avait pas empreint l'organisation de l'espèce humaine ? »
Gall assigne, pour organe du sentiment religieux, des circonvolutions cérébrales placées au sommet delà tête, sous le lieu de réunion de lang le supérieur du frontal avec l'angle rentrant des pariétaux. « Que l'on considère, dit-il, les bustes et les portraits des hommes, qui dans tous les temps et dans toutes les sectes, ont été attachés avec le plus d'ardeur aux idées religieuses... l'on verra que, constamment chez eux , le grand développement de la partie cérébrale indiquée , fait bomber considérablement la partie postérieure moyenne de la moitié supérieure du frontal. » L'aplatissement des mêmes parties de la tète, chez les athées explique, suivant Gall, pourquoi, avec la même éducation , le sentiment religieux peut néanmoins différer chez les individus.
Spurzheim appelle sentiment de vénération la faculté dont nous traitons. Sa sphère d'activité n'a plus pour objet exclusif l'adoration do
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Dieu ; il nous porte à vénérer tout ce que nous croyons au-dessus de nous : par exemple , nos père et mère , les vieillards , les hommes distingués par leurs talents , leurs vertus ; il s'étend jusque sur les objets inanimés : les tombeaux de nos ancêtres , la demeure des hommes célèbres, etc. ; la croyance en Dieu n'est plus son unique et nécessaire résultat, ainsi que le supposait Gall , et , par une conséquence nécessaire de cette variante phrénologique , les preuves do l'existence de l'Être suprême , puisées dans l'organisation, n'ont plus le degré de force que les travaux du chef de la doctrine leur avait attribuées. En effet, par l'extension nouvelle donnée à la sphère d'activité de ce sentiment , on peut au moins croire que l'une de ses destinations est de concourir , comme tous ceux que nous avons étudiés jusqu'ici, à resserrer les rapports des hommes, en leur inspirant du respect et de la déférence pour ceux d'entre eux qui sont supérieurs aux autres en force , en vertu , en intelligence. Cependant, comme ce qui parait à l'homme revêtu du plus haut degré de supériorité , comme ce qui écrase le plus sa faible intelligence est la cause première de l'univers , le sentiment de vénération même avec la nouvelle manière dont on l'envisage , doit se porter naturellement sur cette cause , comme sur le premier et le plus élevé de ses excitants fonctionnels, comme sur l'objet par excellence de toute vénération, et l'homme alors marche à l'adoration d'un dieu.
Quelle que soit, au reste, la sphère d'action de la faculté cérébrale qui nous conduit à l'idée de Dieu, cette idée nous paraît venir d'un sentiment et non de l'intelligence.
1° Effets des divers degrés de développement du sentiment de vénération,
du sentiment religieux,
La faiblesse du sentiment de vénération laisse l'homme indifférent aux objets qui attirent les respects des autres hommes. Il ne sait rien respecter , ridiculise toute espèce d'hommage , blâme , critique et avilit tout ce que les autres vénèrent : lois, autorité, supériorités sociales, etc. ; et pour peu qu'il ait le penchant à détruire, il n'y a plus rien de sacré pour lui , pas plus dans les croyances , que dans les monuments et les hommes.
Le trop peu de développement du sentiment religieux prive l'homme d'un puissant motif à opposer à des penchants devenus nuisibles, lut ôte un appui moral si nécessaire dans beaucoup de circonstances de la vie , dans les maladies , par exemple, pendant lesquelles le sentiment religieux peut prêter un aide au courage , et fournir une puissante égide contre le désespoir.
Le sentiment de vénération, porté à l'excès, rend au contraire tout
respectable, multiplie les objets du culte, porte à vénérer ou à épargner ce qui souvent ne mérite que le mépris , et dispose à la superstition et au fanatisme.
Ce sentiment même ne fait donc pas exception à la règle d'hygiène immuable, qui prescrit à toutes nos facultés, quelles qu'elles soient, une juste mesure de développement. Le sentiment religieux trop développé absorbe tous les autres sentiments, et les appauvrit en quelque sorte. Le sens moral, l'amour de la progéniture, l'attachement, etc., sont souvent frappés de nullité par trop d'exercice donné à la vénération et aux sentiments religieux. Ne voit-on pas souvent, chei de tendres parents, s'évanouir, au sein de l'exaltation religieuse, l'attachement qu'ils avaient pour leurs proches, et la part qu'ils prenaient aux intérêts humains ?
Si les hommes joignent a un grand développement des sentiments religieux, des facultés médiocres, « partout, dit Gail, et dans toutes les sectes de religion, ils se croient beaucoup plus obligés de remplir scrupuleusement les promesses et les devoirs qu'ils s'imposent envers les idoles de leur imagination, envers les fétiches, que de remplir les devoirs d'une pure morale. On est à genoux devant une image, on est l'esclave d'une croyance fanatique , on s'impose des obligations aussi pénibles que ridicules, tandis que l'on ne se fait aucun scrupule d'enfreindre les lois de la société et de la nature. Qui n'a pas fait la triste expérience que là où les ministres de la religion n'entretiennent le peuple que de mystères et de dogmes , l'intolérance, la fraude, le parjure , le vol , les assassinats , les viols , les incestes, etc: , se commettent avec une déplorable indifférence? On perdrait plutôt la vie que de rompre le vœu d'une certaine abstinence ( i ). »
Porté à un plus haut degré de développement et d'excitation , le sentiment religieux produit les folies les plus difficiles à guérir, et les folies qui rendent les hommes les plus malheureux ou les plus dangereux. J'ai donné des soins à plusieurs de ces malades ; j'ai vu les uns éprouver les angoisses déchirantes du désespoir parce qu'une voix divine leur annonçait , pour une autre vie , d'éternels supplices. J'ai vu l'un d'eux dans une anxiété cruelle , parce que la même voix le plaçait dans l'affreuse alternative d'être condamné aux peines de l'autre vie ou de me donner la mort, à moi pour qui il avait de la reconnaissance et de l'attachement. Ce sacrifice lui était commandé parce que mes idées religieuses n'étaient pas suivant lui , ce qu'elles devaient être. Il faut avoir vécu longtemps avec des monomaniaques religieux pour savoir à quelles inexprimables tortures , sont, nuit et
(i) Sur les Fonctions du cerveau, tome v, p. 376 ; Paris, 1825.
jour, en proie ces mal heureux. Le jeune homme dont je parle ne devait certainement pas sa monomanie à l'éducation qu'il avait reçue, mais à son organisation , qui , à l'insu des personnes qui l'environnaient, le portait continuellement À lire des livres de dévotion. J'ai souvent conversé avec d'autres infortunés atteints de la même monomanie , et je suis persuadé que rien n'égale la torture qu éprouvent jusqu'à leur mort certains monomaniaques religieux.
Il suffit maintenant, pour avoir une idée de la fréquence de toutes les espèces de monomanies dues à l'exaltation des sentiments religieux, de consulter les observations si intéressantes de Pinel et de M. Esquirol, et de parcourir les différents hospices d'aliénés.
Les sentiments religieux peuvent, dans un grand degré ou de développement ou d'excitation maladive, se rencontrer chez le même individu , avec d'autres sentiments également très-développés , et former une alliance assez bizarre pour que les observateurs superficiels ne voient dans la manifestation des sentiments religieux de cet individu, que du calcul ou de l'hypocrisie. Uni à la destructivité, le sentiment religieux produit ces hommes qui, par conviction et croyant plaire à Dieu, arment l'Inquisition, font des auto-da-fè, inventent de nouveaux supplices, demandent , en un mot, du sang pour racheter les insultes faites à la Divinité , qu'outrage leur barbarie. Avec l'instinct de propre défense, le sentiment religieux produit le guerrier pieux : Gustave-Adolphe. Enfin, uni à d'autres facultés, le sentiment religieux produit les poètes, les philosophes pieux ; uni à l'inttinct des voyages, les missionnaires. Ces complications de facultés peuvent aussi être portées jusqu'à l'état de manie , comme on l'observe dans les hôpitaux chez certains fanatiques furieux, qui immolent tout aux objets de leur culte, aussitôt qu'ils ne sont plus contenus par des liens.
2° Direction du sentiment de vénération , du sentiment religieux.
il faut habituer l'homme à la déférence , au respect , à la vénération, pour ce qui est véritablement au-dessus de lui par l'intelligence et le savoir unis à la moralité et à la vertu ; faire comprendre à celui que trop de développement du sentiment de vénération pousse au prosélytisme , que nul n'a droit d'imposer aux autres ce qui lui est révélé par un sentiment intime, par les phénomènes de conscience; car, en le faisant, on s'expose à imposer comme révélation d'une loi morale universelle, ce qui souvent n'est qu'un fait spécial de son organisation ; faire sortir de son humilité l'homme que trop de tendance à vénérer laisse dans une faiblesse qui lui est préjudiciable ; et, en appelant l'intelligence à la direction du sentiment de vénération, l'empêcher de prendre pour objet de ce sentiment ce qui n'en serait pas digne.
Rousseau veut qu'on laisse passer tout le jeune âge de l'enfant sans lui parler de religion, parce que son intelligence n'est pas assez forte pour avoir une juste idée de Dieu , et qu'il vaut mieux qu'il n'en ait aucune , que d'en avoir de basses et d'injurieuses. Il attend que le progrès naturel des lumières porte son élève du côté des grandes questions qui ont rapport à la Divinité. On fait précisément le contraire de ce que prescrit Jean-Jacques : il semblerait , à voir la manière dont on procède journellement , qu'on ne croit ni à l'existence de Dieu ni à l'innéité du sentiment intérieur qui nous fait remonter à lui ; qu'on s'imagine que tous ces objets ne sont* que des préjugés à l'aide desquels on veut emmaillotter la raison de l'homme, qu'ils ne dépendent que de l'éducation , et qu'en conséquence on ne saurait trop tôt les mettre dans la tète de l'enfant. On les lui inculque, en effet , à une époque ou il a peu d'idées, où il n'est pas susceptible de raisonner, où il admet tout ce qu'on lui dit sans y rien comprendre. Cette manière d'agir n'est conséquente que pour ceux qui ne croient ni à l'innéité du sentiment religieux , ni à l'existence de Dieu. Ceux qui pensent autrement devraient, ce nous semble , attendre pour diriger le sentiment religieux, que l'organe soit fortaié et qu'il manifeste sa fonction. Pour qu'on pût craindre avec quelque motif que cette fonction ne se manifestât pas, il faudrait croire qu'il n'existe pas d'intelligence suprême, Ou qu'elle n'a voulu établir entre elle et l'homme aucune relation. Le sentiment de l'amour laisse-t-il passer le temps de la jeunesse sans se manifester , lors même qu'on n'entretient pas l'adolescent de ce qui a rapport à ce sentiment ? non , certainement. Pourquoi donc en serait-il autrement du sentiment religieux , s'il est naturel , inné , s'il n'est pas dû aux préjugés communiqués dès l'enfance?
Non-seulement donc l'organisation cérébrale, quelle qu'elle soit, qui dispose aux sentiments religieux, doit être formée, si l'on veut les cultiver convenablement, mais il faut encore laisser se développer beaucoup de facultés intellectuelles de Tordre le phis élevé, favoriser chez le jeune homme la louable tendance qu'il éprouve à remonter aux causes premières, et à chercher à se rendre compte des grands phénomènes de la nature. Que si vous agissez ainsi , bientôt votre élève , éprouvant l'insuffisance de son intelligence dans ses recherches sur l'origine et le but de l'univers , et sur les objets élevés qui se rattachent à ces questions , reconnaît et admire une grande intelligence , que lui a fait deviner son organisation. Il sent le besoin de se réfugier dans le dogme consolant d'un Dieu puissant et bon, dogme qui fait cesser cet état d'incertitude dans lequel laissent tous les systèmes à l'aide desquels on prétend expliquer l'univers. Que si , au
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contraire, vous prenez un chemin différent, vous risquez de faire de votre élève un fanatique ou un athée: dans le premier cas , yo us fomentez en lui le germe de toutes les monomanies qui résultent d une intelligence faussée, unie à un développement exagéré et vicieux, a une excitation morbide du sentiment religieux ; dans le second vous le laissez exposé aux conséquences de l'athéisme , qui sont de dessécher l'homme, de le désenchanter de tout, de le replier sur lui-même, de le dégoûter de lWence, de le livrer aux noirs accès de 1 hypochondrie et de la mélancolie suicide; enfin vous ôtez au moins un appui à la morale , un encouragement aux bonnes actions , et vous apportez un relâchement dans les services mutuels et les relations qui consolident la sociabilité de l'homme, et conséquemment son bon-
heur et sa santé. .
N'oublions pas que, vicieusement cultivé, le sentiment religieux produit les plus horribles folies , les démonomanies , les théomanies , et ce fanatisme qui tant de fois a baigné la terre de sang et couvert des royaumes de cendres humaines.
Il faut donc bien se garder d'abrutir l'homme par des pratiques superstitieuses et des croyances ridicules ; il ne faut pas davantage l'empêcher de penser par lui-même et mettre sa raison en interdit; il faut , au contraire, exciter sa curiosité par les sujets de réflexion qu'on lui présente , mais ne les lui offrir que quand il est en état de réfléchir. Il faut que ces sujets lui apparaissent remplis de grandeur et de nouveauté , c'est-à-dire qu'on ne l'en ait pas ennuyé dans son jeune âge ; car quel désir de connaître et d'adorer Dieu pourrez-vous inspirer à ce jeune homme dont vous avez rendu l'enfance si triste par des leçons inintelligibles, par des pratiques fastidieuses que vous lui aviez s'i maladroitement et si intempestivement persuadées être agréables à la Divinité? Vous avez fait de Dieu, que ne pouvait encore comprendre Venfant, l'ennemi le plus prononce de ses jeux innocents , et vous voulez, et vous pouvez penser que, quand il sera soustrait à votre discipline, il conserve des souvenirs bien attachants de ce qui lui a si fort déplu dans son enfance !
Si le sentiment religieux est assez exalté pour faire craindre 1 explosion de la théomanie , il faut éloigner des prédications véhémentes , détourner de la lecture et de la méditation des livres ascétiques l'individu qui présente cette disposition ; il faut mettre en usage les voyages , en tenant compte des précautions indiquées lorsqu'il a été fait mention de ce moyen. Les consolations d'une piété éclairée et compatissante sont quelquefois utiles pour délivrer des scrupules exagérés qui détruisent leur santé, les individus disposés à la manie religieuse; mais plussouvent encore ces moyens échouent, parce qu'ils
entretiennent l'individu dans ses idées. Aussi, un principe qu'on ne saurait trop répéter, non-seulement aux gens du monde, mais encore aux médecins, c'est qu'on ne doit jamais raisonner arec un aliéné sur les objets qui ont rapport à son délire.
Le sentiment religieux étant, comme le sens moral, une egido puissante contre le débordement des passions, c'est précisément vers l'âge où celles-ci peuvent se manifester avec violence, que vous (levés avoir fortifié l'homme par la culture récente du sentiment religieux.
Le développement du sentiment religieux ne doit pas se faire à l'exclusiou de celui des autres facultés encéphaliques , et notamment des facultés intellectuelles ; car, si ce sentiment est isolément cultivé, l'homme deviendra , à la vérité , pieux et plein de respect pour la Divinité » et disposé à tout faire pour lui être agréable ; mais comme son ignorance ne lui permettra pas de distinguer ce qui est vraiment raisonnable, utile, et conséquemment agréable à Dieu, il sera exposé à mille écarts aussi funestes pour lui que pour ses semblables : il négligera la morale pour des pratiques superstitieuses , se relâchera de la sévérité due à l'accomplissement des devoirs , pour vaquer à des actes contraires au bon sens et à la morale naturelle. N'a-t-on pas vu même des hommes véritablement religieux persécuter et même faire périr leurs semblables dans les plus affreux supplices , et cela sans aucune espèce de motif autre que celui de remplir un acte de devoir, et de plaire à Dieu?
D'autres fois, l'homme dont les facultés intellectuelles ne marchent pas de pair avec les sentiments religieux, sera livré, pour n'avoir pas exécuté les actions les plus indifférentes, mais qu'il croira obligatoires envers Dieu, aux remords les plus cuisants, et conduit à une des monomanies les plus douloureuses et les plus incurables. Il est donc nécessaire, il est donc indispensable de Caire marcher simultanément la culture des facultés intellectuelles et celle du sentiment religieux, et surtout de placer toujours dans la morale, l'essence de la religion.
Relativement aux attributs sous lesquels on doit peindre Dieu , il faut se garder de rien émettre qui soit contraire à la raison et capable de fausser l'intelligence et d'exalter le cerveau. Je n'ai pas besoin de dire qu'il est impie, et aussi dangereux pour l'individu que pour la société , d'attribuer à Dieu des qualités qui, dans un homme , inspireraient 1 eloignement et le mépris. Il est absurde de montrer Dieu en contradiction avec lui-même, de croire qu'il puisse traiter les hommes avec partialité , revenir sur les lois qu'il a une fois établies. Il n'est pas moins dangereux de le représenter plein de colère et de vengeance, ordonnant des sacrifices sanglants, et prêt à frapper quiconque est dans l'erreur. Le tableau que Moïse fait de Dieu , pouvait
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être utile au législateur qui avait à morigéner un peuple ignorant et obstiné , mais ne peut plus convenir aux hommes éclairés. Dieu ne peut plus et ne doit plus être représenté que sous les traits que Jésus - Christ donne à son père, c'est-à-dire plein de justice et de bienveillance , de charité et d'amour ; défendant aux hommes la haine et la vengeance, qne le Dieu d'Israël prescrit contre les infidèles ; commandant le pardon des offenses, ayant horreur du sang, comprenant dans ses affections le Juif et le Gentil , quelque différentes que soient les croyances et les cérémonies par lesquelles ils ont pour objet de l'honorer ; n'exigeant de personne ce qui est contraire aux lois qu'il a établies à l'époque de la création, et formant une alliance avecrld genre humain tout entier.
Il est encore un point important à faire observer à celui qui se charge de cultiver , chez ses semblables, les sentiments religieux: il doit servir d'exemple dans tout ce qu'il prescrit. S'il agit autrement, on en conclura , et peut-être avec raison , qu'il ne croit pas ce qu'il enseigne , et qu'il n'a pour but que d'exploiter à son profit la crédulité de ses aveugles disciples.
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