NORMANDS OU UELG ES- NORMANDS
Infirmités générales. . .
Myopie
Mauvaise denture
Hernies
Varicocèles
Varices
2° Aptitudes pathologiques des Français. — Elles sont aussi étendues que variées et ne nous distinguent pas suffisamment des peuples voisins. Nous n’avons pas plus de tuberculose que les Anglais et surtout que les Allemands. Mais nous conservons, sous le rapport de la fièvre typhoïde , une supériorité fâcheuse, qui ne lient probablement à rien d’ethnique, mais
spéciale.] LES GROUPES ETHNIQUES.
dépend d’une certaine lenteur dans les réalisations d’hygiène urbaine. Heureusement, sans être réfractaires au typhus exanthématique , comme Chauffard tendait à le croire, nous ne l’entretenons pas comme les Irlandais, les Silésiens, les Polonais, les Arabes.
La lèpre , autrefois très répandue, a presque disparu du sol français; les points où elle est restée le plus longtemps sont Belle-Isle-en-Mer (Rochard, Cabrol), les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-lthône (Fodéré). Dans ces derniers parages, elle a pu se rattacher à l’arrivée des Lombards (du Danemark) ou plutôt aux visites des Sarrasins.
On a beaucoup discuté sur l’immunité des Français à l’égard de la suelle dite anglaise , à propos de l’observation de cette maladie par Jean Kaye (Caius Brilannicus), à Calais, en 1518, où elle n’aurait atteint que des Anglais. Depuis lors, elle se montra à Leipzig (1652), puis en Picardie (1718). De sorte qu’il est à présumer que suetle anglaise , suette miliaire , suelle picarde, ne sont qu’une seule maladie (Grisolle, J. Guérin, A. Hirsch, Monneret et Fleury). Un moment, on a pu croire que la suette, plus fréquente dans notre zone Nord, de la Normandie à la Franche-Comté, affectionnait l’élément ethnique blond, de haute taille, dolichocéphale (A. Bordier). Mais voilà qu’en 1887, à l’occasion de l’épidémie de la Vienne, Thoinot et Honlang démontrent que, depuis 1821, la suette a frappé, en France, 55 départements. C’est à peine si l’on reconnaît la prédominance celtique dans ceux qui sont restés indemnes.
L’ergotisme, qui est surtout convulsif en Allemagne (Léon Colin), est plutôt gangréneux en France.
La scarlatine, maladie redoutable en Angleterre, ne nous épargne pas, mais nous est beaucoup moins cruelle.
Le choléra ne s’acclimate pas en France. En eux-mêmes, les Français n’ont le privilège d’aucune immunité vis-à-vis du fléau asiatique.
La fièvre jaune visite nos ports, mais ne s’implante pas dans l’intérieur du pays, comme elle l’a fait quelquefois en Espagne. Pour ces deux fléaux épidémiques, la climatologie, la nature du sol, l’hygiène, sont de plus sûres protections que notre ethnologie.
Les provinces de Lorraine et Barrois ont perdu la fâcheuse renommée qu’elles avaient jadis sous le rapport de la fréquence des calculs urinaires.
3° Résistance au traumatisme . — Lorsque l’on eut à comparer les résultats de la chirurgie étrangère avec ceux de la nôtre, Velpeau, Chauffard, Legouest, émirent l’opinion que les races du Nord, en particulier la race anglo-saxonne, sont naturellement plus indifférentes aux grands traumatismes que les races françaises. Proust répéta la même formule, et G. Lagneau supposa aussi que les succès de Kœberlé en ovariotomie tenaient à ce qu’il opérait sur la chair alsacienne. Nous savons aujourd’hui que c’est beaucoup moins une question de résistance du patient qu’une question de milieu, d’ opérateur et de méthode. Tous les hommes, ou peu s’en faut sont égaux devant l 'antisepsie et l 'asepsie.
4° Aptitudes générales. — Les Français sont sobres, plus au Midi qu’au Nord; moins que les Espagnols, beaucoup plus que les Anglais et que les
1136 HYGIÈNE SOCIALE. [Hygiène
Allemands. Les Aquitains-Ligures se contentent aisément d'une nourriture presque entièrement végétale et usent peu de 1 alcool, quoique leur région soit couverte de vignes. Les races kymriques mangent davantage, mais inclinent vers les abus d’alcool, de môme que les peuples du Nord. Les Bretons d’Armorique, mais aussi les Germains de l’extrême littoral, ainsi que les Normands, versent dans l’alcoolisme, bien que la race celte soit en somme, peu exigeante au point de vue de la nourriture.
Les Français sont aptes à la culture des champs; les familles galates et normandes plus que les Celtes et surtout que les Ibères. On sait que les Maures d’Espagne dépassaient beaucoup, sous ce rapport, la population indigène.
La France aime les arts et la littérature. Elle a, dit-on, le sens de la forme, tandis que l’Allemagne se pique d’avoir « la pensée profonde ». Les citadins excellent dans l’industrie; les ruraux sont notoirement routiniers. Mais, de part et d’autre, on a un violent besoin d’individualité et de propriété. C’est la France qui a proclamé les « Droits de l'homme ». Cette tendance, unie aux habitudes de sobriété et de travail, explique que la France soit le pays de l'épargne et qu’elle incline à tenir la richesse sous la forme métallique, au lieu de la laisser passer dans le développement de l’agriculture et l’expansion démographique. Ce qui est probablement une faute et une grave imprudence; il est dangereux de n’avoir que des milliards à sa disposition, quand on vit au contact de tribus prolifiques et affamées.
5° Aptitude à l' acclimatement au dehors. — En soi, la nation française, y compris l’élément germanique, est parfaitement apte à coloniser au loin; le Canada et l’Algérie en sont des preuves. Vis-à-vis de l’acclimatement en pays chauds, les Français le cèdent aux Italiens et surtout aux Espagnols; mais ils paraissent l’emporter sur les Allemands et d’autant plus qu’ils sont de provenance plus méridionale (Voy. page 419).
6° Puberté féminine. — D’après les constatations de Reynaud et Puech, à Toulon; de Girard, à Marseille ; de Puech, à Nîmes; de Courty, à Montpellier; de Petiteau, aux Sables-d’Olonne (Vendée); de Pétrequin et Bouchacourt, à Lyon ; de Brierre de Boismont, Dubois, Pajot, de Soyre, etc., à Paris ; de Leudet, à Rouen; de Stœber et lourdes, à Strasbourg, G. Lagneau formule la loi suivante, relativement à la première menstruation des filles, dans notre pays, selon les races originelles :
Dans les départements méditerranéens (Ligures), la puberté féminine est précoce; elle se manifeste à l’âge moyen de quatorze ans un mois treize jours. Dans le Centre, l’Ouest et le Nord-Ouest (Celtes), elle se présente moyennement à quatorze ans onze mois treize jours. Enfin, elle retarde jusqu’à quinze ans huit mois vingt-huit jours chez certaines filles grandes, aux yeux bleus, et chez les Alsaciennes, c’est-à-dire chez les filles qui paraissent issues d’une origine germanique. Les observations faites en Angleterre (Guy, Lée, Murphy, à Londres ; Robertson, à Manchester) et en Allemagne (Osiander, Louis Meyer, Raciborski) sont conformes à ces résultats.
spéciale.’1
DÉMOGRAPME ET STATISTIQUE.
3° Démographie et statistique.
La démographie , ainsi que le pensait Bertillon, est comme la comptabilité de l’hygiène. C’est, elle qui montre la force ou la faiblesse de la collectivité, qui indique les limites de celte faiblesse ou de cette force et les points précis où se révèle une souffrance. C’est la sanction suprême de nos études et de nos efforts, puisque, d’un côté, elle établit exactement le bilan de nos richesses vitales, notre avoir, et que, de l’autre, elle relève nos pertes, c’est-à-dire les coups frappés par la mort, contre laquelle lutte l’hygiène.
Le terme de « mouvement » de la population est on ne peut plus juste, caria comptabilité sociale résulte : 1° des entrées : naissances, immigrations; 2° des sorties : décès, émigrations. Un facteur particulier intervient, dans les conditions sociales actuelles, réglant les allures du facteur naissances , d’une façon essentielle mais non absolue : c’est le mariage.
La démographie a donc deux aspects. Elle envisage, dans chaque nationalité, la population comme force numérique totale et surtout par groupes d'âge , parce que ces groupes fournissent inégalement les décès et, dans un autre cadre, le groupe de ceux qui peuvent fournir les naissances, les mariables. C’est la population statique. A un autre point de vue, elle étudie plus spécialement les facteurs du mouvement : nuptialité , natalité, mortalité. C’est la démographie dynamique . Il est clair, d’ailleurs, que la nuptialité, la natalité, la mortalité, pour être exprimées d’une façon vraie et significative, ne peuvent l’être que sous la forme d’un rapport. D’habitude, afin de rendre toutes choses comparables, on prend 1000 pour le dénominateur de ce rapport et 1 an pour l’unité de temps. Mais, même dans ces termes, le rapport n’est suffisamment expressif qu’autant qu’il tient compte de la distinction des groupes; ainsi, pour les mariages, on n’est convenablement renseigné qu’à l’aide du rapport qui indique : combien de mariages par an pour 1,000 mariables ; à l’égard des décès, leur chiffre pour -1,000 de la population totale est trop peu explicite, il faut savoir combien il y a de décès par an pour 1,000 de chacune des grandes catégories d’àges; enfin le véritable rapport de la natalité est celui qui indique combien de naissances par an pour 1,000 mariés (Bertillon).
Démographie rétrospective de la France. — Au temps de Philippe le Bel, la France s’étendait sur 320,000 kilomètres carrés (les 2/3 du territoire actuel) et comptait
10 millions d’habitants, soit 31 habitants par kilomètre carré (vers 1328). En 1790
11 y avait 23,500,000 habitants sur 530,000 kilomètre carrés ; en 1872, 30,102,000 hahilants sur 528,000 kilomètres; en 1880, 38,219,000 habitants.
Avant 1790, le mouvement de la population était plus vivace qu’au jourd’hui. Les mariages étaient plus nombreux :
Autrefois. Aujourd'hui.
8,77 mariages pour 1000. 7,5 mariages pour 1000.
1 sur 1 li personnes. 1 — sur 130 persouuos.
La natalité était de 40 p. 1,000; aujourd’hui, elle est de 23,5. 11 y avait 4,83 nais- Aiinould, Hygiène. 2* édit. 72
HYGIÈNE SOCIALE
[Hygiène
sancespar mariage et, en Prusse, à la môme époque, 4,24 seulement'; aujourd’hui, il n’y a plus en France .que 3 naissances par couple. La mortalité était de 30 à 35 pour 1,000 (aujourd’hui 22,5); elle pesait surtout sur les âges de 0 à 15 ans. Le croît physiologique était de 6,02 ; il est tombé à 3,34 en 1879, puis à 2,89. L’émigration était active (Moheau) . Néanmoins, cet actif mouvement avait peine à lutter contre les disettes fréquentes, les famines et les épidémies, dues à l’état politique et social d’alors. Dans l’ensemble, il n’y a rien à regretter (Bertillon) du passé. Mais, dans le présent, la comparaison de notre mouvement démographique avec celui des voisins donne bien à réfléchir. En effet, l’accroissement actuel de notre population ne nous appartient pas, mais est dû pour plus d’un tiers aux étrangers immigrés. La France en nourrit plus d’un million (un million d’ennemis!).
Population statique. — Elle comprend l’ensemble de la population. Pour en exprimer les éléments, les démographes répartissent cet ensemble de diverses manières : au point de vue du sexe , de l'habitat (urbain ou rural ; une localité est ville au-dessus de 2,000 hab.), de l'âge (par groupes), des professions, etc. Bertillon, dans le rapport des groupes d’àge, avait obtenu le tableau suivant :
Force numérique des trois grands groupes d'âge par 1,000 habitants.
60 ans.
Nationalité.
0 à 15 ans. :
15 à 60 ans.
et au delà.
France (1857-1870)
Paris (1866)
Belgique
Bavière (1871)
Hollande
Suisse (1870)
Italie (1871)
Suède
Saxe
Espagne •
Angleterre
Prusse (1867-1871)
Hongrie
États-Unis avant ( blancs
l’abolition de ] hommes de couleur libres.
l’esclavage ( esclaves
Il ressort de ce tableau que c’est la. France qui a le plus de vieillards, mais malheureusement aussi le moins d’enfants. En 1876, cette situation n’avait fait que s’aggraver : de 0 à 15 ans, 272 p. 1000 ; de 15 à 60, 610; au delà de 60 ans, 118.
11 naît plus de garçons que de filles; mais les premiers meurent davantage. Comme les travaux de l’industrie, la guerre, pèsent également sur le sexe masculin, il finit toujours par être le moins nombreux dans l’ensemble de la population. En France, pour 1,000 individus du sexe féminin, il n’y en a que 993 du sexe masculin.
Sous le rapport des professions, Bertillon donnait la répartition cidessous :
Agriculture
Industrie
Commerce et transports
Professions libérales et armée Rentiers » .
spéciale.] DÉMOGRAPHIE ET STATISTIQUE. 1139
La population urbaine est généralement inférieure à la population rurale ; cependant, le mouvement d’immigration de la campagne dans les villes est si accentué que, dans la plupart des pays, les deux chiffres se rapprochent et que, parfois, les citadins l’emportent.
Population comparée des villes et des campagnes.
Contrées. Villes.
Angleterre et Galles 530
Belgique.. 451
Hollande 39G
Allemagne 390
Suisse 230
Italie 313
Grèce 188
Autriche Cisleithane 112
— Transleithane 138
Espagne 162
France (1885) 348
Campagnes.
Nuptialité. — La nuptialité française est encore assez élevée, surtout si l’on considère que le groupe d’âge au-dessous de 15 ans, qui fournira bientôt les mariables lés plus ordinaires, est plus faible en France que chez les voisins :
Mariages Mariages
pour 1,000 de tout âge. pour 1,000 mariables.
France 8 48,5
Angleterre 8,46 56,9
Belgique 7,37 37,7
Prusse 8,11 53,3
Autriche 8,35 53,5
Italie 7,63 50,0
Espagne 7,76 54,2
On regarde comme mariables les hommes au-dessus de 18 ans et les femmes de 15 à 45 ans. Le mariage désirable est entre 20 et 50 ans pour les premiers, et entre 15 et 40 ans pour les secondes. Nous avons :
Hommes au-dessus de 18 ans • Sari'0lis P0UI 1000
( veufs 7o —
Femmes au-dessus de 15 ans J fl"es ^ poul
(veuves... 132 —
Au point de vue du mariage désirable , 220 hommes et 281 femmes.
L'âge moyen des célibataires qui se marient est, en France : garçons, 28 ans 1/2; filles, 2a; Paris, 30 et 26; Angleterre, 25 1/2 eL 24; Belgique, 30 et 27; Hollande, 29 et 24; Suède, 20 et 27 1/2 (Jacques Bertillon). D’oit l’on peut conclure que le service militaire, dans les conditions actuelles, n’a pas sur les mariages une influence aussi fâcheuse que l’ont soutenu Chauffard, Broca, G. Lagneau, bien que la restriction soit incontestable. Le célibat religieux (plus de 200,000 célibataires de ce titre en France), que l’on a moins accusé en public, est assurément une condition plus radicale d’atténuation de la matrimonialité.
Oscillations de la nuptialité. — Si l’on étudie la nuptialité par longues périodes (Quételet) ou seulement par périodes décennales (Bertillon), on s’aperçoit qu'elle varie peu dans un même pays; mais les oscillations d’une année à l’autre peuvent
H 40 HYGIÈNE SOCIALE. [Hygiène
être considérables. En 1813, il y eut 13,28 mariages pour 1,000 habitants (en vue d’echapper aux réquisitions impériales); la nuptialité baisse dans les années de guerre et remonte énergiquement aussilôL après.
Les riches se marient davantage en temps de cherté; les pauvres, moins. Cependant, Hermann (Bavière) a constaté que l’abaissement du chiffre des mariages coïncide aussi avec l’avilissement du prix des céréales. En Bavière, depuis 1861, la nuptialité a beaucoup augmenté par suite de l’abolition du « banus », qui interdisait le mariage aux gens sans avoir. En France, où il n’y a pas de banus, les départements qui ont le plus de propriétaires se marient moins (25,3 mariés de chaque sexe pour 1,000 mariables) que les moins propriétaires (25,87 mariés).
Nos départements montagneux , bretons, normands, picards, jlamands, alsaciens, ont une faible proportion nuptiale; ceux du centre l’ont plus élevée. En général, les départements frontières ont un chiffre considérable de mariables, par l’aftluence des étrangers qui viennent chercher du travail et, toutefois, ne se marient pas dans le pays. Les départements pyrénéens, les Savoies, n’ont que 17 à 18 mariés de chaque sexe pour 1,000 mariables; la Haute- Vienne, l’Ailier, la Nièvre, Seine-el- Oise, en ont de 32 à 34.
Dans les départements à faible malrimonialité, il y a excès de mariables et surtout de femmes; 134 à 137 femmes célibataires contre 100 hommes dans le même cas.
Influence sanitaire du mariage. — 1° Sur la mortalité. — Le mariage au-dessous de 20 ans comporte une haute mortalité pour les deux sexes; au-dessus, il coïncide avec une mortalité beaucoup plus faible que celle des célibataires et surtout que celle des veufs; la règle supporte une exception pour les femmes mariées de 15 à 20 ans (dangers des premières couches), qui meurent plus que les filles (10 contre 8), et pour les femmes de 45 à 50 ans, âge auquel les filles meurent plus que les veuves.
Décès annuels sur 1,000 vivants de chaque âge (hommes).
Ages.
De 15 à 25
ans.
Garçons.
Époux.
Veufs.
Plus de 100
La vie régulière, quoique plus pénible, du mariage diminue les chances de mort dans les deux sexes; cependant, il ne faut pas oublier qu’un certain nombre de célibataires ont été écartés du mariage précisément par des infirmités ou des maladies qui, dans tous les cas, devaient abréger leur existence. La haute mortalité des veufs jeunes et des veufs hommes au-dessus de 45 ans s’explique par le trouble profond survenu dans leur mode de vivre.
2° Sur la criminalité. — La criminalité des célibataires étant 100, celle des mariés est :
Atteutats contre les personnes 49,25
— la propriété 45.50
spéciale.] DÉMOGRAPHIE ET STATISTIQUE. 1141
3° Sur l'aliénation' mentale. — La folie est deux fois plus fréquente chez les célibataires que chez les mariés.
4° Sur le suicide. — Quand les mariés comptent 100 suicides, les célibataires en offrent 111,4; les veufs, 25(3. Sur 1,000 époux qui se suicident, 630 ont des enfants.
Il est remarquable que les veufs, surtout les veufs hommes, se marient dans une proportion trois ou quatre fois plus forte que les simples célibataires. 11 en esbà peu près de môme des divorcés (dans les pays où le divorce se pratique). La nuptialité des veuves, en France, est assez faible : la loi la contrarie le plus possible.
Xatniité. — On peut rapporter les naissances à la population totale {natalité générale ), ou à la population mariable {natalité spéciale ), ce qui est évidemment plus exact. 11 faut encore distinguer les naissances vivantes des mort-nés, vrais ou faux (il est souvent déclaré à l’état civil, comme mort-nés, des enfants qui ont respiré et vécu plus ou moins après l’accouchement).
Natalité générale (mort-nés non compris). — Sur 1,000 habitants de tout âge et de tout sexe, il y a moyennement :
France
Espagne
Angleterre
Irlande
Bavière
Italie
Belgique
Prusse
Écosse
Suède
Russie
Suisse
Natalité spéciale. — Pour 1,000 femmes de 15 à 50 ans, on compte les nombres suivants de naissances vivantes :
France 102 naissances.
Angleterre 136 —
Bavière 156 —
Belgique 127 —
Espagne.... ^ 141 naissances.
Pay.s-Bas 137 —
Irlande 114 —
Prusse 150 —
Dans son ensemble, la natalité française est d’environ 3 par mariage. Elle a suivi une marche décroissante depuis 1800; dans la période 1800- 1810, elle était de 33 naissances pour 1,000 vivants. La natalité générale a baissé de 100 à 79; la natalité spéciale, de 100 à 71 (Bertillon).
Population et accroissement de diverses nationalités (d’après A. N. Kiaer).