‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 212 sur 268 · LA SALLE DE CLASSE · texte numérisé non relu

LA SALLE DE CLASSE

spéciale.]

ligne des coudes, la largeur de la table ou du pupitre prend de 39 à 45 centimètres ; l’espace entre le bord de la table et le bord du banc doit être nul, mais est en réalité de quelques centimètres dans certains modèles; la largeur du banc ne doit pas dépasser 28 centimètres pour des enfants de 14 ans et au-dessus, si l’on veut que l’élève s’appuie au dossier même en écrivant (Fahrner, Meyer, Buchner, Yarrentrapp) ; enfin, on comptera encore quelques centimètres pour l’inclinaison en arrière de ce même dossier, 8 centimètres environ; total 81 centimètres d’avant en arrière, lesquels, multipliés par les 60 centimètres dans le sens transversal, donnent une surface de 0mq,486 ou 1 /2 mètre carré, en nombres ronds.

En tenant compte des couloirs nécessaires, on arrive, pour une salle de 48 élèves, à une largeur de 6 mètres (petits) ou 6m,40 (grands) et à une longueur de 8 mètres (petits) ou 9m,48 (grands). Soit de 48 à 60 mètres carrés de surface ou, au minimum, 1 mètre carré par élève.

En France, le règlement exige J mètre carré de surface par élève avec 3m,30 à 4 mètres de hauteur. En Belgique la surface est mesurée à raison de 64 décimètres carrés par élève; à NeufchàLel (Suisse), à peu près au même taux (6 pieds carrés). A Upsal, pour 30 élèves, on a assuré à chacun lm,576 de surface avec 4,n,602 de hauteur, soit un cube individuel de 7mc,25. Lorsqu’il y a 40 élèves pour une salle, on porte le cubage individuel à 8mc,27.

Dans le Projet présenté à la Commission d'hygiène pédagogique de Saint-Pétersbourg, Fréd. Erismann demande : une longueur de 9 à 10 mètres, une largeur de 7 mètres (éclairage unilatéral), une hauteur permettant la diffusion des gaz de la respiration et autres et l’élévation des fenêtres, c’est-à-dire 4 mètres à 4m,5. Le cubage est donc de 70 X 4 =280, ou de 70 X 4,5 = 315 mètres cubes. On suppose de 40 à 48 élèves.

La mesure de la longueur n’est limitée que par la puissance des poumons et ; l’acuité visuelle du maître; la largeur est, au contraire, subordonnée à la nécessité : d’un parfait éclairage de tous les écoliers. Elle gagne, évidemment, à se restreindre, j Aussi Em. Trélat la fixe-t-il entre 6m,50 et 7m,20. 11 doit y avoir entre elle et la hauteur des fenêtres au-dessus des tables un rapport constant. Quant à la haui leur de la salle, elle ne saurait dépasser 4m,5, sous peine d’avoir une sonorité i désagréable.

Ventilation de la salle de classe. — Il résulte de ces circonstances que le i cube alloué à chaque élève ne peut jamais guère dépasser 4 il 5 mètres i cubes. C’est, en effet, ce dernier chiffre que l’on adopte comme maximum à peu près partout. Or, 50 élèves, dans une salie de 250 mètres cubes n auront versé en une heure 320 litres x 50 = 16,000 litres d’air expiré, à 4 p. 100 de CO2, c’est-à-dire 40 fois plus riche encore que l’air tolérable - que l’on dit être à 1 p. 1,000 de CO'2. Pour conserver l’air total à ce taux de 1 millième de CO2, il faudrait donc que ces 16 mètres cubes (ou 16,000 litres) fussent dilués dans 40 fois leur volume; ce qui, pour six heures de classe par jour, exigerait 16 X 40 X 6 = 3,840 mètres cubes d’espace, si l’on voulait suffire à cette dilution au moyen de l’ampleur des ■ locaux. Personne ne peut songer à résoudre ainsi le problème. A d’autres C égards, d’ailleurs, « la capacité d’une salle n’influe pas sur le nombre de

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mètres- cubes d’air de ventilation dont il faut la pourvoir » (Ch. Herscher).

11 laut donc îecouin h la ventilation. INiais installera— f-on des appareils automoteurs, ou se contentera- t-on de l’ouverture intermittente des fenêtres? La plupart des auteurs choisissent ce dernier mode, et nous nous rangeons à leur opinion avec d’autant plus d’empressement que uous avons cherché à faire prévaloir la même idée dans l’article général Ventilation (page 570). Il est utile, sans doute, que l’on fasse servir le chauffage à la ventilation par quelqu’un des procédés qui ont été étudiés précédemment; que l’on ménage des ventouses au plafond, que l’on installe des fenêtres à bascule ou à. guillotine, pouvant évacuer de l’air par en haut, des toiles métalliques ou des vitres perforées. En général, cependant, ces artifices donneront plutôt des courants d’air froid qu’une véritable ventilation ; quant à la solidarité du chauffage et de la ventilation, elle aura les mêmes inconvénients ici qu’ailleurs. Reste l’ouverture intermittente des fenêtres, qui nous paraît d’une supériorité incontestable et très facile à pratiquer.

Beaucoup de salles de classe sont fort mai construites; mais, même dans des établissements qui se sont efforcés d’appliquer les principes modernes, Petlenkofer, OErtel, Baring, Lang, Roscoe, ont constaté des proportions de GO2 de 2,3 à 4,9 pour 1,000; une école protestante a offert à OErtel de 4,1 à 3,67; le Wilhelmsgymnasium, de 2,3 à 3,58. Cari Breiting, opérant par des procédés d’une grande exactitude, sur une salle de 251iac,61 pour 64 élèves, pourvue de 10m<i,o4 de surface de fenêtres et porte, haute de 3m,16, obtint, entre l’heure du début et la fin de la classe du matin, une différence égale à celle de 2,21 à 8,11 ; à la fin de la journée (classe du soir) et après une leçon de chant, le second chiffre était même devenu 9,36. Ch. Herscher démontre par le calcul que, dans une classe offrant 8 mètres cubes par enfant, la viciation de 2 p. 1,000 de CO2 est atteinte au bout d’une heure, si la salle n’a pas de ventilation continue. Les docteurs Hesse (Saxe) ont noté des proportions plus considérables encore, dans les observations sur lesquelles nous allons nous appuyer. L’hygiène a-t-elle à s’alarmer sérieusement de ces proportions croissantes de CO2? En vérité, elle n’aurait raison de le faire que si la présence de ce gaz, à peu près inoffensif par lui-même, et des souillures organiques qui l’accompagnent, se prolongeait et n’était pas fréquemment interrompue et annulée par un balayage énergique, antipathique à la décomposition putride, comme cela peut être réalisé par l’ouverture intermittente des fenêtres et des portes. Voici, à cet égard, les observations des docteurs Hesse :

École. d'Aue, le 28 novembre 1877.

La classe commence à 8 heures du matin, porte et fenêtres fermées.

Classe A. Classe B. Classe C.

8 heures 45 3,5 CO2 p. 1000 4,1 p. 1000 3,7 p. 1000

A 8b,50 récréation de dix minutes, que les enfants passent dehors; la porte et trois ou quatre fenêtres sont ouvertes.

Classe A. Classe B. Classe C.

9 heures 0,5 p. 1000 0,0 p. 1000 0,5 p. 1000

A 9 heures on referme portes et fenêtres et l’on reprend l'instruction.

Classe A. Classe B. Classe C.

9 heuros 45 3,3 p. 1000 2,7 p. 1000 4,0 p. lOl’O

spéciale.] LA SALLE DE CLASSE.

A 10 heures, récréation et ouverture des fenêlres comme précédemment. 10 heures 10 Classe C : 0,4 CO- p. 1000

École de Schwartzcnbcrg , le 22 mai 1877.

Après cinq quarts d’heure de classe pendant lesquels les portes et les fenêtres étaient restées fermées une heure :

Classe A. Classe B. Classe C.

8 heures 15 (matin). 3,9 p. 1000 4,7 p. 1000 3,9 p. 1000

A 8h,45, avec une proportion de CO2 incertaine, mais probablement plus élevée encore, les salles sont évacuées pendant cinq minutes et toutes les portes et fenêtres ouvertes :

Classe A. Classe B. Classe C. Classe D.

8 heures 50 0,4 p. 1000 1,5 p. 1000 1,1 p. 1000 '0,5 p. 1000

(Les classes B et C n’ont de fenêtres que d’un côté).

Deuxième école (Bürgerschule) de Zittau, 20 juin 1878.

Les observations sont faites dans l’après-midi. Dans la salle A, en raison de la défectuosité du local, on a laissé ouvert un battant de la fenêtre opposé à la porte ;

CO2 1,4 p. 1000 3,8 p. 1000 » 3,7 p. 1000

Dans la salle B, les portes et les fenêtres ont été tenues fermées de 2 heures à 2h,oo; à ce moment, une récréation de dix minutes (de 2h,K5 à 3h,o) permet d’évacuer la salle et d’ouvrir portes et fenêtres. On reprend les exercices de 3h,5 à 3h55, tout fermé ;

CO2 1,6 p. 1000 4,1 p. 1000 0,6 p. 1000 2,9 p. 1000

Dans la salle C, les portes et les fenêtres sont restées fermées en permanence :

CO2 1,0 p. 1000 2,9 p. 1000 » 4,3 p. 1000

Les auteurs concluent de là, légitimement, que pour les écoles de village, et peut-être pour toutes les écoles qui ne possèdent pas de ventilation artificielle, il faut recommander de faire une pause de dix minutes en été, de cinq minutesen hiver, après chaque heure de classe. Pendant cette suspension, les élèves quitteront la salle et l’on ouvrira largement portes et fenêtres.

Il résulte de cette nécessité que toute école doit être pourvue d’un promenoir couvert, pour que le mauvais temps ne dispense pas de l’aération. Le promenoir couvert peut être simultanément un gymnase.

La ventilation par les fenêtres réussissant d’autant mieux qu’il y a des fenêtres opposées, il semble que l’éclairage unilatéral ne s’y prête pas bien. Mais, dans le cas d’un semblable éclairage, on ménage dans le mur opaque une large ventouse fermée par un volet, que l’on ouvre en même temps que les fenêtres. Dans le système proposé par Ém. Trélat, en regard de la baie d’éclairage il y a une baie tout aussi large, s’ouvrant au midi ; elle est fermée par des volets opaques pendant la classe et largement ouverte pendant la récréation; l’air et les rayons du soleil affluent dans la salle.

A l’école Monge (architecte Degeorge), l’air -chauffé par les calorifères

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arrive par la partie supérieure de la salle ; des bouches d’appel en bas servent à la sortie de l’air. En été, quand les calorifères ne fonctionnent plus, un petit foyer additionnel assure l’extraction de l’air vicié. Il vaut mieux faire entrer l’air par en bas, en le chauffant légèrement, en hiver, par son passage sur des tuyaux d’eau chaude ou de vapeur, selon le système appliqué par Geneste-Herscber au petit lycée Condorcet (Voy. p. 657).

Éclairage. — Il s’agit d’abord de l’éclairage naturel. Tout le monde convient qu’il faut aux écoliers beaucoup de lumière et une lumière inoffensive; mais on n’est pas tout â fait d’accord, en France du moins, sur la manière de satisfaire à cette double exigence. La difficulté est sur le mode d’introduction et d’arrivée de la lumière (Voy. Éclairage , chap. iii, Ire partie, p. 664).

La lumière en face est gênante et rejetée par tous. La lumière arrivant par derrière provoque des ombres sur les papiers et les livres; pour éviter ces ombres, les enfants s’inclineraient, se tordraient, dans un sens ou dans l’autre. La lumière venant d’en haut serait acceptable, puisque c’est ainsi que nous la recevons une bonne partie du temps, lorsque nous prenons connaissance delà forme des objets dans la nature; mais, en projetant l’ombre de la tête des écoliers sur le papier (É. Trélat), elle serait fort gênante pour les exercices d’écriture et de dessin linéaire ; le mode de construction qui comporterait cet éclairage exige le toit en scie et un rezde-chaussée sans étage. Reste l 'éclairage latéral.

En Allemagne, d’une façon à peu près unanime (Reclam, Yarrentrapp, Erismann, Gross, Fahrner, Colin, Zwez, Wiel et Gnehm), on s’est prononcé pour l’éclairage unilatéral , qui est le plus propre à donner une idée exacte de la forme des objets, qui n’admeLpas des jeux d’ombre et de lumière changeants et fatigants, et que les artistes (peintres, sculpteurs) adoptent constamment. C'est encore ce mode que défend Émile Trélat, en France. Pourtant, une ordonnance de 1861, àZurich, donnait la préférence à l’éclairage bilatéral ; quelques partisans de l’éclairage unilatéral admettent encore, lorsque la salle est profonde et que le voisinage de hautes bâtisses gêne l’accès de la lumière, l’éclairage par derrière les élèves, d’ailleurs fort gênant pour le maître qui le reçoit en face. En France, Gariel et J aval soutiennent contre Ém. Trélat l’éclairage bilatéral. De toutes les raisons apportées à l’appui de ce système, il en est une qui touchera tous les hygiénistes, c’est la nécessité d’une lumière abondante. Mais, heureusement, il est possible d’obtenir cette lumière abondante tout en installant l’éclairage unilatéral, si conforme aux besoins de l'éducation de la vue, si agréable, et par conséquent si salubre. Nous ne parlons pas de Yéclairage différentiel, qui est un bilatéral plus intense d’un côté que de l’autre. Cet éclairage, appliqué par Ferrand etTollet à l’école Ghâteau-Landon, a paru si mauvais que tout le monde le désavoue.

Dès que l’on a accepté le principe de l’éclairage unilatéral, il ne saurait y avoir d’indécision entre l’arrivée par la droite ou par la gauche ; c est par ce dernier côté que l’on éclaire l’école. La lumière qui arrive par la droite projette l’ombre de la main sur les lignes que l’élève trace sur le PaPieu

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Dans les conditions que nous préférons, la physionomie de la classe est celle que l’on voit en perspective dans la figure 251.

Pour rendre la lumière encore plus sûrement inollensive, on s’efforce de l’avoir égale. Ici, encore, on convient que l’unique moyen, dans nos contrées, d’obtenir une lumière égale, c’est de la recevoir du nord, d où ne viennent jamais de rayons solaires, par conséquent pas de lumière violente, obligeant élèves et maîtres lutter incessamment contre elle à 1 aide de stores, de rideaux, etc. Personne n’a plus formellement posé ce principe qu’Émile Trélat. Reclam lui-même admet que l’on peut incliner légèrement la façade vitrée vers l’est ou vers l’ouest, faisanL remarquer (ce qui n’est pas constamment exact) que le soleil levant a déjà tourné la façade, quand

Fig. 251. — Perspective de l’intérieur d’une salle de classe.

les élèves entrent à l’école, ou que le soleil couchant n’y est pas encore quand ils la quittent. Wiel et Gnebm demandent une tout autre exposition que le nord et l’ouest, sous l’étrange prétexte que la lumière du matin et de midi, réfléchie par les maisons d’en face, est singulièrement fatigante ; il est toujours gênant d’avoir des maisons en face de l’école, mais, s’il y a quelque chose de plus aveuglant que la lumière réfléchie, c’est la lumière solaire directe. Javal veut que le grand axe de la salle soit du N.-N.-E au S. -S. -O, c’est-à-dire se rapprochant de la direction méridienne; comme, d’autre part, cet auteur se rattache à l’éclairage bilatéral, les écoliers, dans son système, subiraient le plus exactement possible toutes les variations de la lumière solaire en môme temps que les rayons entrecroisés du double éclairage. On comprendrait que celte insolation fût réclamée au nom de l’hygiène générale et non pas au nom de l’hvgiène de là vue, qu’elle semble si fort compromettre.

Quant à l’hygiène générale, elle n’est pas compromise, si l’on prend la précaution de pratiquer sur la paroi de la salle exposée au midi une baie tout aussi grande que celle des fenêtres ; cette haie, obturée par des volets

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opaques pendant les classes, sera ouverte pendantles récréations et l’intérieur se trouvera suffisamment ensoleillé (Ém. Trélat). Reclam fait remarquer que la salle d’école n’est pas une habitation et n’est pas soumise aux mêmes règles d’ensoleillage. D’ailleurs, il s’est assuré par une expérience personnelle que les chambres exposées au nord se peuvent assainir par un chauffage continu (nuit et jour) et une aération permanente.

Le système que l’on aura choisi pour l’éclairage diurne de la salle règle l’orientation de la maison d’école même. Aujourd’hui que l’on réunit volontiers en un groupe scolaire l’école maternelle, l’école des garçons et celle des filles, il est difficile que toutes les salles de classe soient bien orientées. Aussi les villes donnent-elles le terrain qu’elles ont disponible, et les architectes bâtissent dans le sens auquel le terrain se prête le mieux, sans s’occuper des points cardinaux.

L 'abondance de la lumière est subordonnée à la surface et à la disposition des;fenêtres. En général, on demande que la surface vitrée -soit égale au quart ou même au tiers de la surface du plancher. Dans l’école modèle d’Erismann, les fenêtres, au nombre de quatre, auraient une largeur de im,20; elles seraient ainsi disposées en hauteur:

Du sol à l’appui de la feuêtro 0m,90

Hauteur de la fenêtre 3 (20

Au-dessus de la fenêtre 0 .,40

Dans ces (conditions, quatre fenêtres occupent 14m,,,6 de surface et, déduction faite des châssis, 12“'', 2 de surface viltnée , environ 26 décimètres carrés par êlèwe (la surface de plancher étant de G2mq,04, et la population 42 élèves). Les trumeaux prennent de 30 à 40 centimètres dans le milieu de la salle et 1 mètre aux extrémités. Reclam propose de réduire le plus possible ces trumeaux en les remplaçant par des piliers et en construisant des

fenêtres gémellées (Voy. fig. 231). Em. Trélat ne calcule point le rapport de la surface vitrée à la surface du plancher; mais il est clair qu’il le veut le plus grand possible, puisqu’il supprime tous les trumeaux et ramasse toute la section de l’éclairage en une seule baie, qui comporte des meneaux en aussi grand nombre qu’il est nécessaire. La largeur de la salle règle la hauteur du linteau des baies d’éclairage ; ce linteau devra se trouver à une hauteur minima égale aux 0,60 de la profondeur de la classe, augmentée de l’épaisseur du mur où sont placées les fenêtres. Pour une salle de 7m,10 de profondeur, close d’un mur de 0m,50, la hauteur du linteau audessus du parquet sera 7,60 X 0,60 = 4m,56. — L'appui des baies sera placé au-dessus du parquet à une hauteur maxima telle que les rayons lumineux plongeant à 45° et frisant l’arête de cet appui, atteignent les extrémités voisines des tables. Cette hauteur dépend alors de la largeur du passage le long du mur et de la hauteur des tables; pour un passage de 0m,60 et une hauteur des tables égale â 0m,70, l’appui sera placé à 0,60 -)- 0,70 = lm,30 au maximum. Erismann demande 1 mètre. Les appuis très élevés attristent l’intérieur de la salle.

La Commission de l’hygiène des écoles, de 1882, demande qu’un œil

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placé au niveau de la table , à la place la moins favorisée , puisse voir directement le ciel dans une étendue verticale de 30 centimètres au moins , comptée à partir de la partie supérieure des fenêtres. Aussi le rapporteur ne voit-il pas d’inconvénient à monter le mur plein jusqu’à 2“, 50 ou 3 mètres au-dessus du parquet. A notre avis, c’est trop peu exiger.

On a imaginé un certain nombre d’instruments, les photomètres , les radiomèlres , destinés à mesurer l’intensité de la lumière qui arrive à chaque élève (Bertin-Sans, L. Weber). Quelques-uns donnent, paraît-il, de bons renseignements. Mais il faut toujours combiner ceux-ci avec la mesure de l’acuité visuelle de chacun.

Lorsque des rideaux ou des stores sont nécessaires, on les fait d’étofle teinte en vert et généralement double. On recommande les stores qui s’élèvent plutôt que ceux qui s’abaissent; il est préférable, en effet, de pouvoir diminuer la lumière par en bas plutôt que par en haut.

Le gaz d’éclairage parait être à Varrenlrapp le seul moyen possible d’eclairage artificiel , à la condition que l’on exclue les becs plats, où la combustion n’est pas parfaite, et que l’on use du cylindre de verre qui active la combustion et immobilise la flamme. Gross conseille en outre l’abat-jour, non en métal mais en papier ou porcelaine mince. Gohn n’exige qu’un bec pour 16 enfants, ce que Falk trouve encore trop généreux. Néanmoins, dans les écoles de Francfort, il y a un bec pour 5 à 8 élèves. Dans certaines écoles anglaises, le tube d’aspiration au-dessus du bec est composé de tubes 'concentriques (Riant); le tube inférieur sert de tuyau de fumée et porte au dehors les gaz de la combustion: l’espace annulaire entre celui-ci et le tube extérieur fait l’office d’une cheminée d’appel et évacue l’air vicié de la salle. Il ne faut pas oublier que l’éclairage au gaz augmente la proportion de CO2. Vernois a fixé à lm,30 ou lm,5Ü la distance entre le réflecteur et la table, nécessaire pour que la tête de l’enfant ne s’échauffe pas et que la lumière ne soit pas incommode. Javal demande lm,80 au-dessus

A la Realschule d’Upsal, on a disposé, au moyen de becs de gaz et de réflecteurs, un éclairage artificiel unilatéral, qui reproduit assez exactement l’éclairage diurne (Riant). La lumière électrique permet de développer ce système.

Chauffage. — On choisira, selon les besoins et les convenances, l’un des •systèmes ou appareils précédemment décrits (page 630 et suiv.). Les poêles représentés dans les fig. 139 et 140, le microsiphon, les circulations d’eau ou de vapeur, nous paraissent spécialement recommandables.

Latrines scolaires. — Il faudra avoir ménagé, dans les maisons d’école où les élèves ne passent pas la nuit, à une petite distance, mais séparés de la classe, des latrines et des urinoirs distincts. Il sera bon de pouvoir y atteindre par un passage couvert. Les latrines proprement dites seront de petits cabinets (1 pour 25 à 30 élèves) absolument séparés et munis d’une porte; à Lille, dans plusieurs écoles, la porte ne descend pas, en bas, jusqu’au sol, et ne va pas, en haut, jusqu’au plafond ; de telle sorte que le

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maître puisse toujours voir la tête et les pieds de l’enfant. Ces cabinets seront l’objet des mesures d’assainissement indiquées dans la Ir0 Partie. Une question qui peut être discutée ici est celle de savoir s’il vaut mieux adopter le système à la turque ou disposer des cabinets à sièges sur lesquels les visiteurs ne montent pas, mais s’asseyent. Kuby, en étudiant les modèles exposés à Paris en 1878, remarque que la coutume la plus générale, en France, paraît être le cabinet sans siège, avec un trou dans la dalle, correspondant à la fosse; ce lui paraîtrait un système arriéré, vis-à-vis de ce qui se passe en Allemagne, s’il ne devait reconnaître que la propreté est facile à entretenir, à l’aide de lavages, lorsqu’il n’y a autre chose que ce trou, dans un dallage en pente, et que les parois du cabinet sont revêtues de carreaux vernissés. Cette réflexion est juste ; mais il est avéré que, dans ces conditions, les enfants comptent beaucoup trop sur les lavages en question et que les matières s’étalent un peu sur toute la surface des dalles en attendant ce lavage, qui ne se fait pas toujours à temps. On a pensé, en France également, qu’il vaudrait mieux inspirer de bonne heure aux enfants le sentiment de la propreté, dans l’accomplissement de cette fonction, qui menace tant la salubrité des habitations collectives. E.-R. Perrin réclame pour les latrines scolaires le siège propre, ciré, sur lequel on s’assied. Nous partageons cet avis d’autant plus complètement que nous avons pu nous assurer que ce mode est pratiqué dans les écoles primaires de Lille, sans difficulté sérieuse et au grand avantage de tout le monde. A l’École Monge, le siège n’est que le bord supérieur d’un tuyau à coupe elliptique, que le visiteur surmonte d’une couronne en bois, de 4 à 5 centimètres de large ; l’élève est donc dans l’imposssibilité d’y mettre les pieds et est forcé de s’asseoir à califourchon.

Les urinoirs doivent être en marbre, en ardoise, en fonte émaillée, et être irrigués d’un filet d’eau en permanence.

Bains. — Dans les écoles qui ont des pensionnaires, il faut une salle debains et quelques baignoires. Les écoles de tout degré doivent profiter des bains de piscine et des écoles de natation qui peuvent exister dans la localité. Nous avons montré (page 838) qu’il n’est point très difficile d’introduire à l’école la pratique des bains-douches. Le lycée de Yanves a sa piscine de natation; c’est une installation à donner à tous les lycées extérieurs.

B. Le mobilier scolaire. — C’est le mobilier scolaire, quand il est mauvais, comme était l’ancien, qui est surtout coupable des deformations et de la myopie. Un banc trop bas avec une table trop haute pour la taille de l’enfant l’oblige à s’incurver avec torsion du tronc sur son axe, par exemple dans l’attitude de la fig. 252 (Grey). Une tanie trop basse le force à incliner la face sur le papier et l’habitue à regarder de près. Un écartement exagéré entre la table et le banc agit dans le même sens. L’absence de dossier favorise la llexion du tronc en avant et l’affaissement en masse. Si les pieds de l’élève ne reposent pas sur un marche-pied approprié à la longueur de ses jambes, il se fatigue et s’habitue encore à des attitudes, défectueuses.

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Les études de Fahrner, Frey, Kunze, Guillaume, Varrentrapp, Cohn, Liebreich, Daily, etc., ont fait adopter les règles suivantes :

1° Tables et bancs mobiles ou tables-bancs inséparables, à un petit nombre de places (2 à 4, 3 à 6), assurant GO centimètres à chaque élève, dans le sens bilatéral. La table elle-même (pupitre) doit avoir une partie antérieure horizontale, de 10 à i l centimètres de largeur, et une inclinée du côté de l’élève, large de 3G à 37 centimètres. L’inclinaison est de 15 (Daily) à 20 degrés (Liebreich).

Le banc doit être assez large pour que les trois cinquièmes postérieurs de la longueur des cuisses y repose, 23 à 28 cenli- , mètres.

2° Les dimensions totales et les dimensions de chaque partie des tables-bancs doivent varier selon la taille des enfants. Nous donnerons tout à l’heure un aperçu d’ensemble des rapports le plus généralement adoptés pour chacune des neuf grandeurs que l’on admet. Des mesures très nombreuses (Fahrner, Cchn, Zwez) ont établi que le siège doit être au-dessus du sol d’une hauteur égale aux 2/7 de la taille de l’élève.

3° Un point très important consiste à observer exactement la différence de hauteur entre la table et le siège. Cette difiérence est indiquée par l’intervalle entre le banc et les coudes, lorsque l’élève est assis, les bras le long du corps. On augmente le chiffre obtenu de quelques centimètres parce que l’élève porte les coudes en avant et les relève dans l’acte d’écrire. Par rapport à la taille, cette différence doit être de 17,59 il 18,3 pour les garçons et de 16,6 à 17,7 pour les filles, que leurs jupons épais élèvent quelque peu au-dessus du siège (Fahrner).

4° Entre la table et le banc, il faut , ainsi que Fahrner l’a montré le premier, que la distance horizontale soit nulle, c’est-à-dire que la perpendiculaire abaissée du bord de la table rencontrera le bord du banc. La figure 253 représente précisément le modèle dans lequel Fahrner a réalisé cette exigence.'Depuis, Cohn, Falk, ont même voulu que la distance fût négative, c’est-à-dire que le bord du banc s’avançât sous la table, de 2 centimètres et demi, suivant eux, de 5, 6 et même 7 centimètres, selon Buchner, Hermann, Parow. Dans ces dernières conditions, surtout si les tables sont à plus de deux places, l’élève peut être gêné pour se lever, pour enlrer à sa

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place et en sortir. C’est en prévision de celle difficulté que Colin a imaginé, pour les écoles piimaiies de Breslau, une table dont la moitié antérieure peut se replier sur l’autre (fig. 254). Ailleurs la tablette du pupitre est à coulisse (mobilier Kunze, très répandu en Allemagne) ; la partie antérieure glisse sur l’autre d’avant en arrière, et, quand elle est passée, couvre l’encrier en laissant 12 centimètres d’espace (Voy. aussi fig. 256).

Fig. 253. — Table-banc de Falirner (’).

5° Lorsque la table-banc est construite pour des grands, la hauteur du siège n’est pas telle que leurs pieds n’arrivent à reposer sur le sol, l’élève étant assis. Il n’en est plus toujours de même des petits, d’autant que pour éviter au maître la peine de se baisser trop en examinant par exemple leurs cahiers, on a l’habitude de tenir leur banc à une hauteur disproportionnée à leur taille. Pour obvier à ce que les pieds de l’enfant se balancent dans le vide, on munit la table-banc d’un marche-pied, placé à la distance du siège à laquelle devrait se trouver le sol, ou même à une distance un peu moindre. Ce marche-pied ne doit pas être une simple traverse, mais une planche large de 25 à 30 centimètres; il est avantageux de l’incliner du côté de l’enfant sous un angle de 20 à 30°. Il sera écarté de la ligne verticale passant par le bord antérieur du banc de 12 à 20 centimètres.

6° Il est regardé aujourd’hui comme impossible que les enfants gardent la position perpendiculaire ou penchée en avant pendant des heures, sans prendre des attitudes vicieuses. Il est des instants où ils n’écrivent pas, mais lisent ou reçoivent la leçon orale du maître. La nécessité d’un dossier est admise partout; on ne diffère que sur le mode d’exécution. Les uns le veulent transversal, d’autres vertical, ceux-ci en limitent la hauteur à la pointe de l’omoplate, ceux-là lui font suivre toute la longueur de la colonne vertébrale; ici il est plat ou en creux, uniformément incliné ; ailleurs sa coupe représente, du côté de l’élève, une double courbe, concave dans la

(*) c/i, différence, entre la table et le banc. — hk\ hauteur du banc. — kk\ éloignement du marche-pied — fo, hauteur du dossier. — en, éloignement du dossier par rapport à la table.

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spéciale.]

partie qui correspond il la région dorsale, convexe dans celle qui est en rapport avec la région lombaire (mobilier Kunze). Javal estime que ces dispositions, propres à enclaver l’élève dans son banc, sont incompatibles avec la mobilité dont cet âge a un besoin irrésistible. Il préfère un dossier qui ne soit pas notablement plus haut que la tablette écrire. Celui de Varrentrapp (Og. 255) remplit cette condition. StafTel vante un « appui lombaire » de son invention, qui est une sorte de demi-anneau plat, convexe dans le sens vertical, concave dans le sens horizontal; il s’applique sur les reins de l’enfant en arrière et un peu latéralement. Il est clair que la colonne lombaire est bien soutenue; mais l’encastrement à éviter se produit.

La table-banc recommandée par Frey, en outre d’un dossier plus haut que large, légèrement incliné en arrière, présente quelques autres détails qu’il convient de signaler, savoir : la forme légèrement creusée de la surface du banc, plus en arrière qu’en avant (cette particularité se retrouve dans le mobilier Kunze et dans la table Varrentrapp, fig. 255), et le mode de support de la table, qui permet d’en monter ou d'en descendre le pupitre, de sorte que le même modèle puisse servir plusieurs tailles.

7° On ménage, sous la table, une case à ranger livres et cahiers. CeLte case ne doit pas descendre à plus de 12 ou 15 centimètres au-dessous de la table pour que les genoux de l’enfant ne s’y heurtent pas. Dans le même but, son bord antérieur est un peu en retrait par rapport au bord de la table.

Varrentrapp conseille judicieusement de se préoccuper aussi, en ce qui concerne les jeunes filles, non seulement des tables et bancs qui leur servent à lire et h écrire, mais encore du mobilier correspondant sur lequel elles apprennent les travaux d’aiguille de toutes sortes. Elles ont également la tendance à incliner la tête en avant, à incurver le tronc. Un dossier assez

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élevé, de peu de largeur, paraît très applicable à cette situation. On peut, cette fois, conserver une distance positive entre le siège et la table sur laquelle repose l’ouvrage. C’est surtout en pareil cas que l’on peut admettre un siège mobile, pouvant être avancé ou reculé à volonté.

Fig. 255. — Table-banc proposée par G. Varrenlrapp (*).

Au point de vue de l’économie à garder dans la construction des diverses grandeurs du modèle adopté, il est utile de remarquer qu’un certain nombre de dimensions peuvent être fixées une fois pour toutes et rester invariables; ainsi, la distance est toujours nulle ou négative, la largeur et la longueur de la table, de la case aux livres, peuvent être les mêmes pour toutes les tables; il n’y a que la hauteur du siège et du marche-pied, la largeur du banc, la différence, les dimensions du dossier, qui sont forcées de varier.

Les règles qui viennent d’être tracées ont été l’objet d’une discussion soigneuse de la part de G. Varrentrapp, qui s’est ell’orcé de les mettre en pratique dans le modèle de table-blanc ci-dessus (fig. 255), en l’accompagnant de tableaux où sont fixés, d’une part, les dimensions proportionnelles : de l’autre, les variations en rapport avec huit catégories de taille.

Les dimensions variables sont réglées comme il suit : (*)

(*) Hauteur du seuil ac et bd, O”, 071. — Largeur dont ce seuil déborde, cc et df, 0“,019. — Largeur inférieure, en, du pan latéral, O”, 221. — Hauteur de ce pan, ec, O”, 651. — Hauteur de la case à livres, uw, 0",182. — Largeur de la même, 0“,231. — Partie horizontale, Ig, de la table, 0“,104. — Partie inclinée, gi, de la même, 0“.304. — Inclinaison, hi, de cette partie, 0i»,052. — Largeur du marche-pied, Im, 0”,286. — Distaucc (négative), r>p, 0™ ,020. — Hauteur du dossier, rs, O1», 078.

spéciale.]

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NUSlÉllOS DES TAILLES.

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