II. Influence sanitaire de l’exercice
Les conséquences sanitaires de l’exercice procèdent des phénomènes qui caractérisent et accompagnent le mouvement. C’est le domaine de la physiologie et il est à peine utile de les rappeler ici.
Le muscle est doué de contractilité. Il obéit à un influx nerveux et agit sur un levier, qui est un os. En général, les leviers osseux, chez l’homme, sont disposés pour transformer de la force en vitesse, au risque de donner des avantages à la résistance.
Le muscle en contraction s’échauffe (Ileidenhain, Becquerel et Breschet, Béclard, Thiry, Myerslein). Le sang veineux en sort plus noir qu’au repos, plus riche en CO2 (CI. Bernard). Il s’y forme de l’acide lactique {sar colactique), suffisamment pour le faire passer de la réaction alcaline ou neutre à la réaction acide. D’ailleurs, le raccourcissement du muscle facilite l’écoulement du sang veineux, sans faire obstacle à l’arrivée du sang artériel.
On sait que, même au repos, les muscles ne sont pas inertes, mais en état de tonicité musculaire. D’aulre pari, un muscle ou un système de muscles ne se contracte pas sans que les antagonistes n’en fassent autant pour modérer et régulariser le mouvement. La simple station verticale ne subsiste que par la contraction simultanée des muscles du cou, du dos, de l’abdomen, des cuisses, des jambes. Le phénomène de l 'effort met en jeu au plus haut degré celte solidarité musculaire.
Respiration. — Le mouvement accélère la respiration, augmente la quan-
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lilé d’oxygène absorbé et celle de CO2 et de vapeur d’eau exhalés par les poumons. Edward Smith, en faisant porter ses observations sur les modes les plus simples du mouvement et en prenant pour unité le coefficient respiratoire dans la position couchée, a obtenu les chiffres relatifs suivants :
La respiration (capacité vitale) au repos couché = l.
Position assise
Station debout
Marche à raison d’un mille (1,609 mètres) à l’heure
— à cheval, au pas
— à pied à raison de deux milles à l’heure
— à cheval, au petit galop '.
— à pied, à trois milles à l’heure
— — — avec un poids de 15 kil. 40...
— à cheval, au trot
Action de nager
Marche à trois milles par heure avec un poids de 53 kil. 5
— à quatre milles — —
Travail à la roue dentée
Course à six milles par heure •
L’horloger vigoureux de Munich sur lequel expérimentaient Voit et Pettenkofer rendait, en 12 heures de jour, 573 grammes CO2 au repos, 859 grammes en travail ; dans les 12 heures de nuit suivantes, 396 grammes après la journée de repos, 354 après celle de travail.
L’exercice augmente tout d’abord la fréquence des respirations et ne tarde pas à amener Y essoufflement chez les non habitués. Daily recommande d’éviter cet essoufflement et, dans le but de le retarder, de ne point respirer la bouche ouverte. Avec l'habitude de l’exercice, l’essoufflement disparaît et la respiration n’augmente plus que ù.' amplitude, ce qui est le bénélice à rechercher. Il convient, d’ailleurs, de diriger ce que nous avons appelé exercices libres de telle sorte que les mouvements des membres et les attitudes favorisent précisément cette amplitude des respirations, non point tant par l’abaissement du diaphragme que par le soulèvement de toute la paroi thoracique antérieure (respiration costo-supérieure).
Capacité respiratoire . — Le moyen de mesurer la capacité respiratoire ( capacité vitale, de Hutchinson) devrait consister à évaluer, au spiromètre, le volume d’air que peut contenir le poumon. Hutchinson a trouvé, au moyen de son instrument, une capacité moyenne de 3m,50 à 15° chez les adulles. Mais le spiromètre est d'un maniement assez délicat; il faut presque une éducation appropriée de la part des sujets observés. On a préféré, de nos jours, apprécier comparativement la capacité des diverses poitrines en mesurant simplement la circonférence thoracique, qui n'est qu’un des éléments de celte mesure, mais qui en est le plus important. Celte mensuration se fait à l’aide d’un ruban métrique en cuir, placé circulairement autour du thorax, en passant au niveau des mamelons, comme nous l’avons pratiqué à l’instar de beaucoup d’autres observateurs; ou au niveau de l’insertion inférieure des grands pectoraux, ainsi que le recommande Vallin, pour éviter une légère erreur qui résulterait de l'accumulation graisseuse mammaire chez certains individus. Ce dernier mode donne un chiffre un peu moins élevé que le premier, de 2 centimètres environ. La règle esL que la circonférence thoracique dépasse un peu la
générale.) INFLUENCE SANITAIRE DE L’EXERCICE. 1103
demi-taille, si on l’a prise bi-mammaire; qu’elle en approche de très près, si l’on a mesuré le périmètre sous-pectoral.
Enjoignant à celle mesure les indications du pneumographe, qui donne à la fois la fréquence el Yamplitude des respirations, on a des données suffisantes pour l'hygiène. Mais le pneumographe est déjà un instrument qui ne se trouve que dans des laboratoires bien outillés.
Il résulte des observations faites à l’École militaire de gymnastique de Joinvillele-Pont, par Marey et Hillairet, que le dévelppement thoracique conquis par la gymnastique correspond réellement à une aptitude respiratoire plus considérable, constatée et enregistrée au pneumographe, qui trace des courbes proportionnelles au volume d'air respiré. On prit cinq jeunes hommes qui arrivaient à l’École, on nota (le 19 août) la respiration de chacun d’eux au repos; puis immédiatement après une course de G00 mètres au pas gymnastique, en 4 minutes environ. Un mois après (21 septembre), on reprit un tracé chez les mêmes sujets avant el après la course; l’amplitude des mouvepients thoraciques au repos avait plus que doublé. On répéta l’observation de mois en mois. Au cinquième mois, il était à peu près impossible de remarquer un changement du mode respiratoire sous l’influence de la course; le nombre des respirations s’était réduit en moyenne de 20 à 12 par minute et leur amplitude avait plus que quadruplé.
Le professeur Jâger (de Stuttgart) comparant 25 soldats de recrue avec 25 soldats de un à deux ans de service et ceux-ci à cinq jeunes gens de même âge, assidus à l’École de gymnastique, constate que les premiers ne consomment que 59 centimètres cubes d’air par kilogrammes de leur poids, tandis que les seconds en admettent 60 centimètres cubes, et les élèves de l’École de gymnastique 74 centimètres cubes. L’un de ceux-ci allait même à 80 centimètres cubes par kilogramme de son poids. Jâger assure avoir lui-même porté sa propre capacité respiratoire de 39,2 à 46 décimètres cubes, 8 par un exercice de course régulier, continué pendant 2 mois et demi.
Circulation. — L’exercice augmente la fréquence et l’énergie des battements du cœur. Sous l’influence de l’active circulation musculaire (voy. plus haut), le ventricule droit se distend et il se produit une réelle congestion pulmonaire qui joue le premier rôle dans la dyspnée des exercices violents chez ceux qui n’en ont pas l’habitude. A ce moment, le pouls est toujours fréquent, mais il faiblit et peut devenir irrégulier. Clifford Albutt fait remarquer qu’il se produit une sorte de cercle vicieux; la poitrine se dilate énergiquement pour introduire l’air nécessaire à l’oxygénation du sang, mais cette introduction môme augmente la pression intrapulmonaire et empêche le cœur droit de se vider. Le cœur gauche, selon Traube, est soumis à un surcroît de travail en raison de l’augmentation de la pression artérielle. On a dit qu’il pouvait en résulter la dilatation des cavités gauches avec ou sans hyperlrophie. Si la situation durait, il arriverait un moment où les muscles respiratoires seraient épuisés, tant par excès de travail que par insuffisance d’oxygénation du sang qu’ils reçoivent (asphyxie musculaire). Le cas se réalise rarement. 11 peut toujours être évité par la progression dans l’énergie de l’exercice jusqu’à amener cet état si avantageux que l’on appelle « être entraîné » (de l’anglais : lo tram).
Les effets à lougue portée de 1 exercice sur la circulation, ne peuvent guère être
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précisés que par l'observation directe. Théoriquement, la souplesse et l’élasticité des vaisseaux, mises plus souvent enjeu par l’afflux du sang dans les parties exercées, ne peuvent que se développer. Cette plus grande liberté de la circulation est une des causes pour lesquelles les entraînés ne suenl plus. Partout où le mouvement du sang est reLardé par un obstacle, ce mouvement se convertit en chaleur. Le rapide échauflement des non habitués, à la suite d’un exercice, peut bien ainsi dépendre, pour une part, du défaut de souplesse de leurs artères. On comprend, du reste, que l'augmentation de la capacité pulmonaire par l’exercice contribue aussi, puissamment, à éviter la stase sanguine dans les poumons, à permettre au ventricule droit de se vider, à dispenser le ventricule gauche des efforts auxquels il est soumis au début. Aussi Schrôtter a-t-il pu, avec quelque apparence de raison, nier que l'exercice, même exagéré, fût jamais la cause unique de la dilatation cardiaque.
Pourtant les exercices violents et répétés paraissent positivement finir par apporter de sérieux désordres dans les fonctions et la- nutrition cardiaque. Da Costa signala la fréquence des palpitations dans les troupes surmenées de la guerre de Sécession américaine. Peacok a remarqué que l’insuffisance mitrale avec dilatation est commune chez les mineurs de Cornouailles qui, après avoir travaillé huit heures au fond des galeries, grimpent aux échelles pendant une autre heure pour en sortir; les ouvriers des mines de Durham et de Northumberland, que l’on remonte avec des machines, ne présentent pas celte infirmité dans la même proportion. Münzinger attribue la fréquence des affections cardiaques dans les environs de Tubiugen à la nécessité pour les habitants de gravir les montagnes du pays avec de lourds fardeaux. On sait aussi que les coureurs de profession, d’Angleterre et d’Amérique, sont communément victimes de leurs exploits.
Mais il n’en est pas de même des exercices qui ne vont pas jusqu’à faire appel au fonds de réserve des ressources de l’économie. Un exercice, de vigueur cependant, très en faveur en Angleterre, celui de la rame ( boat-racing ), avait été accusé par Skey (1867) et par Hope de causer plus de maladies du cœur que le rhumatisme lui-même. La Société clinique de Londres s’en émul. Morgan (de Manchester) releva tous les cas de maladie qui s’étaient déclarés à la suite des luttes à la rame dans les concours annuels d’Oxford-Cambridge, de 1829 à 1860; sur un chiffre de 294 concurrents, il ne trouva que trois décès de maladies du cœur, dont aucune ne pouvait être rapportée aux circonstances de l’exercice, et deux cas d’hypertrophie ou de palpitations chez les survivants, mais survenus dans un âge avancé. En somme, une notable partie de la population anglaise, pendant presque toute l’année, pratique le canotage, et les maladies du cœur ne frappent point par leur fréquence dans ce milieu.
Les facteurs ruraux, en France, dit G. Sée, n’ont jamais d’hypertrophie du cœur. Nous ne savons pas ce qu’il en est; les facteurs ruraux ne marchent pas beaucoup plus que ceux de la ville et ils ont assez l’air de ne pas se presser outre mesure.
La question du « cœur surmené » a été traitée avec beaucoup d’érudition (1887) par un médecin de l’armée, Coustan, en vue, naturellement, de l’hygiène et de la pathologie militaires. Malheureusement, cette étude n’apporte pas encore les preuves d’observation qu’il faudrait. Il y a, c’est incontestable, des troubles cardiaques fonctionnels chez les jeunes soldats, encore incomplètement développés, par le fait de quelques-uns des exercices du temps de paix et, surtout, du temps de guerre, si les débuLs se font sur le] champ de bataille; il y a même des maladies du cœur, méconnues jusque-là, qui se révèlent, en empirant d’ailleurs, à cette occasion. Mais il est difficile d’en voir davantage.
générale.] INFLUENCE SANITAIRE DE L’EXERCICE. H05
Quant au cœur empoisonné par les produits de déchet qui s’accumulent dans le surmenage général, c’est de la théorie pure, comme l’aulotyphisation de Peter.
L.« nutrition. — Le mouvement excite l’activité des organes digestifs. Il y a dépense plus grande de matériaux; par conséquent, le besoin de restitution augmente aussi et l’absorption se fait plus rapide. 11 est probable aussi que, par l’exercice, les viscères abdominaux sont mécaniquement aidés dans leur mouvement et, d’ailleurs, bénéficient de la suractivité générale de la circulation. Ces conditions, toutefois, manquent le but dans un cas : celui où l’individu se livre à un exercice énergique en se levant de table: l’afflux du sang aux muscles détourne celui qui devrait, à ce moment, se concentrer vers l’estomac, et les secousses mécaniques précipitent trop tôt le contenu de celui-ci dans l’intestin. Nous avons maintes fois personnellement remarqué et signalé, dans l’armée, l’inconvénient sérieux qui résulte, pour les jeunes cavaliers, de l’obligation assez répétée de monter à cheval immédiatement après le repas. C’est une façon d’annuler l’alimentation.
Sécrétions. — Le mouvement excite la fonction sudorale d’une façon d’autant plus intense que l’assuétude est moindre chez les individus et que la température extérieure est plus élevée. C’est la conséquence de l’accumulation du calorique intérieur, de l’exagération des combustions interstitielles qui fournissent la chaleur transformable en travail et, sous l’appel du système nerveux, ont une tendance à en fournir trop pour qu’il y en ait assez. L’économie se défend contre la tendance au surcliauffement en évaporant de l’eau. Cette eau est fournie d’abord par celle des tissus et du sang; puis, par les combinaisons nouvelles des matières alimentaires; enfin, par les boissons, dont le besoin ne tarde pas à se faire sentir. L’exercice est un moyen sûr d’exprimer de la fibre animale les sucs aqueux superflus, de la raffermir par conséquent et de concentrer en quelque sorte le sang.
Voit et Petlenkofer ont reconnu que l’exercice fait plus que doubler la perte d’eau parla peau et les poumons. Maclaren porte à une moyenne de 40 onces (1,245 grammes) la perte subie parle fait de l’évaporation cutanée et pulmonaire, en six jours consécutifs, avec une heure d’escrime énergique par jour. Des membres d’une société nautique ont assuré à Brayton Bail qu’il leur arrivait parfois de diminuer de plus de 2 kilogrammes de leur poids en une après-midi, à la suite de l’exercice de la rame pendant la saison chaude. Un étudiant anglais parvint à perdre près de 6 kilogrammes en une seule course soutenue, avec un vêtement épais.
En revanche, et comme on pouvait le prévoir, la quantité d’urine diminue, à moins qu’il n’y ait eu ingestion de boissons abondantes.
Le chlorure de sodium rendu diminue également (puisque la sueur en a éliminé). Les acides urique, sulfurique, phosphorique, et le pigment augmentent. La potasse et la soude excrétées l’emportent sur la chaux et la magnésie.
Il est inutile de revenir sur la question de l’élimination de l’urée, qui est tranchée par ce que nous avons dit du rôle respectif des aliments .azotés et Arnould, Hygiène. 2° édit. 70
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des hydrocarbonés, comme source de chaleur transformable en travail (p. 857). Voit et Pettenkofer, Haughton, Lawes et Gilbert, ont conclu de leurs expériences ou de leurs observations que l’excrétion d’azote urinaire est peu ou point augmentée par l’exercice, à moins de surmenage. Au contraire, Simon, Lebmann, W. Hammond, Edw. Smith, Parkes, W. Nortb, Byasson, Ritter, et surtout A. Flint et Pavy, ont reconnu une augmentation plus ou moins sérieuse de l’urée rendue, dans les mômes conditions, et môme une excrétion d’urée « plus considérable que ne le comporterait la richesse azotée du régime ». Or, il est certain qu’il peut y avoir, en effet, de la chaleur transformable en travail, fournie par la décomposition des albuminoïdes; mais ce n’est qu’une ressource accessoire de l’économie et les observations de Pavy, sur le coureur Weston, ont été aussi mal interprétées que l’expérience était mal instituée.
Nutrition musculaire. — Les muscles s’accroissent en volume par l’exercice; c’est la conséquence de ce qui a été dit de l’afflux du sang dans le muscle en contraction. L’observation vulgaire a depuis longtemps établi que le système le plus exercé est aussi celui qui gagne le plus: les mollets des danseuses, les bras des boulangers, etc. Il est vraisemblable que cet accroissement est à la fois une hypertrophie (augmentation de volume des fibres), et une hyperplasie (multiplication des éléments anatomiques).
Les observations recueillies sur les élèves de l’École de gymnastique de Joinvillele-Pont, par Ckassagne et Daily, nous paraissent très propres à donner une idée du gain musculaire que l’on peut obtenir de l’exercice méthodique. On en juge par l’augmentation de la force musculaire et celle du poids du corps, dans de certaines conditions (si le poids du corps diminue pendant que le dynamisme augmente, il peut n’y avoir pas moins un gain).
Dynamique générale. — Chassagne et Daily ont apprécié cette condition en mesurant au dynamomètre l’effort de soulèvement , celui qu’il faut pour enlever du sol un poids considérable. La mesure de l’effort de traction, obtenue de la même manière, semblerait pouvoir concourir à la même appréciation. La force de soulèvement moyenne, chez l’homme de 23 ans, est de 86kil,lo; celle de trait, de 42kll,S3.
Dynamique partielle. — C’est la force de flexion ou d’exLension d’un membre ou d’une portion de membre, avant-bras, main, jambe. Cette détermination se complète, à notre avis, de la mesure de la circonférence des membres. Selon Chassagneet Daily, chez un homme de 23 ans, la dynamique partielle moyenne est:
Force des fléchisseurs de la main droite
— — — gaucho . . .
— — des deux mains
— — des bras tendus
— de port des fardeaux
— de progression ou de trait
— de détente de la jambe (coup de pied)
kit.
Poids. — Il se détermine avec la balance-hascule. Chez 1 adulte jeune et bien conformé, de taille moyenne, le poids est à très peu près d’autant de kilogrammes que la taille a de centimètres au-dessus de 1 mètre. L’homme de 23 ans, d une taille de 1 m ,60, pèse moyennement 60 kilogrammes. Au-dessus de celle taille, il est presque normal que le chiffre des kilogrammes soit supérieur à celui des centimètres; au-dessus de fœ,6o, il est presque normal.qu’il soit inférieur : 1 homme
générale. 1 INFLUENCE SANITAIRE DE L’EXERCICE. 1107
de im,70 pèse rarement 70 kilogrammes. D'ailleurs, régulièrement aussi, c est chez les grandes tailles que le rapport de la circonférence thoracique à la taille est le moins élevé (J. Arnould).
Or, en comparant les professions rurales cMxprofessions urbaines, et, parmi ces dernières, comparantentre elles les professions manuelles à l’air libre, à l'air confiné, les professions assises et les professions intellectuelles, Chassagne et Daily constatent une remarquable supériorité des professions rurales, qui s’exercent à l’air libre, mais, en outre, se distinguent par la variélé des mouvements et la mise en œuvre de tout l’ensemble musculaire, tandis que les ouvriers des villes répètent constamment les mêmes mouvements et n’exercent qu’une partie de l’appareil moteur. Les mômes observateurs relèvent l’exagération du périmètre throracique et de la dynamique des membres supérieurs chez les forgerons, serruriers, boulangers, qui, en revanche, ont les membres inférieurs faibles; la gracilité des membres, inférieurs et supérieurs, chez les tailleurs, cordonniers, etc. ; la supériorité du poids sur les centimètres de taille, pour les professions intellectuelles, - vivant dans l’oisiveté musculaire et chez lesquelles la recette alimentaire prime la dépense. L’exercice rationnel, en effet, diminue le poids tout en augmentant les périmètres thoracique et musculaire et la dynamique générale ou partielle.
Influence des professions sur la musculature , la dynamique et le poids individuels
(Chassagne et Daily).
PROFESSIONS