PLAN DES VILLES
Art. 39. — Le sol des cours et des courettes sera réglé avec pente suffisante pour assurer le prompt et facile écoulement des eaux pluviales.
Dans les cours, il sera établi, le long des bâtiments d’habitation, des parties pavées, dallées ou bitumées ayant au moins 1 mètre de largeur.
Le sol des courettes sera extérieurement dallé ou bitumé.
Les articles 40 à 42 prescrivent l’étanchéité des puisards et leur suppression le plus tôt possible : l’article 43 impose l’étanchéité des fosses à fumier. Dans l'article 44, on combat l’humidité des logements du rez-de-chaussée : « Les réservoirs, postes, cuvettes ou robinets d’eau à usage commun seront séparés des pièces habitées par des murs ou cloisons en matériaux imperméables et imputrescibles. L’écoulement des eaux de débord sera régulièrement assuré et le sol, autour des robinets d’eau, sera, dans un rayon d’un mètre, savoir : à l’intérieur, dallé, bitumé ou recouvert d’un revêtement en plomb, et à l’extérieur, dallé, bitumé ou pavé avec joints au ciment ou au bitume. »
L’article 43 interdit l’habitation des constructions neuves avant le récolement général opéré par les agents de l’administration.
Entretien des maisons. — Art. 47. — Les courettes dont la surface ne dépassera pas 9 mètres seront mises en état de propreté tous les cinq ans.
Art. 48. — Les parois intérieures des cabinets d’aisance à usage commun seront repeintes à l’huile à base de zinc, ton clair, au moins une fois tous les ans, sans préjudice des prescriptions qui pourront être reconnues nécessaires par la Commission des logemenls insalubres.
Art. 49. — Les chéneaux, gouttières, les cuvettes d’eaux ménagères à usage commun, les tuyaux de toute nature, les cabinets d’aisances à usage commun, les gargouilles, caniveaux, ruisseaux, baquets des dépendances communes, telles que cours, courettes, allées, etc, seront tenus constamment en bon état de propreté.
Sauf qu’il est obligé à un compromis avec les courettes, les caniveaux, les gargouilles, les puisards, qu’une hygiène urbaine complète doit faire disparaître, ce règlement, s’il est adopté, constituera évidemment un progrès.
Plan des Tilles. — Les cités anciennes ont un plan assez irrégulier, commandé quelquefois par la nature du terrain, par une pensée de défense. Les villes jeunes du Nouveau-Monde et quelques-unes de l’ancien sont régulières jusqu’à la monotonie. L’essentiel est qu’il y ait de grandes
direction ou de pente, il sera ménagé une tubulure ou un regard de visite et d’aération facilement accessible.
6° Lesdits tuyaux d’évacuation auront une pente minima de 0m,03 par mètre. Dans les cas exceptionnels où cette pente serait impossible ou difficile à réaliser, l'administration aura la faculté d’autoriser des pentes plus faibles, avec addition de réservoirs do chasse et autres moyens d’expulsion, à établir aux frais et pour le compte des propriétaires.
Le diamètre desdits tuyaux d’évacuation sera fixé sur la proposition des intéressés, en raison de la partie disponible et du cube à évacuer; il ne sera en aucun cas inférieur à 0IU,1G.
Chaque tuyau d'évacuation sera muni d’une tubulure de visite avec fermoturo étanche placée en amont de l’inflexion siphoïde. Les modèles de ces siphons et appareils seront soumis à l’administration et devront être acceptés par elle.
Les tuyaux d’évacuation et les siphons seront en grès, vernissé intérieurement. Les joints devront être étanches et exécutés avec le plus grand soin, sans bavure ni saillie extérieure. L’emploi de la fonte pourra être autorisé dans le cas où l’administration le jugerait convenable.
Les tuyaux d'évacuation seront prolongés dans le branchement particulier jusqu'à l'aplomb de l’égout public.
LE GROUPE URBAIN
[Hygiène
artères allant du centre aux gares de chemins de fer, à l’embarcadère des canaux, et des rues de moindre importance faisant communiquer les grandes entre elles. Les unes et les autres circonscrivent des massifs ou îlots de maisons. Le quartier des affaires est au centre, l’industrie à la périphérie; entre les deux habitent les rentiers, les gens de lettres les savants.
L’ensemble du plan doit être favorable à la distribution d’eau et à la canalisation des immondices.
Des places, des jardins, des promenades y sont ménagés, de façon à percer d’évents multipliés la masse de bâtisses. C’est le moyen de permettre à la ville de respirer.
L.e» rues. — Deux rangs de maisons alignées en face les unes des autres constituent une rue. Il n’est pas nécessaire que toutes les maisons d’un côté se touchent par le flanc ni que le pied du mur de façade soit contigu au trottoir. Sur divers points de Londres, de Berlin, de Nancy, les maisons sont séparées du bord postérieur du trottoir par une bande de terre plantée d’arbustes et de fleurs; la maison elle-même est entourée de jardinets; à Nancy, dans quelques rues neuves, ce sont deux maisons gémellées qui présentent cette disposition; à Lille, on se contente d’un jardinet sur la façade postérieure. Il doit y avoir de 20 à 35 p. 100 de surface non bâtie. Quand il y a un intervalle de flanc entre deux maisons, ou que des bâtiments élevés en arrière d’une maison en constituent une deuxième, la distance doit être de 3 à 8 mètres, selon que les constructions sont plus ou moins hautes, afin de ne pas laisser cet intervalle à l’état de puits ou de fente profonde.
La rue elle-même doit être assez large pour qu’il puisse y passer de deux à six voitures, selon les besoins (l’unité voiture est une largeur de 2m,50). La chaussée ne formant que les trois cinquièmes de la largeur de la rue et les trottoirs occupant les deux autres cinquièmes, c’est, pour le tout, au minimum, 2,50x2x 1,66 = 8m,30 de largeur de rue.
Les règlements locaux (Paris, Lyon, Lille, etc.) comportent d’ordinaire des fixations, relatives à la largeur des rues, qui ne reposent sur aucune raison d’hygiène. Il a paru qu’il fallait proportionner la largeur des rues à la hauteur des maisons, en vue d’assurer à celles-ci un certain temps d’insolation directe, même dans les jours les plus courts de l’année. Des calculs exacts ont été faits à cet égard par A. Yogt, G. Flügge, Zuber, E. Clément, desquels il résulte que la largeur des rues doit croître à la fois comme la hauteur des maisons et comme les degrés de latitude. Ainsi, à Lyon (à 45°, 45', 45" lat. N.), les rues les mieux orientées, avec des hauteurs de maison = 20m,5, devraient avoir une largeur de 24m,38 pour obtenir trois heures d’insolation de toute la façade au 21 décembre; 36m,54 pour quatre heures d’insolation. En revanche, sous 30° de latitude, il suffit de 12 mètres de large à une rue méridienne , avec une profondeur de 2U mètres, pour être assurée de trois heures d’insolation au 21 décembre.
Ces résultats nous semblent condamner dans tous les cas la hauteur exa-
spéciale.] BOULEVARDS. PLACES PUBLIQUES. JARDINS. 1215
gérée des maisons et indiquer la nécessité, pour les villes, de s’étaler en surface plutôt que de superposer les étages et l'es humains.
La majorité des hygiénistes se borne, du reste, à demander que la largeur des rues soit au moins égale à la hauteur des maisons qui les bordent.
Orientation des rues. — L’orientation la plus heureuse, au point de vue de l’insolation, est l’orientation dite méridionale ou royale , dans laquelle la rue est dirigée du nord au sud (dans le sens du méridien). A cet égard, il est donc à désirer que les grandes artères aient cette direction, les rues transverses ayant la direction équatoriale. Toutefois, dans les villes du nord, l’orientation méridionale, étant également polaire, s’ouvre d’une façon désagréable aux vents froids de l’hiver, et il est assez commun que l’on adopte une direction intermédiaire, S.-E à N. -O., par exemple. Pour une raison contraire, les villes du Midi inclinent aussi leurs rues sur le méridien.
E. Clément a pensé, avec raison, qu’il faut aussi établir le rapport de la largeur des rues à la hauteur des maisons, de telle sorte que la lunÿnosité y soit suffisante, c’est-à-dire que les rayons directs de la lumière puissent parvenir jusqu’au fond des rez-de-chaussée. A son calcul, pour Lyon et pour toutes les villes qui ont un degré actinomé trique analogue (12° en novembre et décembre, — plus faible qu’à Paris), il est nécessaire que la largeur des rues dépasse un peu la hauteur des maisons, si l’on veut conserver aux radiations lumineuses une intensité au moins égale à 9 degrés en parvenant jusqu'au rez-de-chaussée des maisons de 20 mètres de hauteur.
Longueur et direction des rues. — Nous avons dit les cas dans lesquels il faut de longues rues et ceux qui comportent des rues courtes. Lèvent, s’engageant dans les premières, fait appel sur les secondes et ainsi s’opère la ventilation des villes. Cependant, il y a peut-être un excès dans la longueur de certaines rues nouvelles des grandes villes. On s’en aperçoit par les jours de grand vent ou de poussière. La monotonie de ces voies, qui n’en finissent pas, peut être diminuée par des inflexions dans le genre de celle du Quadrant de Regent-Street, à Londres. Nous pensons, toutefois, que Lausanne, Gênes, Alger, feront bien de supprimer leurs escaliers.
Ruelles. Passages. Impasses. — Les ruelles et les impasses doivent disparaître. Les passages ont quelques charmes pour le commerce et sont des abris pour les passants, en cas de mauvais temps. C’est cependant une situation d’hygiène critique, à laquelle on ne saurait subvenir qu’en élargissant les passages, en môme temps que l’on restreint leur longueur, et en leur assurant des moyens de ventilation.
Boulevards. Places publiques. Jardins. — Toutes Ces dispositions, qui, en se prêtant au mouvement urbain et aux communications nécessaires, diminuent la surface bâtie et ménagent, dans la masse des bâtisses, des réserves aériennes avec de la verdure et un lieu de promenade, ou même un rendez-vous de jeux hygiéniques, à la portée des enfants, des vieillards, des infirmes, des citadins pressés ou peu fortunés. C’est donc excel-
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lent. Aussi, toutes les villes modernes qui ont l’hygiène à cœur s’assurentelles ces ressources immédiates, sans parler des jardins ou bois extérieurs dont il sera question plus loin.
2° Le sol des villes.
infection «lu soi urbain. — Le sol des villes est, au suprême degré, soumis à toutes les causes d’infection que nous avons indiquées précédemment (p. 94). Les immondices déposées à la surface (ordures ménagères, excrétions des animaux, fumiers, urines humaines, etc.) tendent à y pénétrer à la faveur des pluies. Quelques villes, hélas ! pratiquent encore le tout-à- la-rue, et les excréments humains s’étalent autour des maisons. Ailleurs, cette masse putrescible et suspecte est collectionnée dans des fosses plus ou moins étanches, ou simplement projetée dans des puits absorbants. Dans les villes qui utilisent comme égouts les cours d’eau et les canaux qui les traversent, une part des matières fécales arrive toujours dans ces égouts improvisés et dangereux, dont le niveau d’eau est variable et qui, à l’époque de leurs crues, refoulent des eaux sordides dans la nappe souterraine. De ces fosses et de ces mauvais égouts résultent les infiltrations putrides et quelquefois spécifiques, dont il a été déjà question.
Ajoutons-y les souillures par la diffusion du gaz d'éclairage (voy. p. 687) et par les inhumations, dans quelques viles arriérées, qui ont encore des cimetières intra-urbains.
Nous avons suffisamment exposé, dans la Première Partie, comment ces infiltrations peuvent introduire des substances putrides et peut-être des organismes pathogènes dans la profondeur et par suite dans l’eau de la nappe souterraine, mais surtout forment une couche superficielle de boue, qui, plus tard, sera de la poussière et constituera des dangers positifs. Les microbes de la maison viennent surtout de la rue.
Protection du sol des villes. — Les habitations se protègent contre le sol par les moyens indiqués au chapitre Y. La rue se défend par des pratiques spéciales que voici.
Chaussées. Revêtement du sol. — Le revêtement de la chaussée doit favoriser la circulation, tout en étant conforme aux règles de l’hygiène. Il s’exécute au moyen du pavage, du dallage, de Y empierrement, de l 'asphaltage, du cimentage et de divers autres procédés qui mettent en œuvre le bois, le fer, le caoutchouc.
Le pavage se fait surtout avec les grès, le porphyre, le granité. Les blocs de grès ont, à Londres, 7 centimètres de large sur 15 de long; 10 à 15 de large sur 15 à 20 en Allemagne ; 12 sur 18, 14 sur 20 à Paris, avec des hauteurs de 16 à 20 centimètres. Ils servent pour la chaussée; le porphyre et le granité s’emploient en trottoirs ou en bordures. En de certaines localités, on utilise la brique pour le pavage et, ailleurs, les cailloux de rivière, étêtés ou non. Le premier mode manque de résistance; le second est inabordable aux piétons.