MALADIES SCOLAIRES
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ne sont pas tous absolument sains et vigoureux; tous n’ont pas la même santé. 11 serait bien utile que les médecins-inspecteurs et les maîtres reconnussent dès le début le point faible des écoliers, spécialement leurs aptitudes cérébrales, leurs antécédents nerveux, y compris môme les antécédents héréditaires, et- le degré d’acuité des organes de leurs sens. Quelques-uns sont myopes avant d’avoir ouvert un livre; d’autres sont plus ou moins soui'ds. Ce sont de graves indications. Nous allons parler de la myopie. Quelques mots sur la surdité peuvent trouver leur place ici.
Surdité chez les écoliers. — On reconnaît la surdité, chez les écoliers, par l’épreuve de la montre et surtout par celle de la dictée au tableau noir (Gellé). il faut que l’enfant ne fasse pas de fautes, le maître qui dicte étant placé à 8 mètres. S'il n’entend clairement la parole qu’entre 3 et o mètres, il sera placé sur le premier banc près du maître ; s’il ne l’entend qu’à 3 mètres, on , lui donnera un banc tout près de la chaire et du tableau, ou môme on fera •une classe spéciale pour ceux qui sont durs d’oreille. Le cas serait assez ■commun ; 20 à 30 fois sur 100, d’après Weil (de Stuttgart) et Gellé; et l’infirmité tendrait plutôt à s’aggraver qu’à s’amoindrir.
Maladies scolaires. — Un certain nombre de maladies ou d’infirmités résultent plus ou moins directement des mauvaises pratiques scolaires, sans compter celles qui peuvent relever du séjour dans un milieu atmosphérique vicié, lorsque les conditions générales de l’hygiène des locaux habités ne sont pas remplies.
Myopie. — C’est la maladie scolaire par excellence, celle contre les menaces de laquelle doivent lutter le mobilier, les livres, etc. Elle résulte de l'habitude de regarder de près et de fixer de petits objets. 11 y a une myopie acquise et une myopie héréditaire; toutefois, l’enfant ne naît pas myope et, même quand il apporte l’influence de l’hérédité, il ne devient myope (Javal, M. Perrin) qu’à 8 ou 9 ans, lorsqu’il commence à quitter les abécédaires pour lire dans les livres. La myopie acquise apparaîtrait •encore à la môme époque, selon Javal; Maurice Perrin est, au contraire, convaincu que ce n’est que dans les classes déjà avancées des lycées ou -gymnases qu’elle se développe et s’affirme; il lui semble que la rareté des •myopes dans les écoles de villages en est une preuve. Il voudrait que l’on fît disposer, dans les écoles, au-dessus des tables ou des pupitres, une tringle métallique à 12 centimètres de leurs bords et à une hauteur de 30 centimètres, qui rappellerait l’écolier à la bonne distance (30 centimètres) chaque fois qu’il se laisserait aller à regarder de trop près. Yallin doute de «efficacité de ce moyen, qui a été adopté sur quelques points en Allemagne, et nous craindrions qu’en restant illusoire il ne fût une occasion d’attitude vicieuse. Mieux vaut de la surveillance et un bon mobilier.
Après examen de 10,000 écoliers, à Breslau (186b), IL Colin est arrivé aux conclusions suivantes :
« 1° Dans les écoles rurales les myopes existent à peine; leur nombre augmente avec la progression des exigences et atteint son maximum dans les gymnases;
2° Le nombre d'élèves myopes augmente depuis la plus petite jusqu’à la plus
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haute classe, dans tous les établissements et d’une manière à peu près continue;
3° La moyenne de la myopie s’accroît de classe en classe, c’est-à-dire que les myopes le deviennent de plus en plus. »
Erisman, à Saint-Pétersbourg, rencontra plus d’Allemands à vue basse que de Russes. Pflüger, à Bonn, trouve 14 p. 100 de myopes parmi les instituteurs suisses français et 24 p. 100 parmi les instituteurs suisses allemands. Derby, Agnew et Loring ne constatèrent que 16 à 27 p. 100 écoliers myopes dans les écoles supérieures de l’Amérique du Nord, tandis que H. Cohn (1867) en trouvait 56 à 64 p. 100 à Breslau. Ils sont 75 myopes p. 100 à Magdebourg, 80 à Erlangen, 100 p. 100 à Heidelberg. Au Congrès d’hygiène de Paris (1878), Cohn n’hésitait pas à adresser la parole en allemand aux individus porteurs de lunettes.
Finkelnburg constate aussi que le nombre des myopes s’élève comme la hiérarchie des classes; à Hambourg, il est de 14,69 p. 100 dans la Sexta et de 61,16 dans la Prima.
La myopie ou plutôt le mécanisme de sa production (pression du muscle accommodaleur du cristallin, pour allonger l’axe de l’œil, et tension de la choroïde) entraîne l’aplatissement des artères de la choroïde et, par suite, l’atrophie de celle-ci autour du nerf optique. C’est donc une maladie. Cohn la croit à peu près toujours acquise et met fortement en doute l’hérédité.
Mais peu importent les théories de détail; l’étiologie essentielle n’est que trop claire et justifie suffisamment les efforts que l’on a accomplis partout, et que nous avons exposés, pour donner aux mobiliers et aux instruments scolaires des qualités qui cessent de favoriser l’extension de ce fléau. Cependant Sleffan (de Francfort-s. -M.) a fait remarquer judicieusement que la réforme des locaux et du matériel scolaire n’est peut-être pas absolument décisive sur la diminution de la myopie. PendanL que Florschülz, à Cobourg, attribue à ces améliorations, aux palais scolaires lumineux, un abaissement de 6,6 p. 100 de la proportion des myopes, Mayweg à Ilagen, Just à Zittau, déclarent que cette proportion n’est pas plus faible dans les nouveaux bâtiments scolaires de leurs villes que dans les anciens, très défectueux. A Francfort même, Schmidt-Rimpler se félicite que, dans le nouveau Gymnase, rationnellement construit et meublé, il n’y ait plus que 40 p. 100 de myopes. Malheureusement, en 1871, dans les anciens bâtiments, Krüger n’en avait constaté que 34,5 p. 100.
Peut-être que, comme chez nous, les programmes se surchargent de jour en jour et qu’avec un mobilier meilleur, les élèves sont entraînés à abuser davantage de leur vue.
Un moyen préventif serait encore de donner à l’enseignement oral une plus large part et de mettre à contribution les oreilles de l’écolier aussi bien que ses yeux. Est-ce que l’on ne pourrait pas retarder ou diminuer la lecture continue et les leçons apprises par cœur dans les livres? Des élèves obligés d'écouter une leçon orale du maître et d’en rendre compte ensuite feraient un assez bon exercice de mémoire et de jugement, et n’auraient point l’occasion de s’aveugler sur des lettres.
Céphalalgie scolaire. Epistaxis. — Ces affections se présentent selon les établissements chez 20 à 40 p. 100 des élèves (Finkelnburg). Michel Lévy note 104 fois la céphalalgie chez les élèves de l’École polytechnique, sur 360 cas de maladie ou indispositions. Becker (Darmstadt) la rencontre chez 80,8 p. 100 élèves de la Prima du gymnase; Bystroff (Saint-Pétersbourg), 28 à 40 fois p. 100, chez les élèves de 14 à 18 ans; Crichton-Browne (Angleterre), 46 fois p. 100. Ces accidents, d’ailleurs, sont souvent liés au
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