‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 214 sur 268 · AGES CORRESPONDANTS EN CENTIMÈTRES · texte numérisé non relu

AGES CORRESPONDANTS EN CENTIMÈTRES

150 et au-des.

1° Table.

ni

ni

ni

ni

ni

Hauteur au-dessus du sol

Largeur d’avant en arrière

Lougueur pour la table-banc à une seule place.

— par place d'enfant pour la table-

banc à deux places

Soit, pour les deux places

2° Banc.

Hauteur au-dessus du sol prise au milieu du

banc

Largeur d’avant en arrière

Longueur (banc à une place)

— (banc à deux places)

Soit pour le banc double

3° Dossier.

Hauteur de l’arète supérieure au-dessus du

siège à

Longueur égale à celle du banc pour la table-

bauc h une seule place

Et, pour la table-baric à deux places

Il paraît fort simple d’appliquer quelqu’un de ces systèmes perfectionnés au mobilier des salles d’étude ou de classe des lycées et collèges, dont les élèves n’ont évidemment pas de raison d’être moins bien traités que les écoliers primaires, Arnould, Hygiène. 2° édit.

H 86 LE GROUPE SCOLAIRE. [Hygiène

I. 'amélioration peut être un peu plus compliquée lorsqu’il s’agit des cours de l’enseignement supérieur, qui se donnent dans des amphithéâtres, où d’habitude les places sont disposées en demi-cercles étages. Néanmoins, il n’est pas que l’on ne puisse rompre avec la vieille tradition en vertu de laquelle les élèves des facultés gagnent leur place en escaladanl les bancs qu’ils souillent de boue, appuient leurs pieds contre le dos de leurs camarades, se couchent contre le gradin postérieur, quand ils en ont assez de la perpendiculaire, et écrivent sur leurs genoux, en se courbant péniblement, s’ils veulent prendre des notes. Le travail et l’attention gagneraient à ce qu’on rendit la position moins incommode, eL l’on épargnerait à l’économie une fatigue inutile en ménageant au moins des dossiers et une table aux bancs de l’amphithéâtre. Quelques élèves en profileraient peut-être pour dormir au cours; mais est-il préférable qu’ils s’abstiennent d’y venir par antipathie pour les bancs? Les bons élèves ne dormiront dans aucun cas, et c’est à ceux-là qu’on doit quelque bien-être dans l’accomplissement du devoir.

Le rapport de Javal, au nom de la Commission de 1882, porte, dans ses conclusions : « Art. 12. Dans les classes disposées en gradins, les tables seront supprimées, les sièges seront à deux places avec dossiers en bois et comporteront une tablette latérale destinée à poser le papier et le bras pour prendre les notes. » On a appliqué le précepte à Lille, à la Faculté... de Droit.

C. Matériel d’instruction. — Ce matériel comprend les livres, le papier, les ardoises et tableaux , les plumes , crayons, etc. L’hygiène n’a guère qu’une seule préoccupation vis-à-vis de tous ces objets et toujours la même ; mais elle est des plus sérieuses. C’est leur influence sur la fonction visuelle et la santé de l’œil.

Les livres classiques, produits en quantité énorme par des maisbns qui se soucient plus de leur propre gain que de tout autre intérêt, sont fort défectueux, en France, en Allemagne et ailleurs. Ils sont, en totalité ou en partie, imprimés en caractères trop petits; quelques-uns, hélas! avec approbation du ministère de l’Instruction publique, ou même publiés par ses fonctionnaires. Toute impression, dit H. Colin, dont les caractères ont moins de 1 millimètre et demi de hauteur, est nuisible aux yeux. Les pleins des lettres doivent avoir au moins 0,2o de millimètre d’épaisseur; les interlignages, au moins 2mm,5; la plus grande longueur des lignes ne doit pas dépasser 100 millimètres. Javal, remarquant qu’on lit très bien une ligne dont on ne voit que la moitié supérieure, propose un nouvel alphabet assez bizarre, qui supprime la partie basse des lettres longues p et q et diminue les queues du j, du g, de l’y; ce serait un moyen de diminuer aussi les interlignages qui, selon l’auteur, sont du luxe. Nous ne partageons son avis à aucun de ces égards. Mais nous croyons, avec lui et avec Maurice Perrin, que les livres de classe ne doivent pas avoir plus de 6 à 7 lettres au centimètre courant (8 points typographiques) et, avec ces savants encore, nous sommes porté à restreindre la longueur de 10 centimètres, que Cohn tolère pour la ligne.

D’autres défectuosités encore sont à signaler : la minceur du papier, qui fait apercevoir sur le recto les lignes imprimées au verso ; les lettres mal venues, par suite de la vétusté des caractères d’imprimerie ou la négligence des typographes, etc. Nous ne serions pas étonné que l’emploi de leurs horribles caractères gothiques ne fût une des raisons pour lesquelles la myopie est plus commune chez les écoliers allemands qu’en France. Beaucoup de livres scientifiques allemands ont le bon esprit de se faire imprimer en caractères modernes, très commodes à lire pour nous et, sans doute, pour les Anglais, les Américains, les Italiens; quelques autres

spéciale.] MATÉRIEL D’INSTRUCTION.

conservent le gothique ( Fraktur ), tout en reconnaissant, avec Blasius (de Brunswick), Schneller (de Danzig), etc., qu’il est moins lisible, à mesures égales, que les caractères dits latins (Antiqua). 11 y a là, parait-il, une question de vanité nationale.

La couleur du papier n’est pas indifférente. Des caractères noirs sur un fond d’un blanc éclatant fatiguent la vue; si l’on faisait le contraire, la visibilité des lettres serait diminuée et ce serait, d’ailleurs, lugubre. Javal a fait prévaloir en France le principe de donner au papier des livres classiques une teinte jaunâtre, douce à l'œil, qui, pour 1a. physique, est le résultat de l’absorption, c’est-à-dire de la suppression, des rayons d’une extrémité du spectre : violet, indigo, bleu. Il n’y a pas de raisons pour que l’on n’impose pas la môme teinte au papier des cahiers d’écriture.

La plupart de ces règles se trouvent intentionnellement observées dans l’exécution du présent livre. II a le papier teinté, solide ; les lignes y sont de 113 millimètres, c’est-à-dire un peu longues, mais ce défaut est racheté par le « point », i qui ne comporte pas plus de 65 lettres par ligne dans le texte ordinaire et 70 dans le petit texte, c’est-à-dire environ 6 lettres au centimètre. La hauteur des lettres (grand texte) dépasse lmtn,o ; l’interlignage a les 2mm,5 réglementaires. Nous avons soigneusement évité les notes que l’on trouve trop souvent, tenant une grande place au bas des pages, en caractères microscopiques et fatigant doublement les yeux, par leur finesse et par les voyages incessants du regard d’un bout de la page à l’autre.

La règle générale adoptée en France est qu’t/ faut refuser tout livre qui , tenu verticalement et éclairé par une bougie placée à la distance de 1 mètre, ne peut pas être lu avec une vue normale à 80 centimètres.

Des expériences nombreuses, accomplies sous la direction de Horner (Zurich), ont démontré pratiquement : que, toutes choses égales d’ailleurs, des lettres blanches sur fond noir semblent plus grandes que les lettres noires sur fond blanc, mais ne peuvent être lues qu’à une distance moindre, surtout quand il s’agit de lettres un peu compliquées, comme EB; que des lettres sur fond jaunâtre sont lues avec la même facilité que si elles étaient sur fond blanc ; qu’enfin les lettres grises sur fond noir, comme les caractères tracés à la craie sur le tableau, sont moins aisément lues que celles des deux cas précédents. Les rapports de visibilité sont les suivants :

1° Lettres noires sur fond blanc 496 de visibilité.

2° — blanches — noir 421 —

3° — grises — noir 340 —

En comparant les caractères à l’encre sur le papier blanc avec les caractères tracés sur l’ardoise au crayon d’ardoise et ceux du crayon de plomb sur le papier ordinaire, l'auteur (1877) a constaté que les mômes lettres étaient lues aux distances et dans les rapports ci-dessous :

Crayon d'ardoise. Crayon de plomb. Encre.

159 centimètres. 183 centimètres. 211 centimètres.

Des résultats différents relativement aux distances absolues ont été obtenus ultérieurement dans des conditions de luminosité moindre; mais le rapport de visibilité est resté le même, 3 pour le crayon d’ardoise et 4 pour l’encre. Borner en con-

LE GROUPE SCOLAIRE, • [Hygiène

dut à la substitution définitive de l’encre au crayon de plomb ou d 'ardoise, d’ailleurs bien trop lourds, et à la suppression du tableau noir. Dans tous les cas, il importe, si l’on conserve le tableau pour quelques occasions, de lui donner une surface absolument mate, n’obligeant pas les élèves à lutter contre la réflexion d’une surface polie ; et, si l’on admet parfois la mine de plomb, d’exiger que le crayon soit de bonne qualité et bien taillé pour assurer la netteté des caractères.

Les caries géographiques murales ne doivent pas être vernies, pour la même raison que le tableau noir. D’ailleurs, on y évitera la surcharge des détails et les noms en caractères microscopiques.

Les plumes métalliques peuvent être l’occasion d’accidents graves entre enfants qui, par jeu ou autrement, font une blessure oculaire à un camarade avec le bec de celle plume. Galezowski voudrait pour cette raison ressusciter la plume d’oie, qui certainement était plus favorable à l’écriture et ne permettait pas les caractères microscopiques. Mais la plume d’oie n’est pas non plus un instrument inolîensif; elle comporte en outre un canif, qui est dangereux entre les mains des enfants ; enfin, il est peu probable qu’elle puisse contrebalancer les séductions de la plume de fer. Les porte-plumes doivent être légers, assez gros, et prismatiques, si c’est possible.

L'écriture anglaise. — L’écriture courante veut des lettres inclinées à 45 degrés. On l’appelle anglaise ; mais l’écriture allemande, d’ailleurs si

fâcheuse par la ressemblance absolue d’un assez grand nombre de lettres entre elles, est non moins inclinée. Comme, d’autre part, la méthode prescrit que le bord inférieur du cahier soit parallèle au bord de la table, l’élève n’arrive à bien obtenir cette écriture penchée qu’en s’inclinant lui-même avec torsions du tronc, la tête tendant à se coucher à gauche. Daily a maintes fois constaté et il a représenté (tig. 258) cette incurvation de la colonne vertébrale à convexité latérale gauche. Il estime, en conséquence, qu’il est bien préférable délaisser l’enfant incliner son cahier plutôt que tordre sa personne. Je ne sais pourquoi l’on a accordé à cette écriture anglaise tant de mérites; si elle est élégante, ce qui ne paraît pas démontré, elle tend â être illisible lorsque l’élève ne se surveille plus. L’écriture presque droite, la ronde que pratiquaient nos pères, reslent toujours lisibles, parce que les lettres à boucles ne sont jamais noyées ou converties en un simple jambage. Dans tous les cas, il faut permettre à l'élève d’incliner son cahier et non point son torse. Berlin et Layet ont montré que la synergie du regard avec le mouvement des doigts est pour beaucoup dans les altitudes vicieuses qu’entraîne l’écriture penchée ( Kurrenlschrift ). La ligne de

Fig. 258. — Incurvation rachidienne due à l’écriture anglaise (Daily).

spéciale.] L’ÉLÈVE. <189

regard, c’est-à-dire la ligne qui réunit le centre de rotation des deux yeux, se place, d’instinct, perpendiculairement aux traits pleins des lettres. Elle est donc oblique de haut en bas et de gauche à droite, quand l’écriture est inclinée. La tête et le tronc se mettent inconsciemment dans une attitude qui assure cette direction. Aussi, J. Rochard trouve-t-il 30 fois sur 100 l’incurvation rachidienne avec convexité à gauche. On est étonné que Staflel pose ce principe, que « l’écriture normale doit avoir une inclinaison de 30 degrés ». Nous acceptons bien plus volontiers le précepte de la Commission française de 1882 : « Pendant le cours élémentaire et le cours moyen, on obligera les enfants à se conformer à la formule de George Sand : Ecriture droite sur papier droit, corps droit. »

Il ne faut pas obliger les petits enfants qui commencent à écrire à faire de grandes lettres (3mm,5 au minimum, 5 millimètres au maximum). i Cohn range, avec raison, dans les mauvais procédés graphiques, la méthode dite stigmo graphique d’enseignement du dessin, dans laquelle les figures sont représentées par des points et des lignes formant réseau.

Matériel de gymnastique et de jeux. — Nous n’avons qu’à renvoyer, à ce sujet, au chapitre VIII de la lre partie (spécialement p. 1082, 1092 et suiv.). Mais nous profitons de cette occasion pour rappeler que l’espace est la première condition pour que les écoliers puissent faire de l’exercice, soit au gymnase, soit sous forme de jeu. Les o mètres carrés par élève que le règlement français exige pour les cours sont un minimum.

Nous avons vu avec satisfaction que le Conseil municipal de Paris (septembre 1888) a supprimé pour les jeunes enfants les bataillons scolaires, qui n’étaient ni un jeu ni de la gymnastique. On les conserve pour les écoles primaires supérieures; c’est encore trop.

D. L’Élève. Conditions normales ou pathologiques. — Les points sur lesquels s’est portée l’attention des hygiénistes sont : Vâge d’admission aux écoles, la répartition des heures de travail intellectuel, de repos et d'exercice ; les prédispositions morbides et les maladies scolaires.

Age. — Les enfants, moyennement, sont susceptibles d’éducation vers leur septième année. C’est l’époque le plus communément adoptée; mais, çà et là, la vanité des parents, la crainte que leurs enfants n’arrivent pas assez tôt pour satisfaire aux exigences d’entrée dans les diverses carrières, font précipiter le moment de l’introduction de l’enfant à l’école. Dans les

I «lasses laborieuses, c’est souvent tout simplement le besoin de se séparer, pendant les heures de travail, d’un bébé qu’il faudrait occuper et surveiller. L’hygiène ne saurait faire entrer ces considérations en ligne de compte; mais elle reconnaît volontiers qu’à six ans révolus, l’enfant est assez intelligent pour que le désœuvrement lui soit à charge, sauf, d’autre part, que son cerveau, n’étant pas plus développé que les autres organes, n’est susceptible de travail qu’à petites doses et avec intermittence. On voit que la question capitale est dans le mode suivant lequel lui sera servie la nourriture intellectuelle. La fixation et la distribution du temps sont le premier élément de ce mode; la nature des choses enseignées en est un autre.

LE GROUPE SCOLAIRE

[Hygiène

Heures «le classe. — A 6 ou 7 ans, un enfant n’est pas capable de suivre une leçon pendant plus de 15 à 20 minutes consécutives; de 7 à 10 ans, 20 minutes sont le maximum de ses efforts; à 10-12 ans, 25 minutes; de 12 h 16, 30 minutes (Edwin Chadwick). En acceptant la pause nécessaire après chaque leçon, le retour de l’attention a lieu pour la leçon suivante, mais d’autant moins sûrement que l’élève est plus jeune. D’où la règle pour la durée totale du travail intellectuel par jour :

Aû-dessous de 7 ans

De 7 à 10 ans

De 10 h 12 ans

2 heures 1/2 à 3 heures,

3 — à 3 heures I /2

En Angleterre et pour les enfants des classes laborieuses, on a voulu satisfaire à la fois au besoin qu’éprouvent les familles de se décharger du soin de leurs enfants et à la nécessité de ne point surmener le cerveau des jeunes écoliers; on tient ceux-ci à l’école proprement dite pendant trois heures chaque jour et on les occupe, le reste du temps, dans des magasins, des fermes, à des travaux manuels à leur portée ( half-time-system ). Cette méthode est en essai aux États-Unis (Lincoln).

Au-dessus de quinze ans, le nombre d’heures de travail par jour peut s’élever à huit ou neuf heures. Les élèves de l’École militaire de West-Point ont dix heures par jour de leçons ou d’études, ne sortent pas et, cependant, grâce à un ensemble parfait de conditions hygiéniques, jouissent d’une très bonne santé. A l’École d’agriculture de Massachusetts, on travaille dix heures par jour, sans compter les exercices militaires ou travaux agricoles. A Saint-Cyr, la moyenne journalière des travaux purement intellectuels est de huit heures.

Il ne faut pas oublier qu’en dehors des heures d’écoles, les enfanls remportent des devoirs à faire à la maison et que leurs parents, soucieux de les munir autant que possible, réservent encore sur ce temps les heures nécessaires à des leçons de musique, de danse, d’escrime, de natation, etc. On enseigne trop de choses à la fois et l’on ne proportionne pas la nature des objets enseignés à la puissance d’élaboration des jeunes cerveaux. L’enfant est enclin à ne pas fixer son esprit, mais c’est à la condition que sa pensée sera libre dans le champ de la fantaisie ; si son attention ne fait que changer de terrain tout en restant commandée et tendue, son esprit ne se repose en aucune façon ; il se fatigue plutôt et se relâche ; ou si l’attention persiste, par un effort de volonté, ce n’est pas sans de graves dangers pour l’intégrité de la nutrition cérébrale et, par conséquent, pour le fonctionnement ultérieur des facultés intellectuelles. D’autre part, il est clair que les objets réels et leurs formes, que les phénomènes physiques et naturels, que les rapports à termes concrets, sont ce qu’il y a de plus facile â saisir pour les cerveaux à développement naissant. Au lieu, cependant, de leur offrir ce champ abordable, on commence par les bourrer d’abstractions; la grammaire et le catéchisme, la quintessence des subtilités théologiques et la dernière expression de la philosophie du langage, voila par oh l’on introduit dans le monde de la science de jeunes tètes à peine sevrées. Puis viennent sans désemparer les langues anciennes, le latin et le grec, qu’on apprend dans les historiens de l’antiquité, mais aussi dans les moralistes, les économistes, les philosophes. Enfin, l’on passe aussi une année, sous prétexte de philosophie, a disserter sur les propriétés d'êtres de raison.

spéciale.] HEURES DE CLASSE.

Les nouveaux programmes français (1880) ont, heureusement, reculé l’àge auquel on commence l’étude des langues mortes, comme l’avait déjà fait l’école Monge, en la reportant à l’àge de douze ans. Les premières années sont consacrées aux sciences physiques et naturelles, aux langues vivantes. C’est mieux, sauf qu il conviendrait de ne pas aller très avant dans la botanique, la zoologie, la physiologie (Hardy).

Les hygiénistes allemands, à leur réunion à Dresde, en 1878, ontentendu, de la pari d’Alexi et Chalybætis, des propositions que nous croyons utile de reproduire, parce qu’elles montrent que, là aussi, on s’efforce de lutter contre le surmenage scolaire.

I. L’àge de la scolarité obligatoire commence à six ans accomplis et dure jusqu’à l’ûge de quatorze ans révolus.

On ne sera pas admis avant l’âge de neuf ans accomplis dans les écoles du second degré (Gymnases, Uealschulen , écoles supérieures de filles).

II. Le nombre d’heures accordées à l’instruction dans les écoles primaires (y compris le chant, la gymnastique, les travaux féminins) ne doit pas dépasser 22 heures par semaine, dans la classe inférieure (7 à 8 ans) ; 30 heures dans les classes moyenne (9 à 10 ans) et supérieure (tl à 14 ans).

De ce temps, la matinée prendra seize à dix-huit heures dans la classe inférieure, dix-huil dans la moyenne, vingt à vingt-deux dans ta classe supérieure.

L’instruction sera suspendue dans l’après-midi du mercredi et du samedi.

Le temps à consacrer au travail à la maison ne doit pas dépasser une heure et demie par jour pour la classe supérieure ; une heure pour la moyenne ; une demiheure pour la classe inférieure, qu’il vaudrait mieux en dispenser tout à fait. On ne doit pas tenir compte du dimanche pour le travail à la maison.

III. Dans les établissements d’enseignemenL secondaire (Gymnases, écoles réales, etc.), et dans les écoles moyennes où l’on enseigne une langue étrangère, les heures consacrées aux branches obligatoires scientifiques doivent être prises sur la matinée exclusivement et ne pas dépasser vingt-quatre par semaine. On affectera l'après-midi aux branches obligatoires techniques (écriture, dessin, chant, gymnastique, travaux de femmes) ; celles-ci ne devront pas prendre plus de huit heures par semaine.

Le temps consacré aux devoirs à faire à la maison sera de une demi-heure à une heure et demie pour les élèves des classes inférieures (10 à 12 ans); de une heure à deux pour les classes moyennes (13 à 15 ans) ; de deux à trois pour les classes les plus élevées (10 à 19). On ne comptera pas, pour ces devoirs, sur le dimanche.

IV. L'instruction ne commencera pas avant 8 heures le matin ni avant 2 heures après-midi, pour les enfants au-dessous de 12 ans. Entre deux heures consécutives de classe du malin, il y aura une pose d’au moins cinq minutes; entre la deuxième et la troisième heure, une pause de quinze ou mieux de trente minutes. Après la première heure de classe de l’après-midi, une pause de dix minutes.

V. En même temps que le programme des études, il sera établi un programme du travail à la maison. Les élèves inscriront les devoirs à faire à la maison sur un carnet contrôlé par le maître.

VI. Les devoirs de punition ne seront tolérés qu’aulant qu’ils peuvent combler une lacune dans l’instruction. On restreindra les retenues ; elles ne se feront jamais à midi et elles auront lieu sous la surveillance d’un maître.

1 i 92 LE GROUPE SCOLAIRE. [Hygiène

VII. Les vacances comprendront dix semaines et demie par an, indépendamment des jours de fête religieuse ou nationale.

Par les grands froids ou les grandes chaleurs, les directeurs d’écoles pourront donner congé aux élèves. En été, on supprimera les leçons de l’après-midi, lorsque le thermomètre aura marqué 25° à l’ombre à 10 heures du matin.

VIII. Le nombre d’heures de classe que l’on pourra exiger d’un instituteur primaire ne dépassera pas une moyenne de vingt-huit à trente par semaine. Dans les établissements d’enseignement secondaire, vingt-deux heures pour les professeurs des classes ordinaires, vingt heures pour ceux des hautes classes.

Le règlement français de 1867, aussi bien qu’un certain règlement scolaire modèle , de 1887, dont parle J. Rochard, fixe la durée des classes à 6 heures par jour; 3 heures le matin, à partir de 9 heures; 3 heures l’après-midi, à partir de 1 heure. Chacune d’elles doit être interrompue par un repos d’un quart d’heure. Il est assurément étrange de donner le môme temps aux enfants de sept ans qu’à ceux de treize. Proust a fait accepter par la Commission de l’enseignement primaire 3 heures et demie de classe pour le cours élémentaire; 4 heures et demie pour le cours moyen; 3 heures et demie pour le cours supérieur. Mais il faudra exiger que le règlement établi soit respecté et non que l’on fasse faire, dans les écoles primaires, comme Dujardin-Beaumetz assure que cela existe, 6 heures et demie de classe par jour (32 heures et demie par semaine) au cours élémentaire;

7 heures par jour (35 heures par semaine) aux cours moyen, supérieur et complémentaire .

Dans les lycées, les internes ont, en dehors de 4 heures de classe, 7\45 minutes d’études en hiver et une heure de plus en été (J. Rochard, J. Simon). C’est la même chose à YÉcole normale clés instituteurs de la Seine (Bouchard et Boureeret). A l’époque des examens, il est même admis qu’on y ajoutera une part des heures de liberté, de même que les externes passeront leur soirée à travailler à la maison.

Il est par trop évident que là est une des principales raisons du surmenage scolaire , qui est encore plus du malmenage (Trélat) que du surmenage. En effet, les programmes universitaires manquent entièrement de pondération et bourrent les études premières de notions inutiles ou incompatibles avec l’âge auquel on les impose. Ajoutons qu’ils supposent toutes les intelligences élevées et vigoureuses et que les familles reconnaissent malaisément que certains de leurs enfants ne sont pas dans ce cas. Les bons écoliers n’ont pas besoin de tout ce temps. Les autres en ont également trop parce qu’ils renoncent h tout apprendre et passent ces longues heures à s’ennuyer simplement.

La règle américaine des trois 8 (8 heures de sommeil, 8 heures de travail,

8 heures de liberté) a paru excellente à Javal et à Napias. Nous y souscrivons volontiers, mais à condition qu’on ne l’applique qu’à des élèves déjà avancés. Avant 15 ans, 8 heures de sommeil, c’est peu ; et 8 heures de travail, c’est beaucoup.

Prédispositions morbides. — Les enfants qui se présentent aux écoles

Page 1