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DISTRIBUTION DES LOCAUX ET DÉPENDANCES

Il sera question de la constitution du lit à l’article Vêtement.

Il n’y a pas de raisons d’affranchir de ces règles les chambres des domesliques, les chambres de logeurs; moins le locataire a le tégument propre, plus il a besoin d'un cube d’air généreux. Les commissions des logements insalubres font la guerre aux soupentes et font bieu ; pour ôlre la famille d’un portier, on n’est pas garanti contre l’horrible insalubrité de ces réduits où vont se réfugier les miasmes de chaque jour, sans qu’un courant d’air puisse désormais les en déloger.

C’est un égoïsme fort malentendu, dit Pulzeys, que de mal loger les domestiques; c’est les disposer à devenir malades, par conséquent à scr-

!vir peu ou point, sans compter qu’ils apporteront peut-être à la lamille qu’ils servenl le germe de la maladie dont ils sont atteints. Aussi prescriton de donner aux mansardes une hauteur d’au moins 2n,,o0 et de les placer sous l’avant-loit et non dans les entrails. Pulzeys voudrait qu’on revînt aux combles à la Mansard, très décoratifs, et qui sont bien plus favorables à l’hygiène de ces logements. On ne saurait trop s’associer à ce vœu, surtout quand il s’agit de gens pour qui la mansarde unique sert à la fois de chambre de jour et de chambre à coucher.

Le même autour conseille de ménager, dans toute maison particulière, une chambre de malade , dallée, à parois revêtues de carreaux vernissés et peints à l'huile, à angles arrondis, en un mot préparée pour l’asepsie et la désinfection, et placée de façon à ne pas communiquer avec le reste de l'habitation. L’idée est fort rationnelle, mais pénétrera peut-être avec quelque difficulté.

Il y a quelque avantage pour la chambre à coucher que la table de toilette avec ses accessoires trouve place dans un cabinet spécial. Mais celte pièce ne saurait être dispensée de recevoir de l’air, de la lumière et des soins de propreté d’autant plus exacts qu elle est menacée de certaines souillures. Il suffit, d’ailleurs, qu’elle renferme de l’eau, du savon, du linge et un pelil nombre d’instruments, avec une large cuvette et un potà-eau de bonnes dimensions (à moins qu’il n’y ait un robinet de la distribution d’eau au-dessus de la cuvette). Les flacons d’eau de senteur, les boîles à poudre parfumées, les pots à pommades ruses ou vertes, sont de l’excès. Tout cela lient de la place, recueille la malpropreté, rancit et pue.

Sa le de bains. — Il suffit d’une mention à ce local, qui doit exister dans toute maison prétendant au confortable hygiénique. La salle de bains devra êire un endroit agréable, tout en étant construite de façon à parer à I action de la vapeur et de l’eau dont il se répand toujours quelque peu autour de la baignoire ou de l’appareil d’hydrothérapie. L’induslrie moderne a, d’ailleurs, mis cet outillage à la portée de tout le monde, commode à installer et d’un fonctionnement peu coûteux.

Paliers, corridors, escaliers. — Les corridors, paliers, cages d’escaliers et tous autres espaces vides, dans la maison, protègent le logement proprementdil vis-à-vis des influences atmosphériques extérieures (températures et humidité), is ont, de plus, le sérieux avantage d’agrandir la surface habitée et, lorsqu on e veut, d’être des prises dliiir qui atténuent la violence

DES AI1RIS ET DU VÊTEMENT. IHygièno

et la crudité des courants directs. Mais cet heureux résultat n’est atteint qu’au tant que ces espaces intermédiaires sont eux-mêmes dans de bonnes conditions de salubrité, larges, spacieux, hauts de parois, donnant un libre accès à la lumière et pouvant en fournir un semblable à l'air extérieur par l’ouverture de grandes fenêtres. 11 arrive parfois qu’il est dangereux d’aérer la chambre d’un malade, en hiver, parles fenêtres de la chambre même; si l’air des paliers ou corridors est satisfaisant, on peut lui ouvrir la porte du malade sans refroidir celui-ci. En général, on réussit mieux à obtenir un espace lumineux et aéré avec un palier qu’avec un corridor; c’est aussi plus élégant.

Les escaliers en bois, par économie et peut-être en prévision des chutes, sont préférés aux escaliers en pierre, pourtant plus salubres. Mais si, pour obvier à l’usure des marches en bois, l’on en garnit les bords avec du métal, le même inconvénient reparaît, avec celle circonstance en plus que le frottement polit la garniture de métal et la rend dangereusement glissante. Dans tous les cas, il faut que les escaliers soient larges, en pente douce, à marches égales et bien éclairés. A Lille, il y a beaucoup d'architectes qui ne savent pas faire un escalier; à moins qu’il n’y ait encore plus de propriétaires à qui il est indifférent que leurs locataires et ceux qui leur font visite se rompent les os.

Revêtement des planch rs ou parquets. Nettoyages. — Dans nos habitudes modernes, les gens tant soit peu aisés superposent aux planchers, parquets, escaliers, au moins dans la saison froide, des tapis de laine plus ou moins épais. Cette pratique, favorable à la calorification et agréable au pied des visiteurs, n’a guère l’assentiment de l'hygiène. Ces étoffe-; villeuses recueillent la poussière, les émanations, empêchent d’appliquer au plancher môme les soins de propreté qu’il réclame. 11 sera pourtant difticile de lutter contre celte habitude de sensualité et qui procure au luxe une occasion de paraître; au moins faut-il prescrire que ces lapis soient fréquemment levés, battus, exposés au grand air, et même, dans des cas particuliers, désinfectés.

Tous les locaux dont il vient d’être question sont soumis à des nettoyages quotidiens ou hebdomadaires, selon le ca' et selon la vigilance du maître. Malheureusement, cette opération bien intentionnée est régnlièrnent un époussetage , qui ne fui L que déplacer la poussière et remettre dans l’air ambiant les microorganismes qu’on aurait pu croire fixés. Il laut absolument perdre cette habitude barbare, prescrire aux domestiques d 'essuyer et non d’épousseter, et. remplacer les balais et plumeaux traditionnels par de la peau douce, du linge fatigué, humecté quand c est. compatible avec l’intégrité des surfaces ou des objets nettoyer. Une sérieuse amende serait légitimement appliquée aux lemmes de chambre qui secouent odieusement les lapis par les fenêtres.

Cabinets d'uisanres. — Nous n’envisagerons ici que le local, nous réservant d’étudier séparément la vaste question des appareils destinés à recevoir les excrétions humaines cl des moyens de les éloigner de l’habitation.

C’est l’endroit qui doit le moins être sacrifié ; le soin et môme la rocher-

générale. 1 DISTRIBUTION DES LOCAUX ET DÉPENDANCES. oiü

che qu’on y apportera entraîneront des précautions corrélatives dans la construction des appareils et bénéficieront tout d’abord à la propreté et, par conséquent, la salubrité de la maison. Le cabinet d’aisance, sans avoir besoin d’être très spacieux, réclame plus impérieusement que d’autres locaux de l’air et de la lumière; de la lumière, parce qu’il serait difficilement maintenu propre sans cette condition; de l’air, parce que les appareils les mieux compris ne se passent pas d’une désinfection immédiate et intermittente, comme leur fonctionnement même. Cette désinfection immédiate, pour la part qui porte sur le cabinet, ne peut se faire mieux que par l’ouverture d’une fenêtre donnant sur l’extérieur. Celle-ci doit être grande et large ; quelques-uns la veulent même descendant jusqu’au plancher du cabinet, pour assurer l’évacuation des gaz lourds. Dans tous les cas, et il n’est guère besoin de le recommander, on tourne cette fenêtre du côté opposé à la rue; c’est dire que le cabinet d’aisance est généralement reporté sur l’arrière de la maison. E. Trélat voudrait que le cabinet fût parfaitement ensoleillé ; le vœu est légitime, mais à condition que les locaux habités aient d’abord pris leur part d’insolation.

Les Américains font plus, sinon mieux. Ils séparent tout à fait le cabinet d’aisance de l’habitation et l’établissent dans un jardin ou une cour à quelque distance. Pour l’atmosphère de rhabitalion, c’est un grave souci de moins; mais les locataires doivent souvent en être gênés et si cet avantage devait être acheté au prix de l'installation en permanence de la chaise percée dans la chambre à coucher, la valeur en serait bien amoindrie. En Europe, le cabinet d’aisance est contigu ou même incorporé au logement ; il y en a un à chaque étage, lorsque la maison abrite plusieurs familles, et il est difficile qu’il en soit autrement. Dans les maisons peu élevées d’étages et ne renfermant qu’une famille, une bonne pratique serait d’avoir à la fois un cabinet au fond de la cour ou dans le jardin, qui serait habituellement fréquenté, et un autre dans le logement, qui serait réservé aux surprises nocturnes ou aux cas de maladie. Quelques-unes des nouvelles maisons de Lille possèdent cet heureux dédoublement.

Il y a, en France, de si grands progrès à réaliser dans l’éducation hygiénique de la population sur le point qui nous occupe, que l’on ne risque rien de recommander un certain luxe dans l’installation des cabinets d’aisance. Une dalle en mosaïque, un parquet élégant, un siège verni et ciré, des murs stuqués ou peints à l’huile, prêchent la propreté et l'imposent presque. De tels matériaux, d’ailleurs, permettent des lavages, non pour enlever les souillures solides ou liquides, qui ne doivent jamais atteindre les parois du local, mais celles dont les gaz inévitables finissent, par les imprégner plus ou moins. Il faut absolument que nous arrivions, même dans les habitations collectives, écoles de tout degré, casernes, hôpitaux, à supprimer ces horribles « latrines à la turque », hangars ouverts et immondes où l’acte de la défécation s’accomplit à plusieurs, presque en public, que des lavages répétés soir et malin n’empêchent pas d’être ignobles, et contre lesquels aucun procédé de ventilation, aucun désinfectant, ne protège l’atmosphère des demeures voisines. Un jour viendra où les latrines publiques, sous les ponts, dans les gares de chemins de fer, sous la sauvegarde des mœurs nationales, deviendront décentes et abordables, comme elles le sont en Belgique par exemple.

Annexes de l habit cilion. Les écuries , quand il y en a, doivent avoir le

moins de rapport possible, de sol et d’atmosphère, avec l’habitation des

Arnould, Hygiène. ‘2*= édit. 35

54(i DES A 13 H1S ET DU VÊTEMENT. [Hygiène

humains. Le mieux est de les séparer tout à fait ou de leur attribuer un petit pavillon faisant angle sur le liane de la maison ; quand la bâtisse est commune, l’écurie doit avoir son entrée spéciale et ne pas communiquer par d’autres portes avec le logement. Ce n’est pas trop de 50 mètres cubes d’espace par tête d’animal (Morin). D’ailleurs, l’écurie elle-même sera haute do plafond, à sol dallé ou pavé, avec une pente légère pour l’écoulement spontané de l’urine des animaux, munie de fenêtres et de ventouses d’aération en haut et en bas. Si l’urine des animaux est recueillie, elle sera dirigée vers une fosse à purin étanche, recevant aussi les eaux du fumier. L’emplacement de celui-ci, le plus écarté possible, se fera sur un sol exactement pavé ; l’enlèvement en sera fréquent; il aurait lieu tous les jours qu’il faudrait s’en féliciter ; dans certaine caserne anglaise, le fumier est reçu dans des caisses de tôle et transporté au dehors quand les caisses sont pleines, comme on le fait des fosses mobiles.

Les cours et les jardins, il est à peine besoin de le dire, assainissent l’habitation, puisque la façade qui regarde le jardin ou la cour est en plein air et que le maintien de ces espaces libres est une garantie contre la densité excessive de la population par rapport à la surface. Mais il ne faut pas que ces termes de cour et de jardin n’aient que la valeur d’une étiquette mensongère ; on décore quelquefois du nom de cour , dans les bâtisses énormes des grandes villes, une sorte de fente ou de puits hors terre, qui n’a guère plus d’un mètre de largeur, destiné simplement à faire pénétrer un peu de lumière dans les arrière-pièces de deux maisons accolées en un seul massif. Ce mince bénéûce ne compense pas l’inconvénient de l’entassement architectural et de l’encombrement humain, que cet artifice permet de réaliser. Quand on songe qu’à Paris, les hygiénistes réclament un minimum de surface de 8 mètres carrés et même de 4 mètres carrés pour ces courettes et ne peuvent l’obtenir, on conviendra que les propriétaires sont trop peu traitables et que l’administration les protège d’un façon excessive.

Une controverse s’est élevée (J. Jeannel, Fonssagrives) sur la question de savoir si le voisinage des arbres est avantageux ou nuisible à l’habitation. H semble que le problème ne soit pas si difûcile à résoudre; il est évident que la végétation et la verdure sont choses agréables et utiles, au voisinage de l’habitation; mais que les grands arbres deviennent défavorables s’ils couvrent de leur ombre une partie plus ou moins considérable de la maison, dans nos pays où les étés sont fort courts et où l’on doit rechercher la lumière et l’assèchement, bien plus souvent que l’on n’a à craindre les excès d’irradiation solaire. A Montpellier, ce ne serait peut-être pas la même chose.

Orientation. Rapports «les pièces entre elles. — Il y a de notables divergences entre les hygiénistes relativement à la meilleure orientation de la maison. Personne ne conteste le principe : que l’ habitation doit être ensoleillée pendant une partie du jour ; mais on en comprend diversement l’application, ou bien encore on fait fléchir le principe devant les nécessités particulières.

générale. 1 DESCRIPTION DES LOCAUX ET DÉPENDANCES. i>47

Une maison isolée, qui veut recevoir beaucoup de soleil sur sa façade principale, tourne celle-ci vers le midi, ou le sud-ouest, ou le sud-est; mais la façade opposée reste éternellement dans l'ombre et prend un aspect assez triste. Un micrographe, qui tient à recevoir constamment une lumière douce et égale, préfère que ses fenêtres s’ouvrent au nord et, pour l’hygiène de la vue, nous verrons que l’on peut étendre cette pratique aux salles d’école.

Dans un double alignement de maisons, comme est la rue d’une ville, si un rang de façades est tourné au sud, l’autre l’est au nord et n’a jamais de soleil. Bien plus, les maisons qui regardent le midi, lorsqu’elles appartiennent à un groupe, ne sont pas dans les meilleures conditions pour recevoir la chaleur et la lumière solaires. La direction de rue recommandée en Allemagne (Stiibben) est de sud-est à nord-ouest ou nord-est à sud-ouest; en France, on conseille en général la direction du nord-est au sud-ouest. C’est une tradition; mais, comme le fait remarquer Zuber, elle ne repose pas sur « des données scientifiques et précises ». A. Vogt (de Berne), constatant d’abord l’influence heureuse de l’insolation directe sur l’assèchement des parois, la nécessité d’y soumettre surtout le rez-de-chaussée et le sous-sol, sa valeur sanitaire telle qu’il y a une différence de 13 p. 100 dans la mortalité au préjudice du côté non ensoleillé, a soumis la question de l’orientation et de la largeur des rues à des calculs mathématiques. Or, ce sont les façades qui regardent l’est et l’ouest qui emmagasinent le plus de chaleur parce qu’elles reçoivent les rayons du soleil suivant une ligne plus rapprochée de la perpendiculaire, tandis que ces rayons tombent nécessairement d’une façon très oblique sur la façade qui regarde le sud. Posant en fait que quatre heures d’insolation par jour sont nécessaires à la façade d’une maison jusqu’à son pied, même au jour le plus court de l’année (21 décembre), Vogt trouvait qu’à Berne (46°, 37' lat. N.), l’insolation ne peut être suffisante qu’avec des rues d’une largeur supérieure à la hauteur des maisons et avec l’ orientation méridionale, c’est-à-dire du sud au nord, dite aussi royale. Clément estime que l’on doit réduire la durée de quatre heures d’insolation, exigée par Vogt, sous peine de porter à des dimensions outrées la largeur des rues, quand il s’agit de villes situées au delà de 30 degrés de latitude.

D’autre part, en cherchant à évaluer expérimentalement et par le calcul la quantité de calorique absorbé respectivement par chaque façade d’une maison, suivant l’exposition, Ad. Vogt a obtenu, pour le 25 juin et le 29 juillet 1879, jours pendant lesquels le ciel est resté constamment pur (à Berne), les résultats suivants :

Calories absorbées de 5 heures du malin à 7 heures du soir.

Paroi est Paroi ouest Paroi sud Prop. p. 100

Lc2âjuin 5342 3994 3630 100.75.68

Le 29 juillet 438G 3840 3780 100. 88. 80

C est donc la paroi sud qui a absorbé le moins de chaleur, tout en étant oxposée au soleil plus longtemps que les deux autres. Ce résultat, un peu inattendu, prouve que I angle d incidence des rayons solaires prédomine sur « la force absolue

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Je 1 insolation ». 11 est à remarquer que 1 auteur expérimentait, non sur une maison véritable, mais sur trois tables (.le molasse , encadrées de bois de 0,u 50 carrés de surface et de 14 millimètres d’épaisseur, et disposées en fer à cheval de façon à regarder, chacune, l’un des trois poinLs cardinaux indiqués; d’après la quantité extraordinaire de calorique qu’a absorbé celte mince muraille artificielle on peut concevoir ce qu’il en est d’un mur réel, épais de 50 centimètres et de plusieurs mètres carrés de surface.

A Berlin, Flügge, à l’aide de thermomètres enfoncés dans les murailles à des ’ profondeurs variables (thermomètres superficiels à 3 ou 4 centimètres, profonds a 35 centimètres), a constaté que la paroi nord, qui n’est guère touchée par le soleil, conserve sensiblement la même température pendant toute la journée et à toule profondeur; que la paroi sud présente, elle aussi, une température uniforme, nuit et jour, de 2,5 à 3 degrés supérieure à la première; qu’enfin les oscillations les plus importantes sont celles des parois est et ouest, qui sont, il est vrai, dépourvues de fenêtres. Zuber expose ainsi qu’il suit les oscillations des thermomètres appliqués à ces deux parois. « Le thermomètre profond de la paroi est monte rapidement dès le matin jusqu’à 3 heures du soir, époque du maximum, et à partir de ce moment descend insensiblement jusqu’à 6 heures du matin. La hauteur absolue du maximum est très remarquable; à 0m,30 de profondeur, elle est de 7 à 8 degrés au-dessus de la température moyenne de la journée et de celle des murs soustraits à l’action du soleil.

« Le thermomètre superficiel de la même paroi présente naturellement des oscillations moins apparentes, dont les maxima et minima sont retardés par suite du temps que la chaleur met à cheminer dans la muraille; le maximum, qui se fait sentir entre 9 et 10 heures du soir, est inférieur de 3 à 4 degrés à celui de la profondeur. Le minimum qui arrive vers 9 heures du matin, est peu important, parce que, à celte heure, l’influence de l’air chaud se fait déjà sentir à travers les fenêtres, ouvertes ou fermées.

« Le thermomètre profond de la paroi ouest indique, à partir du matin, une ascension graduelle; à partir de midi, une élévation rapide; le maximum, à 9 heures du soir, est encore plus élevé que sur l’autre paroi. Le thermomètre superficiel donne des résultats à peu près semblables à ceux de la paroi opposée, sauf que le maximum coïncide avec 3 heures du matin.

« Il semble résulLer de cela, d’après la situation relative des maxima et des minima, que la chaleur met en moyenne six heures pour pénétrer de l'extérieur à l’intérieur de murailles ayant une épaisseur ordinaire (0m,50). »

Les murailles peuvent donc, avec une orientation convenable, devenir des réservoirs importants de chaleur. La conclusion dépend du point de vue que les circonstances imposent à l’hygiéniste et l’on comprend aisément, avec Zuber, que Yogt s’applaudisse, en songeant aux longs hivers de Berne, du même fait que Flügge déplore, en considérant les quartiers ouvriers de Berlin, auxquels on peut, partout, adjoindre les logements des combles. En- effet, après avoir fait un calcul très large des moyens dont disposent les habitants de ces demeures pour perdre les 2,700 calories physiologiquement réglementaires (Helmholtz), l’auteur arrive à cette conclusion que « la déperdition de calorique de notre corps devient, dans des locaux étroits et encombrés, un problème difficile à résoudre ». Aussi pense-t-il qu’une part de la mortalité excessive des enfants à Berlin, pendant les mois d’été et dans les étages supérieurs, peut bien ne pas dépen-

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dre uniquement d’une alimentation défectueuse. Nous sommes d autant plus de son avis que nous avons montré ailleurs comment, d après les résultats de la statistique, la mortalité infantile s’élève uniformément a l’époque des chaleurs, quel que soit le milieu. La mauvaise alimentation et l’été s’associent, d’ailleurs, trop bien dans le même effort de destruction.

Les procédés de Vogt ont été appliqués par Clément (de Lyon) au calcul des rapports de la largeur des rues avec la hauteur des maisons pour des latitudes diverses. Le même savant médecin a judicieusement introduit dans le problème l’élément luminosité e t l’actinométrie locale. Mais ce sont des résultats qui se représenteront dans 1 Hygiène urbaine. Pour la pratique, les maisons isolées peuvent tourner leur façade vers un point intermédiaire entre le sud et l’est ou entre le sud et l’ouest. Knauff regarde même comme très bonne 1 exposition au sud, que le vulgaire recherche souvent, et qui ne s’échauffe pas à 1 excès ; la plus mauvaise de toutes, selon lui, serait l’exposition à l’est, recommandée par Yogt. Évidemment, il s’agit ici de savoir si l’habitation est dans le cas d avoir a redouter la chaleur. En d’autres termes, la règle est variable selon les latitudes et ce que nous pouvons en retenir, c’est que toute maison a besoin d’être ensoleillée, mais non échauffée à l’excès.

Quelle que soit l’orientation de la maison, il y a toujours un choix à faire quant à l’installation respective des pièces, selon la destination de chacune. Celles où l’on séjourne davantage ont le plus besoin d’être atteintes parles rayons solaires. Aussi conseille-t-on d’établir préférablement les locaux de jour au sud, la chambre à coucher à l’est, la salle à manger, la cuisine, le cabinet d’aisance, au nord.

Groupement des habitations. — Rapport avec la surface. — Les bâtiments d’habitation sont isolés ou groupés : dans le second cas, ils ont un petit nombre d’étages ou bien cinq, six, sept étages superposés; ils servent à une seule famille ou à de nombreuses familles. Ces circonstances différentes influent diversement aussi sur la pureté de l’air eL l’intégrité du sol, au voisinage immédiat de l’habitation.

Dans les villes françaises et même dans la plupart des villages, c’est le système du groupement par contact des maisons qui prédomine ; à Paris et dans beaucoup d’autres villes importantes de notre pays, de même qu’en Allemagne (États du Sud), les maisons sont groupées en longues rues à double üle ou en massifs et îlots, qu’on appelle encore « pâtés » de maisons: de plus, elles ont beaucoup d’étages superposés et, souvent, plusieurs familles à chaque étage. Lille, avons-nous dit, fait une heureuse exception; elle a bien les rues et les massifs polygonaux d’habitations accolées ; mais assez ordinairement, il y a une maison pour une seule famille.

Aux États-Unis d’Amérique, dans l’Allemagne du Nord (à Brême spécialement), en Hollande, dans la Frise orientale, à Zurich, en Angleterre surtout, 1 on a également la salutaire habitude d’une maison pour une famille unique; c est, à vrai dire, la seule façon d’être à peu près chez soi dans une vaste cité : nvj house is vvj castle. Londres continue à la prati-

DES ABIUS ET DU VÊTEMENT. [Hygiène

quer, sans crainte d’exagérer son effroyable étendue. Quand on fait plus et que la maison est entourée d’un jardin, ou tout au moins « sise entre cornet jardin », l’on a réalisé le « Cottage-System », autant que le terme puisse trouver son application dans une grande ville. Quelques villages modernes, autour de Paris, ont inauguré méthodiquement le Cottage-System et, comme on pense, s’en trouvent bien ; à vrai dire, ce n’est pas là qu’il est le plus nécessaire de se donner de l’espace. Autour de Lille, dans le Pasde-Calais, en Normandie, les villages sont souvent construits sur ce type; malheureusement, la maison disparaît sous les grands arbres, que l’on a plantés tout contre et qui, en y entretenant l’humidité, lui font perdre une part du bénéfice de son isolement.

D’après une statistique, à vrai dire un peu ancienne (1869), pour un bâtiment d’habitation, et pour tout le pays, il y a en France 4,9 habitants ; en Angleterre et pays de Galles 5,1 ; en Belgique 5,2; en Irlande 5,6 ; en Hollande 5,9 ; en Italie 5,9 ; en Espagne 5,9; en Bavière 8,2; aux Élats-Unis 6,3; en Norvège 6,4; en Autriche 6,6; à Bade 6,8; en Hanovre 6,9; en Suisse 7,2; en Prusse 8,9; en Saxe 9,7. Dans les villes seules, il y a par maison : en Belgique 6,3 individus ; en Hanovre 8,4 ; en Suisse 8,8; en Bavière 10,2; en Norvège 11,5 ; en Prusse 12,7; en France 13,1 ; en Saxe 14,8. Relativement à la densité des habitations par rapport à la surface du territoire, on compte par mille carré : aux Étals-Unis, 36 bâtiments; en Norwège 46; en Espagne 281 ; en Hanovre 401 ; en Prusse 425 ; en Autriche 438; en Suisse 462; en Bavière 563; en Irlande 679; en Italie 715; dans le duché de Bade 752; en France 774 ; en Saxe 890 : aux Pays-Bas 934 ; en Angleterre et pays de Galles 1,441 ; en Belgique 1,624. On voit par là que c’est l’Angleterre et la Belgique qui réunissent les meilleures conditions d’hygiène puisqu’elles ont à la fois le plus grand nombre d’habitations par rapport à l’unité de surface et presque les plus petits chiffres d'habitants par maison.

Suivant une autre statistique (citée par Wiel et Gnehm), on compte, pour une maison, 8 habitants à Londres, 32 à Berlin, 35 à Paris, 52 à Pétersbourg, 55 à Vienne. Or, la mortalité pour 1,006 habitants, qui est de 35 à Vienne (d’Avigdor), n’est que de 25,4 à Paris et de 22 à Londres. Il semble donc que la mortalité diminue dans une proportion semblable à celle dont les habitants s’étendent en surface.

La surface totale de Paris, selon Alex. Boulanger, représente aujourd’hui environ 133 mètres carrés par habitant (en admettant une population de 2,000,000 d’âmes). Mais cette moyenne de surface, si avantageuse, s’évanouit quand on envisage tel quartier spécial, telle maison de ce quartier. Ainsi, pour le quartier Saint-Gervais, qui n’est pas un des plus populeux de Paris et qui est traversé par quelques larges voies (rue de Rivoli, quais), la moyenne par habitant n’est que de Sm(i,55 ; pour certains îlots de ce même quartier, elle s’abaisse à lmfi,67. Tollet estime à 40 mètres carrés par habitant la surface dont dispose la population parisienne. A Londres, elle serait le double.

11 serait difficile et téméraire de fixer un minimum de surface par tête. Nous croyons, du reste, que cette surface doit augmenter dans les habitations collectives; c’est le contraire de ce qui se passe. Elle doit augmenter encore dans les habitations qui n’ont que du terrain bâti, sans cour ni jardin. Les hygiénistes allemands, réunis à Stuttgard en 1879, veulent que la surface carrée des dortoirs des logements d’ouvriers ne soit pas inférieure à A mètres carrés par individu; mais, s’il y a quatre étages pareils et occu-

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pésdans la maison du logeur, la surface de terrain n’est plus que de 1 mètre carré par personne, en supposant qu’il n’y ait pas de jardin ni de cour. Dans de pareilles conditions et même avec un cubage suffisant, 1 on conviendra que les locataires ne sont pas encore bien loin de 1 entassement. Le docteur Pistor, rapporteur de cette question, remarque judicieusement que, pour une pièce donnée, la surface ne saurait être remplacée parla hauteur; autrement, l’on pourrait arriver à une multiplication malheureuse des pièces contiguës sur le même plan, on se tasserait dans le sens de la latéralité. J’en conclurais volontiers que, plus une maison est haute, ou mieux : plus elle a d’étages habités, plus large doit être sa base; car des hommes superposés quatre par quatre ne sauraient ne pas s’écarter quatre fois autant que des hommes logés un par un, si l’on veut conserver une salubrité égale.

Les règlements militaires français exigent une surface de 3m<>,75 à A mètres par homme dans les casernes; en réalité, nos bonnes casernes (elles sont rares) disposent de 10 à 15 mètres de terrain bâti ou non bâti par homme. La commission anglaise de 1837 a estimé à 9 mètres de terrain bâti le minimum de surface à allouera chaque homme. Cette fixation nous paraît rigoureusement applicable aux logements d’ouvriers et à toute habitation collective.

Rapports «le voisinage. — La maison est d’autant plus salubre qu’elle est plus en plein air; par conséquent, le voisinage de toute autre bâtisse lui est défavorable. C’est une question d’hygiène urbaine de compenser Je resserrement des habitations les unes contre les autres par la conservation d’espaces libres, rues, boulevards, places, squares, qui soient comme les poumons de l’être collectif. Mais encore y a-t-il des voisinages plus fâcheux que d’autres; celui des hautes bâtisses qui portent ombre, églises, palais, théâtres; celui des usines, qui est bruyant, poussiéreux, odorant parfois; celui des abattoirs, des tanneries, et de tout établissement où se manipulent des matières animales. Le voisinage des hôpitaux soulève la question de la propagation des contages à distance par l’air, dont nous nous sommes déjà occupé(p. 332). Les rives des cours d’eau sont recherchées, avec raison ; c’est un embellissement du site et c’est un drainage naturel. En revanche, il faut s'éloigner des marais et, particulièrement, s’éloigner en hauteur.

Variété et forme» des habitations. — Dans les sociétés civilisées, il y a deux grands groupes d’abris : les habitations privées et les habitations collectives. Ce sont surtout celles-ci qui prennent des formes plus ou moins imposées par leur destination spéciale. On les appelle, selon les cas, écoles, pensionnats, lycées, tentes, casernes, hôpitaux, prisons, etc. En d’autres termes, ce sont des spécialisations de l’habitation, qui n’échappent assurément pas aux règles générales tracées dans ce chapitre, mais qui réclament une nuance particulière dans l’application de ces règles, en raison de conditions nouvelles ou plus pressantes. C’est dire que les développements qui s’y rapportent appartiennent à la 111' Partie de ce livre.

Nous terminerons parla reproduction d’un certain nombre des articles

552 DES ABRIS ET DU VÊTEMENT. [Hygiène

adoptés par la Réunion des hygiénistes allemands , à Munich (1875), au sujet des Exigences de l'hygiène vis-à-vis des constructions neuves. On les comparera avec le projet adopté par la Commission des logements insalubres de Paris, que nous donnerons avec I’Hygiène urbaine.

III. — H. Toute construction particulière sera soumise à l’approbation préalable des plans, laquelle sera délivrée lorsque l’examen de ces plans aura montré, non seulement que les bâtisses seront solides et garanties conLre l’incendie, mais encore qu’elles satisfont à l’hygiène. Cette approbation est exigible de la part de l’État et de la commune aussi bien que des particuliers.

12. On aura soin de n’installer nulle part d’établissements qui pourraient porter préjudice aux lots de terrain voisins ou aux constructions qui s’y trouvent, par le fait d’ébranlements du sol, de dégagements de gaz, de vapeurs, d'odeurs, par la fumée, la poussière, à un point tel que les habitants du lot voisin, dans les conditions de la susceptibilité ordinaire, voient leur santé compromise, ou en soient gravement incommodés, ou que les objets qui s’y trouvent soient notablement exposés, lors même qu’ils seraient d’une susceptibilité exceptionnelle.

Les lieux d’aisances, places à fumier, puits, et toute aulre installation analogue, seront établis à une telle distance de la propriété voisine, ou dans de telles dispositions, qu’ils ne puissent compromettre en rien le terrain du voisin, ses bâtiments, ses puits, les locaux à son usage.

13. Le sol de chaque lot doit être soigneusement examiné. S’il est marécageux ou qu’il puisse être insalubre pour quelque autre cause, on enlèvera les couches suspectes, que l’on remplacera par du sable, par une terre sèche. En général, avant de bâtir, il sera toujours prudent d’opérer cet enlèvement sur la couche végétale.

14. On assurera le parfait assèchement du sol, principalement de la cour et du bâtiment. Les ordonnances publiques interdiront toute souillure du sol par les fosses absorbantes ou autres pratiques analogues, aussi bien que tout emmagasinement d’immondices solides ou liquides. L’éloignement le plus rapide, le plus compleL et le plus salubre des eaux ménagères est assuré par un système de conduites à l’égout, convenablement exécuté.

15. La jonction obligatoire de chaque lot, dès qu’il est bâti, au système général d’évacuation des eaux est imposé par l’hygiène. L’évacuation des eaux de chaque maison n’est pas moins importante pour la santé ni moins délicate à réaliser que la canalisation générale; on ne devra donc pas, sur ce point, s’en remettre simplement aux soins particuliers ; il faut tout au moins que les autorités prescrivent les mesures à prendre et en surveillent l’exécution. Les tuyaux d’évacuation, de bonne qualité et à joints étanches, doivent le plus possible passer, non sous la maison, mais latéralement, pour aller se brancher sur l’égout de la rue.

16. Les propriétaires ou locataires ne pourront arguer des qualités comme engrais, ni de la valeur vénale des excréments humains pour faire opposition aux mesures générales d’éloignement des immondices.

Il appartient à la police locale de décider si les excréments humains seront dirigés à l’égout avec les eaux ménagères ou si l’on pratiquera quelque aulre procédé qui n’exclue pas moins tout emmagasinement des matières et toute souillure de l’air et du sol. A celégard, on donnerait la préférence aux fosses mobiles (tinettes) fréquemment remplacées; on admettrait, dans de grands jardins, les cabinets à la terre sèche ( Dnj-Earlh-Closets), ou toute autre installation qui atteignît au même but. Dans aucun cas, on ne doit tolérer les fosses fixes, si bien maçonnées et cimentées qu elles puissent êlre.

générale.] DISTRIBUTION DES LOCAUX ET DÉPENDANCES. 533

17. Chaque habitation, et môme chaque étage constituant une demeure particulière, doit avoir un cabinet d’aisance recevant l’air et la lumière du dehors par une fenêtre spéciale.

Les fosses à fumiers doivent être étanches, bien fermées et ne jamais subir de trop-plein.

18. A tout bâtiment d'habitation nouveau doit être amenée de l’eau fraîche et pure en quantité suffisante. S’il y a une distribution d’eau générale, chaque maison, ou plutôt chaque habitation (chaque étage, s’il y a lieu) doit recevoir sa conduite d'eau particulière. S’il n’y a pas d’installation de ce genre, chaque lot de terrain supportant une maison d’habitation sera pourvu d’un puits d’une profondeur suffisante et creusé à la place convenable. Cette place, ainsi que les propriétés de l’eau, seront déterminées par un expert.

19. On ne permettra d’habiter les nouvelles bâtisses qu’après avoir vérifié leur assèchement.

20. Un bon drainage du sol et l’emploi de matières peu hygroscopiques sont de première importance; on peut y ajouter les tranchées d’aération autour de la maison, lés couches isolantes dans la muraille et toute disposition qui empêche l’ascension de l'humidité dans les murs.

21. Les constructions et leurs compartiments doivent être, dans l’ensemble et dans chaque local destiné à être habité, disposés et partagés de telle sorte, faits de matériaux tels que l'air et la lumière y trouvent un libre accès, que l’habitation soit sèche et ne puisse nuire à la santé. Il convient donc de donner aux pièces le plus fréquemment occupées et aux chambres à coucher l’exposition au sud, tandis que l’escalier, la cuisine, la salle à manger, les cabinets de toilette et d’aisance seront tournés au nord. Tous les locaux où l’on séjourne, où l’on dort, où l’on travaille, de même que la cuisine et les cabinets d’aisances, doivent avoir une ou plusieurs fenêtres s’ouvrant sur l’extérieur.

22. En ce qui concerne l’étendue à bâtir, dans un lot de terrain, la police locale devra exiger qu’il soit assuré à toute pièce destinée à un séjour prolongé des humains, un facile échange d’air el le libre accès de la lumière sous un angle d’incidence de 45° au plus avec l’horizon.

23. Une paroi latérale d'habitation, dans laquelle sont percées les fenêtres de la chambre à coucher ou d’autres pièces où l’on séjourne, doit être distante du mur d en face d’au moins la hauteur de celui-ci. Là où les habitations s’élèvent déjà, plus rapprochées que ne le comporte cette règle, on exigera que les constructions nouvelles soient séparées des maisons opposées par une distance au moins égale à la demi-hauteur de ces dernières, distance qui ne peut jamais être inférieure à b mètres. Si les deux parois en regard ont l’une et l’autre des fenêtres, on appliquera ces règles à chacune d’elles respectivement. Lorsqu’une d’elles a moins de 8 mètres de hauteur, la distance peut être réduite aux deux tiers de la mesure qui ressort des fixations précédentes.

2-jr. La hauteur d une maison sur la rue ne doit pas dépasser la largeur de la rue. Cette hauteur se mesure de la surface de la chaussée au toit de l’étage le plus élevé, y compris le toit des mansardes el la demi-hauteur du faîtage. La largeur de la rue se mesure entre les façades de deux maisons opposées, y compris le jardin d’entrée ou tout autre espace non bâti, s’il y a lieu.

Aucune maison particulière ne doit avoir plus de cinq étages, en y comprenant l’entresol et les mansardes.

2b. La hauteur intérieure des pièces où l’on séjourne el des chambres à coucher ne doit pas être au-dessous de 3 mètres. On tolérera 2"' ,7 pour l’entresol et pour l’étage supérieur. *

DES À 1) R 1 S ET RU VÊTEMENT

[Hygiène

26. Le sol du rez-de-chaussée doit être au moins à 0U1,0 au-dessus du pavé de la rue.

Tout bâtiment d’habitation doit être sur caves. Lorsque la nature du sol ne le permet pas, ou qu’on adopte une méthode différente, il faut revêtir la surface du terrain de fragments lassés ( Concretlage ); le plancher en bois du rez-de-chaussée en sera séparé par une couche d’air d’au moins 30 centimètres de hauteur.

28. On interdira, en principe, l’habitation de tous les locaux (caves, sous-sols) qui ne se trouvent que partiellement hors de terre. Lorsque, pour des raisons économiques ou commerciales, de tels locaux (cuisines, ateliers) doivent être occupés d’une façon durable, on y ménagera des dispositions qui garantissent la santé des habitants. Spécialement :

On ne fera pas de sous-sols dans des quartiers sujets aux inondations;

Le sol du logement souterrain sera au moins à 1 mètre au-dessus du plus haut niveau présumé de la nappe souterraine ; la moitié au moins du sous-sol sera hors de terre et le sommet de la fenêtre sera à 1 mètre au-dessus du niveau du LroLtoir. Il pourrait être admis une atténuation à ces règles, si le souterrain était isolé de la terre environnante au moyen d’une tranchée de ventilation, d’une largeur au moins égale à la hauteur dont le sous-sol plonge en terre. — Indépendamment des fenêtres, ces locaux doivent être ventilés par des cheminées d’appel ou tout autre appareil efficace;

Ces locaux ne doivent jamais avoir l’exposition nord. On ne les admettra que dans des maisons situées sur une place ou sur des rues dans lesquelles les maisons d’en face, de la chaussée au bord du toit, ne sont pas plus hautes que la rue n’est large. Cette règle est applicable aux cas dans lesquels les sous-sols s’ouvrent sur une cour ou un jardin ;

On recommande en avant des locaux en sous-sol, dans toute leur longueur, un canal à air, d'isolement et de ventilation, dont le fond descende plus bas que le sol du local, au moyen d’un mur isolant, distant d’au moins 0m,2o du mur extérieur ;

Le sol du local souterrain (à moins qu’il ne repose déjà sur une cave) sera fait d’une couche de béton épaisse de 0m,lo sur laquelle seront placées les poutrelles et le plancheyage, si l’on ne préfère les dalles et le carreau, comme pour les cuisines, par exemple.

29. L’habitation des combles et de toute pièce susceptible d’être chauffée sous le toit ne sera autorisée que dans les constructions qui n’ont pas plus de quatre étages, y compris le rez-de-chaussée, et sous les conditions suivantes : l’ensemble de ces logements occupera l’avant-toit et ne sera pas sur les entraits ; ils auront des parois en maçonnerie ou tout au moins en charpente revêtue de maçonnerie; il y aura une hauteur intérieure minima de 2m,70 dans au moins la moilié du local, et des fenêtres en nombre suffisant pour donner un libre accès à l’air et a la lumière.

30. L'escalier, suffisamment large, recevra assez d'air et de lumière pour pouvoir servir à la ventilation naturelle de la maison.

33. Les cuisines doivent recevoir l’air du dehors et non d’un autre compartiment de la maison; elles auront leurs fenêtres particulières.

34. On devra reléguer les écuries et les dépôts de fourrages sur les ailes de la construction. Si l’on habite au-dessus, les écuries doivent être soigneusement ventilées. On exclura des habitations urbaines les ctables à porcs.

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