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II. Conditions qui règlent l’alimentation

On a l’habitude de négliger ici les matériaux non combustibles, l’eau et les sels, et de ne songer qu’aux vrais principes alimentaires , pour déterminer les modalités de leur consommation dépendant des diverses conditions de la vie.

La taille. — La décomposition organique n’est pas exactement proportionnelle à la taille ; les individus petits consomment relativement plus que les grands. Ce qui est heureux, dans les armées, par exemple, où la ration est la même pour toutes les tailles. Cependant, l’homme, qui use des abris et des vêtements, échappe notablement à la règle d’après laquelle les petits animaux, ayant relativement une plus grande surface, se refroidissent plus vite que les grands. En général, le besoin d’aliments est en rapport avec le développement du système musculaire. Si un cheval de camion a besoin de manger plus qu’un petit poney, c’est d’abord parce qu’il est plus gros (plus musclé), et non parce qu’il travaille davantage (Voit) ; le travail dépendant lui-même à la fois de la musculature et de la consommation d’aliments.

JLe sexe. — Il ne paraît pas avoir d’influence comme tel, sauf que, dans la grossesse et la lactation, la femme a deux économies à nourrir.

■.’ftge. — Dans l’enfance, l’activité des cellules doit assurer l’augmentation delà masse du corps, laquelle est de 120 à 300 grammes par semaine dans la première demi-année, 100 à 200 grammes dans la deuxième ; ou encore de 0,76 à 1 p. 100 dans le premier mois, 0,70 à 0,90 p. 100 dans le second (Bouchaud, Fleischmann et Albrecht). Selon Forster, il est fixé, chez les enfants à la mamelle, environ 5gr,o de triphosphate de chaux par semaine, soit 1 kilogramme d’os en un an.

La croissance normale est entravée par un apport maigre, accélérée par un apport riche. Le gain en poids et par jour, selon Allherr, serait :

Enfant nourri au sein maternel ~tr,~

— au lait de vache 2 ,0

— — condensé 1 ,0

— à la farine Nestlé 0 ,5

La race , chez les jeunes animaux, influe sur la disposition au développement musculaire.

Il est remarquable que la quantité de substance fixée pendant la période de croissance soit faible, relativement aux besoins de l’enfant en principes alimentaires. Les combustions intra-organiques, en effet, ont une extrême activité chez l’enfant. Le tableau suivant, d'après Forster, A^oit et Pettenkofer, résume les faits sur lesquels repose cette loi, en indiquant la

générale.] CONDITIONS QUI RÈGLENT L’ALIMENTATION. 8:17

quantité de CO2 rendue par heure et par 10 kilogrammes du poids du corps, comparativement, chez les enfants et les adultes :

Nourrisson (fillette), âgée de 14 jours, entre deux tétcos 0*r,0

Garçons et filles de 3 A 5 ans, au repos (pain et lait) 1 1

— de G A 7 ans, au repos 11 ,7

de 9 A 13 ans G >'•>

(Forster.)

Adulte A la diète et au repos 4 ,4

— — en travail 7 ,1

— avec un régime moyen, au repos 5 ,5

— — en travail....- 7 ,2

— avec un régime riche en albumine, au repos G ,1

— — pauvre en azote, en travail 5, G

La même loi se représentant chez les animaux, il est plus facile d’engraisser les vieux que les jeunes.

Le travail. — On sait aujourd’hui, contrairement à l’opinion de Liebig et aux expériences de Parkes, Pavy, Austin Flint, que ce n’est point la combustion de l’albumine (du muscle) qui fournit la force transformable en travail. Cette formule de Voit a été confirmée par la mémorable expérience de Fick et Wislicenus, sur le Faulhorn, le 30 août 1865.

Après être restés 24 heures sans prendre aucun aliment azoté et ne s’êlre nourris que de gâteaux d’amidon frits dans la graisse, les expérimentateurs ont gravi la montagne et fait, d’une part, le calcul des unités de travail fournies par chacun d’eux, d’autre part, celui des unités de travail correspondant à la combustion de l’azote représenté par l’urée rendue dans les cinq heures et demie d’ascension et dans les six heures suivantes (1 calorie = 65 kilogrammètres).

Fick a brûlé 37sr,17 matières azotées sèches = 162,36 unités de chaleur = 69,003 unités de travail; alors qu’il a fourni réellement 129,006 unités de travail.

Wislicenus a brûlé 37 grammes matières azotées sèches = 161,62 unités de chaleur = 68,689 unités de travail disponibles, alors qu’il fournissait 148,565 unités de travail utile.

La combustion de l’albumine ne rend donc pas compte de plus de la moitié du travail fourni, ou de la chaleur convertie en travail. Mais il faut remarquer que les deux savants se sont placés dans les conditions les plus larges et qu’ils ont fait intervenir dans le calcul le double, au moins, de l’azote réellement brûlé pendant l’expérience.

Gavarret estime que la combustion de l’azote ne représente pas plus de 1 dixième du travail total. C’est peut-être exagéré; en définitive, l’albumine de circulation entre aussi dans des combinaisons chimiques de la nature des oxydations ; ce phénomène ne se fait pas sans production de chaleur et celle-ci doit trouver son emploi.

Suivant Oppenheim, il y a une légère augmentation dans la destruction d’albumine, quand le travail va jusqu’à la dyspnée, et Voit lui-même porte de 118 à 150 grammes le besoin d’albumine dans l’état de travail. Au fond, l’albumine peut être la nourriture exclusive et remplacer la graisse, comme nous avons vu ; c est donc qu’elle se dédouble en une partie azotée

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et une autre non azotée, facilement oxydable, pouvant fournir de la chaleur comme la graisse et les hydrocarbonés.

L activité du muscle amène son épaississement ; c’est-à-dire qu’il y a fixation d’azote sur les éléments musculaires. Aussi, l’animal entraîné supporte-t-il le jeûne plus longtemps que les autres. Notre espèce ne fait pas exception.

Le véritable aliment du travail, c’est la graisse ou les hydrocarbonés. Lavoisier et Séguin, Vierordt, Scharling, Edw. Smith, avaient constaté que GO2 augmente par l’activité musculaire. D’autre part, le travail n’augmente pas l’excrétion d’azote (Voit et Pettenkofer). Ce sont donc les principes hydrocarbonés qui fournissent la force utilisable.

Avec un régime moyen : Albumine 137 grammes; graisse 117 grammes; hydrocarbonés 352 grammes, Voit a trouvé la consommation de matière qui suit :

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