‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 68 sur 106 · DE L'ESTOMAC, DES INTESTINS ET DES GLANDES ANNEXES · texte numérisé non relu

DE L'ESTOMAC, DES INTESTINS ET DES GLANDES ANNEXES

Nous avons vu, en traitant l'hygiène de l'encéphale, l'homme organisé de manière à ne pas vivre seulement de végétaux, puisque la nature l'a, jusqu'à certain point,pourvu de l'instinct des carnivores. Nous venons de dire, en parlant des dents, que quelques-unes d'elles sont destinées à déchirer; ajoutons que la mâchoire inférieure est articulée pour produire ce résultat, tout autant que pour broyer. Les dents

et les mâchoires de l'homme sont donc disposées de manière à servir l'impulsion intérieure qui lui fait répandre , pour sa nourriture, le sang des animaux. Cette disposition dans la construction des dénis et des mâchoires n'existe pas chez les herbivores, qui, pour se nourrir, ne tuent jamais d'animaux, quelque besoin qui les presse. La construction de leurs dents , la disposition de leurs articulations maxillaires, prouvent que leurs mâchoires ne sont destinées qu'à broyer.

L'appareil digestif établit encore une autre différence entre l'homme et ceux des animaux qui sont destinés â se nourrir de végétaux. Gbex l'homme , cet appareil est construit de manière à se trouver en harmonie avec les fonctions auxquelles il est destiné, c'est-à-dire à digérer un mélange de nourriture animale et de nourriture végétale. Chez les herbivores , la nature a été obligé de multiplier et de compliquer les organes pour rendre aptes à la nutrition les végétaux, substances si différentes de l'organisation animale, si difficilement décomposables par les organes de la digestion , et qui fournissent si peu de sucs assimilables. Aussi, la longueur du tube digestif est-elle, chez les herbivores, vingt-cinq fois à peu près aussi considérable que celle de leur corps , tandis que , chez les carnivores , des intestins courts et grêles suffisent au but de la digestion. L'homme, pour la longueur relative du tube digestif, tient à peu près le milieu entre les premiers et les seconds. Le canal intestinal a, chez lui, quatre à cinq fois la longueur de la totalité du corps, et son estomac conserve moins longtemps les aliments que celui des herbivores, et plus longtemps que celui des carnivores.

De ces courtes considérations il résulte que l'homme n'est pas organisé , comme l'ont pensé quelques philosophes , pour se nourrir uniquement de végétaux, mais que des substances tirées des deux règnes doivent servir à apaiser sa faim ; que le sublime passage que la sensibilité si louable de Rousseau met dans la bouche de Py thagore, ne peut être regardé que comme un paradoxe; que ni l'habitude, ni l'état de société, qui d'ailleurs est , comme nous l'avons tu, un état naturel , ni aucune cause accidentelle quelconque, n'ont fait l'homme Carnivore, mais que son organisation seule Ta rendu propre à se nourrir d'animaux ainsi que de végétaux. Ceci posé, voyons quels sont et la nature et l'effet des aliments dont il fait usage.

§ 1er — j)e8 aliments et de leurs effets considérés d'une manière générale*

Le mot aliment, dans son acception la plus générale, désigne toute substance introduite dans les organes digestifs , pour fournir des matériaux au renouvellement ou â l'accroissement du corps.

ed by GoogI

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