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Le poids a diminué de
chez G3,G —
Selon Jager, qui attache avec raison une extrême importance à l’élimination de la graisse et de l’eau par l’exercice, le poids spécifique du corps augmenterait quelle que soit la diminution de poids absolu. Il a constaté que, dans la garnison de Stuttgart, les recrues pèsent 843gr,7 par litre ; les soldats d’un an de service, 917gr,l ; ceux de deux ans, 947gr4. Il y a donc condensation de la fibre, évidemment par disparition de l’élément le plus léger des tissus, à savoir la graisse.
L’appréciation des effets de l’exercice par cette détermination du poids spécifique paraît plus rationnelle que la constatation de la perte du poids absolu, perte dont il ne faut, d’ailleurs, se louer qu’autant qu’elle coïncide avec une élévation de la dynamique générale et partielle et l’augmentation de volume des muscles. Lorsque l’individu exercé s’est débarrassé de la graisse accumulée par l’oisiveté ■et de la succulence inutile des tissus, il est plutôt normal qu’il cesse de perdre du poids et même en reprenne, du momenL que le système musculaire continue à ■s’hyperplasier et à se condenser. Même, dans les méthodes d’entraînement, on s’est trop acharné à faire disparaître la graisse; encore faut-il que le sujet soumis ■à l’entrainement s’y soit présenté avec un réel excès de richesse du tissu adipeux ; si le cas se réalise chez les adultes, en particulier chez les Anglais buveurs de bière, on le voit rarement chez les jeunes gens à un point tel qu’il faille se préoccuper de les en exonérer. Brayton-Ball fait la même réflexion en ce qui concerne l’amoindrissement de la proportion d’eau par la sudation ; les muscles doivent garder 75 p. 100 d’eau pour pouvoir fonctionner; il ne faut donc pas chercher la dessiccation à outrance. La méthode de Jager, de pousser l’exercice et Yêchauffemcnt jusqu’à épuisement, en vue de provoquer la sudation, nous parait d'une violence inutile et dangereuse. Quand les entraînés sont « en condition », comme on dit en Angleterre, ils ne suent plus ; mais ce n’est pas qu’ils n’aient plus d’eau à perdre, c’est le résultat du jeu plus facile des fonctions, de la diminution des frottements, en particulier des frottements vasculaires ; d’ou une moindre accumulation de chaleur et une nécessité moindre d’évaporer.
En Angleterre, au camp d’Aldershot (Parkes) ; à Berlin, à l’Institut central de gymnastique ( Central-Turnanslalt ), selon Roth, on fait régulièrement des mensurations et des pesées semblables à celles que Chassagne et Daily ont exécutées au fort de la Faisanderie. Les résultats relatifs à l’augmentation du périmètre thoracique et du volume des membres sonL dans le même sens que ceux des observateurs français. Il en est autrement du poids, et nous relevons ici celle différence, parce que la diminution observée généralement chez nos compatriotes (fkil,359 en
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moyenne dans les 2/3 des cas) est quelque peu étrange et révèle peut-être une lacune, soit dans la conduite des exercices, soit dans le régime alimentaire de nos élèves de l’école de Joinville. Ces élèves ont un supplément de solde de 10 centimes par jour, qui sont versés à l’ordinaire. Ce n’est peut-être pas une amélioration proportionnée à. l’intensité de l’exercice. A Berlin, 73 p. 100 des officiers exercés (régime généreux) ont gagné du poids ; l’augmentation maximum a été de 19 livres et demie en 6 mois ; 66 p. 100 de sous-officiers (3 mois d’exercices très actifs, saison chaude, régime moins riche) ont gagné en poidsmaximum 19 livres; enfin, les gens du civil, généralement plus âgés et moins habitués que les précédents aux exercices physiques, ne gagnèrent que 17 livres et demie au maximum. Ilammersley (in Parkes), qui constate, chez 360 hommes,, après 3 mois d’exercices deux à trois fois la semaine, une augmentation du périmètre thoracique de 0m,026 à 0m,052, note également une augmentation de poids de 1,000 grammes en moyenne, nonobstant la disparition du remplissage adipeux sous-cutané. Schullze et Léo, en Allemagne, ont obtenu les mêmes résultats des mensurations thoraciques chez les cavaliers (Roth et Lex).
Système nerveux. — Le professeur Jâger assure avoir constaté une rapidité plus grande du courant nerveux à la suite de l’élimination d’eau àl’aide d’un bain de vapeur; lui-même aurait recouvré, après cinq bains de vapeur, l’activité cérébrale qu’il sentait lui échapper dans le travail de rédaction.. Si les sudations de l’exercice produisent le même effet, ce serait donc un moyen de rendre le fonctionnement cérébral et nerveux plus libre, plus parfait, plus productif. Il est possible que le résultat se manifeste dans ce sens et de prime abord chez des sujets de constitution moyenne, un moment surchargés d’embonpoint par l’oisiveté et engagés dans une existence par trop animale. Mais ce qui arrive d’ordinaire, immédiatement, c’est qu’une séance d’exercice énergique fasse tomber l’éréthisme nerveux, s’il existe, et dispose mal aux élaborations intellectuelles pures. Par la continuité méthodique, l’exercice entraîne toute la vitalité, par conséquent aussi la puissance nerveuse, tout en la pondérant d’une façon favorable ; nous allons voir combien est désirable ce précieux équilibre. Si la culture musculaire l’emporte d’une manière exclusive ou trop sensible, il est rare qu’il n’en résulte pas une sorte d’encrassement du système nerveux, sauf celui de la vie organique, dans la masse charnue des sujets. Les athlètes, les hercules, se sont acquis une fâcheuse réputation d’infériorité intellectuelle.
Il n’en va pas de môme lorsque l’exercice est réglé, proportionné, mis en équilibre avec la culture morale. Le cerveau et les muscles fonctionnent à l’unisson, se développent de pair et se prêtent un secours réciproque si le premier est moins fécond, c’est uniquement en produits mal venus, sans consistance, difformes. La culture cérébrale, seule et non compensée par la culture musculaire, est même infiniment plus dangereuse que celle-ci exclusivement pratiquée. C’est elle qui imprime au cerveau une activité prématurée, marchant plus vite que le développement normal de l’organe, équivalant à une déformation ; elle, qui est responsable de l’impressionnabilité maladive de beaucoup d’organisations, des terreurs superstitieuses, des croyances absurdes, des débauches d’imagination, des manifestations bruyantes de passions folles; autant de réelles perversions
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mentales qui font croire que celte mauvaise méthode, appliquée à l’éducation des enfants, n’est point étrangère à la fréquence de la folie.
« Le meilleur moyen de combatlre les travers de l’imagination chez les enfants comme chez les hommes, c’est de les soumettre à tous les exercices réguliers qui calment le cerveau en fortifiant le corps. Si l’on veut faire contre-poids aux formidables empiètements du système nerveux, il faut que l’on favorise la revanche du système musculaire (Paz). » En France, on exerce peu les filles; par contre, ont les nourrit de superstitions, d’images mystiques, d’ardeurs concentrées. Aussi n’est-il pas de pays plus riche en hystériques, en extatiques, en possédées, manifestations morbides dont le caractère trahit suffisamment l’origine, et auxquelles se mêlent de temps à autre des débordements érotiques de la plus étrange physionomie.
Le fonctionnement cérébral, avons-nous dit, détermine physiologiquement l'afflux du sang vers les centres crâniens et réchauffement du cerveau ; ce n’est donc qu’une juste compensation d’obliger avec une fréquence égale le sang et le calorique à se disperser par tout le système musculaire, à la périphérie, en permettant au cerveau une relâche intermittente.
Les exercices physiques sont une tradition dans les Universités anglaises, et nul ne saurait prétendre que les intelligences y soient moins bien trempées qu’ailleurs. Parmi les étudiants d’Oxford et de Cambridge, Clarke et Morgan ont constaté que les meilleurs rameurs et les plus habiles joueurs de cricket sont aussi ceux qui remportent le plus de palmes académiques. Les jeunes gens s’exercent systématiquement et s’entraînent pour pouvoir figurer honorablement dans les Universités auxquelles ils se présentent. A la veille des examens, ils cessent tout travail intellectuel et, pendant plusieurs jours, ne pratiquent que les exercices du corps (OEslerlen); contrairement à nos élèves qui, en pareille occurrence, passent à se surmener le cerveau les derniers jours qui les séparent des épreuves universitaires. En Allemagne et en Suisse, toute école a son gymnase; il n’est pas un jeune homme qui ne le fréquente jusqu’à un âge avancé de la virilité. « A Brême, dit Daily, ce sont les professeurs de sciences et de lettres qui, à la Bürgerschule, donnent entre deux classes un cours d’exercices ; et il faut noter, d’ailleurs, que pas un des professeurs de n’importe quel enseignement n’a échappé, dans le cours de ses études professionnelles, à l’entrainement gymnastique. »
En un mot, l’exercice, pourvu qu’il soit varié, agréable et accompli dans un milieu salubre, contrebalance les efforts cérébraux imposés à notre génération. Il prévient le surmenage intellectuel et protège contre ses conséquences. On l’a dit infiniment mieux et plus longuement, à l’Académie de médecine, en juilletaoût 1887.
Elévation de la résistance physique. — C’est la traduction la plus générale, la plus étendue et la plus complète des effets sanitaires de l’exercice. La résistance physique consiste dans le degré d’insensibilité à l’influence des agents atmosphériques, aux' agents de traumatisme, aux causes de fatigue et même aux principes spécifiques des maladies. Les Anglais l’appellent « endurance ».
Les résultats de l’exercice, sous ce rapport, sont prodigieux et atteignent môme plus loin qu’on n’aurait pu s’y attendre. Les boxeurs anglais, entraînés, sont presque inaccessibles à la douleur et reçoivent en plein
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visage des coups effroyables, sans abandonner la lulle. Chez ceux qui sont bien « en condition », les coups de poing produisent à peine des ecchymoses, tandis que chez les autres il apparaît des bosses sanguines qui les aveugleraient, si on ne les incisait pour écouler le sang extravasé.
Nous ne citons que comme une preuve entre autres cet exemple extrême, qu’il ne faut pas imiter. Dans des conditions ordinaires, Jager constate qu’à Stuttgart, les absences de l'école étant de 3,98 p. 100 élèves dans les gymnases ordinaires, elles ne sonl que 3,33 dans l’établissement du Comité d’éducation gymnastique, où les exercices sont plus énergiques que dans les autres; la différence est donc de 125 à 100. Chassagne et Daily relèvent, sur 8,000 hommes qui ont suivi les cours de l’école de gymnastique de Joinville-le-Pont, 1,333 entrées à l’hôpital; soit IGG, 62 p. 1,000, alors que la moyenne pour l’armée oscille à peine autour de 250 entrées p. 1,000 hommes d’effectif. Un des résultats les plus heureux que l’observation de ces auteurs ait mis en lumière est la rareté de la phthisie chez les élèves gymnastes : 5 cas pour 8,000 hommes, alors que la moyenne de l’armée est de 3 à 4 p. 1,000 (décès et réformes). Les élèves gymnastes ont pu, il est vrai, avoir été déjà l’objet d’un choix dans leur régiment; mais ce choix seul n’a pu suffire à constituer une pareille supériorité. Rien ne s’oppose à ce que l'on accorde en ceci une sérieuse importance à l’exercice respiratoire lui-même, à l’obligation dans laquelle se trouvent les gymnastes d’user de tout leur poumon, y compris le sommet, habituellement oisif et siège d’élection des tubercules; à l’ampliation totale de la poitrine, démontrée plus haut. Mais nous pensons que le rôle de l’élévation générale de la vitalité n’est pas moindre que celui de cette amélioration locale en ce qui concerne l’immunité phthisique des jeunes hommes soumis à l’entraînement gymnastique.
II serait bien intéressant de faire des comparaisons analogues d’un groupe populaire à l’autre et d’une nation à une autre, en 7-approchant la mortalité par catégories d’âges dans chaque groupe. Les effets de l’habitude des exercices physiques sur la vitalité ne peuvent être bien appréciés parla considération de la mortalité générale.
Il est vulgaire que les individus à professions manuelles, particulièrement ceux qui travaillent à l’air libre, sont à peine influencés par le froid humide, par les hivers rigoureux, tandis que les hommes à profession sédentaire sont pris de coryza, de laryngite, de bronchite, à peu près au coin du feu.
On ne voit jamais mieux l’élévation de la résistance par l’exercice proprement dit qu’en comparant les troupes exercées avec les levées récentes, au point de vue de l’aptitude à soutenir une campagne. L’armée française qui, en 1805, gagna la bataille d’Austerlitz, avait été préparée au camp de Boulogne ; elle ne comptait pas d’homme au-dessous de vingt-deux ans; clic fit 400 lieues à pied sans pour ainsi dire laisser de malades sur sa route. Au contraire, l’armée de Wagram (1809), tout aussi héroïque, mais composée de jeunes soldats, avait encombré les hôpitaux avant d’arriver à Vienne, et jalonné la route de cadavres. 11 faut, sans doute, tenir compte de l’âge. Mais nos mobiles et mobilisés de 1870-71, dans l’âge de la virilité, pris aux champs ou à l’atelier et physiquement bien développés, ne résistèrent pas mieux; leur force réelle ne suppléait pas le manque d’entraînement spécial, bien que d’autres conditions puissent être invoquées encore pour expliquer l’inconsistance physique des armées de la Défense. Nous relèverons toutefois ce fait étrange, dont se vantent avec quelque droit les écrivains allemands et qui contredit aux souvenirs de la retraite de Russie (1812); à savoir que les troupes allemandes ont nneux supporté le froid de l’hiver de 1870-71 que les soldats français. Avec quel-
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quos autres circonstances déjà indiquées, l’aguerrissement des soldats étrangers a certainement eu une bonne part dans cette supériorité d'endurance. W. Roth, médecin en chef du XIP corps (Saxe), a également fait ressortir les aptitudes à la marche de ces vainqueurs, naturellement lourds et positivement mal chaussés - une division a fait 34 milles (231,872 mètres) en neuf jours consécutifs, à peu près 28 kilomètres par jour; 11 milles et demie (83,192 mètres) en deux jours; 33 milles et demie (411,144 mètres) du 29 octobre au 17 novembre. L’armée bavaroise de von der Tann, battue à Coulmiers, trouva assez de jambes pour se retirer de 67 kilomètres en vingt-six heures. Les vainqueurs de Sedan firent de 33 à 43 kilomètres par jour pour gagner Paris. Personne n’a mis en doute que cette puissance d’efforts ne soit due au soin avec lequel on cultive le développement physique en] Allemagne.
Nous n'avons pas les moyens de démontrer que l’accroissement de résistance par l’exercice confère un certain degré d’immunité vis-à-vis des maladies spécifiques. Mais nous avons dit ailleurs que la manière de ne pas faire du corps humain un milieu adéquat pour la pullulation des germes morbides consiste à porter à son summum l’intensité du mouvement vital. On peut donc se permettre ici un à priori qui n’est point trop téméraire en attendant que des observations faites dans cette direction et pour ce but aient prouvé que les gymnastes et les entraînés bravent mieux que d’autres les influences épidémiques ; ce qui ne nous paraît point une vaine espérance.
Bornons-nous à la simple mention du traitement du choléra au début par la marche forcée, indiqué par Pauly et, depuis, par Jàger, qui explique le succès de la méthode en faisant remarquer que l’appel de la sueur à la peau coupe court au flux séreux intestinal, et pense pour ce fait avoir droit au prix Bréant.
Harmonie des formes. — Il semble que l’homme, qui marche sur deux pieds, ait naturellement plus de difficultés à trouver une attitude correcte et un mode de locomotion régulier que les quadrupèdes. Le fait est que, parmi les enfants de n’importe quelle classe, un certain nombre marchent de travers et acquièrent à un degré plus ou moins prononcé le développement anormal du membre inférieur qui est le pied plat valgus. U peut, du reste, y avoir en ceci quelque vice de nutrition venu par transmission héréditaire. Concurremment, élevés avec quelque liberté ou soumis aux pratiques scolaires les plus répandues aujourd’hui, les enfants adoptent d’eux-mêmes, ou à la faveur des défauts de construction du mobilier de l’école, telle ou telle attitude vicieuse qui finit par se transformer en habitude de nutrition générale et déterminer le développement irrégulier des muscles et du squelette, des déviations du rachis, des torsions du bassin, 1 atrophie relative d’un système de muscles, l’hypertrophie du système correspondant, etc. Plus tard, appliqués à l’agriculture et surtout à l’industrie, les jeunes hommes sont forcés de répéter incessamment le même mouvement et manquent d’aptitude à l’accomplissement des autres; souvent, une partie, un membre, se développe seul, laissant les autres dans un état d incapacité relative. Les recrues de la campagne arrivant au régiment, quoique de belle stature, se distinguent d’abord par leur lourdeur et leur gaucherie: les hommes venus des ateliers sont habiles des mains, mais pèchent par le développement d’ensemble. Les filles, dont la destination à la maternité donne une si grande importance à la régularité du squelette, sont sou-