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LES TOURS

.spéciale. !

Il est, du reste, évident que les tours bien achalandés ne donneront pas une notable économie d’exislences. En effet, il est à supposer que la proportion des décès serait sensiblement la même pour tous les enfants des tours qu’elle a été pour les enfants abandonnés, sous le régime actuel, 70 p. 100 au lieu de 32, dans les 12 premières années. Les calculs de Vacher l’amènent à établir les proportions suivantes : la mortalité de 0 à 1 an est de 20 p. 100 chez les enfants recevant des secours temporaires (à domicile); de 35 p. 100 chez les enfants traiLés à l’hospice; elle serait de 50 p. 100 sous le régime de l’exposition « avec la cage tournante ». D’où 9,000 décès au lieu de 3,000 sur les 18,000 enfants au-dessous d’un an, actuellement secourus à domicile.

Il y a, pourtant, une catégorie qu’il faut d’abord recueillir, c’est « l’enfant déposé dans la rue ». Louis Pénard pense qu’on doit le recevoir (l’État, le département ou la commune), nou dans un tour caché, mystérieux, fonctionnant la nuit, mais à un bureau en plein jour, sauf qu’il ne sera exigé aucun renseignement, qu’il ne sera ouvert aucune enquête officielle. Dans ces conditions, il semble qu’il puisse être satisfait aux nécessités qui ne comporlent'pas de retard, tout en gardant la possibilité de s'apercevoir des abus et de les contrecarrer. — Les tours d’autrefois attiraient un grand nombre d’abandons d’enfants légitimes.

Il y a, certainement, mieux à faire que de rétablir les tours. Les mesures indiquées sont :

1° D’introduire dans le Code la recherche de la paternité. La fille enceinte n’est pas coupable toute seule, si elle l’est. Elle a un complice. Le crime ne commence positivement que du jour où elle est abandonnée. — Toutefois, la recherche de la paternité ne saurait être une chose bien simple et il ne faut pas compter outre mesure sur son efficacité. Si une telle disposition avait un effet préventif, ce serait fout ce qu’on peut en attendre;

2° D’organiser le secours, non pas aux filles enceintes, mais aux filles nourrices. C’est, en somme, revenir à l’esprit de la loi du 28 juin 1793 : « Titre IL Article 4. — Toute fille qui déclarera vouloir allaiter elle-même l’enfant dont elle est enceinte et qui aura besoin des secours de la nation, aura le droit de les réclamer. Etc. » Les secours temporaires ont la consécration légale (Laurent) ; ils existent et il n’y a qu’à les étendre. L’allaitement maternel est le réel relèvement de la fille-mère; l’État ne peut hésiter à prendre le rôle moralisateur que les Sociétés dévotes refusent. L. Pénard conseille avec raison d’étendre le secours de l’État aux ménages réguliers chargés d’enfants; la commune peut y prendre sa part.

3° De pourvoir le plus sûrement possible au placement des enfants des hospices hors de l’établissement et même hors de la ville, à la campagne, dans des ménages peu fortunés, mais de bonne réputation. « Arrêté du Directoire exécutif du 30 ventôse an V. Art. 1er : — Les enfants abandonnés.... ne seront point conservés dans les hospices où ils auront été déposés, excepté en cas de maladie empêchant le transport, etc. — Article 2 : — Les Commissions administratives des hospices... sont spécialement chargées de les placer chez des nourrices ou autres habitants des campagnes, etc. » Qu’était-il besoin de décréter les tours? Mais l’homme de 1811 se figurait que celte machine allait lui procurer des soldats.

Le nombre des enfants assistés est actuellement de 60,000, dont 3,000 aux hospices et 57,000 à la campagne.

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HYGIÈNE DE L’ENFANCE. [Hygiène

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B. — Deuxième enfance.

Le sevrage termine la première enfance. C’est l’abandon de l’allaitement pour une nourriture solide, se rapprochant de celle des adultes. Ce passage doit se faire entre la première et la seconde année, un peu plus tôt ou un peu plus tard selon l’état de santé et le développement du jeune sujet; l’état de la dentition est surtout à consulter. 11 est bien entendu que la transition ne saurait être brusque et qu’on a graduellement préparé la cessation de l’allaitement en entrecoupant celui-ci, depuis quelques semaines, de potages, d’œufs, etc.

Les règles d’hygiène relatives à la première enfance, sauf ce qui concerne l’alimentation, ne sont guères à modifier pour la seconde. La pureté de l’air, l’usage de vêtements de laine, la propreté corporelle, les bains, sont toujours les conditions auxquelles est attachée la santé de l’enfant. Il possède, en plus que précédemment, la mobilité spontanée et peut faire de l’exercice sous abris ou en plein air; dans les deux cas, en protégeant l’enfant contre les influences fâcheuses du sol ou de la météorologie, il est indispensable de laisser à ses mouvements la plus parfaite liberté. Les marmots, instinctivement, se roulent beaucoup plus qu’ils ne marchent; on ne les contrariera pas en ceci, car la marche et la seule station debout, prolongées, leur sont nuisibles.

A cet âge, les parents aisés chargent volontiers les domestiques de surveiller et de soigner leurs enfants; c’est une confiance imprudente. D’autres les remettent à des religieuses, qui pétrissent de sottises leur jeune imagination .

Jouets cl’enfants. — Les jouets occupent une grande place dans l’existence, à ce moment et plus tard, dans les classes pauvres, aussi bien que chez les heureux de la société. Ce genre de consommation éveille pourtant les soucis de l’hygiène, comme le font d’autres objets. Le point inquiétant

DEUXIÈME ENl-’ANCE.

spéciale.]

est la coloration de ces jouets, qui se fait très communément, si l’on n’y veille, avec des couleurs toxiques. Nous avons indiqué (p. 996) les substances interdites pour la coloration des bonbons. Elles le sont aussi pour les jouets. Il ne faut laisser aucun composé de plomb ou d’arsenic entre les mains des enfants, qui portent tout à la bouche. Ç’a été l’avis du Comité consultatif, qui, en revanche, a maintenu l’innocuité de l’oxyde de zinc, incriminé par les Allemands, peut-être parce que cet oxyde est très employé dans la fabrication française. Cependant, pour permettre à nos fabricants de lutter contre l’invasion des produits étrangers, le gouvernement a permis (o août 1887) l’emploi, pour colorier les jouets d’enfants, du vermillon, du chromate de plomb et même de la céruse, à la condition d’être incorporés à du vernis à l’alcool ou du vernis gras.

Il est fort inutile, et souvent dangereux, de commencer à cette époque l’instruction des enfants selon les procédés pédagogiques usuels ; l’excitation cérébrale et l'immobilité physique sont intolérables à ces petits êtres. Mais rien n’empêche qu’à partir de l’àge de quatre ans on leur donne, en jouant, des leçons de choses, sans lire, écrire ni dessiner. C’est là l’idée de Frœbel : « étendre en jouant le cercle de l’observation des enfants ». Les jardins Frœbel [Kinder g àrten) ne sont pas autre chose que des salies d’asile, à côté desquelles il y a réellement un jardin. Une directrice qui a les sentiments maternels et l’instinct des aptitudes de l’enfance peut tirer un excellent, parti de cette méthode. Il semble que, pour cela, elle doive elle-même être une mère de famille.

Il ne faut pas oublier, dans la pratique des jardins d’enfants, que la liberté d’allures et les ébats spontanés des marmots, si dénués de sens qu’ils soient, ont encore plus de prix que les notions que l’on peut leur inculquer; le jeu même n’a plus de charme pour eux dès qu’ils y remarquent une direction étrangère et une intention de leçon. Le jardin Frœbel ne peut être manié que par des gens d’un extrême bon sens. On a probablement, en Allemagne, dévié en pratique de l’intention primitive; car, au Congrès de Dresde (1878), le Gymnasialdirector Alexi parlait fort amèrement des jardins Frœbel et assurait que les enfants sortis de là fléchissent plus rapidement que les autres sous la vie scolaire réelle; le principe même d'instruire en jouant lui semble sujet à critique, si ce n’est pas une contradiction flagrante.

En France, les écoles maternelles ont remplacé les salles d'asile. J. Rochard reproche à celles-ci de n’avoir été que des garderies , dans lesquelles les familles plaçaient les enfants pour s’en débarrasser. Je reprocherai aux autres d’être des écoles. On ne trouve, d’ailleurs, pas de maîtresses capables de diriger un pareil enseignement.

Les enfants des deux sexes y sont reçus de deux ans à six ans, et divisés par âge en trois sections. L’enseignement (!) comprend : 1° des jeux et des mouvements gradués et accompagnés de chant; 2° des exercices manuels; 3° les premiers principes d’éducation morale ; 4° les connaissances les plus usuelles ; 5° des exercices de langage, des récits ou contes ; 6° les premiers éléments du dessin, de la lecture, de l’écriture et du calcul.

C’est-à-dire que le surmenage scolaire commence le plus tôt possible. J’aimerais mieux pas d’enseignement du tout, sauf celui do la propreté, qui préparerait bien à la morale.

1168 LE GROUPE SCOLAIRE. IHygiène

L'école enfantine , qui est un intermédiaire entre la précédente et l’école primaire, reçoit les deux sexes, de six à huit ans. Elle commence en réalité, à donner l’instruction primaire, obligatoire depuis la loi du 28 mars

Dans l’une et l’autre de ces écoles, il importe, selon le judicieux précepte de Javal, d’habituer les élèves aux ablutions sans éponge, au lavabo à eau courante et non dans un baquet; de surveiller les vêtements la bouche et la tête des enfants.

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