DES ABRIS ET DU VÊTEMENT. [Hygiène
pression de toute soupape. La situation vaut la peine qu’on prenne des garanties radicales.
Poêles à gaz. — Le gaz-lumière, brûlant dans l’intérieur d’un appartement, est un réel moyen de chauffage; il est môme économique lorsqu’il
fournil l’éclairage en même temps. Avec les becs ordinaires, la combustion est assez complète pour qu’il n’y ait pas d’oxyde de carbone produit; Gréhant a d’ailleurs démontré que celui du gaz est l’élément qui brûle le mieux, avec une alimentation d’air suffisante. Péclet estime qu’il faut introduire 33mc,6 d’air neuf par chaque mètre cube de gaz brûlé (l kilogr. de gaz produisant 2 kil. 057 d’acide carbonique et 2 kil. 043 d’eau). Ce chauffage serait avantageux dans le cas où il faudrait échauffer très rapidement l’air d’un espace fermé, ou encore quand le chauffage est très intermittent. Si l’on veut s’en servir dans des foyers ouverts ordinaires, on économise le nettoyage des tuyaux, mais comme on ne peut alors laisser arriver un grand afflux d’air au foyer, sous peine de perdre la meilleure part de la chaleur produite, la vapeur d’eau se condense sur les parois de ces tuyaux et ne tarde pas à ruisseler. Le chauffage au gaz est toujours cher et crée le danger d’asphyxie ou d’explosions terribles.
Vanderkelen a présenté au Congrès d’hygiène de Bruxelles (1876) un appareil de chauffage au gaz, qui a paru à du Mesnil ne dégager ni odeur ni humidité et dont la figure 142 (coupe) indique aisément le fonctionnement.
L’inventeur a cru devoir, à l’époque, faire de son appareil un calorifère. Mais il est certain que l’on pourrait tirer un tout autre parti de ces poêles; les utiliser pour l’évacuation active de l’air intérieur el ne leur demander de chauffer que par un rayonnement cenvenablement atténué. Les poêles à gaz de Cox el de Bond ne semblent pas avoir essayé de résoudre le problème.
Le poêle à gaz ventilateur de Sée, à Lille, a ses parois traversées de tubes obliques, versant l'air chaud, mais active en même temps l'ascension de l’air vicié dans une gaine d’évacuation.
At’PRÉciATiON générale. — La plupart de ces appareils se sont efforcés de réunifia ventilation au chauffage et d’obtenir celui-ci par l’air chaud, (*)
(*) A est le tuyau d’alimentation du gaz, qui brûle eu B avec mélange d’air et chauffe mcine presque au rouge le cône C. Les produits nuisibles de la combustion s’échappent par I) dans la cheminée. Par le canal E s'introduit l’air, soit par l’appartement, soit du dehors; l'air chaude dans la chambre C s’échappe en F.
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à l’exclusion plus ou moins complète du rayonnement. C’est-à-dire qu ils poursuivent l’inverse de ce que nous avons posé en principe. A notre avis, les plus tolérables de tous ces poêles sont ceux qui agissent le moins sur l’air introduit et ne le chauffent qu’à la température à laquelle il cesse d’être désagréable par l’excès de froid ; qui ne ventilent que par extraction et qui chauffent surtout par rayonnement, en imposant à l’intensité de ce phénomène les limites convenables pour qu’il ne soit pas gênant. Les plus mauvais sont les poêles à circulation, qui font toujours repasser le même air dans la gaine de chauffe et par les poumons. Dans ces conditions, le poêle à la fois économique et salubre est encore, comme on voit, un objet rare.
Chauffage central. — Le chauffage central se fait par l’air chaud, l’eau chaude ou la vapeur. C’est un procédé scientifique et exigeant plus de connaissances de la part des constructeurs que n’en ont d’habitude les poèliers fumistes. Mais, pour cette raison même, sa réalisation hygiénique est des plus délicates; il est permis aux médecins d’être en ceci d’autant plus attentifs que le fonctionnement des appareils s’écarte davantage des procédés naturels. Une belle machine est flatteuse pour le génie humain, mais peut n’en être pas moins insalubre.
Chauffage central par l'air chaud. — Il est obtenu au moyen des calorifères vrais, installés à distance des appartements ou locaux à chauffer. Ces calorifères se composent: 1° d’une prise d’air extérieur; 2° d’un foyer; 3° de tuyaux de fumée plus ou moins contournés et multipliés ; 4° d’une enveloppe entourant la « chambre de chaleur »; o° enfin de conduites d’air chaud partant de la partie supérieure de l’appareil. Dans la pièce à chauffer, il y a ou il n’y a pas (mais cela devrait y être) un moyen d’appel pour faciliter l’arrivée de l’air neuf (Ch. Joly) et l’évacuation de l’air vicié.
Les calorifères sont en usage chez les Chinois de temps immémorial sous le nom de « Kangs » et l’étaient chez les Romains (hypocauslum) . Mais il est à remarquer que les bypocaustes échauffaient non l’air introduit dans la pièce, mais le plancher, qui était en pierres et sous lequel passaient les flammes. C’est précisément l’emmagasinemenl de chaleur dans les parois auquel on voudrait revenir aujourd’hui, comme plus hygiénique que tout autre procédé. On a retrouvé l’hypocausle à la « carrière du Roi, » dans la forêt de Compiègne, et dans l’abbaye de Sainl-Gall, qui dafe du neuvième siècle.
Les hygiénistes allemands et russes estiment les calorifères à air chaud, pour diverses raisons générales, mais probablement aussi pour la puissance calorifique de ces appareils, précieux a cet égard dans les pays froids, d’une installation et d’un entretien faciles et réellement économiques.
Il est superflu de redire les inconvénients du chauffage par l’air chaud ; ils sont les mêmes avec le chauffage central qu’avec le chauffage local. Nous décrirons cependant un certain nombre d’appareils qui ont appliqué ce principe, mais en faisant remarquer surtout les points qui révèlent de la part des constructeurs 1 intention d’atténuer quelqu’un des défauts du système et principalement celui de surchauffer l’air.
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DES ABUIS ET DU VÊTEMENT
Quoi qu’il en soit de la salubrité de ce mode de chauffage, il esL soumis à de certaines règles que Wolffhügel, Putzeys, et d’autres ont tracées Les canaux de transmission doivent être, le plus possible, verticaux à parois internes lisses (poterie vernissée), pour éviter les frottements et les poussières. Il faut au moins un canal pour chaque pièce à chauffer; la chambre de chauffe elle-même gagnerait à être subdivisée. On protège ces canaux contre le refroidissement en les englobant de maçonnerie, quelquefois avec un matelas d’air immédiatement autour d’eux.
La vitesse de l’air chaud ne doit pas dépasser lm.80 à 2 mètres par seconde. Wiel et Gnehm proposent de placer les orifices d’entrée de l’air chaud à mi-hauteur de la muraille, en vue de répartir plus également le calorique dans la pièce. Les Putzeys conseillent de les ouvrir vers le bas des murs, la sortie de l’air vicié étant vers le haut. Nous partageons cet
Fig. 143. — Calorifère Gaillard et Haillot. Coupe.
Fig. 144. — Calorifère Gaillard et Haillot. Plan.
avis; mais, en outre, il nous semblerait fort utile, dussent l’économie et les mathématiques en souffrir, de remplacer les grandes ventouses d’entrée ou de sortie, uniques ou au moins rares, par des oriQces très petits, multipliés et disséminés à l’infini, au moyen de treillages, de plaques perforées, de coffrages criblés, etc.
Le calorifère de Gaillard et Haillot (fig. 143 et 144) est construit pour utiliser au mieux toute la chaleur produite et atténuer réchauffement de l’air, tant par l’étendue des surfaces de chauffe que par la nature des matériaux qui fournissent le calorique de contact.
Un large foyer vertical envoie la fumée et les gaz brûlés dans des gaines horizontales séparées par des cloisons incomplètes où ils circulent de haut en bas, obligés de progresser en serpentant par la disposition alternante des attaches des cloisons,
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jusqu’à ce qu’ils gagnent le canal de fumée, qu’on voit à droite et en bas de la figure de gauche. Ce loyer est en briques réfractaires; les cloisons en briques. L’air extérieur arrive sous le calorifère par la chambre inférieure et s’élève dans les séparations verticales des cloisons horizontales. Ces séparations sont construites en briques creuses réfractaires, posées debout de manière que les joints verticaux d'une assise correspondent aux pleins de la suivante; elles forment donc une vaste série de conduits verticaux dans lesquels l’air peut s’échauffer sans altération, grâce à la nature des matériaux. — L’appareil est d’un nettoyage facile et conserve bien la chaleur; il utilise moyennement les 8o centièmes de la chaleur produite
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