CHAPITRE PREMIER
Le sommeil est la suspension des fonctions de relation , veille est leur exercice. L'absence des sensations , de la mouvements volontaires, caractérise le sommeil , comme de ces phénomènes caractérise l'état de veille. Pour que soit complet, il faut que cette absence soit entière, qu'il y ait , comme le disent les physiologistes , perte absolue de toute conscience et du moi.
La cause occasionnelle du sommeil est la fatigue du système nerveux.
Sa cause efficiente ne peut être l'afflux du sang vers le cerveau ; car tout ce qui détourne le sang de cet organe favorise le sommeil*
Les moyens qui contribuent à faire naître le sommeil sont la cessation des excitants externes et internes du système nerveux , la faiblesse de l'organisme due ou à la* soustraction de matériaux , ou à une excitation trop longtemps soutenue. Si le sommeil survient vers l'entrée de la nuit , c'est autant parce que les organes sont las de la fatigue du jour , que parce qu'ils ne sont plus excités.
Les causes qui éloignent le sommeil sont la présence des excitants externes et internes du système nerveux , l'action difficile ou le besoin non satisfait d'un organe intérieur quelconque , comme une digestion pénible ou la faim.
De ce qui précède il résulte que, si l'exercice des organes est utile pour amener le sommeil , puisque des organes qui ne sont pas fatigués n'ont pas besoin de repos , l'exercice outré qui produit une grande lassitude et un sentiment douloureux rentre dans la classe des irritants qui empêchent le sommeil , soit que cet exercice ait lieu dans les muscles ; comme une marche poussée à l'excès , soit qu'il ait lieu dans le cerveau , comme un travail intellectuel inunodéré , une passion portée à un haut degré.
1° Effets du sommeil sur F économie.
Le sommeil renouvelle dans les organes des sens , de la pensée, des mouvements, l'excitabilité épuisée par la veille, dissipe leur lassitude, favorise leur restauration, leur rend toute leur énergie.
Les effets du sommeil sur les fonctions de la vie de nutrition sont le ralentissement de toutes ces fonctions. Nous avons vu, en parlant de l'exercice des organes soumis jusqu'ici à notre examen , que cet exercice accélère jusqu'à un certain point, les fonctions intérieures : rien d'étonnant donc que le repos de ces mêmes organes produise un effet inverse. L'opinion d'Hippocrate et de beaucoup de médecins de nos jours , qui prétendent le contraire , est une erreur. Ainsi , la digestion est ralentie par le sommeil. L'homme, en se réveillant, n'a pas plus de faim qu'à l'instant où il s'est couché. La circulation est plus lente que pendant la veille ; il en est de même de la respiration : il suffit de comparer ces deux fonctions pendant la veille et le sommeil , pour avoir la preuve de cette assertion. La production de la chaleur animale est moins active , ce que prouve le refroidissement qui saisit l'homme endormi quand il n'ajoute pas aux .vêtements qui le couvrent pendant la veille; les sécrétions intérieures sont toutes diminuées ; du moins aucune cause excitante pendant le sommeil n'agit sur les organes sécrétoires. Enfin, l'assimilation ne saurait être plus considérable là où il y a moins de matériaux à assimiler , et si l'habitude de beaucoup dormir engraisse , ce n'est pas parce qu'on assimile davantage, c'est parce qu'on fait moins de pertes. En somme donc, le sommeil parfait produit une espèce de repos de toute l'économie, quoiqu'il n'y ait repos complet, suspension complète d'action, que pour les agents des relations extérieures. C'est seulement en diminuant la rapidité de la vie , que le sommeil en répare les dépenses ; mais il ne fait que permettre cette réparation ; il n'effectue rien ; il laisse le temps aux organes , principalement aux organes nerveux, de réparer les pertes que leur ont fait éprouver les mouvements moléculaires ou les mouvements de masse qui ont eu lieu pendant la veille. Son action se borne là.
M. Nick prétend que la lenteur du pouls pendant le sommeil est d'autant moins sensible que l'estomac est moins chargé au moment où Ton s'endort; que c'est de minuit à deux heures du matin que le pouls est le plus lent, et qu'après cette époque il devient Un peu plus fréquent : qu'au moment où l'on commence à dormir, i) n'y a pas de changement sensible , et qu'au contraire , au moment du réveil , il y a une ou deux pulsations de moins ( Archives, mai 1831 , page 114), Si c'est là un changement sensible, quel sera donc le changement in-v
sensible? Jl est évident que M. Nick, dans son Mémoire, ou notre compatriote, dans son extrait, abuse étrangement de la liberté de publication.
Les effets de la veille font ressortir ceux du sommeil et son indispensable nécessité. Or, après un état de veille plus ou moins prolongé, selon l'individu , il se manifeste dans les organes de relation un sentiment de langueur, de fatigue et d'épuisement. « Nos mouvements deviennent plus difficiles, nos sens perdent leur activité ; l'intelligence elle-même se trouble, reçoit avec inexactitude les sensations, et commande avec difficulté à la contraction musculaire. À ces signes nous reconnaissons la nécessité de nous livrer au sommeil. » ( Magindii , Physiologie , tome n. ) Le repos est prescrit ; on sent du plaisir à s'y abandonner. Si Ton méconnaît la voix de la nature, on éprouve, comme lorsqu'on résiste à toute espèce de besoin , un sentiment pénible, un malaise , de la douleur , etc. ; puis, si l'on emprunte , pour s'opposer à l'invasion du sommeil, des causes excitantes quelconques, le» organes de relation acquièrent un surcroit d'excitation, qui se réfléchit même sur les organes intérieurs. Cette excitation explique pourquoi , l'heure du sommeil une fois passée , le besoin de dormir est moins impérieux.
Si le sommeil n'est pas assez long, il ne produit qu'une réparation imparfaite ; il reste dans les organes un état d'irritabilité , dont le résultat est leur épuisement. En effet, le mouvement de la veille entraine des pertes matérielles, et, de plus, s'oppose au remplacement dans nos tissus , de nouvelles molécules organiques ; il y a donc dépense et impossibilité de réparer. De tout ceci résulte une grande maigreur , ordinairement accompagnée de l'altération de quelque organe. Bien n'est plus propre à faire vieillir avant le temps prescrit par la nature, que l'insuffisance du sommeil; quand cette insuffisance n'a pas les suites que nous avons signalées , elle a toujours l'inconvénient de faire marcher la vie avec rapidité, ou plutôt de la consumer sans en laisser jouir. Ce serait une grande erreur que de prétendre doubler son existence , en se retranchant sur les heures destinées au sommeil : ce serait perdre volontairement sur la somme totale de la vie , sans rien gagner sur sa plénitude pour le temps présent.
Si le sommeil dure trop longtemps , il produit sur les organes de relation l'effet d'une trop longue privation d'exercice : la pensée ne jaillit plus du cerveau, plongé dans une espèce de torpeur'; les muscles sont moins aptes à se mouvoir ; les fonctions de relation semblent frappées d'engourdissement, et comme les viscères jouissent du privilège d'être infatigables et de continuer leurs travaux , toute l'existence de l'individu se réduit bientôt aux fonctions assimilalrices.
Aussi voit-on 66 manifester souvent , chez les gens qui dorment beaucoup , tout ce qui caractérise la prédominance de ces fonctions sur celles de relation.
Le sommeil est plus nécessaire après les exercices de l'encéphale qu'après ceux des muscles. Après un travail de tête ou un excès dans les plaisirs de l'amour , l'organisme a besoin de plus de sommeil qu'après des exercices musculaires. Voilà , je crois , une des nombreuses raisons pour lesquelles , avec moins de sommeil , les paysans conservent une santé plus forte que les gens qui , dans leur profession , exercent le cerveau.
2£° Temps pendant lequel on doit se livrer au sommeil»
Cest pendant la nuit qu'il faut dormir , puisqu'à cette époque les excitants qui tiennent les sens en action pendant le jour leur sont naturellement soustraits , et que ce n'est qu'au détriment de l'organisme entier , qu'on prolonge au delà d'un certain temps l'action des excitants artificiels qu'on a substitués à ceux que nous fournit la nature.
On ne répare jamais entièrement la perte qu'on a faite en dormant pendant le jour , après avoir veillé une nuit ; le malaise qu'on a dû supporter , l'excitation à laquelle on a dû se soumettre pour veiller pendant les heures qui doivent être consacrées au sommeil , ne peuvent jamais être rachetés par le repos qui les suit. Tout le repos possible ne peut pas faire qu'une excitation trop forte n'ait eu lieu et n'ait porté une atteinte nuisible à nos organes. 11 existe toujours d'ailleurs , pendant le jour , des causes d'excitation auxquelles il est difficile de se soustraire.
L'abattement que décèlent les traits des personnes excitables et sèches qui font de la nuit le jour, la pâleur de leur teint , prouvent assez que le sommeil qu'elles invoquent tandis que le soleil est sur l'horizon n'est jamais aussi profond et aussi réparateur que celui qu'on trouve pendant la nuit , dans l'absence de tous les excitants sensoriaux. Pourquoi tant de femmes sont- elles pâles, étiolées, ont-elles, la vue usée prématurément ? C'est précisément parce qu'elles croient indifférente l'habitude de dormir le jour ou la nuit. Les personnes qui veillent la nuit ne s'exposent pas seulement â tout ce que cette veille a de destructeur pour la santé , elles se privent encore de l'influence salutaire du calorique et de la lumière solaires , de l'air plus oxygéné du jour , etc., et de beaucoup d'avantages que tout l'art possible ne peut remplacer.
Gomme il est des saisons pendant lesquelles on ne peut pas se mettre au lit dès l'instant où la nature fait disparaître les stimulants propres des sens , et qu'on ne peut prendre pour guides le lever et lo
coucher du soleil , il faut régler les heures du sommeil de telle façon que celle du midi se trouve toujours être le milieu du temps consacré à la veille , et celle de minuit , le milieu du temps consacré au sommeil ; il faut se coucher et se lever à des heures également distontes du milieu de la nuit. Pendant l'hiver , cette habitude n'est pas indifférente pour la conservation de la vue des personnes obligées de travailler à la lumière artificielle. Il vaut mieux, pour leurs yeux , qu'elles travaillent trois heures le soir et trois heures le lendemain matin , que de travailler le soir six heures de suite. On est bien éloigné d'agir ainsi dans les grandes villes , où l'heure de midi est , pour les habitants , le commencement de la veille , tandis que minuit est à peine pour eux l'heure ou commence le sommeil. On s'imagine qu'il faut se coucher plus tard dans l'été , parce qu'il fait jour plus tard ; c'est une erreur ; ne fait-il pas également jour plus matin ? Voilà des préjugés qui influent beaucoup sur la santé, et desquels doivent revenir les hommes qui veulent conserver la leur.
11 n'existe donc aucune raison qui puisse intervertir la loi générale de la nature , qui prescrit de veiller le jour et de dormir la nuit ; mais il est une observation qui doit trouver place ici. Toutes les fois que chez un individu qui a commencé sa veille à l'heure convenable , l'économie (et particulièrement le système nerveux) a été soumise à une vive stimulation , à une sensation pénible qui a épuisé l'excitabilité avant la nuit , le sommeil devient nécessaire avant celle-ci ; la nature le commande ; on doit s'y abandonner. Si l'on y résiste , l'épuisement des organes de relation sera suivi de celui des viscères , et ceux-ci deviendront impropres aux actes de réparation. Ce besoin de sommeil avant la nuit a lieu dans les pays chauds , où une haute température épuise proraptement l'excitabilité et rend indispensable son renouvellement prochain. Il peut encore avoir lieu à la suite d'un exercice extraordinaire auquel on a été forcé , ou d'uue émotion vive et pénible, Dans ces cas exceptionnels, on peut se mettre quelques instants au lit dans le jour avant de prendre des aliments; les viscères recouvreront leur excitabilité et n'en seront que plus propres à exécuter leurs fonctions.
8° Durée que doit avoir le sommeil chez les différents individus.
Plus les organes sensoriaux ont d'excitation pendant la veille, plus ils ont besoin de sommeil ; on ne peut assigner au sommeil , de limites absolues , puisqu'il doit durer en proportion des dépenses qui ont été faites. Les individus excitables, dont les actes de relation sont multipliés et qui s'épuisent prompteinent , sont ceux qui ont le plus besoin de sommeil. Plus ils y peuvent donner de temps , mieux ils se
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portent. Au contraire , les hommes apathiques , d'une constitution lymphatique , lymphatico-sanguine , ceux chez lesquels l'encéphale est peu impressionnable et ne produit que des actes modérés, peuvent davantage veiller sans inconvénient. Pourquoi l'homme qui pense peu aurait-il besoin de dormir ? n'est-il pas dans une espèce de sommeil tout le temps que dure la veille ?
C'est cet épuisement rapide de l'excitabilité chez l'enfant qui se meut beaucoup , chez lequel tout est une sensation nouvelle , dont les fonctions viscérales sont si actives pour l'accroissement de l'individu, dont les forces 3ont dépensées avec tant de profusion , c'est cet épuisement, dis-je, qui rend, à toute minute, indispensable le besoin du sommeil. On devra donc laisser dormir l'enfant pendant le jour, quand il en manifestera le besoin. Qu'on le laisse aussi dormir la nuit tant qu'il voudra: c'est le moyen le plus sûr de favoriser son accroissement; c'est le moyen le plus certain d'éloigner cette irritabilité qui le prédispose aux affections cérébrales. Mais qu'on n'aille pas s'aviser de bercer, sous prétexte de procurer le sommeil : ce pitoyable moyen produirait précisément le mal que nous voulons éloigner. Le bercement a l'inconvénient de cette classe d'exercices que caractérisent des mouvements uniformes, circulaires, paraboliques, c'est-à-dire qu'il étourdit, dispose aux congestions vers le cerveau, et les produit quelquefois.
Si le vieillard , qui a beaucoup moins besoin de sommeil que l'enfant et l'adulte , s'y abandonne pendant le jour, après le repas , c'est parce qu'il donne à l'estomac plus de travail qu'il ne faut , et que ce viscère est obligé , pour s'acquitter de ses fonctions , d'enlever aux autres organes de l'économie les forces qui les maintenaient en action* Le moyen de faire cesser cette habitude est de diminuer la quantité de nourriture , ou d'en changer la nature ; par exemple, de réformer les aliments trop substantiels et l'usage immodéré du vin.
On dit généralement que la femme a plus besoin de sommeil que l'homme, parce qu'elle est plus faible que lui: cette assertion' n'est peut-être pas exacte; car si la femme n'a pas les muscles et certaines parties du cerveau aussi développés que l'homme , elle ne se livre ni aux mêmes exercices musculaires ni aux mêmes travaux de cabinet, et tout se trouve compensé. Nous pensons donc que c'est principalement, comme pour l'homme, sur l'appréciation delà constitution et du genre de travaux , qu'on doit baser , chez la femme, la durée du sommeil.
A0 Disposition des lieux où ton doit se livrer au sommeil.
Lorsqu'on a tenu compte des moyens de salubrité qui seront indiqués à l'article Habitation, toute espèce d'appartement est convenable
pour se livrer au sommeil. Il faut seulement avoir une pièce capable de soustraire les sens à leurs excitants, jusqu'à ce que l'habitude puisse rendre nulle l'influence de ceux-ci. Cette précaution est de rigueur pour l'habitant des grandes villes. La nature , en effet , le délivre en vain de la lumière qui tenait l'œil en action , donne en vain à tous les animaux le signal de la retraite et du silence ; sa voix est méconnue: un système homicide renverse ses lois, rejette ses bienfaits, crée de la lumière et du bruit, fait de la nuit un simulacre de jour, et soumet à un insupportable tourment le malheureux qui tente de se soustraire à ces éléments de destruction.
La chambre à coucher doit être vaste, spacieuse, ouverte pendant tout le jour; il ne doit s'y rencontrer, pendant la nuit, rien qui puisse en consumer l'air respirable, ni retenir autour du lit l'air expiré. Ainsi, point de lampe , point de feu , point d'animaux , point de fleurs. Que les rideaux du lit ou l'alcôve restent ouverts. On peut donner à la chambre à coucher une communication avec les pièces voisines; mais il serait aussi nuisible à la santé , tant dans la campagne que dans la ville, de faire communiquer directement, pendant l'absence du soleil, cette pièce avec l'air extérieur, en laissant les fenêtres ouvertes : l'air de la nuit, froid, humide, et chargé , dans certains cas , d'acide carbonique en grande quantité , exerce sur l'économie une influence beaucoup plus nuisible lorsqu'on est plongé dans le sommeil, que dans toute autre circonstance. C'est pendant le sommeil que l'on contracte le plus facilement les rhumatismes et autres maladies dues au froid humide; aussi, c'est pour cette raison que la chambre à coucher, plus encore que toute autre pièce de l'habitation , doit être placée au-dessus du rex-de-chaussée et à l'abri de toute humidité (Voyei Habitations).
5° Composition des lits ; soins qu'ils réclament.
S'habituera dormir sur un lit dur, est le moyen d'être rarement privé du sommeil pendant les heures auxquelles on doit s'y livrer, et conséquemment d'être à l'abri des suites fâcheuses qu'entraîne sa privation. Si l'homme qui s'habitue à dormir sur un lit dur, est obligé de voyager, les plus mauvaises auberges ne pourront lui fournir de lit qui le prive du repos.
La composition du lit la plus ordinaire et la plus conforme à l'hygiène, consiste dans les objets qui suivent : une couchette d'une élévation suffisante pour isoler du sol les objets dont le lit sera composé, nn sommier de crin, ou, au défaut, une paillasse faite avec la paille de nos céréales ou la bourre de blé de Turquie; et mieux encore, un sommier élastique composé de spirales en fil de laiton ; un ou
deux matelas de laiue bien cardée ; un traversin de plume , ou mieux de crin ; des draps et des couvertures. Beaucoup de personnes ajoutent à ces objets un oreiller et un lit de plumes. Ce lit de plumes, placé entre deux matelas , rend le lit plus souple ; placé immédiatement sous les draps , il est très-nuisible à cause de la chaleur qu'il produit, de la perspiration qu'il occasionne, et de la mollesse à laquelle il habitue. La plume ne devrait être mise en usage que dans certaines maladies où il est indispensable d'entretenir à un haut degré Faction perspiratoire de la peau. Dans tout autre cas, il est inutile de rendre cette membrane le siège d une sécrétion qu'on ne peut plus ensuite supprimer sans danger. Ce que nous venons de dire du lit de plumes et des inconvénients qu'il peut avoir s'applique également aux couvertures que certaines gens ont l'habitude d'entasser sur eux ainsi qu'à l'édredon. On ne devrait se servir d'oreillers que dans le cas de certaines affections ou dispositions maladives, dans lesquelles la tète et le thorax doivent être très-élevés; encore ces oreillers devraient-ils être de crin, et non de plume. On doit s'être habitué de jeune âge à dormir la tète nue, ou au moins très-légèrement couverte : cette excellente habitude est le moyen d'éviter ces maux de gorge, de dents et d'yeux qui ne manquent jamais de survenir chez les personnes, qui, ayant contracté l'habitudedese couvrir beaucoup la tête, se trouvent accidentellement découvertes pendant quelques instants. La mauvaise habitude de couvrir et de faire transpirer la tête des enfants peut encore leur causer des éruptions à la peau du crâne , et les disposer aux congestions cérébrales. Il est inutile de dire que toute espèce de ligatures , celles surtout du cou , ne peuvent qu'être dangereuses pendant le sommeil, et qu'une simple chemise , dont le col ne doit jamais être fermé , suffit pour tout vêtement dans l'état de santé.
Il faut faire remuer , chaque jour , les draps , les couvertures , les matelas, les traversins , et , pendant cette pratique , établir un courant d'air dans l'appartement en laissanttouvertes les fenêtres opposées les unes aux autres. 11 faut faire rebattre les matelas tous les ans au moins, et plus souvent lorsqu'on s'en est servi pendant une maladie ; cette précaution n'est point conseillée pour rendre le lit moins dur , mais bien pour le débarrasser des substances animales putrescentes.
La couchette du lit de l'enfant doit être à bords élevés , pour qu'il ne puisse pas tomber. Ces bords seront à jour pour que l'air circule librement ; on placera dans cette couchette , de petits coussins de balle d'avoine ou de fougère, substance qui , pour les enfants d'une
constitution faible et délicate, présente, suivant certains auteurs,