X. Les boissons
Les boissons ont pour rôle capital la restitution d’eau à l’économie. Les unes ne remplissent que celui-là ; ce sont les boissons que l’on peut appeler nécessaires , naturelles et communes ; car l’homme en partage l’usage avec les animaux. Celte classe est représentée par toutes les eaux non minérales , dites aussi potables , bien qu’il y ait parfois des réserves à faire sur leur aplilude à être prises en boisson ; on pourrait dire simplement : elle est représentée par 1 Eau. D’autres satisfont également à ce besoin de restitution, mais sont consommées dans un autre but encore, qui prime même le premier et qui consiste à chercher dans ces boissons une stimulation momentanée, un moyen d’attente vis-à-vis de l’alimentation régulière.
LES BOISSONS
générale.]
quelquefois avec un léger apport de substances positivement nutritives. De lé, une deuxième classe de boissons, qui méritent le titre d 'artificielles, non nécessaires , propres à l’homme. Elle comprend les breuvaejes alimentaires, café, thé, maté et analogues, et les boissoiis alcooliques.
Les développements donnés à la question de l’eau, au paragraphe des principes alimentaires et surtout au chapitre II qui lui est entièrement consacré, nous dispensent d’y revenir. Nous ne nous occuperons plus que de la deuxième classe de boissons, après quelques mots sur Y habitude et le mode de boire.
Le précepte de « boire quand on a soif » parait aussi simple que rationnel. Cependant, i! n’est pas rare que l’obéissance cà ce précepte entraîne des excès, soit dans la quantité de l’eau ingérée, soit dans la fréquence de l’acte. Boire de l'eau fraîche est fort agréable pendant la saison chaude ; aussi est-on porté à boire plus longuement et plus souvent qu’il n’esL nécessaire. Les excès aqueux, imposés aux clients de la méthode de Priessnitz, prouvent que l’abus dans ce sens n’est pas absolument dangereux, quand l’eau est irréprochable. Cependant, il peut arriver un moment où la distension de l’eslomac par l’eau a de réels inconvénients et provoque des troubles gastro-intestinaux. L’estomac devient inerte quand on en a dilué outre mesure les sucs actifs. Boire à longs traits, coup sur coup, pendant un travail énergique, une marche soutenue, entraîne un état de dépression souvent difficile àréparer. Quanta l’habitude de boire souvent, c’est surtout un esclavage que l’on se crée et qui devient singulièrement gênant dans de certaines occasions. Les soldats qui en sont affectés font le désespoir de leurs officiers dans les colonnes en marche et se jettent sur toutes les eaux que l’on rencontre pendant la route, au risque d’en ingérer de détestables. Fonssagrives conseille de résister à la soif, même ou plutôt surtout dans les marches ou le travail en pays chauds ; celte résistance est possible, dans des limites raisonnables, avec de la volonté. Quelquesuns y joignenlle palliatif du brin d’herbe ou de bois, mâchonné pour exciter la salivation, des petits cailloux dans la bouche, et autres moyens de tromper la soif. L'eau pure et fraîche, absorbée modérément et après des lotions de celte même eau sur les mains et la face, est un moyen de perdre du calorique et, par conséquent, de prévenir l’insolation, quand celle-ci esL à redouter.
La répétition de l’acte de boire, dans les pays chauds, entraîne à des déperditions sudorales excessives et débilitantes. Le procédé de boire, au chalumeau prévient à la fois l’excès dans la quantité d’eau et la répercussion froide qui résulterait de l’arrivée d’un seul coup d’une masse d’eau dans l’estomac.
Selon des dispositions individuelles, qui peuvent bien ne pas être toujours maladives, on boit plus ou moins et plus ou moins souvent. D’après les expériences de Decroix sur les chevaux, l’exagération de la ration aqueuse pousserait à l'embonpoint, tandis que sa réduction ferait diminuer la graisse des chevaux obèses. Albert Bobin, ayant constaté que « les liquides pris en abondance augmentent les oxydations sans augmenter parallèlement la désintégration organique », explique que l’eau doit être interdite aux individus chez qui l’assimilation l’emporte sur la désintégration et qu'elle peut, au contraire, faire maigrir ceux qui sont obèses par dénutrition imparfaite. A la vérité, Debove et Flamant affirment que « l’eau ne fait ni engraisser ni maigrir » et ne fait pas varier le chiffre de l’urée.
DE L’ALIMENTATION ET DES BOISSONS
[Hygiène