FERMETÉ, CONSTANCE, PERSÉVÉRANCE, OPINIATRETE
La manière d'être, désignée par ces différents synonymes, cônstifue4 une seule et même faculté: celle qui fait persister l'homme inébranlablement dans le parti qu'il a pris , qui lui donne une impulsion intérieure à entreprendre les choses difficiles, à résister aux obstacles, etc.
Gall place l'organe de la fermeté sur la même ligne que celui de la vénération , et derrière lui. 11 fait observer qu'il ne faut pas confondre la fermeté de caractère avec la persévérance dans certains penchants, ou avec la manifestation non interrompue de certaines facultés qui peuvent avoir lieu avec le caractère le plus vacillant. En effet,si un homme continue toute sa vie de se livrer* au libertinage , ou de voler, ou de taire de la musique, cela prouve que les différents organes de ces facultés sont très-énergiques ; mais on n'en peut pas conclure que l'individu en soit pour cela doué d'une plus grande fermeté.
Cette faculté qui , dans un degré ordinaire , rend l'homme capable de résister aux froissements de la vie, de pousser à bout ses entreprises , etc. , produit, lorsqu'elle est très-dé veloppée , Y entêtement; par la même raison, trop peu développée, elle rend faible et inconstant. L'homme sans fermeté offre ses hommages à l'idole du jour, estl'éter^
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nel jouet des circonstances au milieu desquelles il se trouve , cède aux dernières impressions qu il reçoit , et souvent traîne des jours couverts de. mépris et de honte ; tandis que l'homme ferme, inaccessible aux séductions, appuyé de sa conscience et de l'estime de ses corn* patriotes , répète au milieu des menaces qui l'environnent :
Si fractus illabatur orbis , Impavidum ferient ruina.
direction.
. La première empreinte du caractère se manifeste dès l'enfance la plus tendre. Tel individu est sans caractère , sans , volonté , ne, sait jamais dire non; tel autre est, entêté , volontaire , rien, ne peuJt le détourner de ce qu'il a une fois projeté.
Pour donner au premier du caractère, il faut lui présenter des obstacles faciles à surmonter et l'exercer à les vaincre ; il faut accroître pou à peu ces obstacles , et surtout faire attention à ce que ceux-ci ne soient pas de nature à le rebuter,
Pour réprimer l'opiniâtreté du second , il faut commencer de bonne heure, si vous ne voulez voir vos soins infructueux , et l'enfant périr d'angoisse et de suffocation plutôt que de vous céder. Si, dès le ber^ ceau, il exige que vous veniez le prendre sur les bras et vous occuper de lui , plus tard il exigera davantage : dès ce moment-là même accoutumez-le donc à plier à }a nécessité. Devenu plus grand, s'obstine-t-il à vouloir une chose , je ne dis pas malgré vos. défenses , vous n'en devez jamais faire , mais malgré vos représentations , vos avis donnés sans aigreur et sans exagération , ne lui dites plus rien, car toutes vos observations ne servent qu'à fournir des obstacles à combattre , c'est-à-dire qu'à exciter l'opiniâtreté.. Laissez,. au contraire, votre petit entêté parfaitement libre ; oubliez même que vous lavez averti ; mais faites en sorte , . sans qu'il puisse s'en douter , que les conséquences de son entêtement soient, assez préjudiciables pour donner une leçon forte et qui ne puisse être oubliée. Il est clair que vous ne devez pas vous apercevoir de cette leçon , et prendre un air de. triomphe : car çe serait le moyen d'échouer : la vanité viendrait au secours de l'opiniâtreté , et l'enfant recommencerait , à la première occasion , à se montrer rebelle à vos conseils. Si donc la conséquence de l'entêtement est trop apparente , oubliez que vous avez donné un conseil à l'enfant , et consolez-le. Prenez garde qu'il ne prenne vos consolations pour une dérision : si vous soupçonniez qu'une pareille méprise pût avoir lieu, il faudrait vous retirer pour ne pas lui laisser voir que vous vous êtes aperçu des conséquences de son entêtement.
On ne saurait trop réprimer la fermeté , lorsqu'elle se rencontre accompagnée d'orgueil ou de vanité chez un individu dont lo sentiment du juste et de l'injuste est peu développé; mais , pour le faire avec fruit, agissez de manière à ce que votre élève reconnaisse , dans ce qui lui est prescrit , l'expression de la nécessité , et n'y voie jamais les caprices d'une volonté arbitraire.