MALADIES SCOLAIRES
fonctionnement incomplet de la respiration. Beaucoup moins de station assise, beaucoup moins de contention d’esprit; et, en revanche, beaucoup plus de latitude et de mobilité de l’esprit et du corps chez les écoliers de tout degré : telle est évidemment la prophylaxie de ces troubles.
Le goitre scolaire a surtout été signalé en Suisse (Guillaume) et en Auvergne (Nivet). Peut-être ne se manifeste-t-il que quand il existe au préa-
lable des causes plus générales et propres à la contrée. Guillaume, à Neuchâtel, l’a rencontré 48 fois p. 100 chez les garçons et 64 fois chez les filles.
Les écoliers des classes supérieures révèlent déjà la dyspepsie , proverbiale chez les hommes de cabinet. A l’École polytechnique, 290 élèves sur 586 (3 années) ont souffert de troubles digestifs.
Nous avons indiqué (p. H 78) les déviations vertébrales et leurs causes. Ajoutons Yensellure disgracieuse (fig. 259) que fait contracter aux jeunes filles la répétition incessante du sot précepte : «Tenez-vous droites, Mesdemoiselles : creusez les reins! » (Daily). A vrai dire, les tables défectueuses, pour écrire ou travailler à l’aiguille, les vêlements carcéraires produisent chez les filles d’autres déviations et môme des déplacements de viscères abdominaux, extrêmement graves à celles dont la destination est d'être les mères de la génération à venir. Rien que la position assise prolongée congestionne les organes contenus dans le bassin.
On accuse encore l’école de pousser au développement de la phthisie
(*) A, attitude vicieuse (reins creux). — B, attitude normale.
Fig. 259. — Déviation de ta colonne vertébrale (Daily) (*).
LE GROUPE SCOLAIRE
[Hygiène
pulmonaire, tant par l’influence de milieu (air animalisé) que par ce fait spécial que 1 enfant assis, lisant ou écrivant, penché sur son pupitre, ne respire que d’une façon superficielle, ne développe pas son thorax ni ses muscles pectoraux. C’est dans ces conditions qu’il y a précisément inertie des sommets pulmonaires, le siège de prédilection du tubercule. A Berlin (Finkelnburg), sur 100 enfants qui succombent à chaque âge, il en meurt de phthisie pulmonaire : 4,81 de 5 à 10 ans; 12,96 de 10 à la ans; 31, 88 de la à 20 ans. Malgré cette gradation en rapport avec le développement de la scolarité, on ne pourrait affirmer que le lien étiologique est réel qu’en apportant une statistique différente, empruntée à des individus qui ne fréquentent point les écoles. En réalité, on présume, comme Peter, l’influence de l’école sur le développement de la phthisie par ce que l’on sait de l’influence meurtrière de la vie en commun (casernes, couvents, ateliers). Pour cette raison de sédentarité, la phthisie frappe plus les écolières que les garçons (Raseri). Le remède et la prophylaxie consistent à rendre absolument salubre le milieu atmosphérique scolaire. Une école spacieuse, facile à venliler et à ensoleiller par de grandes fenêtres et de vastes baies; des évacuations fréquentes et prolongées du local par les élèves; du mouvement de ceux-ci à l’air libre; la propreté intérieure et personnelle; voilà de sûres garanties contre l’action des causes générales de la phthisie.
Du même coup, ce sont encore les préservatifs de la scrofule et de Yanémie scolaire.
Névroses. — Les mauvaises pratiques pédagogiques ne sont pas étrangères au développement des maladies nerveuses, hyperesthésie, neuroslhénie, lenteur intellectuelle, altérations profondes des facultés cérébrales (G. Lagneau, Peter). Un certain nombre d’élèves sont obligés d’arrêter le cours de leurs études par fatigue intellectuelle. « Parmi ceux qui s’obstinent (J. Rochard), plus d’un arrive à la folie ou meurt d’une méningite. »
Les côtés par lesquels l’instruction de la jeunesse peut être rendue responsable sont : l’instruction prématurée; l’uniformité des doses du travail imposées à tous les élèves, qui n’ont cependant pas tous le cerveau d’une égale capacité; le caractère abstrait des études, à une époque précoce; l’excessive variété des devoirs à faire et des matières à élaborer le même jour (dans quelques écoles, c’est déjà un travail pour l’élève de se rappeler toutes ses obligations du jour); enfin et surtout, le manque flagrant d’équilibre entre la culture du physique et celle du moral (Voy. Exercice). L’homme qui pense n’est pas «un animal dépravé», ainsi que l’a soutenu J. -J. Rousseau; mais il faut penser à temps et dans la limite de ses forces.
Arrêt de développement. Inaptitude au service militaire. — Brouardel a signalé une "variété d’arrêt de développement, qui lui paraît spéciale à certains « petits prodiges » des écoles de grandes villes, de Paris par conséquent. L’enfant tourne au féminisme physique et moral, vers l'âge de douze ou treize ans; il ne grandit plus que du buste; les seins se développent, les testicules et la verge restent à l’état enfantin; l’intelli-
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gence reste superficielle et le jeune homme a des tendresses féminines.
Nous avons, autrefois, fait remarquer combien est fréquente l’insuffisance du périmètre thoracique chez les jeunes gens qui entrent à l’Ecole de Saint-Cyr, après avoir subi la vie scolaire moderne. Finkelnhurg, en Prusse, constate que 80 p. 100 des jeunes hommes qui se présentent au volontariat sont impropres au service. En France, Lagneau, relevant onze années des Comptes-rendus sur le recrutement, obtient une proportion de 540 jeunes gens propres au service pour 1,000 inscrits en général; 1,000 bacheliers, au contraire, ne donnent que 425 hommes propres au service.
Maladies contagieuses. — L’école ne crée pas de maladies contagieuses; mais elle prépare l’économie à se laisser envahir par certains organismes pathogènes ( tuberculose , fièvre typhoïde) et elle constitue le meilleur moyen de dissémination des contages et de constitution des foyers épidémiques ( variole , rougeole, scarlatine, diphthérie, etc.).
Prophylaxie générale. — Il y a, certainement, une réforme considérable à introduire dans les pratiques universitaires actuelles. Les programmes d’études doivent être allégés des objets inutiles ou hors de la portée des élèves; l’instruction de l’enfance et même de la jeunesse ne sert pas tant par la somme des connaissances acquises que par la gymnastique cérébrale qu’elle a fait faire et les aptitudes intellectuelles qu’elle a développées chez le jeune homme, en face du grand combat pour la vie. 11 y a de sérieuses modifications à apporter dans les dispositions qui multiplient actuellement, d’une façon exorbitante, le nombre des jeunes filles aspirant aux fonctions d’institutrices. Pour les deux sexes et à tous les degrés, il faut restreindre le nombre d’heures affectées au travail intellectuel, le proportionner aux âges, comme les tables-bancs, et diminuer le travail à la maison. En supprimant les exercices ou leçons sans portée, on pourra laisser aux enfants les huit à neuf heures de sommeil qu’a justement réclamées Hardy, ne plus les faire lever à cinq heures du matin et les obliger à donner aux soins de propreté corporelle le temps nécessaire.
A l’étranger, Hosæus et \Y. Fricke demandent l’abandon du grec et du latin ; lîoodstein, à la réunion des hygiénistes des provinces du Rhin, à Dorlinund (1882), veut que six heures par semaine soient consacrés à des exercices corporels, indépendamment de deux heures affectées à la gymnastique proprement dite. « Les heures d’exercice, pour les garçons, dit l’une de ses propositions, ne doivent avoir pour but ni la préparation militaire exclusive ni le simple développement de la force et de l’agilité; on doit poursuivre le développement physique sous tous les rapports, l'adresse, la vigueur, l’audace, la docilité parfaite eL l’accoutumance aux exercices communs, et, finalement, le plaisir dans des jeux libres et de bon goût. » Wiedemann (Leipzig), montre comment, avec des méthodes modernisées on pourrait employer beaucoup moins de lernps qu’aujourd’hui à enseigner les langues anciennes, les mathématiques. Léo Burgerstein (de Vienne) voudrait voir reprendre, à l’éducation, quelque chose du caractère élégant qu’elle avait chez les Athéniens eL qu’elle revêt encore dans les collèges aristocratiques d’Angleterre Eton, Winchester, Rugby. 11 faudrait organiser, à l’intention des élèves, des exer-
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cices d’escrime, de danse, des courses à patins sur la glace, des parties de bateau et môme de véritables jeux, bien moins enseignés que surveillés.
Ce qui se dégage de plus clair de la discussion qui eut lieu, à l’Académie de médecine en 1887, c’est que nous souffrons plus encore de la sédentarité que du surmenage scolaire. On peut faire beaucoup de besogne intellectuelle sans danger, avec un cerveau moyen, pourvu que l’équilibre soit maintenu à l’aide de l’exercice physique, de la tonification du tégument par l’eau eL l’air, de l’excitation pulmonaire intermittente, de repos convenables et, on n’en parle pas assez, d’une alimentation remplissant les conditions exigées par la physiologie et l’hygiène.
Le régime des enfanls doit comporter, par jour :
Albumine.
Graisse.
Hvdrocarbonés.
De
10 à 11 ans
(Sophie liasse)
De
(Camorer)
De
(Uffelmann)
De
(W. Schrôden
Id.
(Voit)
Selon Javal, il n’y a pas de raisons pour donner un repas chaud, à midi, aux élèves des écoles primaires ; il faut leur laisser prendre leur repas froid, dans le préau couvert ou même dans la cour, s’il fait beau ; le moins possible dans la classe. A Paris, néanmoins, le Conseil municipal a installé dans ses écoles des cantines scolaires qui, selon Mangenot, rendent d’immenses services. Javal ne veut de réfectoires que pour les externats primaires supérieurs et les Écoles normales, avec quatre repas par jour, à 6 ou 7 heures, vers 11 heures, à 2 heures et immédiatement avant le coucher. On donnera de la viande, du poisson ou des œufs, du vin ou de la bière à deux de ces repas.
Le vêtement des enfants des écoles primaires est presque toujours suffisamment chaud (Javal), mais rarement assez propre. On est obligé de prescrire aux fillettes d’être sans bonnet en classe ; en revanche, les parents évitent de leur mettre ces vêtements dits salissants , qui imposent la propreté parce que les taches y sont aisément visibles.
Daqs les écoles normales, les élèves seront surveillés au point de vue de la netteté de leurs vêtements et chaussures. Ils porteront des caleçons de toile ou de coton, changeront de chemise deux fois par semaine, de draps tous les quinze jours.
Nous n’entendons guère que les hygiénistes s’occupent de l 'uniforme des lycées, qui n’est pourtant pas sans reproches.
Voyages de vacances et colonies de vacances. — Les voyages de vacances, dont les récits de Topfer donnent une agréable idée, ont été pratiqués sur divers points, mais dans des limites restreintes. Ils ne sont, évidemment, à la portée que des élèves déjà grands et robustes. A Lille, la Société du Denier des écoles laïques offre annuellement, aux enfants pauvres, un voyage de vacances qui se fait souvent à la mer; on part, du reste, en chemin de fer. C’est une bonne journée, mais trop rare pour avoir des effets sérieux. Ce qui en a davantage, ce sont les colonies de vacances ; c’est-à-dire le séjour d’écoliers pauvres et maladifs des villes, loin de leurs demeures sombres et éLroites, dans la montagne ou au bord de la mer, avec les
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avantages d’une nourriture simple mais abondante et d’exercices corporels journaliers, sous la surveillance de bons régents ou de régentes (Yarrenlrapp).
L’âge de huit â quatorze ans, le sexe féminin, sont les meilleures conditions pour les candidats aux bénéfices de la colonie. On ne prend pas d’enfants positivement malades. On donne aux colons de bons vêtements et des souliers solides. Ils sont distribués par 15 ou 20, et leur séjour doit être un vrai temps de vacances. L’Allemagne, le Danemark, la Suisse, depuis 1876, ont adopté largement cette pratique. La France, Paris du moins, l’essaye depuis quelques années, sous l’impulsion d’Ed. Cottinet, administrateur de la caisse des Écoles. Au calcul de Yarrentrapp, l’augmentation de poids des enfants, à la fin du séjour en colonie, dépasse de 4 à 8 fois l’augmentation normale. Quelquefois, l’augmentation est faible dans les quatre semaines qui suivent le retour ; mais après une deuxième période de quatre semaines, elle est considérable. Chez les enfants du IXe arrondissement de Paris, placés pendant un mois, en 1884, à Chaumont (Haute-Marne), Pompey
I (Meurthe-et-Moselle), Luxeuil (Haute-Saône), Saint-Dié (Vosges), l’augmentation de poids fut de lkil,65 chez les garçons, de lkU,833 à 2kil,833 chez les filles, qui profitent généralement plus. Il va sans dire que la taille et le thorax augmentent dans les mêmes proportions.
Au rapport de Dubrisay, 13 garçons et 16 filles des écoles du Ier arrondissement et de dix à douze ans, envoyés, les premiers à Gérardmer, les secondes à Compiègne, ont augmenté : les garçons, de lkil,330; les filles, de près de 2 kilogrammes. Des enfants du XIIIe arrondissement avaient également séjourné à Gérardmer.
Il va sans dire qu’avec ou sans colonies, il faut à tous les enfants des vacances.
Nous nous rangeons volontiers à l’avis de Javal, qui les veut d’autant plus courtes que les enfants sont plus jeunes, sauf à les multiplier (1er janvier, Pâques, le moment des grandes chaleurs). Les plus longues seraient de trois semaines à un mois pour les élèves du degré supérieur, débarrassées, d’ailleurs, de devoirs et de répétitions.
Prophylaxie spéciale. — Maladies contagieuses à l'école. — Le gros parasitisme n’a besoin que d’un peu de surveillance et de lotions d’eau sédative ou de vinaigre. Les teignes semblent devoir comporter l’exclusion temporaire de l’école (voy. p. 846), quitte à leur faire l’école à l’hôpital, comme à Saint-Louis. Le règlement adopté par l’Académie de médecine, sur le rapport d’IIillairet, prescrit avec raison Y isolement des élèves alleints de variole, rougeole, scarlatine , diphthérie , varicelle, oreillons, pour un temps variable, dont les observations modernes ont modifié la durée primitivement établie. Il prescrit aussi la désinfection des vêtements et de la literie. On ne doit pas suivre les indications formulées en ce temps-là par l'Académie, mais recourir à la désinfection par la vapeur sous pression. Malheureusement, les particuliers ne sauraient posséder des étuves à vapeur et beaucoup de villes ne veulent pas encore les acquérir.
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Nous pensons, avec Layet, que la fièvre typhoïde doit être rangée au nombre des maladies qui réclament l’isolement.
Inspection sanitaire des écoles. — L’inspection sanitaire des écoles est inscrite dans la loi française du 30 octobre 1886 et le décret du 18 janvier 1887. Aux termes de ce dernier, les médecins-inspecteurs communaux ou départementaux n’auront entrée dans les écoles qu’après avoir été agréés par le préfet : « leur inspection ne pourra porter que sur la santé des enfants, la salubrité des locaux et l’observation des règles de l’hygiène scolaire. » Ce serait déjà un vaste champ, si les médecins-inspecteurs l’exploraient, et si l’autorité municipale les écoutait. Nous avons, du reste, encore cinquante-cinq départements où l’inspection sanitaire des écoles ne fonctionne pas. Mais quelques villes, parmi lesquelles Lille, Douai, Roubaix, Avesnes, l’ont organisée pour leur propre compte; comme, àl’étranger, Bruxelles, par l’initiative de Janssens (1874).
En Angleterre et en Allemagne, les fonctionnaires sanitaires ont la surveillance des écoles dans leurs attributions. Mais il ne semble pas que ce mécanisme opère d’une façon très satisfaisante.
Enseignement de l'hygiène dans les écoles. — L’hygiène, sous une forme et avec des développements adaptés à chaque degré de l’organisme scolaire, constituerait à coup sûr un élément très rationnel de l'instruction. Cet enseignement, toutefois, convient surtout aux degrés déjà élevés et aux Écoles normales, puisque les futurs maîtres vont être appelés à comprendre l’hygiène et à l’appliquer i^Fodor, Kuborn, Layet, G au s ter)..
11 conviendrait, sans doute, de donner à ces mêmes maîtres quelques notions de « premiers secours », en cas de chutes, plaies, fractures, luxations, brûlures, hémorrhagies, indigestion, syncope, etc.
Iutcrnats et Externats. — La fréquentation des écoles de n’importe quel degré se fait suivant l’un ou l’autre ou suivant une combinaison de ces deux modes essentiels : l 'internat et l 'externat. Dans le premier, les élèves passent tout leur temps à l’établissement d’éducation, y mangent, y couchent, y sont entretenus de toute manière; dans le second, ils n’apparaissent à l’établissement que pour la classe proprement dite et rentrent dans leur famille, qui se charge de leur entretien matériel et du reste de l’éducation. Entre les deux, il y a le système de la demi-pension, dans lequel l’élève passe toute la journée à la maison scolaire et y prend un repas, mais n’y couche pas et n’y séjourne pas aux jours de congé. Il y avait autrefois, en France, et il existe encore en Angleterre et aux États-Unis une pratique, qui porte le nom de système tutorial, et d’après laquelle des élèves de la campagne ou des petites villes, pour pouvoir suivre les cours au collège du chef-lieu, se faisaient loger et entretenir en ville, dans une famille de modeste aisance, mais de bonne renommée, qui faisait métier de recevoir ainsi, moyennant une rétribution abordable, un petit nombre de jeunes gens; ceux-ci n’étaient point les locataires d’un hôtel garni, ils devenaient es hôtes de cette famille et en étaient transitoirement les membres; par
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conséquent, ils y étaient l’objet de soins affectueux et d’une surveillance point trop différente de la direction paternelle.
Il n’est pas difficile de se prononcer sur la valeur respective de ces divers systèmes. L’internat est déplorable à tous égards et particulièrement antipathique au vœu de l’hygiène, plus encore pour les garçons que pour les tilles, dont le régime sédentaire est un peu la vocation. Il faut le réduire au minimum, et, puisqu’il reste nécessaire dans de certaines limites, pour les enfants qui n’ont dans la ville scolaire ni parents ni amis qui veuillent les recevoir et les diriger moralement, nous ne pourrons jamais assez réclamer l’installation d 'internats ruraux, comme les jésuites, oratoriens, domh nicains, ont eu le bon esprit d’en conserver ou d’en créer, et comme l’Université en a quelques-uns (Vanves, Gluny, lycée Lakanal, à Fontenay, les petits lycées de Montpellier, de Ben Aknoun, de Valence, de Saint- Rambert, etc.), ainsi que l’a rappelé le ministre Spuller, dans sa lettre du 10 décembre 1887 à l’Académie de médecine. Dans ces conditions, il est nécessaire que des maîtres soient logés à l’établissement ; c’est une heureuse nécessité, qui permet aux élèves et aux maîtres de se revoir souvent en dehors des classes, de se connaître, de s’attacher réciproquement. Les premiers y prennent cette part d’éducation qui manque totalement à l’internat des lycées intra-urbains.
On pourrait ne conserver dans les grandes villes que les écoles primaires et un ou deux externats , pour les élèves de l’enseignement secondaire dont les parents habitent la ville.
Par ailleurs, il ne semble pas utile que les internats aient la physionomie de caserne, et que les élèves, encore des enfants, y soient soumis à des habitudes militaires. Il y a quelque chose à prendre aux Anglais, sous ce rapport. « Dans les public schools d’Eton, de Rugby, de Harrow, de Winchester, dit J. Rocliard, les jeunes gens jouissent d’une liberté dont on n’a aucune idée dans nos établissements d’instruction. Dans les boarding houses, où ils habitent au nombre de dix à trente, ils ont leur petite chambre, qu’ils décorent et installent à leur guise et où ils sont libres de lire, de travailler ou d’écrire, leur choix. Ils se lèvent quand ils veulent, étudient ou se promènent suivant qu’ils y sont disposés. » A Woolwich môme, nous a-t-on assuré, les élèves sont libres de suivre ou de ne pas suivre les cours et exercices et de sortir quand il leur convient : seulement, quiconque rentre gris est mis à la porte, et celui qui répond mal aux examens est fruit sec. Il faut bien, après tout, laisser naître chez les jeunes hommes le sentiment de la dignité et de la responsabilité personnelles.
Les internats, urbains surtout, réclament impérieusement l’observation des règles qui ont été tracées à l’égard des habitations collectives. Les dortoirs devront y ôtre spacieux, bien aérés et d’une population modérée • trente lits nous paraissent un chiffre compatible à la fois avec les exigences de l’hygiène et celles de la surveillance. Chacun de ces dortoirs doit être pourvu de lavabos et d’un cabinet d’aisances, avec appareil rationnel, pour les besoins nocturnes. On y entretiendra, la propreté, plutôt en essuyant AnNOULD, Hygiène. 2» édit. ne.
LE GROUPE SCOLAIRE
[Hygiène
au linge humide que parles balayages poussiéreux. La literie prendra l’air chaque jour et sera fréquemment renouvelée.
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