‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 143 sur 268 · LE 1!AI N · texte numérisé non relu

LE 1!AI N

générale.]

pies. A Vienne ( Üutna-Bad ), un bain de lr0 classe, avec cabinet chauffé et linge, revient à près de 4 francs; un bain de gens du peuple, en baignoire de bois, sans linge, à 02 centimes.; le bain de piscine avec linge coiUe 4 franc. Au bain-lavoir public de Berlin, le bain de première classe coûte 80 centimes ; le bain de piscine, 30 centimes; si l’on y ajoute la doucbe, 45 centimes. Cet établissement a donné, en

1874, 4 12,277 bains, environ 1 sur 7 habitants. Ajoulons-y toutefois une moyenne de 80,000 bains pris à l’établissement de YAdmirals-Gartcn-Bad, dont le bassin peut recevoir 1,000 nageurs par jour et qui, dans les mois de juillet et d’août, en reçoit environ 23,000 (nous en avons, toute proportion gardée, au moins autant dans nos bains troids a eau courante). Il y a des abonnements à prix réduits et des tarifs moins élevés pour les écoliers et les enfants.

Arnould, Hygiène. 2e édit. *53

DUS SOINS COlt I’OHE US.

! Hygiène

La plupart de ces établissements sont une entreprise particulière, constituant une source de revenus assez positifs; le plus petit nombre appartient aux villes ou à l’État.

Londres a 16 établissements de bains publics; Liverpool, 3. Le tarif, réglé par un acte du Parlement (1846 et 1847), en est modéré pour la classe ouvrière : 1 penny (Il centimes) par bain froid, 2 pence (22 centimes) par bain chaud.

Il est clair que partout, y compris noire pays, en multipliant les bassins, en

Fig. 214. — Bain à Brême. — Coupc longitudinale.

s’ingéniant à trouver pour eux un chauffage économique, on peut arriver à des institutions sanitaires d’une immense utilité. Les gens dp peuple sentent fort bien la nécessité du bain ; il ne leur manque que le temps et l’argent. Arthur van Harlingen, de Philadelphie, avoue que le manque de bains pour la population ouvrière est la honte de la civilisation américaine. A Boston et à New- York, les bains publics sont des baraques flottantes, amarées le long des quais, sur une eau souillée parles déversoirs d’égouts; pourtant, tel est le besoin, ces établissements ont encore des clients. A Philadelphie, il y a quelques années, l’administration municipale avait établi aussi, le long des quais, mais sur une eau suffisamment pure, des bains publics qui avaient été tout d’abord très appréciés des destinataires ; malheureusement, après une saison ou deux, ces établissements, pour des raisons d’économie, cessèrent d’êLre entretenus et tombèrent en ruine. Aujourd’hui, dans celte cité, les demeures riches ont assez d’eau pour assurer à leurs locataires des bains à domicile; quant au pauvre monde, il n’en prend que dans la limite des efforts faits dans ce but par quelques associations religieuses.

La Commission de V assainissement de Paris, de 1885, a visité un Gymnase nautique, qui existe à Paris, rue de Château-Landon, 31. La salle de bains présente une grande analogie avec l’intérieur d’un établissement de bains froids. Sur le pourtour sont aménagés des cabinets de toilette; au milieu se trouve un grand bassin de 42 mètres sur 12, avec une profondeur de 2m,50 à l’entrée et de 0m,50 seulement à la base du bassin. L’eau s’y déverse en cascade àl’entrée, à la température moyenne de 23° et avec un débit de 60 mètres cubes à l’heure. Le trop-plein s’échappe sur toute la longueur des bords par des rigoles placées en contre-bas. La propreté de l’eau est obtenue au moyen de l’écrémage continuel, que produisenl, par dessus les bords, les ondulations communiquées par les baigneurs ou par le jel de la cascade. La Commission a témoigné hautement en faveur de cet établissement qui rend de signalés services à la classe ouvrière.

Pour revenir au bain froid, ou même simplement frais, ce qui a été dit prouve que c’est un agent d’un maniement assez délicat et dont il convient de n’user qu’avec réserve, à moins qu’il n’ait la forme de douche très courte (15 à 20 secondes), d’affusion onde lotion. Daily loue fort la douche froide,

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terminant les exercices de gymnastique selon la méthode de Triât et de Paz. Ici la percussion de l’eau tombant de quelque hauteur s’ajoute et dans le même sens à l'effet stimulant de l’eau froide. Mieux vaut pourtant encore l’eau divisée, tombant en pluie, que la douche en nappe. Mais le bain froid, général, est moins constamment utile ou même inoffensif. Indépendamment des congestions internes, des hémorrhagies même, des syncopes, qu’il peut provoquer actuellement, l’expérience de certaines méthodes de cure par l’eau froide a montré qu’à la longue la répétition de ses effets et l'insistance dans son application exaspèrent la sensibilité tactile, celle de l’ouïe, amène le nervosisme, l’insomnie et des accidents plus graves encore.

Bain tiède. — Cette sorte de bain, à la température de 25 à 30°, n’a aucune raison d’être. Il donne à la peau la sensation de froid comme les bains frais et n’en a pas les avantages de stimulation.

Bain chaud. — On appelle ainsi le bain entre 30 et 37°. C’est à peu près le point auquel il n’y a pas d’échanges entre la peau et l’eau du bain. Au- , dessous, la peau absorbe de l’eau ; au-dessus, elle en abandonne ; à ce degré, c’est à peine si le pouls et la respiration se modifient. On peut y rester des heures entières, des jours et même des semaines, sans cesser de s’y trouver agréablement : c’est quelquefois un moyen de traitement appliqué aux blessés, dont les plaies tournent à la gangrène; en soutenant convenablement leur tête, ils dorment dans le bain mieux que dans le meilleur lit. Les individus fatigués d’une longue course s’y reposent avec le plus grand avantage. Enfin, c’est là le vrai bain de propreté; la température de l’eau y aide, infiniment mieux que dans l’eau froide, l’action du savon. On le prend en baignoire ou en piscine.

Toutes les grandes villes ont des établissements particuliers de bains chauds en baignoire, toujours un peu trop coûteux pour que la population entière puisse se donner fréquemment ce luxe, qui ne serait que le nécessaire, n’était le prix. En 1850, Darcy calculait que les 125 maisons de bains de Paris ne fournissaient annuellement que 2,116,320 bains, un peu plus de 2 bains par an par habitant, en moyenne! Les choses ne paraissent pas avoir sensiblement progressé depuis lors, bien que Paris ait près de 7,000 baignoires.

Bains publics , municipaux et autres. — La sollicitude des municipalités ou la philanthropie des particuliers ont cherché, dans plusieurs villes, comme on l’a vu plus haut, à créer des établissements de bains, non gratuits, mais à bon marché et que les petites bourses puissent fréquenter. Darcy, Fonssagrives, et d’autres, conseillaient d’utiliser l’eau de condensation des machines à vapeur, qui est chaude, mais un peu salie de graisse, à donner des bains à bon marché. La ville de Paris, en 1880, puis en 1883, a cédé, moyennant une rétiibution insignifiante, les eaux do quelques-unes de ses machines à des industriels qui s engageaient à fournir des bains chauds à 15, 20 ou 2o centimes. Les premiers entrepreneurs n’ont pas réussi. Peutêtre que, comme il convient de se baigner dans l’eau propre, il faudrait épurer les eaux des machines ou l’employer simplement à chauffer d’autre eau.

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[Hygiène

La ville de Lille possède un établissement de bains à bon marché, très insuffisant, mais qu’elle est disposée iï reproduire plus en grand et probablement dans plusieurs quartiers. Avec 32 baignoires d'hommes, 14 de femmes et 4 pour bains sulfureux, il est donné, année moyenne, 23,000 bains à 30 centimes. 11 est remarquable que 441 de ces bains sont pris par des militaires. A Rouen, Michel Durand a fondé un bain public auquel est annexé un lavoir; cet établissement, d’une distribution bien conçue, avec 8 baignoires d’hommes et 6 de femmes, donne 9 à 10,000 bains par an, à 40 centimes l’un. (Le lavoir autrefois annexé au bain public de Lille a été supprimé, n’étant pas fréquenté.)

Ce sont de louables efforts ; mais le petit nombre de bains donnés, relativement à l’énorme population ouvrière de ces deux grandes villes, prouve qu’il reste difficile de résoudre le problème de la propreté corporelle chez les ouvriers ou chez tout autre groupe peu à l’aise de la population, en cherchant dans la direction traditionnelle du bain en baignoire. Ce procédé sera, nécessairement, toujours coûteux et un peu long; du temps et de l’argent, c’est précisément sur quoi les ouvriers sont obligés de faire les plus rigoureuses économies. La môme considération pèse sur les administrations, petites ou grandes, lorsque la bonne volonté leur viendrait de faire quelque chose pour le lavage corporel, régulier, des groupes confiés à leurs soins. L’administration de la guerre, spécialement, est dans ce cas vis-à-vis des soldats, chez qui, néanmoins, la propreté a une importance sanitaire de premier ordre. C’est cette situation qui a inspiré l’idée du bain-douche , dont il va être parlé.

Bain-douche de propreté. — Tant que le but du bain est essentiellement la netLeté du tégument, comme c’est le cas chez les soldats et les ouvriers sains, il est clair qu’on n’a pas besoin d’un hectolitre d’eau et d’une demiheure d’immersion dans une baignoire encombrante, logée dans une cabine individuelle.

Les médecins de l’armée, depuis longtemps, s’évertuent à diminuer le temps et la quantité d’eau habituellement exigés pour un bain. Grellois (1861) proposait l’emploi d’une piscine de 7 hectolitres, pouvant servir au nettoyage de 50 hommes ; Riolacci (1806) avait imaginé le lavage individuel dans des bassins profonds de 21 centimètres, dans lesquels l’homme était assis et s’épongeait pendant vingt minutes, n’étant naturellement pas immergé. Les bains par affusions froides, pratiqués à Marseille par le Dr Dunal, contenaient en germe le système du baindouche ; les hommes se plaçaient, par trois à la fois et pendant trois minutes, sous un tube percé de trous en arrosoir, d’où l’eau tombait d’une hauteur de lm,60 au-dessus du sol,eL se frictionnaient au savon pendant le même temps. La douche était froide et ne pouvait guère convenir qu’à l’été d’un pays chaud. Il fallait trouver le moyen de donner le bain-douche chaud et en touL temps.

L’honneur d’avoir réalisé le premier cetLe salutaire pratique revient à Merry- Delaboste, qui, dès 1873, l’appliquait aux détenus de la prison de Rouen et en proposait la généralisation à tous les établissements pénitentiaires. De l’eau chauffée a 34 ou 35° descend d’un réservoir élevé de 14 mètres, et tombe en pluie par six tuyaux terminés en pomme d’arrosoir, munis de robinets indépendants. Le sol de la salle de bain est cimenté et en pente légère. En quatre ou cinq minutes, on donne

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au même détenu 4 ou ü douches, séparées par une demi-minute d intervalle, pendant laquelle il se frotte au savon noir. C’est un autre détenu qui manœuvre le robinet. On admet naturellement six baigneurs à la fois. Après la douche, chacun rentre, revêtu d’un peignoir, dans un compartiment qui précède la salle de bains et où l’on a déposé ses etfets, en d’autres termes, le vestiaire.

Quelques années plus tard, le Dr Haro et le colonel Louis instituaient, au 6'J° régiment d’infanterie, un système d’ablutions analogue et peut-être plus approprié encore aux modestes ressources dont disposent les corps de troupes. La douche était fournie par une pompe d’arrosage ordinaire, munie d’une bâche dans laquelle on versait 1 partie d’eau bouillante pour 2 d’eau froide et d’où la gerbe liquide sortait par une lance flexible, à extrémité libre en arrosoir. Un baigneur dirigeait le jet de haut en bas sur chaque homme placé dans un bassin de zinc et, par suite, les pieds dans l’eau. Ou pouvait ainsi baigner tout le régiment (1,300 hommes) en quinze jours, pour une dépense de 1 centime par tête.

Dans une caserne modèle, à Dresde, on a régularisé ce système par l’installation permanente, dans une salle appropriée, de tuyaux de douches courant à la fois sous le plafond et sur le sol et permettant de laver 12 hommes ensemble. En hiver seulement, l’eau est chauffée. W. Roth, médecin général de l’armée saxonne, a montré avec une légitime satisfaction cet outillage hygiénique à l’Association allemande d’hygiène publique, réunie à Dresde en 1878. On arrive, avec cet appareil, à laver chaque soldat une fois tous les huiL jours. Quelques baignoires sont tenues en réserve pour décrasser d’abord les .plus sales, tels que les recrues à l’arrivée. La consommation d’eau est de 2 à 3 litres par tête.

En France, l’ingénieur Tollet associe l’établissement de bains-douches réguliers à ses projets de nouvelles casernes.

D’ailleurs, il n’est presque plus de casernes, en France, qui n’aient leurs salle de bains par aspersion, avec une deuxième pièce servant de vestiaire, et qui est indispensable. L’eau est à peu près toujours chauffée; on se sert, tantôt de la pompe foulante et de la lance, tantôt d’un réservoir placé à quelques mètres de hauteur, dans lequel on mélange de l’eau bouillante avec de l’eau froide et d’où le liquide se répand dans un tuyau sous le plafond, pour s’échapper en pluie par un ajutage en pomme d’arrosoir. Un tour de robinet produit ou arrête l’aspersion. Les hommes ont les pieds dans un bassin, sur une claire-voie en bois, que l’on superpose pour l’occasion au sol cimenté. Chaque soldat est baigné deux fois par mois avec 5 à 6 litres d’eau; et l’atmosphère des chambres est devenue respirable. D’ici peu, il n’y aura pas un corps do troupes manquant de cette installation.

Quelques-uns de nos régiments de cavalerie ont utilisé, fort ingénieusement, la chaleur développée dans la fermentation des fumiers à chauffer l’eau nécessaire aux bains. Vallin semble louer cetle manière de faire ; comment la concilier, cependant, avec la nécessité de l'éloignement le plus rapide possible des fumiers hors de la caserne et de la ville?

Il semble que ce ne soit pas une grande difficulté à surmonter, pour les administrations municipales, que de créer des établissements publics de bains-douches, où les ouvriers trouveraient, en quelques minutes et contre une rémunération insignifiante, le bienfait d’un lavage complet. 11 faudrait seulement distinguer d une façon absolue le compartiment des femmes de

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celui des hommes, donner au premier des cabines individuelles faites d’un rideau de toile, mettre à la disposition des femmes des capelines en caoutchouc pour protéger la chevelure, leur offrir un vestiaire un peu plus recherché, etc. En attendant, les grands industriels, qui emploient des centaines d’ouvriers des deux sexes, feraient un acte d’intelligente sollicitude à l’égard de leur personnel, en leur ménageant les locaux fort simples, vestiaire et salle de bains munie de tuyaux perforés, qu’exige la pratique de ce système; il y a de la place dans les usines; on a sous la main l’eau, la vapeur des générateurs pour l’échauffer, la pression. 11 ne manque plus que l’exemple donné par quelqu’un.

Des installations analogues, fussent-elles encore plus rudimentaires, seraient à désirer dans les communes rurales, en les annexant de préférence aux écoles primaires, en vue d’habituer de bonne heure à la propreté les petits paysans qu’on élève beaucoup trop dans l’horreur de l’eau. Dans beaucoup de villages, il n’y a pas une baignoire!

Les écoliers des villes, d’ailleurs, n’ont pas moins besoin qu’on mette le bain de propreté à leur disposition. Les parents des écoliers pauvres ne songent pas souvent à faire la dépense d’un bain en baignoire pour leurs enfants; pour bien des raisons, ceux-ci ne peuvent guère fréquenter les « bains populaires ». Finalement, sauf les mains et la face, ils ne se lavent pas. L’expérience démontre qu’il en est souvent de même des externes des lycées. Le bain d’aspersion, qui est court, rendrait d’énormes services, si les établissements d’instruction l’offraient régulièrement à leurs élèves du dehors, aussi bien qu’aux pensionnaires.

Le bourgmestre de Gœltingen, Merkel, a introduit le bain-douche dans deux écoles populaires de ceLte ville ; les premiers frais se sont élevés à \ ,623 francs pour l’une et 1,125 francs pour l’autre. On y baigne 50 garçons de onze à douze ans en cinquante minutes, de la façon suivante : au début de la classe, le maître demande : « Qui veut aller au bain aujourd’hui? » 50 élèves sur 54 s’inscrivent. On fait sortir en silence les 9 du rang supérieur, qui se rendent au vestiaire et se déshabillent. Quelques minutes après, 9 autres élèves sortent de la même manière; il en manque donc 18 à la fois. Les premiers passent sous la douche 3 par 3, achèvent de se laver, les pieds particulièrement, dans des bassins en zinc, et vont s’essuyer à part. Les 9 suivants les remplacent, pendant que les premiers se rhabillent. Ceux-ci ne rentrent dans la salle de classe que 4 ou 5 ensemble. Ainsi de suite, jusqu'à ce que tous les inscrits y aient passé. Mais la classe n’esL point interrompue, quoique le maître se rende au moins une fois, pendant la séance, à la salle de bains, dans l’intérêt du bon ordre. On s’arrange seulement de façon à faire coïncider la baignade avec un exercice qui ne souffre pas d’une interruption de dix minutes : la leçon d’écriture, par exemple. Chaque enfant apporte son linge.

Il faut un peu plus de temps pour les petites Hiles et le« plus petits garçons, dont la surveillance pendant le bain est confiée à la femme du gardien de l’école.

Merkel, supposant que l’installation du bain-douclie pourrait être utile et bien accueillie dans l’école moyenne , qui réunit les enfants de la bourgeoisie, interrogea à cet égard le directeur de l’enseignement et lui soumit l’idée d’exiger une légère rétribution de la part des clients de cette catégorie. La réponse fut que, les 4/oCs de ces enfants ne prenant jamais de bains, l’institution serait des plus

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utiles et que 300 élèves, sur 860, avaient l’engagement de leurs parents de fréquenter le bain-douche à raison de 3 pfennings = 0fr,0G25 par bain.

Cette communication avait lieu à la Réunion des hygiénistes allemands, à Breslau (1886). Dans la mémo séance. Oscar Lassar établit qu’il est à peu près impossible d’avoir, dans une ville, assez d’établissements et assez de baignoires pour donner un bain par semaine à tous les habitants. Il faudrait, en eli'et, par 1,000 habitants, au moins un établissement à dix baignoires, dont chacune donnerait 14ou 15 bains par jour; soit 43,000 établissements de bains pour touLe l’Allemagne. On est fort loin de compte. Aussi la grande majorité des ouvriers et la presque totalité des habitants de la campagne ne prennent-ils jamais de bains et ne pourraient en prendre, même s'ils en avaient le temps et l’argent. Nous reconnaissons que c’està peu près la même chose en France.

Or, tandis qu’il faut 200 litres d’eau pour un bain de baignoire, 10 litres suffisent et au delà pour un bain douche; celui-ci dure dix minutes, tout compris, alors qu’un bain de baignoire ne saurait prendre moins d’une demi-heure. Lassar, à l'Exposition d'hygiène de Berlin, avait fait établir par la maison David Grove, au bord d’un des canaux qui sillonnaient le terrain de l’exposition, sur 40 mètres carrés de surface, un édicule en tôle renfermant 10 cases à bains-douches, 2 waterclosets, 1 lavoir, 1 séchoir, etc. Cette maisonnette était divisée en deux compartiments, un pour les hommes, l’autre pour les femmes, avec entrée distincte. Plus de 10,000 personnes en usèrent. Pour le prix de 10 à 13 pfennings (0 fr. 123 à 0 fr. 1875), on y recevait une douche chaude, une douche froide, du savon et une serviette. L’auteur estime qu’il conviendrait de placer des établissements de ce genre à la campagne et à la ville, sur les places publiques, aux carrefours très fréquentés, près des gares de chemins de fer, dans les écoles, les manufactures, les exploitations minières, les asiles, les casernes, les prisons. Nous partageons entièrement son avis.

Bains de vapeur. Bains d'étuve sèche. — Dans une atmosphère limitée et remplie de vapeur chaude, le corps ne peut plus perdre de chaleur par évaporation, ni par conduction. Sa température s’élève donc de 2 à 3 degrés, le pouls augmente de fréquence, la respiration est pénible. Aussi le bain de vapeur est-il désagréable et môme dangereux, d’une part aux individus faibles et délicats, d’autre part aux pléthoriques. Au moins convient-il de ne pas pousser la température de l’étuve humide au delà de 30° et de tenir, à côté du compartiment de l’étuve, une pièce aérée, fraîche, dans laquelle le client puisse passer au moment du besoin.

Dans l’étuve sèche, la résistance du corps à réchauffement n’est point entravée; c’est le contraire. Il est fait un puissant appel à l’activité des glandes sudorales, et l’individu prend en quelque sorte un bain dans sa propre sueur. Une haute température, par conséquent, y est infiniment mieux supportée que dans l’étuve humide. Celle de 30° n’est pas exagérée; mais il n’est pas prudent d’aller au delà. Quelques pays, et même des industriels dans les capitales, ont conserve ou ressuscité sous divers noms (bains turcs, bains maures, bains romains, etc.) quelque chose qui rappelle les parties essentielles du bain ancien :

L 'apodyterium, ou vestiaire et lieu de repos après le bain;

Le tepidarium, étuve sèche à 32° ;

Le sudatorium, étuve à 30° ;

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Le frigidarium, avec aspersion ou douche froide. Selon les cas, on y joint les frictions sèches et le massage.

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B. Soins spéciaux. — Les pieds. — En raison des services incessants et pénibles qu’on lui demande, malgré la chaussure dont il est armé, ou plutôt à cause des défectuosités habituelles de celle-ci, le pied a droit à une . mention spéciale dans l’hygiène corporelle immédiate. Peut-être plus riche que d’autres parties en glandes sudoripares et sébacées, le pied est plus exposé à conserver le produit de ces sécrétions, et à subir les conséquences de l’irritation locale qu’elles déterminent par ce fait que les orteils sont rapprochés d’une façon permanente dans la chaussure et que rien ne peut s’en échapper au dehors par les mouvements ordinaires, comme cela arriverait des mains, par exemple, si elles fournissaient des détritus analogues. Ces produits de sécrétion s’accumulent, fermentent, sont peut-être résorbés en partie ; ils macèrent l’épiderme du pied, disposent aux excoriations, ou au contraire à ces végétations épidermiques et à ces endurcissements du derme, que la pression des chaussures provoque d’ailleurs, et qu’on appelle callosités , durillons, cors, œils-de-perdrix, etc., accidents trop généralement regardés comme insigniûants et qui, pourtant, atteignent parfois à une extraordinaire gravité.

Les pieds devraient être l’objet de lotions, tous les soirs, plutôt de lotions froides que d’un bain tiède, surtout chez les gens qui marchent et qui ont une disposition reconnue à la sueur des pieds, aux excoriations épidermiques. Il convient même, dans les cas de friabilité excessive de l’épiderme, de s’abstenir de savonner les pieds dans le bain et d’ajouter à l’eau de celui-ci de l’alcool; au besoin, l’on se contenterait de frictionner les pieds et les espaces interdigitaux avec un linge mouillé d'eau acidulée ou astringente. Morache recommande d’enduire d’une pommade faite de savon râpé et d’alcool les pieds des soldats particulièrement disposés aux excoriations. Les bandelettes enduites de suif sont un moyen traditionnel et rendent réellement des services.

Il importe de ne poinL laisser les ongles dépasser notablement les orteils, dans la crainte du refoulement et de la compression par la chaussure. On coupe carrément, et non pas en rond, ces revêtements cornés, surtout l’ongle du gros orteil, de telle sorte que les angles de cet ongle soient toujours un peu au-dessus et hors de la pulpe de l'orteil; si l’un d'eux est en-

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clavé dans la pulpe du doigt, il est presque certain que la croissance entraînera un ongle incarné.

S’il apparaît, sur quelque point, une ampoule ou une callosité, il faut s’en occuper tout de suite. 11 est de pratique vulgaire de traverser d’un lil les ampoules sans les ouvrir; la sérosité s’écoule par celle sorte de drain et, néanmoins, l’épiderme, quoique soulevé, continue à protéger le point intéressé de la peau. Les callosités doivent être détruites à la lime; les durillons et cors aux pieds, enlevés par petits copeaux, à l’aide d’une sorte de grattage par un canif qui coupe mal. Le rasoir est dangereux en ce qu’il est facile de faire pénétrer l’instrument plus qu’il n’est nécessaire, d’occasionner un léger écoulement de sang et un traumatisme peut-être redoutable. Du moins voit-on, tous les ans, dans les journaux, que cette imprudence a causé le tétanos et la mort. Un cor, qui a déjà été râclé, s’arrête et même rétrograde souvent par la simple application de diachylon ou de percaline agglulinative. Il n’y a là aucune action médicamenteuse, mais plutôt une protection mécanique contre la pression de la chaussure, contre le frottement de deux surfaces cutanées, et une macération de l'épiderme dans sa propre sueur, qui le dispose à une extirpation plus radicale. Lorsque les cors et durillons prennent une apparence quelque peu grave, le mieux est de s’adresser à un pédicure habile ou même au chirurgien. Il ne faut jamais insister dans la marche quand un de ces accidents, minimes en soi, a déterminé une inflammation plus ou moins étendue de la région.

Nous ne manquerons pas, d’ailleurs, de rappeler et d’affirmer que le plus grand nombre de ces cors et durillons, qui font de la marche un horrible supplice et donnent à l’attitude des individus l’aspect le plus grotesque, cesseraient d’être douloureux et disparaîtraient promptement si l’on voulait bien abandonner la chaussure qui les a provoqués, se résoudre à porter des chaussures qui aient le sens commun et alterner fréquemment entre deux paires qui, néanmoins, seraient l’une et l’autre bien faites.

Les mains. — La propreté des mains, la netteté des ongles, conditions réelles de bonne hygiène, sont d'ordinaire suffisamment imposées par les convenances sociales. Il est bon de dire, cependant, à l’intention de quelques personnes dont la peau des mains est extrêmement délicate, qu'il vaut mieux se laver les mains à l’eau froide qu’à l’eau tiède, en rentrant à la maison plutôt qu’au moment de sortir, et que, dans le cas où l’air froid du dehors devient une cause de gerçures, il est indispensable de porter des gants, de peau plutôt que de fourrures, et même pour dormir. La présence de gerçures doit, d’ailleurs, faire suspendre l’usage des lotions savonneuses et il faut se contenter d'essuyer les mains sans les mettre à l’eau; on fera, avec avantage, des onctions huileuses ou au suif parfumé.

Le choix du savon de toilette, pour la face au moins autant que pour les mains, est d une certaine importance. Les savons de toilette sont à base de soude avec des corps gras de qualité supérieure, de bonne huile d’olives pai exemple. Mais la spéculation en offre a bon marché une quantité considérable, dans lesquels un parfum quelconque dissimule la rancilé de la gi aissc , ces savons sont irritants. Quelques maisons de parfumerie tiennent

UES SOI NS CORPORELS

[Hygiène

assez à leur réputation pour ne pas donner leur estampille à ces produits défectueux; il vaut mieux en passer par leur prix assez élevé que d’user d’une denrée nuisible. En général, les savons transparents sont inoffensifs, parce que l’on ne saurait les fabriquer avec des graisses rances.

La face, [abouche , lesoreilles. — Percée des orifices des voies respiratoires et portant les appareils des sens les plus délicats, la face ne saurait être soumise aux bains d’immersion qui effectuent le lavage des autres parties du corps. L’entretien de la propreté ne peut être obtenu ici que par des ablutions ; mais il n’est pas moins de rigueur. Il réclame même une attention plus minutieuse, en raison des anfractuosités nombreuses qui caractérisent cette surface et des sécrétions variées qui s’échappent par ses orifices : larmes, mucus, salive, cérumen. Aussi les lotions de la face sont-elles aidées de frictions douces avec un linge de toile. Les éponges fines étaient naguère en vogue pour cet usage. Il vaut autant y renoncer, parce que l’éponge, que l’on garde indéfiniment sans la nettoyer autrement que par le lavage à grande eau, s’imprègne de matières organiques et de germes. La serviette de toile, au moins, ne sert que quelques jours et retourne au lessivage. Les abluLionset frictions de la face doivent se faire tous les jours, plutôt deux fois qu’une, et fi l’eau froide en toute saison ; cette prescription est même plus rigoureuse en hiver, puisque la face est la partie du corps qui est toujours découverte et dont il importe le plus d’augmenter l’indifférence fi l’action de l’air.

Chez l’homme adulte, la barbe exige des soins spéciaux. Ou bien elle est portée entière, selon la coutume aujourd’hui très répandue, et qui ne déplaît nullement à l'hygiène; il suffit alors de lotions savonneuses, d’une brosse spéciale et de quelques coups de ciseaux, une fois par semaine, pour la maintenir fi quelques centimètres de longueur. Ou bien, elle est livrée au rasoir, sur une étendue plus ou moins considérable; c’est une méthode à laquelle il n’y a pas lieu de faire le procès, bien qu’elle constitue une sorte d’asservissement; mais, au moins, faut-il recommander que ce détail de la toilette n’emploie encore que l’eau froide et le savon de bonne qualité, ou quelque préparation reconnue avantageuse et inoffensive, et surtout que, manié par l’intéressé ou par le coiffeur, le rasoir soit personnel. 11 est, en effet, surabondamment démontré que des affections contagieuses peuvent être propagées par le rasoir banal et que, particulièrement, les parasites microscopiques du système pileux sont transmis avec une facilité malheureuse, par les barbiers, d’un client à un autre.

Le Dr Gerlier, médecin fi Ferney-Voltaire, a présenté fi l’Académie de médecine, par l’organe de Bergeron, la relation d’une épidémie trichophy tique, qui, ayant probablement son origine dans ï herpès tonsurant des chevaux, s était introduite chez le barbier unique du village, à l’état d'herpès circiné sur la personne de son fils, et se distribuait, par le barbier fi ses clients, sous forme de mentagre. H va sans dire que le médecin s’empressa de conseiller aux habitants de se raser euxmômes et que cet avis lui valut la colère du barbier; ce qui est plus étonnant, c est. que les auloriLés locales aient donné raison à ce malencontreux artiste. Nous rapportons ce fait parce qu’il est récent; mais, depuis Pline l'Ancien jusqu a Bazin,

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on en a observé de pareils. Dans les conditions suspectes, Vallin conseille de chauüer préalablement le rasoir à 100 degrés; ce qui est aisé, par l’immersion un peu prolongée dans l’eau bouillante.

Il existe, cependant, une menlagre traumatique, produite le plus souvent par de mauvais savons ou par un rasoir qui coupe mal ( l'eu du rasoir). La poudre de riz ou de fécule corrige ce fâcheux eli'et. Il faut, d’ailleurs, prendre un rasoir en bon état et de bonne qualité.

L’autre sexe, et même une partie du sexe masculin, exagère plutôt qu’il n’oublie les soins accordés à la toilette de la face. On ne se contente plus des lotions aqueuses, au savon plus ou moins fin ; on y ajoute des parfums, des teintures alcooliques de résines odorantes, ayant en général, comme la teinture de benjoin , des propriétés légèrement toniques pour le tégument; ou bien encore, on ravive la peau avec des acides légers, on l’assouplit avec des corps gras; enfin, des couleurs habilement appliquées sur le visage et sur le cou donnent au teint une blancheur mate, aux pommettes des joues un incarnat, aux cils et aux paupières une teinte sombre, qui ne font guère illusion qu’à celles qui ont cru devoir recourir à ce masque, d’exécution pénible. En dehors des acteurs et des actrices, qui ont réellement besoin, sur la scène, de « se faire une figure » correspondant à leur personnage, et dont les traits, à distance, seraient diffus s’ils n’étaient exagérés, personne n’a rien à gagner à cette peinture, qui rapproche si fort les sociétés civilisées des tribus sauvages. En revanche, elle compromet positivement la souplesse et la vitalité naturelles de la peau, encore précieuses lors même que l’âge les affaiblit, et elle ne va à rien moins qu’à faire naître l’occasion d’une absorption toxique, lorsque, sciemment ou par suite de l’indélicatesse du commerce, les consommateurs de « cosmétique », fard, pâtes épilatoires, etc., étalent sur une partie de leur corps des substances minérales vénéneuses. Le mercure, le plomb, l’arsenic (souvent dans le sous-nitrate de bismuth impur), sont les agents le plus communément coupables en pareille occasion.

A l’égard de la bouche, il convient de rappeler, d’abord que sa muqueuse est une surface d’absorption et a été la porte d’entrée d’infections redoutables. D’où l’indication d’une très grande réserve vis-à-vis des objets d’usage banal que, machinalement, l’on porte à la bouche; les enfants sont spécialement à surveiller sous ce rapport. Par ailleurs, et en vue de la conservation des dents, la bouche doit être lotionnée malin et soir et surtout après les repas, qui laissent presque nécessairement, en contact avec les dents, des particules alimentaires qui subissent là, sous l’action de la salive, la fermentation acide ou putride. Cette raison rend la toilette du soir plus urgente pour les dents que celle du matin. Pour aider à l’effet des lotions, des lrictions seront faites sur les dents, en dedans et en dehors, avec une brosse douce, trempée dans 1 eau pure ou aromatisée avec quelques gouttes de teinture de myrrhe, et sur les soies de laquelle on répandra une poudre dentif) ice. Les spécialistes s accordent, en effet, à conseiller cet adjuvant, qui contribue à 1 enlèvement des dépôts de diverse nature dans les interstices dentaires. « La craie préparée des pharmaciens, dit Galippe, porphylisée et additionnée en proportions variables de chlorate de potasse, aroma-

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I Hygiène

Usée ou non, parait devoir remplir, dans la généralité des cas, les indications principales d’une poudre dentifrice. » La brosse trop dure excorie les dents et refoule les gencives.

G est surtout dans 1 enfance ( dents t/e lait') et dans la première jeunesse (6 à 12 ans) qu’il importe de surveiller l’état des dents, d’interpréter, au point de vue de la nutrition générale, la lenteur ou les anomalies de leur évolution, et de faire diriger l’hygiène de la bouche par un dentiste éclairé. Les maisons d’éducation de tous degrés doivent imposer aux élèves les soins de la bouche à l’égal de toutes les autres pratiques sanitaires, leur laisser le temps de procéder à cette importante toilette et faire faire l’inspection médicale des dents à intervalles réguliers.

Tous les aliments qui peuvent rendre la salive acide, les sucreries spécialement, tendent à altérer l’émail des dents et, par conséquent, préparent et favorisent la carie, dont les agents sont quelqu’un des nombreux microorganismes que nous savons exister dans la bouche (voy. page 457). Aussi convient-il de se rincer la bouche après avoir mangé des sucreries, des gâteaux et même du pain; autant dire après chaque repas. Il paraît être utile de choisir des aliments d’une certaine résistance; Galippe conseille le pain bis, de préférence au pain blanc: le pain bis, en outre, est supérieur par sa richesse en éléments minéraux (phosphates de chaux et de magnésie). Son utilité est confirmée par Ivulp et Templeton, dont l’opinion est rapportée par Lucas Ghampionnière. Les Écossais devraient à la farine d’avoine la beauté de leur dentition (Barker). Galippe a remarqué que, sur certains hauts plateaux, les habitants, qui se nourrissent presque exclusivement de farine de maïs délayée dans de l’eau ou du lait, de lait caillé, et qui ne mangent que fort peu de viande et de pain, ont un système dentaire déplorable, tandis que les habitants des vallées, qui mangent du pain et de la viande, ont les dents belles. Les naturels du nord de la Sibérie ont des dents magnifiques jusqu’à un âge avancé; ils mangent du pain noir, boivent du lait fermenté, antiscorbutique, et, après chaque repas, mâchent une préparation de résine de sapin, qui leur nettoie les dents.

Selon un grand nombre de spécialistes, Silherwood, Harlan, Chrétien, E. Martin, Galippe, Magitot, le travail intellectuel excessif a une influence décisive sur l’altération des dents, ainsi qu’on le remarque à l’école polytechnique, à l’école Monge, etc.

La gingivite et la périostite sont du ressort de la thérapeutique dentaire. Ce que l’hygiène ne cesse pas de considérer, c’est que les dents sont le premier instrument des opérations de la nutrition etque, par conséquent, les laisser se compromettre de bonne heure, c’est se désarmer peu à peu dans la lutte pour l'existence.

La disposition de la conque deY oreille et du conduit auditif exige que le nettoyage en soit assuré avec quelque attention. On peut porter assez loin dans le conduit une petite éponge mouillée ou le coin d’un linge fin, de façon à prévenir les accumulations du cérumen qui, assez souvent, ont donne l’illusion de la surdité à des individus en parfaite santé. On a dit que le bain de mer pouvait occasionner des irritations delà membrane du tympan par

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l’action do l’eau salée; c’est possible, mais Van Harlingen croit que le danger existe plutôt, si, comme cela arrive dans les ébats de la natation, de l’eau salée a pénétré dans les fosses nasales et qu’au sortir de l’eau on ait cédé au besoin de se moucher; dans les efforts que nécessite cet acte, de l’eau peut être refoulée parla trompe d’Eustachc dans l’oreille moyenne. Il y a donc lieu d’attendre que le mucus nasal ait entraîné spontanément l’issue de l’eau salée, avant de satisfaire l’envie de se moucher.

Selon Guve (d’Amsterdam), l’habitude de respirer par la bouche est une des causes fréquentes de la surdité. Il est plus probable (Vallin) que cette surdité est due elle-même à la raison pour laquelle certains sujets ne peuvent respirer par les narines, à savoir, la présence de végétations naso-pharyngiennes, qui propagent l'inflammation jusqu’à la trompe d’Eustache.

Les cheveux , dont la longueur et l’abondance sont l’ornement delà femme, gagnent à être portés courts chez l’homme et même très courts chez les individus qui ont peu de temps à consacrer à leur toilette journalière. Il n’y a, du reste, que la propreté qui en bénéficie, car la coupe fréquente des cheveux, fùt-ce au ras de la peau, n’a pas la vertu que l’on croit de les multiplier; elle les rend seulement un peu plus gros et plus fermes; aussi n’est-il point mauvais de couper l’extrême pointe des cheveux chez les jeunes filles, ltaser la tête en vue d’arrêter la chute des cheveux est aller à l’encontre du but, puisque l’on compromet davantage la vitalité du bulbe pileux, déjà affaibli.

Les cheveux n’ont rigoureusement besoin que du peigne et de la brosse, d’une aération habituelle suffisante et, de loin en loin, d’une lotion savonneuse, tiède, rapide. Cependant les hygiénistes permettent la pommade aux personnes dont les cheveux pèchent par la sécheresse, cas bien rare, et la poudre d’amidon pour l’excès contraire. La brosse et le peigne, d’ailleurs, sont faits pour nettoyer et aérer les cheveux bien plus que le cuir chevelu lui-même; il est fâcheux d’employer des brosses très rudes et d’abuser du peigne lin; beaucoup de personnes, se raclant la peau à outrance pour se débarrasser de « pellicules » un peu abondantes et même d’un réel pytiriasis, ont dù la chute de leurs cheveux beaucoup plus au remède employé qu’au mal lui-même. Par la môme raison, les femmes qui tiennent à leur chevelure, et elles ont raison, ont le plus grand tort de la tirailler à l’excès, de la tordre, de la crêper, de donner aux cheveux une direction qu’ils n’ont pas naturellement; toutes ces manœuvres ébranlent le cheveu dans son implantation et le disposent à abandonner le cuir. Les coiffures les plus simples sont les meilleures pour l’hygiène et pour la conservation de la beauté.

Parmi les cosmétiques tolérés pour les cheveux, le plus inoffensif est la moelle de bœuf associée à l’huile d’amandes amères. On y ajoute, avec un médiocre succès, il faut le dire, la teinture de cantharides, le quinquina, le jus de citron, en vue d’arrêter la chute des cheveux, lorsqu’elle se manifeste. Quant aux « pommades pour faire repousser les cheveux », elles ne profitent qu’à ceux qui les vendent.

Les individus qui, sottement, recourent à la teinture des cheveux méritent peu d intérêt. On peut les prévenir seulement que toutes les teintures bon

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teint sont des matières minérales pins ou moins toxiques, sels de plomb, d’argent, de mercure, dont le moindre inconvénient est do compromettre jusqu’au bulbe pileux, mais dont il est parfois absorbé une portion.

Le temps est déjà loin de nous où le sexe masculin, régulièrement, et par mode, s’affublait de perruques plus ou moins monumentales; les hommes aujourd’hui, encore pas tous, il s’en faut, ne portent de perruques que pour remédier à une calvitie réelle et dans le cas où la dénudation du crâne est une cause positive de malaises et môme de maladies. Beaucoup de chauves préfèrent s’aguerrir. Mais il est clair qu’on ne saurait blâmer ceux pour qui la perruque est une sorte de vêtement, devenu une nécessité par des conditions spéciales, pas plus qu’on ne blâmerait, en des cas analogues, l’usage d’une coiffure d’étoffe, calotte, bonnet, etc. La perruque, toutefois, doit être légère, perméable à l’air et à la sueur, ne pas faire de constriction sur le crâne, être tenue propre et être quittée le plus souvent possible. Ce sont aujourd’hui les femmes qui, même sans nécessité, sont assujetties à la mode des cheveux postiches, nattes, bandeaux, boucles, chignons. Il est difficile que les faux cheveux se raccordent aux autres sans qu’il y ait quelque tiraillement pour ceux-ci; les chignons surtout étant quelquefois très lourds. En somme, les faux cheveux nuisent évidemment aux vrais et, dès que ce n’est plus qu’un sacrifice à la mode, il sera bon de le réduire au minimum.

Il importe, chez les individus vivant en groupes nombreux, les écoliers, les soldats, de veiller avec soin à détruire le parasitisme du cuir chevelu, qui se répand avec une extrême facilité à la faveur des contacts, des échanges de coiffures, des instruments des coiffeurs servant à tout le groupe. Lailler a montré comment il faut, en relevant les cheveux des garçons ou des filles, à la nuque principalement, et en faisant une raie avec une tige mousse, reconnaître l’intégrité de la peau, qui est d’un gris ardoise chez les bruns, pâle et légèrement rosée chez les sujets châtains ou blonds.

On constate la présence des poux , soit en les découvrant eux-mêmes à la racine des cheveux, soit plutôt par leurs œufs ou lentes, fixés au cheveu dans la longueur. L’emploi d’une poudre insecticide, quelques applications d’eau vinaigrée ou d’eau sédative, si les enfants n’ont pas de plaie, suffisent à les débarrasser. D’ordinaire, les pellicules et les croûtes, dues à la présence des poux, disparaissent avec ces parasites, pour peu qu’on y aide par des lavages à l’eau tiède, après lesquels on essuie la peau avec soin. Dans le cas de pellicules farineuses persistantes, Lailler conseille des lavages à l’eau de Panama, une fois par semaine, et l’application d’une très petite quantité d’huile.

Trois autres maladies contagieuses, dont deux au moins sont dues à un champignon, se rencontrent encore sur le cuir chevelu et doivent être l’objet de soins curatifs, en même temps que des mesures propres à en empêcher la propagation. Ce sont la teigne faveuse, la teigne tonsuranle et la pelade. Les garçons, plus turbulents, y sont plus sujets que les filles. La contagiosité de la pelade est contestée par A. Ollivior; il est probable qu’il exisle, en effet, des « peladoïdes trophonévroliques » (Leloir) ou d’autres

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alopécies partielles non transmissibles. Mais il y a une pelade visiblement transmissible, comme l’ont observé Hardy, Besnier, Lailler, Vidal, Coustan, et qui a tous les caractères d’après lesquels on peut soupçonner un agent parasitaire, bien qu’on ne l'ait pas encore déterminé, comme le constate Cornil. Dans les faits de Coustan (120 cas) sur la garnison de Montpellier, il lut évident que la tondeuse mécanique et des képis transmis avaient été les véhicules de la contagion. La récente épidémie des Sapeurs-pompiers de Paris, sur laquelle Léon Colin a fait un rapport au Conseil d’hygiène de la Seine, a montré la propagation par le fait de coucher dans les locaux où des malades avaient séjourné et spécialement de reprendre leur traversin.

Les parties génitales. — Il n’est pas de région du corps qui soit plus exposée que celle-là à l’accumulation des produits de sécrétion. Déplus, la conformation des organes comporte la présence de plis, de sillons au tégument, dans lesquels le contact permanent de deux surfaces cutanées ou muqueuses .est une cause spéciale de malpropreté. La circoncision chez l’homme, d’ailleurs absurde, trouve son excuse auprès de quelques hygiénistes dans cette nécessité d’épargner au membre viril, dans les pays chauds et arides, la stagnation du sébum versé par les glandes préputiales. La négligence, en effet, entraîne la persistance de ce produit sous le prépuce, sa fermentation et, par suite, la macération de l’épiderme muqueux, les excoriations et jusqu’à de véritables balanites. Il ne faut donc pas attendre l’époque du bain général pour en débarrasser l’organe, et ce devrait être un temps régulier de la toilette journalière. Il n'est pas démontré qu’en habituant de bonne heure les jeunes garçons à ces ablutions indispensables on fasse courir plus de risques à leur moralité qu’en entretenant chez eux la pruderie, la curiosité du mystérieux et le sébum putride qui excite le prurit de la verge et les entraîne à y porter la main; une lotion d’eau froide est parfaitement compatible avec la chasteté ; disons mieux, elle y aide.

La même prescription s’applique aux jeunes filles et aux femmes de tous les âges, d’une façon encore plus impérieuse. Mais il y a d’importantes modifications à y introduire en raison de la fonction menstruelle, dont les mères doivent surveiller l’établissement chez leurs filles, en leur enseignant les précautions de toilette que réclame cette époque : l’abstention du bain

froid, la suspension des lotions froides, le changement fréquent de linge, etc.

Galippe a fait remarquer le singulier travers qui porte les institutrices des maisons d’éducation religieuses à faire envisager parleurs élèves cette fonction comme une chose honteuse dont on ne doit ni parler ni s’occuper, de telle sorte que les enfants s’asseyent, couchent et marchent avec une chemise durcie ; qu’elles ont de véritables pertes pour n’avoir pas suspendu la promenade habituelle de la maison ; qu’elles se lolionnenl à tort et à traveis et s exposent à de sérieux accidents. Il est temps, décidément, d’apprendre à nos jeunes filles autre chose que les belles manières, la dévotion et la tapisserie.

L’anus doit prendre sa part dos soins de toilette dont il est ici question. D’adleurs, dans 1 intérêt de la peau, du linge et des vêtements, il faut veillera ce que cette région ne souffre pas trop, dans l’intervalle des lavages,

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des souillures auxquelles elle est vouée et, spécialement dans les habitations collectives, assurer aux individus les moyens d’une toilette sommaire après chaque défécation. Dans les hôpitaux militaires de Berlin, chaque malade reçoit, tous les matins, une provision d'e papier. C’est le moyen d’échapper à ce fâcheux précepte, rappelé par H. Frülich : « Si tibi charta deest, digitis absterge foramen. »

JiililiogTnpliic. — Germer : Épidémie t rie hop hy tique à Ferney-Voltaire (Acad, méd., n° 31, 1880). — Arndt : Deobachtungen an Spirochaete dcuticola (Archiv. f. patholog! Anatomie, LXXIX, 1880). — Miller : Der Einfluss der Mikroorganismen au f die Caries der Ziilme (Archiv f. experimentelle Pathologie, XVI, 1882). — Lucas-Championnière : Valeur du pain noir, des aliments phosphatés ; influence des excès de travail sur les altérations dentaires (Journal de méd. et de cliir. pratique, mai 1882). — Pietkiewicz. De l'hygiène de la bouche chez les enfants et les adolescents (Rev. d’hyg., V. p. 661, 1883).

— Galippe : Note sur l'examen de la bouche et de l’appareil dentaire dans les établissements consacrés à l'instruction publique (Rev. d’hyg., p. 889, 1883. — Dally, David, Magitot : Discussion sur le même sujet (Rev. d’hyg., V. p. 1010, 1883). — Galippe : Recherches sur la constitution physique et chimique des dents à l’état de santé et de maladie (Soc. biologie, mai 1884). — Gbye (A.-G.) : Des dangers que présente l'h%bitude de respirer par la bouche, tant pour l’organe de la respiration que pour celui de l'ouïe (V. Congrès internat, d'hygiène, à La Haye, 1884). — Magitot : Instructions relatives à l’examen de la bouche et des dents dans les Écoles (Rev. d’hyg., VII, p. 558, 1885). — Lailler : Instructions concernant les maladies contagieuses du cuir chevelu chez les enfants (Rev. d’hyg., VII, p, 575, 1885). — Galippe : Instruction concernant les soins à donner aux dents et à la bouche chez les enfants (Rev. d’hyg., VII, p. 571, 1885). — Du même -.L'hygiène de la bouche suivant les âges et suivant les sexes (Rev. d’hyg., VIII, p. 660, 1886).

— Ollivier (A.) : La pelade à l'école (Acad, méd., 8 février 1887). — Brocq (L.) : Doit-on considérer la pelade comme contagieuse? (Gazette hebdomad. de méd. et de cliir., p. 307, 1887). — Coustan : Épidémie de pelade achromateuse observée en 1886, à Montpellier (Rev. d’hyg., IX, p. 555, 1887). — Leloir (II.) : De la pelade et des peladoïdes (Acad, méd. 26 juin 1888). — Colin (L.) : La pelade dans le gouvernement militaire de Paris (Arch. de méd. milit., XII, p. 81, 1888).

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