LE BAIN
générale.]
physionomie de mauvais lieux. Mais les hygiénistes et ies administrateurs sentent le besoin de mellre des bains publics, non gratuits mais abordables aux plus petites bourses, à la disposition des groupes nombreux qui travaillent et portent tout le poids des efforts inouïs de l’agriculture et de l'industrie moderne. Jamais on n’a vu plus d’hommes livrés plus constamment à l’activité physique, qui exalte les sécrétions de la peau, et plus exposés aux souillures, aux poussières extérieures, qui précisément obstruent les pores du tégument et ajoutent au sédiment naturel une couche nouvelle, dont la nocuité peul n’élre pas simplement d’origine physique.
Les divers genres de bains. — Le bain peut n’ôlro qu’une ablution générale, rapide, une affusion froide ou chaude, une aspersion sous forme de douche avec de l’eau divisée ou en nappe, un simpl g enveloppement, dans un drap mouillé selon le procédé de Priessnitz. Plus habituellement, c’est le séjour dans l’eau, à des températures variables, le corps plongeant entièrement, sauf la face. Quelquefois, c’est le passage dans une atmosphère remplie de vapeurs chaudes, ou même, enfin, dans une atmosphère chaude et sèche, de telle sorte que le bain réel soit fourni par la sueur (bains de vapeur, bains d’étuve sèche, bains russes, etc.;.
Sous le rapport de la température du bain, qui a une importance décisive, on distingue : les bains froids, au-dessous de 20° ; les bains frais , de 20 à 2o° (bains de mer et de rivière, le plus ordinairement); les bains tièdes, de 25° à 30°; les bains chauds , aux environs de la température du sang, 37°; les bains très chauds, au-dessus de 37°.
Bains froids et bains frais. — Ces sortes de bains sont ceux qui contribuent le moins à la propreté corporelle; ils ont besoin, pour débarrasser complètement la peau, d’être aidés de frictions simples ou savonneuses, ou d’un séjour prolongé dans l’eau, qui devient aisément dangereux. Leur action physiologique, qui d’ailleurs intéresse également l’hygième, prime de beaucoup leur rôle comme moyen de purification du tégument. L’immersion dans l’eau froide refoule le sang de la périphérie vers les organes profonds; cet effet brusque n’est pas inoffensif aux individus dont le jeu pulmonaire est imparfait, à la suite d’un certain degré d’emphysème ou de quelques adhérences pleurales, circonstance anatomique aussi fréquente qu’elle est habituellement ignorée pendant la vie des sujets. La peau se resserre, pâlit, se hérisse (chair de poule) et la température périphérique diminue rapidement, de 2 degrés dans l’aisselle, de 1 à 2° dans la bouche, de 10 à 14° dans la paume de la main. On sait que c’est sur ce résultat, qu’est fondée la méthode de Brandt pour le traitement de la fièvre typhoïde.
Une inégalité très considérable entre la température de l’eau et celle du corps peut occasionner une mort prompte. Wielet Gnehm citent l’exemple de deux jeunes gens qui payèrent de leur vie la témérité d’avoir voulu prendre un bain de mer à 10°. Les personnes qui ne savent pas nager sont plus compromises que celles qui, par le mouvement énergique delà natation, réagissent contre le refroidissement périphérique et l’accumulation centrale du sang. On recommandera aux premières de faire des mouvements quelconques dans l’eau ; mais elles n’y réussissent pas toujours efficacement. Du reste, il y a des susceptibilités individuelles redoutables et
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dont les nageurs mômes ne sont pas exempts; quelques-uns de ceux-ci, au grand étonnement des individus qui les connaissent, périssent dans l’eau, sans cause apparente; d’ordinaire les victimes ont été surprises par une syncope. Les médecins militaires Tourainne, Bédié, Granjux, ont signalé un phénomène prémonitoire de cette syncope, si aisément mortelle en raison du milieu ; c’est une rougeur scarlatineuse du tégument, correspondant, selon l’explication très rationnelle de Granjux, à la paralysie vaso-motrice qui succède à la conslriction violente, par le froid, des vaisseaux périphériques; une semblable paralysie n’est pas loin de s’accomplir dans les centres nerveux. Si la syncope se produit dans l’eau, il est possible que l’homme disparaisse sans qu’on s’en aperçoive. Lorsqu’on fait sortir de l’eau le baigneur qui a présenté cette rougeur, il n’est pas rare que la syncope aiL lieu néanmoins quelques minutes plus tard. Mais alors, naturellement, elle n’a plus d’autre gravité que la syncope vulgaire.
A une température qui ne soit pas notablement inférieure à 20° et peu prolongée, le bain froid opère néanmoins la soustraction de calorique habituelle et tonifie la peau, l’aguerrit contre l'influence de l’air froid. Sous les tropiques, les créoles et surtout les nouveaux venus d’Europe ne peuvent se passer du bain froid (Saint-Vel, Falkenstein). A la vérité, on le prend essentiellement sous forme d’affusion et de lotions. Dans quelques familles anglaises, on a l’habitude de faire des affusions froides le matin et des affusions chaudes le soir. Les premières préparent la peau à résistera l’air extérieur pendant les sorties de la journée, les autres détendent les membres et préparent au repos nocturne.
Les bains de ?nerontde très heureux effets sur les constitutions lymphatiques, les anémies, les dyspepsies, etc. Le froid, le mouvement, la salure de l’eau, sont pour beaucoup dans ces résultats; cependant, on remarque que des enfants, des femmes et d’autres individus, qui vont passer un mois à la mer, sans prendre de bains, et en se promenant simplement sur la grève, acquièrent aussi une amélioration sensible de leur santé (Van Merris). C’est donc que la pureté de l’air marin et l’abandon du milieu et des occupations habituels jouent un grand rôle dans ces modifications sanitaires.
Partout où il passe une rivière, j’entends dans les villes de quelque importance, des particuliers sous la surveillance des administrations, quelquefois l’administration elle-même, installent des bains publics dont la plupart ont le mériLe du bon marché et peuvent être fréquentés par les ouvriers et généralement par tous les individus dont le budget a des ressources limitées. 11 y a 35 de ces établissements dans le département de la Seine, occupant une superficie de plus de 40,000 mètres carrés (Napias), Ils sont, en général, convenablement aménagés pour la sécurité des baigneurs; Napias leur reproche de n’avoir pas de toile horizontale formant toiture, tandis que des toiles laLérales, prescrites uniquement en vue de la décence, flottent sous le vent, à la façon des paulcas usités dans les Indes, et déterminent une évaporation trop rapide de l’eau à la surface de la peau du nageur qui sort du bain.
Mais leur plus grand défaut, relevé aussi par le même hygiéniste, est de