A TRAVERS LE SOL
Acide carbonique
Hydrocarbures lourds
Gaz des marais
Hydrogène
Oxyde de carbone
Oxygène
Azote
Ce gaz est donc bien plus dangereux que celui des fuites directes, puisqu’il est plus riche en oxyde de carbone et que rien ne prévient plus de sa présence. Cependant, une fois que le sol est saturé des éléments odorants, ou quand le gaz a passé très vite, le parfum spécial ne se perd plus. L'intensité de l’odeur dépend d'ailleurs des proportions du gaz dans l’air; on en remarque aisément des traces, 3 p. 10,000 (Gruber), quand il est mêlé directement à l’air normal; mais celui qui vient avec
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l’air du sol, possédant toute son odeur à 18 p. 100 d’air, a semblé à Sudakoff et il quelques autres personnes en avoir déjà perdu à 12 p. 100, et ne plus pouvoir être soupçonné par l’odorat à 2,50 ou 3 p. 100.
Dans sa diffusion horizontale, le gaz peut aller assez loin; à Breslau, Biefel et Poleck l’ont vu produire des accidents mortels dans des habitations situées à 10m,75 en ligne droite de l’endroit où la conduite était rompue; une autre fois, il y avait 35 mètres de distance; dans une observation de Sudakoff, on en sentait l’odeur à 51 mètres. La cause capitale de son cheminement dans ce sens est la dépression, l’appel qui s’exerce sur l’air du sol par les habitations chauffées et plongeant dans le sol par des parois perméables et surtout par des caves non ventilées, à voûte non étanche. Les expériences de Welitschkowsky et de Sudakoff ont mis hors de doute cette loi, énoncée par Pettenkofer. Aussi la majorité des accidents se présentent-ils en hiver. Sur 20 cas d’empoisonnement par le gaz, notés à Munich, Pettenkofer en observa 5 en octobre, 2 en décembre, 3 en janvier, 8 en février, 2 en avril. Les autres circonstances invoquées sont d’ordre secondaire; ainsi, la plus grande abondance du gaz fabriqué (Layet), la diminution de perméabilité du sol gelé, le blindage des chaussées à l’asphalte, l’extrême perméabilité du sous-sol des villes, constamment remué, et les canalisations de diverse sorte le long desquelles il y a une sorte de vide virtuel qui dirige justement le gaz vers les habitations; toutes conditions qui ne sont pas sans valeur et qu'ont effectivement invoquées les chimistes (Wagner, Bunte) des Compagnies de gaz, lorsque celles-ci ont été inquiétées au sujet des malheurs dus à leur produit. La grande perméabilité du sous-sol urbain est probablement la seule explication des faits de Coudereau, qui trouva l’atmosphère d’une maison de la rue d’Aboukir pénétrée du gaz d’éclairage dans la belle saison, et de Wolffberg, à Bonn (1883). Ces derniers se passaient en juin; il y eut un mort et deux personnes près de succomber.
En été ou en hiver, on conçoit ainsi que le gaz entre dans une maison qui n’est même pas reliée à la distribution de ce moyen d’éclairage.
Il existe un assez grand nombre de cas d'empoisonnement par le gaz d’éclairage, mortels ou qui ont été sur le point de l’être, bien observés et publiés; mais Pettenkofer estime, sans trop de témérité, qu’un nombre peut-être plus grand encore de ces faits restent ignorés ou méconnus. Un médecin d’Augsbourg soignait un malade pour la fièvre typhoïde et l’eût soigné jusqu’à sa mort, si une dame, guidée par un odorat délié, ne se fût mise à la traverse et n’eût sauvé la vie du patient en dénonçant la fuite du gaz. Des sujets ont des maux de tête prolongés et répétés, au réveil surtout, du vertige, des nausées et des vomissements, un affaiblissement progressif, ils s en vont vers une cachexie inexpliquée ; c’est l’empoisonnement par le gaz d éclairage, dont personne ne se doute, jusqu’à ce qu’une catastrophe violente, la mort brusque de quelqu’un dans cette famille ou dans la voisine, vienne mettre sur la voie.
Les faits qui ont eu quelque retentissement sont ceux de lourdes, à Strasbourg Ahnolld, Hygiène. 2' édit. 44
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(1840), de Severin Caussé, à Albi (1874), de Jacobs, à Cologne (1874), de R. Cobelli, à Roveredo (1870), de Rochelt, à Innsbrück (187b), de Riefel et Poleck, à Rreslau (1879), ceux de la rue de Vendôme, à Lyon (1879), cités par Layel, ceux de Sudakoif, à Munich (188b), dont il vient d’être question, et les cas de Dresde mentionnés par Petlenkofer dans ses Entretiens populaires (1877). Dans toutes ces observations, il y a eu des morts, ou tout au moins des individus en état de mort apparente, que l'on a pu rappeler à la vie avec plus ou moins d’efforts.
Les phénomènes morbides et la mort sont dus à l'oxyde de carbone, dont le gaz d’éclairage renferme de 4 à 12 p. 100, selon le soin avec lequel il est fabriqué. En effet, les hydrocarbures, lourds ou légers, du gaz, l’hydrogène lui-même, sont irrespirables, mais non point toxiques (Layet). Le seul élément qui ait cette dernière propriété est l’oxyde de carbone. C’est lui qui se fixe sur les globules du sang, avec une telle énergie qu’il empêche l’oxygène d’y parvenir. On sait que, dans ces sortes d’empoisonnements, le sang est rutilant, au lieu d’être noir comme dans J’asphyxie (Ollivier d’Angers, Tourdes, Layet et Jolyet).
A l’instigation de Pettenkofer, Max Gruber a étudié sur lui-même et sur des animaux, dans des expériences dont les résultats ont déjà été utilisés à propos du chauffage, la toxicité de l’oxyde de carbone. Le procédé qui lui a permis de déterminer exactement les proportions de CO dans les diverses atmosphères est celui de Fodor, lequel est un perfectionnement du procédé de Rôttcher, avec utilisation des remarques de Vogel et de Hempel sur l’absorption de l’oxyde de carbone parle sang. On prend 12 à 20 litres de l’air à examiner; on l’agite pendant une vingtaine de minutes avec du sang dilué; l’hémoglobine absorbe tout le CO de l’air. On chauffe aussitôt le sang dans un peLit ballon à travers lequel on fait passer, pendant trois ou quatre heures, un courant d’air que l'on débarrasse préalablement de son oxyde de carbone en le faisant barboter à travers une solution de chlorure de palladium. L’oxyde de carbone du sang, mis en liberté par la chaleur, se mélange à l’air du ballon, lequel passe à son tour à travers une nouvelle solution de chlorure de palladium. On pourrait peser le précipité métallique; mais il est préférable de titrer, comme Fodor et Welitschkowsky, le chlorure de palladium par l’iodure de potassium. On prépare, à cet effet, une solution de 36r,M8 d’iodure de potassium dans 1 litre d’eau, dont 1 centimètre cube correspond à 1 milligramme de palladium. D’autre part, le précipité de palladium déterminé par CO est recueilli, traité par l’eau régale, redissous; c’est cette liqueur dont on dose la richesse par la solution normale d’iodure. Au calcul de Welitschkowsky : 1 milligramme de palladium est réduit par 0mer,2641 CO, ou 1 centimètre cube CO répond à 4mer,7bb de palladium.
D’après Max Gruber, les quantités minimes de CO dans l’air sont bien supportées par les animaux; mais, quand on arrive à 0,07 ou 0,08 p. 100, on voit la dyspnée • survenir et l’animal garder l’immobilité. Il ne sera pas plus malade si l’on continue à lui faire respirer l’oxyde de carbone, pourvu qu’on n’en augmente pas la proportion. Arrive-t-on à la dose de 0,1 à 0,2 p. 100, il y a une dyspnée plus forte et des troubles du mouvement, mais qui n’augmentent toujours pas par la prolongation de l’expérience à la même dose. Il en est de même des convulsions qui surviennent à 0,4 p. 100 de CO; elles peuvent durer des heures; l’animal ne meurt pas et se rétablit rapidement, s’il est rendu à l’air libre. Au-dessus de 0,4 p. 100, l’intoxication prend un caractère aigu et la mort survient en 30 à 60 minutes au milieu d’accidents formidables.
La persistance des phénomènes sans aggravation, aux doses faibles, semble prouver que CO se transforme en CO2 dans le sang et ne s’accumule pas, comme on l’a cru.
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Gruber lui-même respira, deux jours de suite, pendant trois heures chaque fois, un air à 0,021 p. 100 et même 0,24 p. 100 de CO, sans éprouver le moindre malaise. 11 est porté à penser que la limite tout à fait inférieure de la toxicité de CO est peut-être 0,0o p. 100, mais à coup sùr 0,02 p. 100. E. Richard, supposant que la proportion moyenne de CO dans le gaz d’éclairage est de 10 p. 100, en conclut que 1 p. 1000 de gaz dans l’atmosphère d’une pièce causera du malaise aux habitants; mais qu’il en faudra de 4 à 6 p. 1000 pour que cette atmosphère devienne mortelle.
Prophylaxie. — Elle peut s’exercer dans trois directions : sur la fabrication du gaz, sur les conduites, sur l’agent môme et le mode d’éclairage.
Il y a une façon de fabriquer le gaz d’éclairage qui en abaisse la proportion d’oxyde de carbone. Les techniciens de la spécialité n’en parlent pas; mais Sudakoff remarque que la proportion moyenne de 10 p. 100 de CO est tombée h 5 depuis que le gaz d'éclairage a vu surgir la redoutable concurrence de la lumière électrique. En effet, indépendamment des accusations des hygiénistes, l’oxyde de carbone nuit plutôt à la luminosité qu’il n’y contribue. Sudakoff s’étonne, d’ailleurs, que cet objet de consommation échappe à la surveillance de la police sanitaire, qui contrôle le pétrole et les denrées alimentaires. Layet rappelle que le protochlorure de cuivre, dissous dans l’acide chlorhydrique, absorbe en grande quantité l’oxyde de carbone, et émet l’idée d’appliquer à l’industrie du gaz cet agent épurateur ou tout autre analogue.
Il est certain, en effet, comme l’ont prouvé les expériences de Gruber, que le gaz d’éclairage dépouillé de son oxyde de carbone par le protochlorure de cuivre peut être respiré à 11p. 100 d’air par des souris, sans leur causer autre chose qu’une légère ivresse.
Vis-à-vis des conduites de gaz, comme il est difficile d’éviter indéfiniment les ruptures, on s’efforce de donner issue dans l’air libre au gaz diffusé dans le sol. Layet conseille de mettre les pierres de revêtement des conduites en communication avec l’atmosphère par des tuyaux de dégagement , qui viendraient aboutir soit dans le socle des réverbères, soit dans le soubassement des édifices ; c’est aussi le moyen de concentrer, en quelque sorte, les émanations du gaz et de protéger le gazon et les arbustes des jardins publics. Coglievina redoute le danger d’explosions de la part des tuyaux d’échappement placés dans le pied des candélabres. C. Schmidt (de Breslau) a construit un appareil avertisseur des fuites de gaz, qu’il propose d’installer tous les 12 ou io mètres sur le trajet des conduites. C’est un tube de fer cylindrique, évasé à sa partie inférieure, terminé en haut par un récipient muni d’un couvercle; ce tube est placé en terre, l’extrémité évasée au-dessus de la conduite de gaz et le récipient entre les pavés. Un employé contiôlc les fuites en soulevant le couvercle; il reconnaît le gaz à son odeur ou en 1 allumant. Pour plus de sûreté, le récipient est pourvu d un tube horizontal, chargé de perdre dans l’atmosphère le gaz qui pourrait s accumuler dans 1 appareil. Coglievina propose de conduire ce tube horizontal jusqu au pied d un édifice, d’où il remonterait sur la façade pour s ouvrir dans une logette à hauteur d’homme, accessible de la rue comme pour les avertissements d’incendie. On y suspendrait une bandelette de papier au chlorure de palladium.
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Le troisième moyen d’être à l’abri des dangers du gaz, c’est de le remplacer par la lumière électrique.
Éclairage électrique. — Davy obtenait la lumière électrique en faisant passer le courant il travers deux cônes de charbon de bois. Ceux-ci s’usaient rapidement;. Léon Foucault leur substitua des cylindres taillés dans le charbon très dur et peu combustible qui reste au fond des cornues après la distillation de la houille, et trouva le moyen de régler la marche de ces charbons d’après les progrès de leur combustion, de telle sorte que, conservant la môme distance, ils puissent donner constamment la même lumière. Le meilleur régulateur est actuellement celui de Serrin.
Aujourd’hui, au lieu de produire l’électricité par la pile Bunsen, à l’acide azotique et au zinc, on l’obtient à l’aide de la machine magnéto-électrique de Gramme, qui use de la houille, puisqu’elle demande à être mise en mouvement par une machine à vapeur. Indépendamment de cette combustion, le charbon qui donne naissance à l’arc voltaïque s’use en consommant l’oxygène de l’air.
La lumière électrique, en définitive, ne doit ses propriétés spéciales qu’à la condensation d’une grande quantité de chaleur dans un espace très restreint (Fontaine).
On s’est évertué à trouver mieux, comme électrodes, que le charbon de cornue, qui s’usait vite et inégalement et entachait de graves défauts l’éclairage électrique. Carré paraît avoir jusqu’aujourd’hui le mieux résolu le problème, et ce sont ses crayons qui ont rendu possible le succès des « bougies Jablochtoff ». En voici la formule :
Coke très pur en poudre presque impalpable départies.
Noir de fumée calciné 5 —
Sirop spécial 7 à 8 —
L’invention des bougies Jablochkoff, qui ne sont qu’une tentative après beaucoup d’autres de remplacer le régulateur, date de 1876. L’auteur fixa d'abord les deux charbons l’un contre l’autre, en les séparant par une bande isolante, en kaolin, infranchissable à l’arc voltaïqne, mais qui se brûle et disparait en même temps que les charbons. Depuis, ce « colombin » a été remplacé par un mélange de sulfate de chaux et de sulfate de baryte qui, au lieu de fondre, se volatilise et augmente l’éclat de la lumière. L’allumage se fait par l'incandescence d’un petit filet de charbon qui réunit primitivement les deux pointes. Pour compenser l’usure inégale des deux charbons, on emploie les machines à courants alternatifs.
La lumière de l’arc voltaïque est incolore ou légèrement violette. On ne la produit que très abondante et par foyers d’une grande intensité. Il y aurait d’ailleurs une perte économique à chercher à réduire ou à atténuer cette intensité lumineuse. De telle sorte qu’on doit se borner à employer l’arc voltaïque à l’éclairage des places, des rues, des gares de chemins de fer, des ateliers, et en général des locaux très vastes, — jusqu au moment où le public exigera aussi une profusion de lumière dans les habitations privées (Albrecht). — Il esl absolument rationnel, d’après ce
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qui a été dit, que les lampes à arc voltaïque soient placées haut, au-dessus de la tête des individus, pour que l’œil n’en rencontre pas le foyer. Jaspar (de Liège) renvoie au plafond de la salle, au moyen d’un réflecteur, toute la lumière de l’arc voltaïque, qui luimême n’est vu d’aucun point. L’Hippodrome et l'Eldorado, à Paris, sont éclairés par le plafond au moyen de foyers Jablochkoff (fig. 159).
C’est en cherchant la divisibilité de la lumière électrique, c’est-à-dire le moyen de l’avoir sous forme de foyers d’intensité modérée, que l’on a trouvé les lampes à incandescence (Edison,
Swan, Lane Fox, Maxim, etc.), où la lumière est produite par l'incandescence d’un fil de charbon, sur le passage du courant électrique. On peut avoir ainsi des lampes de l’intensité de 16 bougies normales, encore très éclatantes, puisque la flamme a dix fois moins de surface qu’une flamme de gaz d’égale luminosité; mais que l’on peut atténuer à l’aide de globes en verre dépoli ou coloré. La lumière des lampes à incandescence a la teinte jaune de celle du gaz et paraît moins étrange que celle de l’arc voltaïque, un peu lunaire et funèbre. Comme on enferme dans un globe de verre le fil de charbon incandescent, le contact de celui-ci avec les objets voisins est supprimé, et c’est une garantie contre l’incendie. Si même le globe venait à éclater, l’action de
l’air déterminerait en un instant la combustion complète du fil de charbon et, par suite, l’extinction de la lampe.
La supenorité de la lumière électrique au point de vue de la vicliessc de i. 'éclairage est é\idente, à cet égard, elle est également supérieure pour 1 hygiène. En ce qui concerne les qualités intrinsèques de cette lumière, avec les bons régulateurs modernes de l’arc voltaïque, avec les globes dépolis des lampes Edison ou Swan, avec les perfectionnements adoptés dans l’installation des éclairages électriques, il ne semble pas qu’il puisse persistci quelque inquiétude. Il parait que les rayons jaunes et rougesont les ondulations plus longues, les rayons violets et bleus des ondulations plus courtes et plus rapides; on sait aussi que les couleurs jaunes et rouges
Fig. 159. — Bougie et porte-bougies, système Jablochkoff.
DES ADRIS ET DU VÊTEMENT. [Hygiène
fatiguent plus vite que le bleu et le violet; mais il n’est guère de bonnes raisons pour affirmer que tels rayons sont plus ou moins salubres que d’autres. Javal et Fieuzal ont abandonné les lunettes bleues pour les lunettes jaunes; mais Colin reste indifférent. Il est clair, toutefois, qu’il sera au moins aussi gênant d’avoir dans les yeux une lampe Edison qu’un bec de gaz, et qu’il en résultera des phosphènes de quelque durée.
Mais les raisons pour lesquelles l’hygiène a si bien accueilli la lumière électrique sont essentiellement qu’elle n’altère ni n’échauffe l’air et qu’elle coupe court aux dangers d’empoisonnement, d’explosion ou d’incendie, si redoutables de la part du gaz.
D’après les expériences de Fontaine, une lampe voltaïque, donnant une lumière de 100 becsCarcel, brûle par heure 5 centimètres de charbon de cornue, pesant environ 12 grammes ; d’où la production de 44 gr. CO2 ou 12 litres par heure. C’est insignifiant ; mais les lampes à incandescence en donnent moins encore, puisqu’on’ les enferme hermétiquement dans des globes. Aussi peut-on dire qu’elles n’en produisent pas du tout.
La lumière étant produite par la tension électrique plutôt que par la combustion, cet éclairage échauffe beaucoup moins l’air que les autres. Tyndall a d’ailleurs démontré par des expériences de toute beauté que les rayons obscurs sont ici moins abondants que dans la lumière du gaz.
Rayons visibles.
Lumière du gaz t
— du fil incandescent 1
— de l’arc voltaïque 1
Hayons invisibles.
A 0m,20 de distance, le gaz échauffe deux fois autant que la lumière par incandescence. Renk plonge une lampe Swan de 17 bougies dans 9 litres d’eau à une température de 5°, 2; en 30 minutes, la température avait gagné 7 degrés, ce qui correspond à 42 calories par heure. Dans le même temps, un bec Argand en eût produit 980, c’est-à-dire 23 fois plus.
Le Théâtre Royal et le Théâtre de la Cour, à Munich, sont éclairés à la lumière électrique depuis quelques années. Cette circonstance a permis à Pettenkofer et à Renk de comparer cet éclairage avec l’éclairage au gaz, sous le rapport des altérations et de réchauffement de l’air.
Théâtre Royal
Théâtre de la Cour. .
Acide
Élévation
Éclairage.
carbonique
de la
température.
Avec le gaz
— l’éclairage électrique...
— le gaz
— l’éclairage électrique..
Renk remarque, en outre, que l’éclairage électrique élève moins que le gaz le degré hygrométrique de l’air et n’y projette point les particules charbonneuses qui, désastreuses pour la décoration des salles, n’ajoutent rien à la liberté du fonctionnement des poumons humains.
L'éclairage électrique se répand aujourd’hui partout, dans les habitations collectives, et n’a plus besoin qu’on plaide sa cause. L’urgence de son entrée dans les habitations privées est moindre; mais il leur aura rendu ce service qu’il stimule le zèle des Compagnies de gaz et des cons-
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tructeurs d’appareils destinés à ce mode d’éclairage, si bien que celui-ci gagne de jour en jour en efficacité et surtout en salubrité.
II n’y a pas de raison pour passer sous silence les accidents, dont quelques-uns mortels, survenus chez des électriciens téméraires ou chez d’autres personnes qui se sont trouvées par mégarde sur le circuit d’un courant électrique intense. Le Ur E. Grange a rappelé un certain nombre de ces cas, justement à l’occasion de la fulguration de deux jeunes gens qui, le G août 1882, en voulant franchir un fossé, s’embarrassèrent dans le réseau de fils électriques établis pour éclairer une fête dans le jardin des Tuileries. Nous en rapprocherons le « coup de soleil électrique » observé par Defonlaine sur les personnes qui assistent, à 10 mètres de distance, à la soudure directe de l’acier sous un arc électrique donnant une lumière équivalant à 1000 lampes Carcel (Terrier).
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