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Tonneau mobile pour lalrine (système Goux

(*) T, T, terre désiufectante; C, C, côuc mobile pour servir à tasser la terre.

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et que l’on extrait les tonnes, sans que les habitants s’aperçoivent de la vidange. Il est bon que le sol en soit dallé et en pente légère vers le dehors, tant pour faciliter la sortie des tinettes que pour les lavages.

En dehors désétablissements qu’il assainit, le système doux présente des inconvénients et provoque des réclamations par la pratique des « las » ou dépôts d’immondices, que l’on forme en plein air avec les matières extraites des tinettes, et qui deviennent des foyers de fermentation mal odorante et une cause d’infiltrations putrides dans le sol. Vallin estime qu’il conviendrait de maintenir pendant quelques mois le « compost » au repos, sous des hangars bien ventilés, 0(1 il opérerait lentement sa transformation en fumier. Ici, comme toutes les fois que l’on a pris un peu sérieusement à cœur l’utilisation des excréments pour l’agriculture, et que l’aboutissant des opérations d’assainissement a été destiné à devenir une marchandise, le but secondaire a nui au but capital ; Y absorbant des tinettes Goux, pour celte raison, est déjà putride lui-même et on le prodigue le moins possible ; les tas ne sont plus un mode d’éloigement des immondices, mais une fabrique d’engrais.

Le Conseil d’hygiène du Nord, très favorable en principe au système, lui a cependant interdit l’installation de son dépôt dans les faubourgs d’Avesnes et l’a obligé à le reporter à la campagne.

Les tinettes Goux (ou Thuasne), qui ont fonctionné, après 1871, dans les camps permanents autour de Paris, ont reçu l’assentiment de Sarazin, au nouvel hôpital militaire de Bourges. On les voit installées dans beaucoup des casernes récemment bâties, dans les régions du centre, sous des édicules un peu écartés des pavillons. Les soldats gagnent, par quelques marches d’escaliers, la plate-forme où s’ouvrent les compartiments individuels de la latrine. II n’y a pas de siège et le visiteur s’accroupit, comme sur les trous à la turque. L’urine ne tombe pas dans la tinette, mais est projetée en avant et doit gagner une rigole, creusée dans la dalle ou le ciment, qui passe devant toutes les loges. C’est le point faible de cette installation, parce que l’urine se répand aussi en dehors de la rigole et qu’il ne coule pas assez d’eau dans celle-ci.

Les tinettes doivent être en métal; la ville de Graz possédait un système de fosses mobiles qui avait quelque réputation en Allemagne; mais ces récipients étaient en bois, de la capacité de 112 litres pour 60 personnes et par jour, de 280 litres quand la vidange devait être moins fréquente. On s’est aperçu que ces tonneaux s’imprégnaient des liquides excrémenliliels el en gardaient définitivement l’odeur.

Les tuyaux de chute doivent être à paroi interne lisse, pour éviter les lavages que nécessiterait l'adhérence des matières. Le système est, en effet, incompatible avec l’emploi de l’eau. Il ne repousse cependant pas absolument cette ressource, pourvu qu’elle soit limitée et que le chiffre de l’eau dépensée soit à peu près invariable. A I hôpital de la Charité de Lille, lorsque l’on eut reconnu les inconvénients du système diviseur, on voulut, à laide dune sorte de compteur, réduire à 2 à 3 litres à chaque défécation les 18 litres qui avaient été assurés aux tinettes filtrantes. C’était encore beaucoup, puisque cela multiplie par 10 ou 12 la capacité des récipients et le travail qui suffisent lorsqu’on se borne à l’usage des désinfectants secs; surtout, 1 eau un peu abondante exclut presque ceux-ci et, dans tous les cas, en diminue bien l’efficacité. On a dû y renoncer.

D ailleurs, on n est pas toujours obligé de se servir des tinettes préparées ou de la désinfection à la terre; à Hull et à Glascow, à Manchester, on se sert des cendres fournies par les foyers domestiques; à Rochdale, où plus

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de 5.UU0 latrines sont à fosses mobiles, et dans quelques autres cités, les tinettes sont garnies d’un désinfectant au chlorure de chaux ou à la chaux phéniquée. A la rigueur, on peut n’employer aucun auxiliaire autre que les obturateurs ordinaires, un système de fermeture exact des tonnes, et une appropriation mathématique de leur capacité à la proportion des déjections qu’elles sont appelées à recevoir. Sander calcule que les tonnes en usage à Heidelberg, jaugeant 100 liLres, suffisent à 13 personnes pendant trois jours, y compris 30 litres d’eau en prévision des lavages inévivitables. Cela suppose l.GOO grammes environ de déjections par personne et par jour; la plus grande partie de l’urine y est évidemment comprise. Les plaintes qui se sont élevées contre le système, à Leeds, où 16,000 personnes en usent, à Birmingham où il y a 2,700 tonnes, proviennent apparemment de négligences dans la fermeture, du manque de précaution visà-vis des trop-pleins ou de quelque autre lacune qu’il est possible de combler. A vrai dire, le procédé qui consiste à adapter le bas du tuyau de chute avec le couvercle de la tinette, hermétiquement clos tout autour, expose le cabinet au reflux des gaz fétides, que les matières elles-mêmes déplacent en tombant (Brouardel).

Des hygiénistes autorisés regardent le système des fosses mobiles comme le meilleur après celui de l’éloignement des immondices par canalisation. Pettenkofer l’a conseillé à Munich, en attendant ce dernier, et le conseille à toutes les villes qui ne disposent pas d’eau en abondance. Nous sommes également convaincu de sa supériorité etdelafacilité qu’il y aurait d’augmenter encore lesgaranties qu’il offre, à défaut de l’évacuation par les égouts. Il existe des statistiques en faveur du système des tonnes. Seaton, comparant entre elles deux périodes, l’une pendant laquelle la ville de Nottingham était vouée aux fosses fixes, et l’autre qui a été marquée par la généralisation des fosses mobiles, constate que la seconde a vu notablement diminuer le nombre des décès par les fièvres continues.

Proportion

Population. Cas de fièvres. Décès. pour 10,000 habitants.

1868-187*2 85,000 habit. 748 395 9,2 décès.

Le même résultat a été obtenu à Heidelberg (Miltermaier), où le système des tonnes mobiles (sans diviseur) est obligatoire depuis 1876.

Sans doute, une ville qui modifie entièrement un organisme aussi important que la vidange publique insLitue en même temps quelque autre mesure d’hygiène d’une influence décisive, eL la cause de l’amélioration de la santé générale est complexe. Néanmoins, les chiffres qui viennent d’être cités ont une part de signification vis-àvis du sujet qui nous occupe et nous les tenons pour valables.

On se débarrasse du contenu des tonnes en fabriquant des engrais, comme des eaux d'égout par l’irrigation. Ces aboutissants de la masse fécale des villes sont toujours un grave souci et l’origine de dangers positifs; la salubrité de tout ce qui ressemble à un dépotoir est un problème difficile à résoudre. Ce qui le complique, c’est la tendance à laquelle tout le monde, administrations et particuliers, cède plus ou moins, de diminuer par la valeur de l’engrais les frais de vidange. Comme le prouve l’exemple de Nottingham et de Rochdale, la valeur de l’engrais peut rembourser la moitié environ des dépenses, de telle sorte que la vidange ne revienne pas à plus de 1 fr. 25 ou 1 fr. 50 par habitant. 11 est à noter que les excréments plus frais des tonnes

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sont un engrais plus riche que ceux des fosses fixes, qui ont fermenté. Mais la fabi. cationde la poudrée n’eslpointle but, et il ne faut pas que, pour favoriser celle transformation des excréments, si rationnelle qu’elle soit, l’on tolère des neg igences ou des défauts dans la confection et l’enlèvement des tonnes, non plus que ins a lalion du dépotoir dans l’intérieur ou au voisinage trop immédiat des vi es.

Système diviseur. — Le système diviseur relie les procédés d’enlèvement d’immondices par vidange à ceux qui comportent la canalisation exclusse ment, puisqu’il se sert de l’un et de l’autre mode. Il répond, ou cherche a répondre, à un double but : 1° retarder la putréfaction des fèces en les privant d’humidité; 2° simplifier la vidange en diminuant le volume des matières à enlever de toute la partie liquide (urine et eau), qui est en réalité la plus abondante. Il est applicable aux fosses, comme l’était le grand diviseur de Dugléré, sorte de tamis ou cloison perforée, demi-cylindrique,

Fig. 171. — Tinettes filtrantes à Paris (*).

cimentée dans le réservoir fixe ; ou aux tonnes, ce qui est le cas le plus habituellement réalisé, ainsi qu’il arrive des séparateurs de Iluguin, de Cazeneuve, de Chesshire, Taylor, etc.

Ce que l’on appelle en Allemagne « closels à air de Mehlhose » est une disposition qui permet à l’urine projetée contre la partie antérieure de la cuvette, dans l’acte de l’exonération totale, d’arriver dans un vase facile à enlever, en même temps qu’un tuyau d’évent, débouchant dans une cheminée, enlève les gaz dégagés par (*)

(*) A, tuyau de chute (les cabinets; B, collier mobile à baïonnette pour relier le tuyau à l’appareil ; C, appareil diviseur de 0m,80 de haut sur 0m,40 do large et renfermant une plaque verticale de 0'",2;"> de large, percée de trous de Om,OOG de diamètre pour laisser écouler les liquides par le tube eu caoutchouc à raccords ü ; E, siphon obturateur recevant les eaux des cours ; F, tuyau d’eaux pluviales servant aussi poulies eaux ménagères à chaque étage; H, collecteur général; I, siphon obturateur il enveloppe empêchant les émanations de remonter aux étages supérieurs; J, siphon ouvert à déversoir, placé dans le branchement d’égout; K, tampons de dégorgement placés do distance eu distance et aux coudes; L, ventilateur allant jusqu'au toit ; M, eaux pluviales, côté de la rue. Le tuyau doit plonger en J. (Cb. Joly.)

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[Hygiène

les fèces, recueillies seules en arrière; deux tuyaux d’accès, ménagés en avant et fermant à coulisse, assurent la rentrée d’air neuf. Cet appareil, qui ne peut bien fonctionner que pour des hommes, réussit dans les casernes etles hôpitaux militaires. Le docteur Reimer avait installé à l’asile d’aliénés de Gôrlilz une fosse ventilée

parla voûte à la façon de ce que nous avons précédemment décrit sous le nom de système d'Arcet, mais de la partie inférieure de laquelle part un tuyau légèrement en pente, avec une courbure en siphon vers le milieu de son trajet, muni à son origine d’une grille séparatrice. Les solides restent dans la fosse; les liquides gagnent une sorte de puits à parois étanches d’où l’on peut les extraire à l’aide d’une pompe.

Le plus habituellement, le système diviseur emploie la fosse mobile ou tinette filtrante et le déversement des liquides à l’égout. Un vase cylindrique en métal, haut de 80 à 95 centimètres, large de 35 environ, divisé en deux parties très inégales par une cloison percée de trous, placée horizontalement, ou plus souvent verticalement, s’applique exactement à l'orifice inférieur du tuyau de chute et reçoit les excréments dans son compartiment le plus large ; les urines et l’eau de lavage, quand le cabinet est un xvater-closet, ce qui est le cas ordinaire, filtrent à travers la cloison et gagnent l’égout par un tuyau adapté à un orifice que l’on ménage à la partie inférieure de la tinette, du côté du petit compartiment. La figure 171 (Ch. Joly) représente essentiellement les dispositions adoptées à Paris pour l’installation de ces appareils.

Si les jonctions de la tinette avec le tuyau de chute et le conduit d’écoulement des liquides sont hermétiques, ce qui doit êLre, sans nuire à la rapidité du placement ou de l’enlèvement de ce réservoir, il est inutile de s’occuper de la ventilation de l’espace voûté qui l’abrite et qui doit être dans les mêmes conditions que pour les fosses mobiles (s’ouvrant à l’écart et de plain-pied avec la chaussée). La figure 172, de Wiel et (inehm, montre le mode de ventilation des tinettes et leur raccord avec les cabinets d’aisance. Le tuyau de chute 8, prolongé jusqu au toit, suffit à assurer le dégagement des gaz de la tinette; on le renforce d un canal supplémentaire 7, pour les cas d’obstruction. Les cuvettes des sièges sontû clapet, 1, 2, ou à siphon, 3, 4. Le mieux est que le tuyau d’écoulement plonge dans l’eau d’un obturateur hydraulique, G. 11 faut se garder de faire passer les liquides dans un canal découvert, comme cela existe dans la figure 171, même lorsqu’un tel canal ne sortirait pas du caveau des tinettes; le sys-

Fig. 172. — Ventilation des tinettes.

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tème diviseur, installé primitivement à l’hôpital Sainte-Eugénie de Lille, et qui souleva la juste réprobation du Conseil de salubrilé, se servait d’un canal de ce genre, remarquablement fétide, comme on pense.

Il est difficile d’adapter le système diviseur à de vieilles maisons qui n’ont pas été bâties en prévision d’une disposition de ce genre. Aussi ne fonctionne-t-il, à Paris, que dans environ 13,000 maisons et surtout des quartiers neufs (boulevards Malesherbes, Ilaussmann).

La Ci0 Richer (depuis Cle Lesage) plaçait ses tinettes filtrantes dans le branchement souterrain qui conduit de la maison à l’égout; l’enlèvement se faisait par les galeries d’entrée ou les puits de descente, sans que les habitants s’en aperçussent. C’est encore cette disposition que proposait Alphand en vue de la généralisation de la vidange liquide dans tout Paris. Les vieilles maisons pratiqueront plus aisément un branchement d’égout qu’une loge à tinettes dans leur intérieur. A la rigueur, elles utilisent comme caveau la fosse flxe supprimée.

Il faut avoir soin de proportionner le nombre eL la capacité des tinettes aux besoins des habitants. Ceci s’applique surtout aux habitations collectives, car une seule tonne suffit aisément pendant une semaine et plus à toute une famille. Bürkli calcule qu’une tinette de 200 litres peut servir pendant quatre jours à 20 personnes. Placée dans l’égout, on prétend qu’il n’y a pas d’inconvénient à ce qu'elle séjourne vingt ou trente jours. Je ne partage pas celte sécurité; le contenu des tinettes finit bien par entrer en fermentation, et il est possible qu’alors celles-ci infectent l’égout beaucoup plus que ne le feraient les matières totales, circulant immédiatement. Le remuement qui s’y produit à l’arivée de chaque nouvelle déjection est évidemment propice au dégagement des gaz putrides.

Les tinettes peuvent être chargées sur des voitures et circuler en ville sans inconvénient, si elles ferment bien et n’ont pas été salies extérieurement; ce qu’il est possible d’obtenir. On les dirige soit vers la campagne pour y être utilisées comme engrais immédiat, soit vers un dépotoir ou une fabrique de poudrette.

Le système diviseur est regardé par quelques hygiénistes comme le meilleur de tous ceux qui comportent la vidange et môme comme supérieur à tout autre mode, y compris la canalisation intégrale des excréments. Pour mériter un pareil éloge, ne fùt-ce qu’en théorie, il faudrait, à une observation exacte des règles qui viennent d’être tracées, spéciales à ce procédé, joindre d’abord des diviseurs irréprochables, ce qui n’est pas précisément commun et ce qui, à vrai dire, n’est pas aussi simple qu on pourrait le croire. Un tamis très fin, qui laisse passer entièrement les selles diarrhéiques, ne permet presque aucune perte de liquide de la part des matières qui ont la consistance pâteuse ; que les trous soient plus gros et que le cabinet soit à water-closet, l’eau désagrège les fèces et les entraîne à travers le filtre sous foi me de grumeaux , il ne reste guère dans la tinette que des morceaux de papier, des épluchures, des cheveux, des os, du linge, des tessons de bouteille. Aussi peut-on rester des années, comme l’a vu Brouardel, sans enlever la linetlefillic, qui fonctionne jusqu à ce que le papier et les corps analogues en aient bouché les trous. C est un tout à legout réel, sauf qu’on ne l’avoue pas, « Yhypocrisie du tout ù Idgout, » comme on l’a dit justement, avec cette circonstance

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fâcheuse qu’on n’a pas pris de dispositions en conséquence et qu’il y a un intermédiaire dangereux.

Un architecte parisien, Eugène Miotal, propose de remplacer les tinettes filtrantes par un appareil dilueur ou boîte grillée (fig. 173 et 174), de forme carrée, qui serait placée dans une cuvette circulaire, se raccordant par en

Fig. 173 et 174. — Appareil dilueur ( système Miotal) ; coupe longitudinale et coupe

perpendiculaire.

haut avec le tuyau de chute d’aisance M des différents étages de la maison et actionnée en flanc par une branche A de la distribution d’eau. La boîte grillée, d’ailleurs mobile, serait placée de façon à se présenter non par une face, mais par un angle, au courant de la conduite d’eau. On infléchirait en bas et l’on rétrécirait en forme de cône le tuyau de cette conduite pour renforcer l’action de l’eau sur les matières de la caisse, qui ne retiendrait à peu près que les corps étrangers volumineux.

Solidairement avec cette disposition, Miotat a l’intention de faire passer les excrétions seules, ou additionnées des eaux ménagères, dans une canalisation séparée qui consisterait en petites conduites pratiquées sur le radier des grands égouts actuels. C’est le Separate-Syslem, que nousretrouverons plus loin. Sans préjuger encore de la valeur absolue de cette séparation, nous croyons que toute machine compliquée et tout intermédiaire (autre que le siphon intercepteur) entre le tuyau de chute et l’égout sont des conceptions médiocres et généralement â repousser. Par conséquent, nous nous réservons vis-à-vis du dilueur et il semble que les hygiénistes connus fassent de même.

Vers 1857, on enlevait annuellement près de 500,000 mètres cubes de matières èxcrémentitielles de Paris (le chiffre actuel est plus élevé : 1,650 mètres cubes par

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nuit, dit Vallin; 600,000 mètres cubes par an) et, par conséquent, la masse putride envoyant ses gaz sur la capitale n’était jamais beaucoup au-dessous de ce cbilTre. C’est donc un réel bienfait que l’administration municipale ait permis le déversement des liquides à l’égout, moyennant des conditions faciles à remplir. L’abonnement à l’eau, que nécessite l’adoption du système, est encore moins coûteux que la vidange des fosses fixes, qui revient à 7 ou 8 francs par mètre cube. Mais si l'on réfléchit que la soi-disant filtration des tinettes laisse passer toute l’urine et probablement plus des trois quarts des fèces, c’est-à-dire au moins 90 p. 100 des matières excrémentitielles, on se demande pourquoi cette môme administration a craint de permettre la vidange complète à l’égout, comme nous verrons qu’elle existe en beaucoup de villes. .

La Commission parisienne de 1874 (pour remédier à l’infection de la Seine) conseillait indifféremment les tinettes-filtres ou les tuyaux de chute directe dans l’égout. Le Conseil municipal (séance du la novembre 1876), considérant que la vidange complète à l’égout porterait de 43 à 75 grammes d’azote par mètre cube la souillure des eaux d’égout, pensa qu’il était préférable, jusqu’à plus ample expérience, de perfectionner les systèmes actuels d’enlèvement des matières solides. En 1879, Alphand, directeur des travaux de Paris, déclara que l’écoulement des solides à l’égout présenterait beaucoup plus d’inconvénients que d'avantages et serait même incompatible avec la construction des 600,000 mètres cubes d’égouts de la capitale. La ville proposa donc de rendre l 'écoulement des liquides obligatoire à l'égout, en prélevant une taxe annuelle de 30 francs par tuyau de chute sur les propriétaires. C’était la suppression des fosses fixes, laquelle aurait dû être définitive après trois ans, si l’on ne tâtonnait depuis dix années. Et c’eût été un progrès, d’autant plus qu’il menait inévitablement à la vidange intégrale par l’égout, qui se pratiquait déjà dans quelques grands établissements : la Salpêtrière, les Invalides, l’École militaire, l’Hôtel des monnaies, et s’est étendue depuis, comme nous le dirons. Mais cela ne prouve que très indirectement les mérites du système diviseur. « Ou bien la tinette divise, diL Guéneau de Mussy (Henri), et dans ce cas elle n’a aucun avantage sur la fosse mobile; elle est à la fois un foyer d’émanations délétères et de fermentation putride. Ou bien elle ne divise pas, et alors son moindre défaut est de ralentir le cours de l’eau de lavage et de diminuer la puissance de la chasse.» L’auteur en conclut à la vidange immédiate à l’égout; ce qui est également l’opinion de Durand-Claye et celle que nous allons chercher à faire prévaloir dans l’article suivant.

3° Évacuation immédiate. — Ce procédé a pour principe le départ immédiat et la circulation continue des matériaux usés. Le tuyau de chute débouche directement, sauf des précautions que l’on indiquera, dans un canal qui emportera à distance, sans stagnation nulle part, ces matériaux, mêlés à une quantité d’eau variable, qui est précisément leur véhicule et le principal agent de leur cheminement. Dans sa réalisation complète, ce système est 1 évacuation des immondices par flottaison ( Schwemmsystem des Allemands).

Ce que nous avons appelé par abstraction un canal q st, en fait, un réseau de canaux, le réseau des égouts. Son étude^ appartient à I’iiygiène urbaine. Mais son adaptation à 1 éloignement des immondices, que nous devons légitimement exposer ici, nous fera entrer assez avant dans cette étude pour qu il semble préférable, en vue d’éviter un double emploi, d’aller jusqu’au bout et de la faire entièrement, sous réserve d’y renvoyer plus tard.

Anxour.D, Hygiène. 2e édit. 47

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Sauf leur adaptation systématique à la flottaison des matières excrénientitielles, les égouts sont une des plus anciennes installations des villes; Babylone elles villes de l’antique civilisation égyptienne avaient les leurs; la Cloaca maxirna, bâtie par Tarquin l'Ancien dans la Rome des rois, excite encore l’admiration des visiteurs. Il se pourrait même que quelques-uns des égouls d’alors eussent déjà servi à l’évacuation des immondices de toutes provenances; l’égout gigantesque, construit par Agrippa, gendre d’Auguste, recevail une conduite d’eau puissante qui en faisait peut-être bien un canal de flottaison. De Freycinet a fait remarquer aussi que les procédés modernes pourraient bien n’êlre qu’un retour vers le passé; rien qu'en France, Montpellier et Nancy, de temps immémorial, n’ont pas de fosses fixes, et envoient intégralement tous les excréments à l’égout. Pour ce qui est de Nancy, à vrai dire, nous savons par expérience personnelle que l’atmosphère de la ville était reconnaissable à un fumet spécial jusqu’à ces dix ou quinze dernières années; la ville manquait de la première partie de la «circulation continue», à savoir l’afflux constant et généreux d’eau dans les égouls. Aujourd’hui cette lacune se comble de jour en jour et Nancy va se trouver au niveau des villes anglaises qui, comme la petite Rugby, ont appliqué radicalement le principe de faire passer par l’égout tout ce qui peut y entrer.

Dans tous les cas, comme aujourd’hui, même dans les cités lentes au progrès, avec ou sans conduite d’eau régulière, possédant des pentes variables, les égouls servaient à faire disparaître au plus vite les eaux de pluie qui eussent compromis les habitations, les eaux de lavage des rues avec les impuretés qu’elles entraînent, poussières, boue, excréments des animaux, urines humaines, les eaux ménagères, etc. A Pompéi, l’égout portait ces eaux à la mer.

Londres et Paris ont été longtemps sans égouts, autres que des ruisseaux à ciel ouvert, Fleel-Sewer et le ruisseau de Ménilmontant. Ce n’est qu’en 18o9 que la première a régularisé son réseau et construit ses collecteurs. La flottaison des excréments y était obligatoire depuis 1847. C’est depuis une vingtaine d’années que cette méthode se répand sur le continent.

Les systèmes de canalisation des immondices. — Us sont au nombre de deux. L’un, que l’on appelle le système des égouts unitaires, reçoit l’intégralité des immondices, excrétions, eaux ménagères, eaux de rue, etc., dans des canaux d’une seule sorte, qui sont assez grands, puisqu’ils doivent se prêter à l’évacuation de l’eau des pluies et averses, et qui ne sont, souvent, autre chose que les canaux et galeries de vieille date, appropriés aux méthodes modernes. L’autre, qui porte le titre anglais de Separate- System et pourrait s’appeler canalisation à petite section, prétend faire passer les matières excrémentitielies seules, ou tout au plus accompagnées des eaux ménagères, dans des conduites de calibre modéré, les eaux de rue et les eaux pluviales étant versées à une autre canalisation, les égouts anciens en maçonnerie, ou même s’écoulant extérieurement, à la surface de la chaussée. — Nous pourrions y joindre un troisième système, très ancien et qui a déjà été indiqué, celui qui fait passer les eaux sales et les eaux de rue seulement dans les égouts et garde les excréments à la maison, jusqu’à ce qu’on les transporte en voiture. C’est aussi un séparateur et il est détestable.

Nous commencerons par exposer brièvement le système des canaux à petite section, quoiqu’il soit le plus moderne.

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Canalisation à petite section. — Le type du Sepai'ate-System est la réalisation qu’en a faite, à Memphis (Tennessee), le colonel américain Waring, qui, depuis lors, avec l’ingénieur autrichien Pontzen, cherche à propager la méthode en Europe.

Chaque cabinet d’aisance est un ivater-closet. Les matières, précipitées après chaque visite dans un tuyau de chute de 9 centimètres de diamètre, descendent par un tuyau do 10 centimètres et rejoignent des collecteurs de 15 centimètres, qui se raccordent eux-mêmes à d’autres canaux d’un diamètre toujours croissant, mais dans des limites restreintes. Leur pente est de 2 à 5 p. 1,000. Ces canaux sont en poterie vernissée à l’intérieur. La progression des matières, favorisée par cette circonstance, y est assurée par l’addition des eaux ménagères et par l’eau des water-closets (98 p. 100 environ); mais surtout par des chasses du système Rogers Field (que nous indiquerons plus loin), placées en tête des canaux. La ventilation se fait à l’aide de regards grillés, le long des conduites, par lesquels entre l’air de la rue, et par les tuyaux de chute prolongés jusqu’au-dessus du toit des maisons, qui servent d’évacualeurs. Les matières sont projetées au Mississipi, par l’intermédiaire de la rivière Wolff.

Ce système, qui est appliqué à Oxford, depuis 1876, par l’ingénieur White, semble s’être répandu en Amérique. On l'essaie partiellement, à Paris, dans des points où la pente des grands égouts est insuffisante. Le tuyau de petite canalisation est accolé à la paroi de la galerie, qu’il suit obliquement de haut en bas, de façon à obtenir l’inclinaison qui lui est nécessaire (rue Vieille-du-Temple, rue des Francs-Bourgeois, etc.). Les villes de Nice (Balestre) et de Cannes (Gruzu) viennent de décider la création d’un réseau de ce type pour leur assainissement respectif. Cette dernière supprime même toute communication des conduites avec l’atmosphère extérieure et les regards ne serviront qu’à surveiller le fonctionnement des canaux; le tuyau de chute seul sera ventilé par un tuyau d’évent.

A Nice et à Cannes, on pratique le siphon de pied , au bas du tuyau de chute ou de la conduite de maison. Waring, suivant la coutume américaine, supprime ce siphon de pied, parce qu’il ventile l’égout, et se borne à l’obturation hydraulique sous la cuvette du cabinet.

Ce système a l’avantage d’être peu coûteux, de pouvoir être rapidement installé, ce qui était précieux à Memphis, et de rendre rares les communications entre l’égout et l’air de la ville. 11 nous parait, en revanche, devoir se prêter aisément aux obstructions et aux fractures; par suite, entraîner des nettoyages et des réparations, qui mettront, quoi qu’on fasse, son contenu en rapport avec l’air. Surtout, la compacité des matières qui en sortent ne semble pas les disposer à l’épuration par le sol et il ne reste que la ressource de les jeter aux fleuves ou à la mer, ce qui est absolument médiocre, ou de construire pour elles des fabriques d’engrais, ce qui n’est pas bien supérieur.

Les systèmes Liernur, Berlier, Shone, peuvent, à divers égards, comme on le voit, être placés dans la môme catégorie que celui-ci. Liernur, du reste, appelle le sien différenciateur. L’intention de Miotat (voy. p. 786) est aussi de faire passer les matières de vidanges et les eaux ménagères,

séparées des eaux de la voie publique, par un petit drain spécial, en poterie vernissée, que l’on établirait sur le radier des galeries actuelles, comme le montre la ligure 175. On peut même, selon lui, se borner à recouvrir la cunette actuelle des égouts parisiens d’une plaque de grès ou de fonte ;

Fig. 175. — Drain spécial placé sur le radier de l’égout.

et l’on aura une petite canalisation sous une grande (celle-ci communiquant, au besoin, avec la première par le tuyau de décharge M).

Egouts unitaires. — On les appelle encore combinés , parce qu’ils sont ou doivent être aptes à recevoir tout ce qui peut y passer.

Construction des égouts. — Le réseau des égouts comprend, en allant du point de départ à la terminaison, les conduites de maison , les branchements particuliers, les égouts de rue, les galeries principales, enfin les collecteurs. Le plan habituel avait été jusqu’ici de diriger les égouts dans le sens de la pente du terrain, c’est-à-dire vers le cours d’eau qui traverse la ville, parce que c’est là le point le plus déclive et, aussi, surtout, parce que l’on déversait les égouts à la rivière, moyen d’éloignement des immondices qui ne coûtait rien. Depuis, l’on s’est aperçu des graves inconvénients de cette pollution systématique des fleuves et, sans changer la direction des galeries principales existantes, on a intercepté leur déversement à la rivière en construisant les collecteurs au bord de celle-ci, parallèlement à son cours, ainsi qu’on le voit pour Paris, dans la figure 176. Londres a trois collecteurs sur la rive gauche de la Tamise, de 11 à 15 kilomètres de longueur, et deux sur la rive droite, de 7 et de 16 kilomètres dé parcours. Ils sont continués par les émissaires, se rendant aux usines de Barking-Creek et de Crossness-Point, qui projettent les eaux vannes à la mer (voy. plus loin). Bruxelles a également intercepté ses égouts sur la rive de la Senne. Mais Berlin, qui reconstitue entièrement son réseau d’égouts depuis vingt ans, a adopté un principe contraire ; ses canaux vont en divergeant du centre à la périphérie, où se trouvent les réservoirs et les pompes ( Pumpstation.cn ) qui envoient les eaux vannes aux champs d’épuration. Ce procédé porte le

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titre de Radial- System. Son application est facilitée par la nullité des pentes du terrain; il a l’avantage de se prêter parfaitement à l’extension de la ville; pour canaliser les nouveaux quartiers, il n’y aura qu’à prolonger les canaux existants.

Les égouts sont faits en maçonnerie de pierres ou de briques, en tuyaux de poterie, de ciment ou de métal. Les tuyaux de grès ou de poterie, vernissés à l'intérieur, se prêtent bien à représenter les conduites de' petit calibre. Cependant, on en fait aujourd’hui qui ont de 1 mètre à lm,50 de diamètre et sont très solides. Ils se répandent beaucoup et Berlin n’a pas plus de 19 p. 100 de toute sa canalisation en maçonnerie. Il importe de ne pas leur donner une longueur dépassant 1 mètre, quand ils sont assez petits pour qu’un homme ne puisse y entrer, et de les unir par des joints étanches.

Un point capital à atteindre, c’est que la paroi intérieure soit parfaitement lisse et dure.

Les tuyaux de métal, fer ou plomb, de même que ceux de poterie, conviennent pour les tuyaux de chute et les conduites de maison. Celles-ci, à Paris, sont presque toujours en maçonnerie, comme l’égout lui-même.

On recherche Y étanchéité absolue des égouts ; mais, lors même qu’elle ne serait pas atteinte du premier coup, elle ne tarde pas à se produire, précisément parle fonctionnement des canaux, qui tapisse de vase leurs parois et, d’ailleurs, fait appel en dedans plus qu’il ne refoule au dehors. La plaisanterie, par laquelle on a comparé ironiquement les égouts à une souricière ( Mausfalleigenschaft ), n’est pas très éloignée de la vérité.

Un phénomène physique, reconnu par Wibel, donne l’explication de ce paradoxe: quand deux liquides sont séparés par une membrane, si l’un des deux est en mouvement, la diffusion de sa part est entravée ou même annulée.

Les canaux construits en briques et ciment, comme on les faisait au début et qui n’étaient pas d’abord absolument étanches, le deviennent à la suite des années, ainsi qu’il résulte des recherches de Wolffhügel sur les égouts de Munich. En 1862, les égouts, construits depuis 1868 en briques cuites et mortier hydraulique avec la forme ovoïde, furent l’objet d’une première expertise qui démontra leur défaut d’étanchéité ; en plusieurs points, la filtration des liquides hors des canaux fut mise hors de doute, ainsi que l’imprégnation, faible à la vérité, du sol sur lequel reposent les égouts. Or, six ans après, à une nouvelle épreuve, ni les anciens ni les nouveaux canaux ne laissèrent voir de transsudation de leur contenu; l’état d’humectation de la maçonnerie correspondait exactement au degré d’humidité du sol environnant eL à l’éloignement du niveau de la nappe souterraine, autrefois élevé. De huit points qui furent examinés, un seul se fit remarquer par l’odeur de vase dans le sol environnant (Sander). L’analyse chimique donna les résultats ci-dessous :

Matières organiques Azote

solubles. (Perte de

par lu la vase

chaleur rouge.) insoluble.

1868. Sol de l’égout 88 34 1 grain, par m. cubo do terre.

1874. Sol normal 52 14 — — —

D’ailleurs, les canaux construits dans ces dernières années, et dont le radier est

générale.] ÉLOIGNEMENT DES IMMONDICES. 743

en clinquart imperméable, se sont montrés d’une étanchéité bien supérieure. Un mètre cube de la terre environnante renfermait :

Matières organiques solubles.

Chlore.

Acide

nitrique.

Azote

de la vase insoluble.

Vieux canaux. .. .

Canaux récents..

Sol normal

Le professeur Fodor avait monté, à l’Exposition d’hygiène de Berlin (1883), une expérience très élégante montrant que la brique poreuse, traversée au début par l’eau d’égout, ne tarde pas s’obstruer et à retenir entièrement toute cette eau.

Les canaux d’égout sont à section circulaire ou ovoïde, ou encore, selon l’ancien type des égouts de Paris, ils ont un radier presque horizontal surmonté de deux pieds droits verticaux à l’intérieur, le tout couvert par une voûte en plein cintre extradossée d’égale épaisseur. A Lille, il y a même des types avec voûte aplatie et radier légèrement concave. J. Dupuit (1854) fit remarquer qu’il est inutile de pratiquer le plein cintre pour la solidité

Fig. 177. — Égout à cunetle (type n° 5. Paris). Fig. 178. — Égout à cunette (type n°6 bis).

des égouts, puisque la poussée des terres suffit à maintenir la maçonnerie de ces canaux. Il conseilla « la forme générale d’un œuf debout sur sa pointe déprimée. » C’est peut-être cette condition de la « pointe déprimée » qui a fait construire pendant si longtemps des canaux à cunette , comme ceux des types n<” 1 à 9, de Paris (fig. 177 et 178), c’est-à-dire dans lesquels le radier, à peine excavé, se relève latéralement, à peu près à angle droit, de manière à ménager, au fond de la galerie, un canal rétréci, profond de 40 centimètres à 1 mètre. Le radier plat, et la banquette qui borde la cunette de chaque côté, sont évidemment très favorables à la circulation des ouvriers dans l’égout. A notre époque, on préfère assurer la circulation des matières, faire 1 égout plus petit, retarder les nettoyages et y introduire des instruments plutôt que des hommes. Aussi fait-on le radier en combe raide, « un demi-cylindre dont le rayon est le quart de la hauteur de 1 égout », ou môme moins. Cette disposition favorise éminemment la poussée des liquides sur les matières qui passent dans l’égout (Wazon).

Les nouveaux égouts de Londres, Bruxelles, Berlin, Danzig, Frahcfort-sur- Mein, sont à coupe ovoïde. Le rapport de la hauteur à la largeur est comme 3 à 2.

Dans les figures 179 à 181, oii voit la coupe des égouls de Berlin, des types à 2 mètres et à 1 melie de hauteur, ainsi que celle d un des dèvevsoxvs de nécessité

dont nous parlerons. On remarquera, dans les deux premières, l'indication du sommier en maçonnerie (Bloch) sur lequel on établit le radier.

Les dimensions des égouts varient selon lé volume des eaux qu’ils doivent recevoir, et

Fig. 179. — Profil de l'égout ovoïde de 2 métrés de hauteur •(Berlin).

Fig. 180. — Égout Fig. 18 t. — Déversoir de néovoïde de 1 mètre eessité (Berlin).

de hauteur.

surtout de la quantité des pluies, dont 70 p. 100 doivent passer par leur canal. A Paris, le grand collecteur d’Asnières est haut de 4m,40, large de 5m,30, avec deux trottoirs latéraux d’une largeur de 0m,90. Ce type porte le n° 1. Il y a douze autres numéros dont les distensions vont en décroissant; à partir du n° 4, la hauteur l’emporte sur la largeur. Les branchements particuliers ont 0m,80 de hauteur à l’origine et lm ,80 en bas, sur 0m,85 de largeur. Les égouts de Londres ont également de grandes dimensions; ceux de Bruxelles et de Berlin ne dépassent pas 2 mètres de hauteur. Les petites conduites cylindriques de poterie ont de 0m,21 à 0m,63 de diamètre.

Une certaine pente est nécessaire aux égouts pour y assurer le cheminement des matières. La vitesse doit y être de 60 à 73 centimètres à la seconde, dans ceux qui ont plus de 1 mètre de diamètre; 1 mètre dans ceux qui ont de 0m,50 à 1 mètre; lm,15 dans ceux qui ont de 0m,13 à 0m,50 (Bürkli). En fait, on donne une inclinaison de 0m,30 à Ura,30pour 1,000 mètres aux grands collecteurs de Londres, Paris et Bruxelles, et l’on augmente la raideur de la pente à mesure que le calibre du canal se rétrécit, depuis 1 p. 1,000 jusqu’à 1 p. 50. Les tuyaux en poterie de Berlin ont 1 sur 30, 1 sur 33 ou 33. Les branchements particuliers doivent toujours se rapprocher de cette inclinaison.

Il va sans dire que la pente doit être uniforme, sauf les modifications que comporte le calibre des canaux.

Les égouts doivent être plongés à une certaine profondeur dans le sol,

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pour les mettre à l’abri de la gelée, de la trépidation due aux voitures, et pour leur permettre de drainer la nappe souterraine (voy. page 513). Il y en a quelquefois deux pour les rues très larges.

Douches d'égout. — Ce sont les orifices destinés à introduire dans l’égout les eaux de rue. A Paris, une ouverture libre, creusée en encorbellement dans une pierre de granité formant bordure de trottoir, correspond à une sorte de cheminée verticale qui s’appuie sur un plan incliné raccordé avec le radier de l’égout. Celte excessive liberté des premières voies ne contribue pas peu à la formation des dépôts qui entravent le fonctionnement des égouts et nécessitent des ouvrages laborieux et coûteux. Les Anglais ont imaginé, pour parer à cet inconvénient, les gullies , qu’on a adoptées à Francfort ( Sinkkaslen ) et à Berlin (Schlammsammler). Ce sont des puisards, dont la figure 18:2 donnera aisément une idée. La bouche est protégée par une grille mobile autour d’un axe, posée dans le ruisseau à 0m,18 en contre-bas du trottoir. Le puisard est en maçonnerie de 2m,05 de profondeur sur 0m,65 de large et couronnement de 0m,23 de hauteur. Les eaux s’en échappent par un tuyau de 0m,16 de diamètre, dont l’orifice, situé à 1 mètre du fond du puisard, est muni d’une plaque métallique verticale, qui laisse entre elle et l’orifice du branchement un intervalle de 0m,06. Celte plaque peut être relevée à l’aide d’un crochet. Elle rétrécit l’oriüce d’entrée dans le branchement et le tourne en bas, de telle sorte que, quand le sable s’est accumulé dans le puisard jusqu’à la hauteur de cet orifice, il l’obture bientôt complètement, l’eau ne passe plus, monte et reflue dans le ruisseau de rue. Ce qui est un avertissement aux ouvriers qu’il faut vider le puisard. On fait cette opération à la maiu.

Dans certaines villes, le puisard renferme une caisse en métal, que l’on extrait et que Ion vide dans un tombereau. On espace les gullies de 60 à 100 mètres.

La Commission d'assainissement de Paris (1883) a demandé qu’il soit installé 2,600 réservoirs mobiles sous les bouches d’égout de la métropole, en vue de diminuer la masse des 80,000 mètres cubes de sable qu’il faut extraire, tous les ans, de ces canaux.

Lavage et nettoyage des égouts. — On surveille l’état des égouts par des reganls et des trous-d’ hommes, placés sur le trottoir, d’où ils rejoignent 1 égout par un canal moitié vertical moitié oblique, ou bien au milieu de la chaussée, d ou ils plongent directement dans l’égout. Ce dernier mode,

ac op e ei in, Danzig, Breslau, est préférable. Les regards sont obturés par un tampon.

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Les égouts bien faits et dans lesquels circule une quantité normale d’eau se lavent eux-mêmes. Aussi Berlin n’a-t-il qu’une douzaine d’égoutiers, tandis que Paris en a un régiment (1,200 environ). Le lavage spontané des égouls se fait avec l’eau des éviers, des baignoires, des laveries et buanderies, l’eau des water-closels, les eaux industrielles, les eaux de lavage des rues et des urinoirs publics, les eaux pluviales. Le lavage voulu s’exécute au moyen de chasses.

On obtient des chasses à l’aide de réservoirs en amont des canaux, dont on lève les vannes, à un moment donné; de vannes ou « portes de

retenue » qui barrent l’égout pendant un temps et précipitent une masse d’eau en aval, quand on les ouvre; à Paris, on les obtient par le jeu des wagons-vannes et des bateaux-vannes, qui portent à l’avant un panneau mobile, laissant quelque intervalle entre ses bords et les parois de 1 égout, y compris le radier; l’eau s’accumule en arrière, passe avec force sur les côtés du panneau-vanne et chasse les sables en aval.

Enfin, on installe, en des points convenables, des réservoirs de chasse automatique , du système Rogers Field plus ou moins modifié. La figure 183 représente un de ces appareils appliqué à la canalisation Waring et d une capacité de 480 litres. Durand-Claye en a établi qui contiennent 10 mètres cubes. Le fonctionnement de ces chasses est des plus simples. Un tube central, traversant le fond du bassin et s’élevant jusqu’à une certaine

Couvercle en bas ruu>uuldc- pt

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